Sociétés secrètes et organisations mystérieuses - Page 1 - test Daniel HOURÈS Sociétés secrètes et organisations mystérieuses Edilivre – Éditions APARIS 3 Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20 rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2007 ISBN : 978-2-35607-170-5 Dépôt légal : Octobre 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 INTRODUCTION Les hommes ont toujours eu besoin de se regrouper en castes, clans, sectes, partis ou organisations, cherchant à se rassurer et à se conforter dans ses propres idées et opinions qu’elles soient politiques, religieuses ou philosophiques. Un homme seul, n’est rien et n’est pas dangereux. Dès que plusieurs personnes se congratulent et se complaisent dans une autosatisfaction rien ne peut les arrêter dans leurs délires et tout leur est permis allant même parfois, jusqu’à comploter pour prendre la place de ceux qu’ils considèrent inférieurs. Ensemble, on se sent fort, invincible et plus on est nombreux moins on a à se justifier, seuls la force et le nombre représentent les uniques arguments. C’est ainsi que les dictateurs ont accédé au plus haut sommet d’un pays en centralisant tous les pouvoirs, pratiquement toujours soutenu par un groupe occulte. 7 Mais toutes les organisations secrètes n’ont pas d’aussi sinistres et funestes objectifs. En effet, certaines sociétés dites secrètes mais qui préfèrent se définir comme discrètes, n’ont aucunement l’intention de vouloir prendre un quelconque pouvoir et sont en réalité d’authentiques écoles initiatiques. Toujours est-il, que la majorité des organisations secrètes se veulent élitistes et il faut reconnaître que rares sont les plus démunis qui rejoignent ce genre d’organisations. Le temps, l’argent et le niveau intellectuel, parfois au-dessus de la moyenne, les dissuadent vite. D’ailleurs ne rentre pas qui veut dans ces organisations. Très souvent des enquêtes minutieuses sont faites avant d’accepter le nouvel initié. Car tout profane correspondant bien aux critères de la dite société secrète doit être ensuite intronisé pour être enfin reconnu de ses pairs. Une initiation ne se fait pas sans un rituel et suivant les organisations, elle revêt un caractère qui peut être théâtral ou religieux ou parfois même grotesque. Le profane devient alors un initié, mais le travail ne s’arrête pas là , car la véritable initiation si elle se fait par soi-même elle doit être sous le contrôle incessant et rigoureux d’un maître. Le but de cet ouvrage est de lever le voile sur certaines de ces sociétés secrètes, il y en a de 8 véritables initiatiques, de sérieuses, de meurtrières voire d’autres démoniaques. Nous laisserons le lecteur faire son choix. Naturellement cette liste d’organisations mystérieuses n’est pas exhaustive, l’auteur a sélectionné arbitrairement ces quelques sociétés secrètes, sans parti pris et un peu au hasard. Daniel Hourès. 9 ORGANISATION SECRETES ET CRIMINELLES DANS L’INDE ANCIENNE L’Inde autrefois : une terre de meutriers fanatiques. L’Inde fut longtemps ravagée par des hordes de Dacoïts (bandits) qui n’hésitaient pas à s’en prendre au pouvoir établi. Bien que la criminalité ne fut pas particulièrement plus importante en Inde qu’ailleurs, l’attaque des caravanes et des voyageurs y était coutumière et constituait un danger pour l’économie du pays. Les criminels les plus dangereux étaient ceux qui appartenaient à des corporations religieuses fanatiques. Bien qu’elles furent plus ou moins nombreuses selon les lieux et les époques, nous n’en citerons que trois : – Les Puruvyagra. 11 – Les Thagî. – Les Gratia. Les puruvyagra : des mangeurs d’hommes. Les Puruvyaghra ou hommes-tigres s’apparentaient aux hommes-léopards d’Afrique noire. Ces groupuscules sévissaient le plus souvent dans le nord-est de l’Inde, massacrant et dévorant leurs victimes. Il se recouvraient de peaux de tigres et s’armaient de griffes de métal. Certains témoignages récents tel celui d’un mystérieux M. K relatent une véritable métamorphose lycanthropique : … Très désireux de vérifier s’il existait un quelconque fondement à prétendue métamorphose et ceux qui vénèrent le tigre totem, je me rendis un soir en un certain endroit de la jungle, à trois ou quatre kilomètres du village, là où devaient se dérouler les manifestations. Il parvint à une clairière circulaire de six cent, mètres de diamètre environ, cernée par des herbes d’une prodigieuse hauteur. Dissimulé dans la végétation, M. K attendit l’apparition de l’hommetigre qui, à sa grande surprise, était un jeune garçon mince et d’allure presque féminine, au teint mat. L’adolescent était arrivé en courant sur l’étroite piste de brousse, comme un gamin insouciant. Mais, au moment où il entra dans le cercle, il changea d’attitude, devenant humble et respectueux. 