Les pensées clandestines de Clyde Westwood - Page 1 - Laurent Rozet Les pensées clandestines de Clyde Westwood Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-2967-4 Dépôt légal : Décembre 2009 © Laurent Rozet L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. Mille mercis… A mes parents, mes frères et mon neveu, A Benjamin Schapiro, Julien Tellouck, RTS Corp. Rodolphe de Saint-Léger Tof Cédric Mariette, Yohan Piestre, Laurent Lachaud, Bruno Fantini, Manuel Cornet Cynthia Justaume, Thomas Bécu, Caroline Saulais et Pierre Henri Guérineau, Arthur, Chacha, Hedgar, Cathy Assenat, Seb Neuens,Lucille Hernandez, Sylvie Butez, Arae Galloy, Elise Foissy, Sebastien Rousseau et Seelex, Isabelle Cremel et le groupe Lyliabob, Franck et Shawn Bouvry, Elvina Labarthe, Aux anciens de Bercy, A Inès Ramananarivo, merci pour la logistique. lol ! Aux anciens du Caprica, A Pastoriüs, Christian Viennot, et Gilou, partis trop tôt …RIP Ce livre est dédié à Pascal Loewinski, poête urbain de notre époque, au grand cœur. A Oriona, pour être toujours là malgré le temps qui passe et la distance. Enfin , à Marion, Pour tout ce que tu sais et parce que ton ombre habite encore chez moi… …et dédicaces… 7 COLLINE A DEMI-NUE Colline à demi-nue, Alanguie sous le ciel, De sa robe verdâtre, Aguiche le soleil. Loin du béton, du plâtre, Elle s’endort inconnue, Solitaire irréelle, En vénus d’albâtre, Cueille la fleur de sel, Du vent qui court le pâtre. L’amer en arrière Qui rêve, de ce sucre, Parcourir la colline Pour l’arracher au vent. Sa bourrasque est chimère, Parce que loin de tout lucre, Ainsi est la Colline, Alanguie au couchant. 9 DEHORS DANS LE JARDIN (À Pascal) Quand tu sortiras de la maison, Celle qui sent le renfermé, De ton habitude sans saison, De ton manque de liberté, Tu feras comme ce papillon Qui vole les ailes déployées. Elles viennent de sortir du cocon, Mais les tiennes sont encore froissées. Quand tu mettras le pied dehors, Toi ni qui n’a plus vu de lumière Que celle d’un soleil qui dort, Tu sentiras le courant d’air De ton asphyxie s’enfuyant À la recherche d’une autre proie. Quand tu te sentiras vivant -Vivant, enfin je croisIls t’ennuieront, c’est sur, Ceux qui s’demandent quand tu reviendras. Autant que les pourritures Qui ne se le demandent pas. Ils te feront revoir la terre, Tes amis, comme tu l as connue, Avec un climat délétère, Une ambiance de tout est foutu. Mais toi tu t’en foutras pas mal. Tout ça c’est babioles carnaval. Les gens ne connaissent pas tes soucis, Tu répondras ça va merci. 10 Et puis ils n’auront qu’à s’demander Pourquoi tu souris tout le temps. Tu croques la vie à plein dentier, Ca a le don d’énerver les gens. C’est que de toute façon Ils n’ont pas bien compris. Mais c’est mieux que le salon À vivre au jour la nuit. Tu riras, tu chanteras comme on valse, Souvent à contre jour. Tu laisseras traîner tes godasses Même s’ils n’aiment pas les troubadours, Même s’ils sont méchants au printemps -À croire qu’il est trop dur d’aimer Même s’il est froid le cœur des gens. Si tu t’en fous, si c’est l’été. Quand tu sortiras de la maison Avec la peur au ventre Des regards de compassion, L’envie de boire que diantre ! Simplement il suffira D’avancer de quelques pas, Malgré tes genoux qui butent Et tes cheveux hirsutes, Dans la bonne direction. Le cœur léger vers l’horizon, Ton cap c’est toi qui le connais. Quand tu sortiras de ta maison Comme un été qui renaît, Avec ses fruits à cueillir, Trempés comme toi dans le kirsch, 11 Manière de bien vieillir Avec tes souvenirs kitsch, Que le soleil sur ta peau, Rayée par le passage du temps, Y appose son sceau Et t’offre son printemps. Quand tu sortiras de la maison, Quand tu te montreras enfin, Nous, tes amis, t’attendrons Dehors dans le jardin. 12 BUKOWSKI ET ZUBROWSKA Je vis dans le souvenir, C’est une villa délabrée Où, mauvaise graine, j’ai fait pousser la mauvaise herbe. Mon cerveau est moisi, La charpente effondrée. J’ai des vapeurs d’alcool, j’ignore où tout me mène. Des soirées comme hier, Qui finissent au matin, Anesthésient mon quotidien de guerre lasse. Si l’ivresse me laisse faire, Moi aussi j’écrirais bien Les mémoires d’un vieux dégueulasse. Entre Zubrowska et Bukowski, Voilà comment j’écris ma vie. Entre Bukowski et la Zubrowska, Me voilà , au sud de nulle part. J’ vous envoie mon souvenir En souvenir de pas grand-chose. Je porte dans ma tête, un toast à la cirrhose. Nuit incendiaire comme l’enfer Où je rejouerais si je veux, Du piano ivre pour que mes doigts saignent un peu. J’ai fini de rêver à des « je t’aime, Albert ! » Ces chimères qui vous font tant aimer la pluie. Car l’amour est un autre chien de l’enfer, Et Albert non plus n’aime pas le paradis. 13 Mon esprit a perdu le cap Pour une fois qu’il a pris l’eau. Laissant le vent porter au loin mes idéaux, Capitaine parti déjeuner, Dont les marins, ces saligauds Se sont, en bons mutins, emparés du bateau. Entre Zubrowska et Bukowski, Voilà comment j’écris ma vie. Entre Bukowski et la Zubrowska, Me voilà , au sud de nulle part.. Capitaine parti déjeuner, Dont les marins, ces saligauds Se sont, en bons mutins, emparés du bateau… 14 PORNOGRAPHIQUE L’image n’est pas sage. On te la jette à la gueule. La photo du dernier carnage, Entre deux amuse-gueule. A la face de ceux qui n’y peuvent pas grand-chose, Ils renvoient des clichés qui nous indisposent. T’as pas choisi de voir le cul d’une blonde, A la télé, pas choisi non plus de voir le malheur du monde. C’est pour te vendre mieux leurs idées politiques Ou que tu achètes ce dont tu n’as pas besoin. La dictature à l’heure économique, C’est qu’on te montre tout pour que tu ne voies rien. Pornographique Porcs no future ! On filme des aventures, Faut que ça rapporte du fric Aux dernières élections, Il aurait juré sur sa vie Que son couple tenait bon, Amoureux pour la vie. Mais en quatre mois, les aventures passées Ont soudain ressurgi comme par enchantement, Et les électeurs se sont sentis floués. Le président assure et le peuple est son amant Baiseur impénitent qui marche à coups de trique Et la nation aime se faire sodomiser. Président de France rêve de faire jouir l’Amérique. Que faire pendant qu’on nous viole, se taire ou bien crier ? 15
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