Le secret des pierres d\'Ica - Page 1 - test Stephan Lewis Le Secret des Pierres d’Ica Science-fiction Edilivre – Éditions APARIS 3 Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2008 ISBN : 978-2-35607-807-0 Dépôt légal : Juillet 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 CHAPITRE I Montségur, Ariège… 3 juillet 1999… 8 h 05 du matin. Le professeur Joseph Winter, éminent archéologue britannique sexagénaire au front partiellement dégarni, est confortablement installé dans le salon de style anglais qui meuble la bibliothèque de sa superbe villa. En un mouvement trahissant sa perplexité, il tourne et retourne entre ses doigts une pierre ovalisée de couleur sombre aux arêtes arrondies. Elle fait partie de l’envoi des soixante quatre galets de dimensions identiques, que son ami et confrère, le professeur Javier Cabrera vient de lui faire parvenir de La Paz en Bolivie. Le texte de la dépêche qui a précédé la réception du colis et que Winter a relu pour la cinquième ou sixième fois consécutive, dénote la précipitation avec laquelle il a été rédigé. – « Cher ami… Je suis sur le point d’aboutir dans mes recherches, mais depuis qu’ils me traquent, ils sont parvenus à repérer l’endroit où je me trouve… Je vous confie les pierres d’Ica… Elles permettront de compléter les 6 tablettes de Nacaal… Je crains pour mon existence et il est impératif de les mettre en 7 lieu sûr. Elles seules peuvent sauver l’humanité… Rejoignez-moi au plus vite, le temps presse… Et méfiez-vous des Hommes en noir… Bonne chance… Amicalement… Javier Cabrera » Tout en continuant de détailler la pierre qu’il avait entre les mains dont le poids trahissait une densité inhabituelle qui, à première vue, ne correspondait pas à sa taille, il méditait sur le fait que l’une de ses faces était gravée à l’image d’un poisson étrange. Dany Ballantine, un solide gaillard de 41 ans bâti en athlète, ami et compatriote de Winter, dont les cheveux noirs taillés en brosse couronnent un visage énergique aux yeux verts, surgit à l’instant dans la grande bibliothèque, l’interrompant dans ses pensées. – Hello professeur ! Quelle belle journée en perspective !… lance-t-il joyeusement, en étouffant d’une main un dernier bâillement. – Déjà debout !… s’étonne aussitôt Winter en serrant la main qui lui est tendue… J’avais prié Alexander de vous monter le petit déjeuner vers 8 heures. Le majordome du professeur, qui vient de pénétrer à son tour dans la pièce, ne lui laisse guère le loisir de répondre… – Bonjour monsieur Dany. Désirez-vous prendre votre breakfast dans le grand salon ? – Salut Alexander. Un jus de fruit suffira pour l’instant. Je pars faire mon jogging matinal. Ballantine a tout de suite remarqué le paquet postal ouvert sur le bureau du professeur, dont le contenu dévoile les étranges cailloux. Avant que sa curiosité ne soit davantage mise à l’épreuve, Winter lui confie aussitôt celui qu’il a entre les mains. 8 – Que pensez-vous de ceci ?… lui demande-t-il, la mine réfléchie. Et sans ajouter un mot, il semble attendre la réaction de son ami. – Cette gravure et ces dessins sont surprenants !… murmure ce dernier après l’avoir examiné avec une attention soutenue. Puis, sans y être invité, il s’est saisi d’un autre galet d’aspect aussi étrange et mystérieux que le premier, dont le symbole gravé représente cette fois une pyramide. – J’ai reçu ce paquet il y a à peine une demiheure… précise Winter… C’est de mon ami le professeur Javier Cabrera. Ce pneumatique m’est pratiquement parvenu en même temps que le colis… ajoute-t-il en lui soumettant la missive. – Il semble courir un danger imminent… note aussitôt Ballantine… Il prétend être sur le point de faire une découverte importante ! – En effet… relève Winter… Ses travaux ont toujours été axés sur les mystères de l’origine de la vie. – Quelles sont ces tablettes de Nacaal auxquelles il fait allusion ?… poursuit Ballantine en se caressant machinalement le menton… Et que peut bien signifier cette mise en garde concernant ces hommes en noir, ainsi que ce danger que semblerait courir l’humanité ? – J’ignore qui sont ces gens mentionnés dans son message… indique Winter avec une moue de perplexité… Par contre, il m’avait à maintes reprises entretenu sur les recherches qu’il avait entreprises pour retrouver les Tablettes de Nacaal. Ces tables de pierre seraient, paraît-il, recouvertes d’une écriture 9 alphabétique et énigmatique. Elles seraient censées révéler l’origine de l’humanité. – Si votre ami est réellement en danger, il faut lui venir en aide !