L'ange noir Tome 2 - Page 1 - test L’ange noir Tome 2 3 Martine MAFFLY L’ange noir Kyrie Eleison Tome 2 Éditions ÉDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2008 5 www.edilivre.com Édilivre Éditions APARIS Collection Coup de cœur 56, rue de Londres, 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 - Fax : 01 53 04 90 76 - mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-35335-257-9 Dépôt légal : Décembre 2008 Copyright © Édilivre Éditions APARIS, 2008 6 Résumé de L’Ange Noir (Kyrie Eleison) Tome 1 Les hommes du colonel ont déposé Mikhaïl sur un bateau ‘ami’ afin qu’il poursuive sa convalescence. C’est là que sa tante va le rencontrer et son frère l’apercevoir sans pouvoir hélas, entrer directement en contact avec lui. Ivan, de son côté, a sauvé un tout petit garçon, Ruben, du marché aux esclaves, ainsi que Dov, jeune violoniste juif, fuyant les pogroms. Vika, la soeur du comte Ivanov va faire de Ruben son pupille, tandis que Dov va devenir le compagnon d’Ivan. Au même moment Mikhaïl connaît une première rencontre douloureuse avec la troupe du colonel, particulièrement avec Bran, son coéquipier, sorti d’un camp de redressement par le colonel. Pendant ce temps, le comte Ivanov et Pavel font connaissance avec le père Vikenti, mais aussi avec Ptit Loup. Après un passage tumultueux dans un bordel ‘ami’, la troupe va livrer combat contre un convoi de l’Ordre et Mikhaïl va alors démontrer ses qualités de combattant. Au début du chapitre sept, la troupe accompagne les captives libérées dans une caserne afin que les militaires les escortent chez elles. Pour contacter l’auteur martine.maffly@free.fr 7 CHAPITRE SEPT « Et si je ris de toute chose icibas, c’est afin de n’en pas pleurer » (Lord Byron) Le lieutenant entra précipitamment dans le petit bureau de son supérieur : – Capitaine ! Les cosaques arrivent avec les captives ! Le jeune capitaine fraîchement nommé reposa sa plume et dévisagea le lieutenant sans se départir de son calme : – Tout est-il prêt ? – Oui mon Capitaine. – Les logements ? – Deux salles ont été nettoyées et chauffées mon Capitaine. Les étuves sont prêtes. Le pain est cuit et un porc est en train de rôtir dans la cheminée. – La chambre forte ? – Prête également. Le butin sera en lieu sûr. 9 – Les cosaques ont droit à une bonne part Lieutenant. La chambre forte est destinée à l’opium. Maintenant, je dois terminer ce rapport, veuillez s’il vous plaît aller accueillir la troupe et les conduire dans leurs quartiers, je vous rejoins dès que j’ai terminé. – Euh… mon Capitaine. – Oui Lieutenant ? – Ces cosaques n’ont pas trop le sens de la discipline… ne faudrait-il pas mieux que vous les rencontriez tout de suite ? Le capitaine leva sa plume : – Lieutenant, vous êtes parfaitement apte à gérer cette installation, vous avez une expérience que je n’ai pas, n’oubliez pas qu’il s’agit d’un premier commandement pour moi. Le lieutenant considéra un instant le jeune capitaine qui venait de rejoindre leur régiment de cavalerie. Sorti lieutenant de l’école militaire supérieure une année auparavant, il venait, à dix-huit ans, d’être promu capitaine, non seulement en raison de sa valeur, mais aussi du fait de ses origines nobles qui lui donnaient prééminence sur tout autre candidat. Les hommes s’étaient vite aperçu que leur nouveau capitaine n’avait rien en commun avec ces nobles dédaigneux qui se contentaient de régner en potentats sur la troupe sans manifester la moindre considération pour les hommes. Celui-ci participait aux exercices, se mettait au même niveau que ses hommes qu’il traitait avec une camaraderie inattendue, cherchant ainsi à faire oublier son titre de noblesse et son