12 Tandis que M. K l’épiait, le garçon s’agenouilla et, touchant trois fois de son front le sol, il psalmodia un refrain effrayant et monotone. Alors que le ciel était auparavant clair et clouté d’étoiles, il s’assombrit soudain et une ombre surnaturelle, épouvantable, sembla tomber des montagnes lointaines, couvrant d’une chape de silence tout ce qu’elle touchait. Notre homme fut fort troublé. … Je ne croyais pas aux phénomènes surnaturels, et cependant j’étais confronté à une situation terrifiante que je ne pouvais ni comprendre ni analyser, annonciatrice d’une apparition, alarmante par son caractère diffus et imprécis. Son cœur se mit à battre à grands coups irréguliers, tandis qu’il se sentait proche de l’évanouissement. … Je fus envahi par une pénible sensation de froid intense, que mon instinct dissocia immédiatement de tout changement atmosphérique… Soudain, un cri mi-humain mi-animal déchira la nuit. M. K perçut bientôt un bruit de pas qui s’approchaient rapidement dans sa direction et couvraient facilement la distance. Le bruit s’amplifia jusqu’à ce que soudain l’objet se découvrît à sa vue. … Les herbes géantes s’écartèrent et je vis devant l’arbre kulpa une colonne verticale de lumière pourpre, qui pouvait avoir deux mètres de haut et trente centimètres de large. Une colonne, mais une colonne dont je sentis la malveillance, une malveillance sans pareille. Pendant quelques 13 secondes, il resta muet d’horreur ; puis, peu à peu, le mouvement de ses yeux et le tremblement de ses lèvres cessèrent. Il tendit la main et traça un signe sur le sol. Puis il sortit un chapelet de perles et, après l’avoir placé à l’endroit où il avait gratté la terre, il entonna une étrange incantation d’une voix tremblante de terreur. Je vis ensuite un rayon de lumière rouge filtrer à la base de la colonne et darder ses éclairs sur les perles, qui arborèrent aussitôt un éclat écarlate… Ramassant les perles, l’adolescent les mit autour de son cou, frappa dans ses mains et laissa échapper une série de petits cris perçants de plus en plus bestiaux, qui s’achevèrent en un rugissement. L’obscurité n’était atténuée que par la lueur de la lune et, dans cette clarté, M. K aperçut les yeux jaunes, étincelants et malveillants, non plus d’un homme mais d’un tigre, d’un tigre assoiffé de sang humain. Paralysé par ce spectacle, l’homme fut d’abord incapable de faire le moindre mouvement. Puis il se mit à courir, poursuivi par le fauve. Il atteignit un arbre où trouver refuge et tentait de s’y hisser lorsqu’une longue patte poilue, à l’extrémité de laquelle saillaient des griffes noires et brillantes lui frôla la joue. Il se crut perdu. Mais, à son grand étonnement, l’animal émit un grognement de terreur et, bondissant de côté, s’éloigna dans la jungle. Le lendemain matin, les corps à demi dévorés d’un homme, de sa femme et de leur fils furent retrouvés 14 sur le sol de leur case. De toute évidence, ils avaient été attaqués et tués par un tigre. Mais M. K découvrit par la suite qu’il s’agissait des pires ennemis du jeune homme qu’il avait vu tapi devant la colonne de lumière pourpre. Peut-être M. K étaitil encore sous l’influence de ses puissantes sensations lorsqu’il considéra que le choix des victimes par le tigre ne relevait pas du hasard. Bien que l’on puisse douter de la véracité de ce témoignage il n’en demeure pas moins que de tels récits avaient un fort impact sur la population autochtone nourries de superstitions depuis le plus jeune âge. Les adorateurs de Kâli : les Thug. La secte des Thagî ou Phansigar plus connu sous le nom de Thug était une confrérie criminelle pour qui le meurtre dépendait d’une institution sacrée. Elle comptait parmi ses membres des musulmans et des hindous, mais tous les Thug revendiquaient leur relation privilégiée avec Kali la cruelle déesse de la mort. Selon un mythe hindou, elle aurait de son épée coupé en deux un démon mangeur d’hommes, pour s’apercevoir que chaque goutte de son sang engendrait un autre démon. S’étant ainsi retrouvée face à une horde diabolique, Kali créa deux guerriers issus de sa transpiration et donna à chacun d’eux un roumal afin d’étrangler ses ennemis. Une fois les démons occis, la déesse enjoignit ses deux Thug de conserver leurs roumal et de continuer à tuer, 15
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