… anticipe déjà Ballantine… Pourquoi ne pas lui téléphoner ! Vous gagneriez du temps et cela nous permettrait d’éclaircir rapidement cette énigme. Tout au moins en partie ! – C’est un cabochard et un sédentaire… argumente Winter avec un soupir haché… Malgré mes éternelles recommandations, il n’a jamais prétendu se faire installer le téléphone. Il a toujours tenu à s’isoler, afin de pouvoir se consacrer entièrement à ses recherches dans la solitude la plus complète. – Où demeure-t-il ? – C’est un Bolivien. Il habite La Paz. Vous voyez que ce n’est pas la porte d’à côté ! Dans un geste synonyme d’une grande perplexité, Ballantine s’est passé une main ouverte dans sa courte brosse. – Si vous êtes de mon avis professeur, il n’y a pas un instant à perdre. Vous vous devez de répondre à l’invitation de votre confrère et ami. Et si vous le permettez, étant donné les circonstances, je vous accompagnerai. Il n’en aura pas fallu plus pour décider Winter. Après avoir prié son majordome de préparer leurs bagages, il a aussitôt contacté l’aéroport de Perpignan afin de réserver un prochain vol pour l’Amérique du Sud. Entre-temps, Ballantine est monté dans sa chambre renseigner Peluche, un robot des plus perfectionnés ayant l’apparence d’un gorille. Sa taille frise les 2 m 50 et sa dénomination exacte est Z 24. C’est 10 Ballantine qui lui a donné cet amusant sobriquet. Les Lunariens qui voyagent dans l’espace-temps et viennent de l’an 2210, lui en ont fait don en reconnaissance de la réussite de ses précédentes missions qu’ils lui avaient confiées. Ballantine étant lui-même originaire de l’année 2032, mais s’étant définitivement cantonné dans le présent du professeur Winter, devenu son inséparable compagnon d’aventures. L’androïde, pour des raisons évidentes de discrétion, attendra leur retour dans la villa. Le départ est prévu pour 16 h 27. Ils ont donc tout le temps pour se préparer et se rendre dans un bureau de change. 11 CHAPITRE II Le lendemain, 4 juillet 1999… Ils ont décollé à l’heure prévue et le vol s’est déroulé sans incident. Il est un peu plus de dix heures du matin avec le décalage horaire, lorsque leur appareil se pose sur l’aéroport de La Paz. Sitôt après avoir récupéré leurs bagages, un taxi les emmène au 827 Cerro Rico, où demeure le professeur Javier Cabrera. Winter, qui parle couramment l’espagnol, langue officielle des Boliviens avant l’aymara et le quechua, ayant indiqué l’adresse au chauffeur. A cette heure de grande affluence, la ville de La Paz, siège du gouvernement bolivien et capitale de fait du pays est en pleine effervescence. Bâtie à 3700 m d’altitude entre le lac Titi caca et le massif de l’Illimani, c’est la plus élevée des grandes villes du monde. L’artère principale est déjà passablement encombrée. De nombreux cyclistes imprudents zigzaguent en gymkhana entre les automobiles, faisant craindre l’inévitable accrochage à chaque instant. Malgré les coups répétés de klaxon visant à les rappeler à l’ordre, leur chauffeur ne parvient 12 toutefois pas à les intimider et encore moins à freiner leur ardeur des plus acrobatiques. La plupart sont des Indiens au costume extrêmement typique, revêtus de ponchos ou d’amples manteaux, malgré la chaleur qui règne à l’intérieur du pays. Ils portent presque tous des chapeaux à bords très étroits et les femmes arborent de longues robes aux couleurs vives et bariolées. Elles sont coiffées, elles aussi, du caractéristique chapeau des Indiens. Le véhicule vient de bifurquer sur la droite, avant de s’immobiliser devant l’un des nombreux immeubles et le conducteur leur indique qu’ils sont parvenus à destination. Sitôt après avoir réglé la course, un ascenseur les emmène vers le cinquième étage. Ils sont maintenant, bagages en mains, devant le n° 827. Un coup de sonnette, suivi immédiatement d’un second, puis bientôt d’un troisième les impatiente. Malgré l’obstination dont ils continuent de faire preuve, la porte ne s’est toujours pas ouverte. – Il s’est certainement absenté pour faire une course… hasarde avec réserve Ballantine. – Cela n’est pas dans ses habitudes… objecte le professeur… C’est Conchitta, sa femme de ménage, qui s’oblige à toutes ces contraintes. Comme je vous le disais, c’est un casanier. Il vit en ermite et ne sort pratiquement pas de chez lui. Winter ne dissimule toutefois pas sa contrariété, aussi Ballantine lui suggère-t-il de se renseigner auprès de la conciergerie. 13 Les portes de l’ascenseur se sont de nouveau ouvertes sur le rez-de-chaussée. Après avoir repéré le logement du gardien, ils sonnent à la porte. Une petite femme brune et grassouillette ne tarde pas à faire son apparition, les dévisageant avec une insistance exagérée. Le professeur, après avoir décliné son identité, entreprend aussitôt de la questionner. Au terme de quelques minutes d’un échange fastidieux d’une conversation des plus animées, assortie d’une démonstration de gestes des plus convaincants, Winter s’est tourné vers son ami. – Cette femme me disait que deux hommes l’avaient interrogée il y a une heure à peine au sujet de Cabrera ! Ils désiraient savoir où le trouver. Elle leur a confirmé qu’il ne quittait pour ainsi dire jamais son appartement. – Demandez-lui si ces hommes étaient des étrangers et s’ils n’étaient pas, par hasard, habillés de noir… relève pensivement Ballantine. Le professeur a aussitôt repris son interrogatoire. Avant que ne lui soient traduites les paroles de la Bolivienne, Ballantine remarque que tout en dialoguant cette fois avec empressement, elle a acquiescé de plusieurs signes de tête à la question qui lui était posée. C’est donc sans la moindre surprise qu’il recueille la confirmation du professeur, étonné et visiblement inquiet. Après avoir remercié la concierge, ils décident de patienter dans l’un des nombreux bars des alentours où ils attendront le retour du Bolivien. Ils sont bientôt attablés sous un ventilateur poussif, au milieu d’une cohue indescriptible et d’un charivari 14
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