jeune âge. Apprécié de tous, il avait su en quelques semaines gagner le respect du régiment et de ses subordonnés. Excellent cavalier et bretteur remarquable, personne ne songeait à discuter ses qualités physiques et militaires ; de même son goût de l’organisation et son sens du commandement avaient été 10 très vite remarqués, à la fois par ses hommes et par ses supérieurs hiérarchiques. Doté d’un esprit pratique, il avait su proposer quelques innovations bénéfiques pour la vie du régiment et les soldats lui étaient reconnaissants du souci qu’il prenait d’eux et de leur vie quotidienne. Il se murmurait que, héritier d’un très beau domaine, il était habitué à ce genre de tâches depuis son plus âge. Il n’avait pas été facile pour le lieutenant, âgé de vingtcinq ans, d’accepter l’autorité de ce nouveau venu de dixhuit ans, élevé au poste qui aurait dû lui revenir à lui, et qui lui échappait en raison d’un titre de noblesse qu’il n’avait pas. Le jeune capitaine avait reçu un accueil frisquet. Mais, très vite, il avait su désarmer tous les préjugés et se faire apprécier pour ce qu’il était. La jalousie du lieutenant s’était évanouie et il s’était attaché à ce jeune homme simple, mais d’une distinction naturelle qui révélait ses origines aristocratiques mieux que n’importe quel arbre généalogique. Plusieurs de ses supérieurs caressaient l’idée d’un mariage avec leurs filles. Ce qui amusait beaucoup l’intéressé qui se déclarait bien trop jeune pour de tels projets, une manière élégante d’opposer une fin de nonrecevoir aux propositions à peine déguisées qui lui étaient adressées. Un bruit de chevaux les fit soudain sursauter. – Allez-y ! intima le capitaine au lieutenant, je vous rejoins dans dix minutes. Que nos hommes les aident à s’occuper des chevaux et à les décharger, ensuite conduisez-les dans la grande salle pour le rafraîchissement prévu, le pansage des chevaux se fera une fois que chacun sera restauré et les jeunes filles installées. Le lieutenant se tenait devant la fenêtre : 11 – Seigneur quelle troupe ! s’exclama-t-il en les voyant arriver. Ils sont impressionnants, effrayants même, ajoutat-il, s’ils sont tous du même acabit que les deux éclaireurs nous allons connaître quelques journées agitées…mon Dieu quelle allure ils ont ! De vrais pirates ! À propos, savez-vous ce que m’a raconté l’un des éclaireurs ? Qu’un des meilleurs archers du pays vient de les rejoindre ! Je pensais à ce que vous m’avez confié sur votre meilleur ami qui est paraît-il un virtuose… il semble qu’il ait un concurrent… ah je vois deux types avec leurs arcs dans le dos…venez voir Capitaine, mon Dieu quelle équipe ! Comment allons-nous tenir cette bande de sauvages ?? Et ces tenues ! On a l’impression de voir défiler toutes les hordes mongoles ! Le capitaine rejoignit son condisciple et émit un sifflement en découvrant la meute : – C’est vrai qu’ils sont impressionnants. Ah je vois l’un des archers… où est donc l’autre ? Je serais curieux de les voir à l’œuvre… je suis sûr qu’ils n’égalent pas mon compagnon… – Regardez ! Le deuxième est là-bas à gauche, il tient ce superbe bai en bride et il parle avec une des captives… hé, n’est-ce pas un anneau qui brille à son oreille ? De plus, vu de loin, on dirait un gamin…ne me dites pas que leur virtuose est un esclave ! Hé mon Capitaine, ça ne va pas ? Vous êtes tout pâle ! Le capitaine était devenu d’une pâleur de cire et il fixait le jeune archer sans pouvoir en détacher ses yeux : – Ce n’est pas possible ! murmura-t-il enfin en se tournant vers son second, qu’est-ce qu’il ferait ici ? Il est à Kosva ! C’est une coïncidence ! ça ne peut pas être lui ! Il se pencha encore, vit le jeune