Le Barman, les Naufragés et l'Inutile... - Page 1 - test Benjamin Balat Le Barman, les Naufragés et l’Inutile… Carnet de Voyage Éditions ÉDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Édilivre Éditions APARIS Collection Coup de cœur 56, rue de Londres, 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-35335-320-0 Dépôt légal :Août 2009 © Édilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire Le symbole de l’hôtesse ................................... Les yeux grands ouverts ................................... En route pour notre aventure ............................ Le tuteur et le point fixe. .................................. Piscine et mixité................................................ La fac et la blague du boulot ! .......................... Schizophrénie et œuf noir................................. 1 expérience, 2 euros, 3 phases......................... Le carnaval et le super héros. ........................... La philo de l’écureuil........................................ Les footballeurs en cire..................................... La mort, la vie et le surfeur............................... La houle, le qualitomêtre et l’adulte ................. La stratégie de travail ....................................... La société du ptit con........................................ Le Karaoké, le poussin et le coucher de soleil.. Le lieu humain .................................................. À demain........................................................... 13 17 23 27 33 37 41 45 49 53 57 61 65 69 73 77 83 87 9 Les prédispositions à la paranoïa ? ................... Caesar et l’écriture ............................................ Le syndrome Macao.......................................... La prise de tête gratuite..................................... Le bar, le vélo et la liberté................................. L’homme intelligent et la liberté à tout prix ..... La sécrétion et l’indispensable inutilité ............ La journée banale et Dr House ! ....................... La réponse ......................................................... Nature et découverte ......................................... Caméra partie 1 : La recherche ne trouve pas... L’habituée et la tête en bas................................ Epuisement, coucher de soleil et solitude ......... La philo du Dauphin ......................................... L’infraction dans la vie des femmes ................. La poésie et la bande des « âmes perdues »...... L’île aux noirs et le dernier coucher de soleil... Rock and Roll will never die ! .......................... L’envol d’une âme retrouvée ............................ Philosophie tuée dans l’œuf .............................. Typhon !!! ......................................................... Caméra partie 2 : le tour de France solitaire ..... Poésie contre « bling-bling » ............................ Artiste ou psychanalyste ? ................................ Pardon Louis XVI !........................................... Suspens ou lourdeur ? ....................................... La vie devant les yeux....................................... 10 89 93 97 101 105 111 113 119 123 127 129 133 137 145 147 153 159 167 173 175 181 183 187 191 195 199 201 Retour de l’élastique ......................................... Caméra partie 3 : prostitution, évitement ou… La diversité intégrée ......................................... Barbie ou Survivante ? ..................................... Les buissons et la fête des naufragés ................ L’impression de nos yeux et la petite vie des grands Hommes.......................................... Plein la gueule .................................................. Un bagage de plus en plus rempli..................... Le puzzle au dessus du cou............................... Le filtre de l’art automutilé ou l’habit du moine........................................... Paranoïa contre philosophie ! ........................... Préparons nous, pas le reste !............................ L’aventure, l’inconnue, l’instinct ; pour toujours dans ma tête…............................ Charlotte. « Divagation au clair de lune ». . Quentin. « L’artiste qui fait de la science une œuvre d’art… ».......................................... L’envol, l’égoïste et le lâche............................. Prolongations… ................................................ Fatalité… .......................................................... Les amoureux inconnus .................................... La pièce de théâtre et l’île des réponses. .......... La poubelle des cons et les détails qui ne trompent pas…....................................... (Le film d’horreur) À demain… ....................... (La plage) Nadal vs Federer ! ........................... 211 213 217 221 223 225 231 237 239 243 249 251 253 270 272 285 287 291 293 295 297 301 303 11 (Le bitume) Les snipers et le passé ensanglanté........................................................ L’ultime traversée en équipage ......................... Sans aventure, pas de surprise ! ........................ À l’arrière du bateau… ..................................... (Le bassin des enfants) Que va-t-il rester ?....... Le dauphin et le surfeur .................................... Seul ou accompagné ?....................................... Nous sommes tous schizophrènes..................... Baseball ou philo asiatique ?............................. Pourquoi ? ......................................................... L’expérimentation philosophique ..................... On sera en avance… ......................................... 10 minutes pour un adieu. ................................. La valise et la passation de pouvoir. ................. Le dernier jour................................................... Humain et animal .............................................. Le maraboutage et l’envie de rentrer… ............ De retour au bercail........................................... 307 311 313 315 317 319 325 329 331 333 337 341 343 347 349 353 357 363 12 Le symbole de l’hôtesse Vendredi 20 juin 2008 Me voilà enfin arrivé à Taipei. Après 14 heures de vol sans problème, je m’apprête à découvrir mon inconnu. Le départ de Paris ne s’est pas trop mal déroulé. Moins d’une heure de retard dû à l’absence de l’équipage coincé dans la grève des routiers et sous des trombes d’eaux me rappelant le temps qui m’attend, les signes ne se trompent pas… Je quitte ainsi le symbole de mon pays, la lutte sociale, pour rejoindre un réel inconnu. Le voyage sera également marqué d’un clin d’œil me rappelant qu’un fossé me sépare de ce nouveau monde. Après plus de huit heures de vol, le noir s’est installé dans l’ensemble du compartiment. À ce stade du voyage, le seul ronronnement des moteurs me rappelle que je me trouve bien dans un avion. Je suis installé côté couloir et la soif me gagne depuis un long moment. Ne voulant pas déranger mes voisins essayant tant bien que mal de trouver la position introuvable permettant de dormir, je scrute 13 les alentours à la recherche d’une hôtesse de l’air. C’est à ce moment que l’une d’entre elles surgit derrière moi avec à la main un plateau de verres d’eau. Situation inespérée mais condition difficile. En un quart de seconde, il me faut trouver le moyen d’arrêter cette hôtesse qui file comme le vent, dans une langue qui n’est pas instinctive et sans déranger les voisins. Ni une ni deux je tente un geste que par la suite je vais lourdement regretter. Au passage à ma hauteur, je touche à peine l’hôtesse pour lui demander breuvage et là elle se retourne et me dit d’un ton strict et direct « Never touch me again ! ». C’est ainsi qu’en une seconde, je comprends qu’aborder une culture différente n’est pas du tout anodin… Contact méditerranéen contre distance asiatique. Tout un programme ! Nous arrivons finalement (mon ami et moi) à Taipei vers 16 heures Temps exceptionnel, grosse chaleur (33° humide), je suis définitivement parti de mon pays. Nous retrouvons nos amis arrivés quelques heures plus tôt et partons en quête d’émerveillement. Une vie exceptionnelle. Il y a des gens partout, des jeunes, des vieux et des fillettes tout droit sortis de dessins animés. Ces gens marchent lentement, flânent, ou sont plus pressés qu’un Parisien en retard. La circulation dense semble être un combat entre les milliers de scooters et les milliers de voitures. Les publicités sont envahissantes, mais les petits commerçants sont plus nombreux encore. Finalement, cette ville semble faire l’amalgame de la vie. Mais de la vie seulement. L’humanité quant à elle n’a qu’à bien se tenir. Car la représentativité fait grise mine. 14 La foule défile, pas un Occidental. Nous sommes comme des cheveux frisés dans une soupe toute lisse. Mais le dépaysement est total. Une langue inabordable, des expressions de visage incompréhensibles, des gestes intraduisibles. Une serveuse me demande si j’ai fini mon verre, d’un geste banal de la main je veux lui indiquer que non, résultat elle emporte mon verre… Je suis de ce point de vue comme un enfant de cinq ans découvrant son environnement, émerveillé mais ne sachant que faire pour en faire vraiment partie. Première impression, attendons les jours qui suivent pour en savoir plus. 15 Les yeux grands ouverts Samedi 21 juin 2008 10 heures… Ok, plutôt 10 h 30 au pied de l’hôtel prêt à avaler les kilomètres à pied qui nous séparent de la fatigue du touriste. 10 h 31 en nage, collant, je me dis que la journée va être éprouvante. Nous voilà donc partis pour notre première visite : le mémorial de Chang Kai-Shek. Cet ancien militaire, mort aujourd’hui, fut le premier à régner sur Taïwan. Il se voit attribuer dans ce monumental édifice une place de choix. Sa statue d’au moins 15 m de haut est abritée sous un chapiteau deux fois plus grand, lui-même surélevé d’un nombre incalculable de marches dont l’estimation, biaisée par la chaleur accablante, me paraît impossible. À la vue de ce spectacle, je me dis que le culte de la personne dans ce pays n’a d’égal que la pudeur des individus qui le composent… En regardant ce monument, une personne âgée s’en approche effectue le signe militaire (en claquant les talons) et s’incline devant la statue. Le culte Chang Kai-Shek n’est donc pas fini, la pudeur des Asiatiques non plus (souvenir nostalgique de l’hôtesse de l’air)… L’esplanade qui entoure ce monument surélevé 17
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