Le mystère du moulin de L'Oseraie - Page 1 - test Le mystère du moulin de l’Oseraie 3 Yves Moré Le mystère du moulin de l’Oseraie Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2008 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0553-1 Dépôt légal : Décembre 2008 © Edilivre Éditions APARIS, 2008 6 Au cœur du Mené, un moulin à eau inexploité. C’est lui qu’une bande de trafiquants peu scrupuleux a choisi pour développer son activité. Gérard, entrepreneur en bâtiment à St Jacut de la mer, a fortuitement mis le nez dans ce guêpier. Que renferme donc ce mystérieux moulin pour que l’on essaye d’attenter à la vie de Serge Purflau, son propriétaire ? L’épouse de Gérard, Marie, et Solange, sœur de cette dernière, venue de Paris pour passer quelques jours de repos à St Jacut, vont se joindre à notre héros pour tenter de démêler l’écheveau. L’hôtel des voyageurs, dans un petit bourg non loin de ce moulin, va être le carrefour du récit, dont les ramifications nous conduiront tantôt au port de Dahouet, tantôt à Dinan. Cet établissement tenu par Georges et Madeleine, sera le lieu d’un chassé-croisé plein de rebondissements. Drôle de patelin aussi, où les malfrats tentent de faire disparaître leurs victimes dans des ensileuses ! L’affaire doit en valoir la chandelle, pour que Jean Louis Tombley, apparemment honnête agent immobilier, s’apprête à investir dans l’affaire chancelante de Gérard. Aussi pour que Solange, 9 amatrice de planche à voile, délaisse son loisir préféré en baie de Beaussais, pour épauler son beau-frère amoureux d’elle, tout au long de cet imbroglio. 10 Chapitre 1 Le ciel plombé s’assombrissait de minute en minute. Il n’était que 17h30 cependant. Gérard se dit qu’il valait mieux presser le pas s’il tenait à rester un peu au sec. Le chemin serpentait à travers un bosquet… Satanée bagnole, qui l’avait lâché à un moment inopportun. Il dut sortir sa carte pour se repérer. Il était à un peu plus d’un kilomètre de son rendez-vous. C’était la première fois qu’il venait par ici. Le moulin figurait bien sur le plan, au bout du chemin qu’il empruntait actuellement. Son contact aurait-il eu la patience de l’attendre ? Se ravisant, il se dit que de toute manière, il le croiserait le cas contraire. Un éclair zébra le ciel. Les roseaux bordant la rivière fléchirent d’un coup comme s’ils couraient le long de la berge. Il hâta encore le pas alors que les premières gouttes s’écrasaient déjà . Il lui était difficile d’aller plus vite. La cinquantaine et le manque d’exercices n’arrangeaient pas les choses. Faisant fi de toute prudence, il décida de se mettre à l’abri sous le grand hêtre au bout du bosquet. La pluie et les éclairs redoublaient. L’air encore tiède de ce mois d’octobre sécherait vite ses vêtements. Gérard se mit à penser à ce coup de 11 téléphone qu’il avait reçu la veille : « Si ma proposition vous intéresse, nous pourrions convenir d’un rendez-vous… » Et comment, s’il était intéressé ! Une chose l’inquiétait cependant, mais il n’avait pas jugé utile d’en parler à sa femme, comme il ne lui avait pas dit d’ailleurs qu’il irait à ce rendez-vous. Sa gorge se noua soudain : s’il lui arrivait quelque chose ! Personne ne pourrait retrouver sa trace en dehors de sa voiture stationnée au bord de la départementale. Dans son esprit tout s’accéléra : pourquoi une rencontre dans un moulin isolé ? Et cet homme qu’il ne connaissait pas et qui malgré tout lui avait proposé de l’aider ? Il aurait dû négocier une entrevue chez lui. Mais, emballé par la proposition, il n’avait pas réfléchi. C’est ainsi que deux heures plus tôt, confiant, il avait quitté sa petite bourgade pensant être de retour rapidement. Les choses se présentaient mal : la panne de voiture, cet orage, et puis la peur maintenant. Dans sa précipitation il avait même oublié de prendre son portable. A présent, il hésitait sur la conduite à tenir… peut-être même faire demi-tour ? Puis il se dit, comme pour se réconforter, que ce monsieur Tombley, Jean Louis Tombley, lui proposerait certainement de le raccompagner jusque sa voiture, mieux peut-être de le déposer chez un garagiste. Il ne pourrait en être autrement. S’il devait coucher à l’hôtel ce soir, cela ne porterait pas à conséquences. Il n’avait pas de rendezvous le lendemain. Profitant d’une accalmie, et lui-même apaisé, il reprit le chemin du moulin. D’ailleurs il l’aperçut en contrebas, un peu flou à cause des gouttelettes de pluie qui perlaient de ses lunettes. Un moulin, c’est le genre de bâtisse désaffectée qui avait en partie bercé son enfance, quand, comme ses copains, il bravait 12 l’autorité parentale et s’échappait des après-midi entiers pour des aventures guerrières. Soudain, une lueur violente en provenance de l’intérieur de la minoterie le cloua sur place et lui enleva toute nostalgie. Il eut l’impression que cette lueur vive et fugace qui éclaboussa une fenêtre provenait d’une arme à feu. La peur remonta d’un cran. Il