esclave sourire à la jeune fille en penchant la tête sur le côté, et tous ses doutes s’envolèrent en un instant. Le lieutenant se retrouva agrippé aux épaules par un capitaine aux yeux brillants, tout tremblant d’émotion et de joie contenue : 12 – C’est lui ! C’est Mikhaïl ! il est ici ! C’est inouï ! Tout simplement inouï ! Descendons tout de suite ! Le lieutenant ébahi vit son capitaine se ruer dans les escaliers comme un dératé, oubliant rapport à terminer et protocole, pour s’élancer vers les nouveaux arrivants. Toute sa retenue et sa rigueur militaire envolées, il se précipita vers le jeune archer qu’il agrippa comme un fou devant toute la troupe médusée : – Mikhaïl ! Toi ici ! Dis-moi que je ne rêve pas ! Il fallut quelques secondes à l’intéressé pour réagir et il ouvrit de grands yeux en contemplant Nikolaï comme s’il se trouvait face à quelque apparition miraculeuse : – Kolia ! bégaya-t-il, mais qu’est-ce que tu fabriques ici ? Tu devrais être à l’armée ! déclara-t-il sans réfléchir, – Regarde autour de toi gros malin ! Tu es dans mon nouveau fief…mais c’est plutôt à moi de te poser des questions : je te croyais tranquillement à la maison et la première tronche que j’aperçois dans une bande de cosaques, c’est la tienne…avoue qu’il y a de quoi tomber des nues et je…oh mon vieux compagnon, tu ne peux pas savoir le plaisir que ça fait de te retrouver et je… Ils finirent par tomber dans les bras l’un de l’autre, les larmes aux yeux, n’arrivant pas croire à leur bonheur, riant et pleurant à la fois, s’étreignant mutuellement pour s’assurer que l’autre était bien réel, échangeant des mots sans suite. Leurs retrouvailles s’écourtèrent lorsqu’ils s’aperçurent qu’un silence de mort les entourait et ils finirent par interrompre leurs effusions viriles pour jeter un coup d’œil autour d’eux : tout le monde s’était arrêté et les fixait d’un air incertain sans trop comprendre le sens de la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Les deux garçons se regardèrent et éclatèrent de rire au même moment : 13 – Je crois que pour la discrétion, il faudra repasser ! commenta Mikhaïl, nous venons de fournir un sujet de conversation pour la soirée. – Et moi, j’en ai oublié tous mes devoirs ! répliqua Nikolaï, présente-moi ton chef que je… – Inutile, Capitaine ! Je suis là ! Orel venait de les rejoindre et il fixait ce jeune capitaine d’un air dubitatif et amusé. – Je vois que vous débordez d’enthousiasme pour notre nouvel archer, susurra-t-il avec un sourire, et je m’en veux d’interrompre un si bel élan, mais je crois qu’une petite explication s’impose… Nikolaï s’empourpra et offrit à Orel un salut réglementaire : – Je suis impardonnable Commandant, permettez-moi de me présenter : Capitaine Podovin, du troisième régiment de cavalerie. Veuillez excuser ma réaction, mais la surprise m’a fait perdre toute rigueur militaire, je ne m’attendais pas à rencontrer cet oiseau rare ici, ajouta-t-il en posant sa main sur l’épaule de Mikhaïl. – Podovin ! répéta Orel, je crois comprendre, vous êtes le fils du comte n’est-ce pas ? – Oui, et Mikhaïl a été mon compagnon d’armes et d’études. Mikhaïl, brusquement mal à l’aise, réalisa qu’un cercle compact d’indiscrets s’était formé autour d’eux, qu’ils ne voulaient surtout rien manquer de la scène et qu’ils buvaient chacune des paroles qui se disaient tout en les répétant à ceux qui se trouvaient relégués au deuxième rang. Kol, Kvetan, Bran, Tatiana, Klim, Sokol, le lieutenant et deux ou trois autres formaient une garde rapprochée et attendaient impatiemment la suite, espérant sans doute quelques révélations croustillantes. 14
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