APOLOGIE_8 - Page 10 - Magazine Apologie numéro 8 - Retrouvez nos séries photos et nos sujets musique, architecture, portraits édito Ça faisait longtemps, pas vrai ? C’est qu’il s’est fait attendre, ce Numéro 8. Alors, oui, on pourrait vous raconter nos vies, expliquer que proposer gratuitement un magazine comme Apologie n’est pas une mince affaire, évoquer le travail qu’on mène avec nos artistes pour le magazine et la galerie, en profiter pour faire l’auto-promo de nos expositions. Mais franchement, tout ça, on vous en parle déjà – et on vous en reparlera – en d’autres lieux, en ligne ou ailleurs. L’important reste le plaisir : celui que nous continuons de prendre à créer cet objet et celui d’imaginer vos réactions en train de feuilleter ce numéro. En parlant de plaisir, Aurélien Maillard nous en a fait un immense, en acceptant de faire la couverture de Numéro 8. Ses impacts graphiques, brutaux, sont à l’image du choc, de l’émotion que peut provoquer l’art, parfois. Il nous semblait donc intéressant, pour rester dans le thème, de vous offrir en guise d’édito une émotion. Pas facile. On a cherché et on s’est souvenu de ce texte. Une histoire toute bête qui nous avait pourtant fait un effet particulier. La voici. On vous souhaite qu’elle ait le même « impact » sur vous. « Le fils d’un imprimeur (…) reprit à la mort de son père la succession de l’imprimerie et, en faisant l’inventaire des lieux au lendemain des funérailles, tomba sur une épaisse enveloppe cachetée portant, inscrite de l’écriture de son père, la mention À ne pas ouvrir. Déférant au vœu posthume de son père, et quoique rongé par la curiosité, notre imprimeur respecta le secret paternel pendant environ six années, longues à passer, au terme desquelles il se décida à violer le secret et à ouvrir l’enveloppe. (…) Elle contenait une centaine d’étiquettes identiques sur lesquelles était imprimée la mention qui figurait sur l’enveloppe : À ne pas ouvrir. » Anecdote relatée par Clément Rosset dans son essai Loin de moi Etude sur l’identité ( Editions de Minuit, 1999 ) philippegonay.com Lille, 15 rue du Curé Saint-Etienne, tél 03 20 21 12 11 Tourcoing, 40 bd Gambetta, tél 03 20 27 18 18 Marcq en Baroeul, 551, avenue de la République, tél 03 20 39 30 30 Bruxelles, Rue A. Dansaert 52, tél 02 513 00 65 Photographe : Caroline Coo / Make-up : Matthieu Droulez Style : Emmanuelle Axer / Série Noire Mannequin : Louise / Exception model management alexandre lawniczak page seize laure debrosse - baïkal russie page cinquante deux sophie ebrard - dyptich page quatre-vingt huit clément decoster page cent dix ruben tomas - other places and portraits page cent trente quatre aurélien maillard page trente huit maison delcourt page soixante douze aleteia page cent wendy carlos page cent vingt six quintessenz page cent cinquante deux sommaire 32 Rue Thiers, 59000 Lille galeriecedricbacqueville.com contact@galeriecedricbacqueville instagram / galeriecedricbacqueville 06 99 69 04 04 alexandre lawniczak page seize Alexandre Lawniczak web : alexandrelawniczak.fr instagram : 35mmbyalex aurélien maillard page trente huit sans titre ( impact latéral ) - bois peint et colle - 230 x 110 x 30 - 2018 grey box 3, 17, 8, 10 - bois peint et colle - 90 x 100 x 7 - 2016 / 2018 Saccage amoureux A travers la série des «impacts», Aurélien Maillard construit des sculptures ambiguës. A première vue, il s’agit d’éraflures, d’incisions, de coups portés avec force à la cimaise de l’espace d’exposition. Le spectateur perçoit immédiatement la forme comme le résultat d’une empreinte violente d’un geste spontané. Avec le recul, la netteté de la forme, l’absence de gravats et surtout l’échelle de cet « impact » intriguent. Quel corps, quels outils auraient pu abîmer aussi graphiquement les cloisons ? Quelle rage muette aurait pu motiver une telle agression ? Progressivement, on devine la simulation, la construction lente et patiente derrière la fluidité de la trace d’un geste profondément inscrit dans la matière et en même temps complètement virtuel. Les impacts sont de véritables trompe l’oeil sculpturaux qui jouent d’une séduction immédiate pour mieux susciter la réflexion. « Impact », au sens propre du terme, renvoie à la violence d’un contact physique sur un corps. Impact de balle, impact meurtrier d’une bombe. On emploie également ce mot dans d’autres guerres, celles que livre la communication par exemple. On mesure à coups de sondages l’impact dans l’opinion de slogans, d’images, de messages ou de concepts marketing. Il ne s’agit plus alors de percuter des corps mais des esprits, des consciences pour y laisser une trace décisive pour la suite du combat politique, économique ou artistique... Les impacts d’Aurélien Maillard ne sont pas sans évoquer ce que l’hyper compétitivité de la société contemporaine peut avoir de brutal. Les impacts montrent une violence élevée au rang d’abstraction graphique dont la présence objectivée peut faire froid dans le dos.
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