était à environ deux cents mètres de la bâtisse et ne pouvait avoir rêvé. La panique lui ôtait tous ses moyens… Aucune lueur à présent ne filtrait par les différentes ouvertures du moulin qui d’un coup sembla plongé dans l’obscurité. Il allait rebrousser chemin, lorsqu’il aperçut les feux d’une voiture quittant rapidement les lieux. Elle entreprit de gravir la pente sur laquelle il se trouvait. Effectivement il n’y avait pas d’autre issue ; rapidement Gérard enjamba le fossé et s’accroupit au milieu des ajoncs juste avant le passage d’une Mercedes foncée zigzagant sur les bas-cotés du chemin détrempé. Les feux arrières du véhicule s’évanouirent rapidement dans la pénombre naissante. Curieusement la panique s’estompa. La seule solution qui lui restait, était de descendre vers le moulin d’où il distinguait nettement le bouillonnement de l’eau sans doute canalisée dans un bief. Qui était remonté en voiture à l’instant ? Tombley ? Ou est-ce lui précisément qui avait été agressé ? En lui-même, Gérard se dit que finalement il avait eu beaucoup de chance. Sa voiture ne serait pas tombée en panne, il aurait été ponctuel à son rendez-vous, et alors ?… Il en était là de ses réflexions, quant à nouveau un bruit de moteur le fit se retourner. Un faisceau blanc balaya le bosquet où il s’était réfugié quelques instants auparavant. Du regard il chercha un endroit 13 où se cacher. Désormais, il n’avait pas le temps de courir jusqu’au moulin distant à présent d’environ cinquante mètres. Cette fois il plongea carrément dans le fossé, juste à l’instant où le faisceau lumineux allait le démasquer. Un crissement de pneus, une porte puis deux, claquèrent violemment. La gorge nouée, Gérard ne comprenait plus grand-chose. Il était sûr de n’avoir vu qu’une seule personne dans la Mercedes qui tout à l’heure l’avait déjà obligé à se cacher. Car oui, il s’agissait bien de la même voiture ! – Tu aurais pu y penser avant ! entendit-il malgré le bruit provenant de la rivière. Un haussement d’épaules de son compagnon fut la seule réponse. Les deux hommes pénétrèrent à l’intérieur de la bâtisse. Prenant son courage à deux mains, Gérard décida de s’approcher. Le pantalon dégoulinant d’eau et de boue, en quelques enjambées, il put se cacher derrière le tronc d’un chêne en avantgarde de la propriété. C’est seulement à cet instant qu’il aperçut une seconde voiture dans le renfoncement formé par l’aile du moulin. Il s’agissait sans doute du véhicule de la personne sur qui on avait tiré tout à l’heure. Aucun bruit ne lui parvenait de la construction, mais il put apercevoir à travers une croisée la lueur d’une torche à un niveau inférieur. Il lui fallait maintenant s’approcher du second véhicule. S’il pouvait s’emparer des clefs, cela pourrait être utile. Un autre éclat de torche le rassura quant à la position des deux hommes. Il se rua vers la voiture… les clefs étaient sur le contact. Il en profita pour inspecter la boîte à gants et se saisir de son contenu, à la hâte.Comme il n’avait pas l’intention de se jeter dans la gueule du loup, il se précipita à nouveau derrière le chêne. Un moment l’idée de s’enfuir avec 14 le véhicule lui traversa l’esprit, mais la peur de ne pas manœuvrer assez rapidement et d’attirer l’attention sur lui le découragea. Il en profita pour mémoriser l’immatriculation de la Mercedes qui appartenait à un département de la région parisienne. Le bruit de la rivière sur la façade arrière, là où devait se trouver la roue du moulin, aurait cependant couvert le bruit du moteur s’il avait opté pour la fuite. Tant pis, maintenant il jugeait trop tard tout revirement. Il jeta un coup d’œil à sa montre : 18h30. Que de péripéties en si peu de temps ! Inquiet, sur le qui-vive, il se dit qu’une présence amie aurait été réconfortante en ce moment. Il n’avait jamais vécu de situation de la sorte. Il pensa à sa petite entreprise de construction qu’il avait laissée pour venir à ce rendezvous, à sa femme, à ses employés qui devaient tous être rentrés à la maison, ignorants le drame que vivait leur patron. C’est un peu pour eux qu’il était tapi devant ce moulin. N’avait-il pas reçu la veille un coup de fil de ce Jean Louis Tombley, qui lui proposait de prendre des parts dans son entreprise à un moment où celle-ci connaissait de grosses difficultés ? Mais pourquoi lui avoir fixé rendez-vous ici ? Pour décider d’investir dans une entreprise, cela suppose la connaître, donc la visiter. Il mit fin à ses réflexions car maintenant la lueur de la lampe torche dansait au rez-de-chaussée donnant accès à la cour où se trouvaient les deux véhicules. L’un des deux hommes titubait sous le poids d’un corps. – Je prends sa voiture et on se retrouve au bord de l’étang. Celui qui portait le fardeau rétorqua : – Le plus simple serait de le balancer ici, il y a beaucoup d’eau derrière. 15
Le mystère du moulin de L'Oseraie - Page 1
Le mystère du moulin de L'Oseraie - Page 2
wobook
edilivre.com