De l'éducation à la révolution permanente - Page 1 - test Christine CHAMPION De l’Éducation à la révolution permanente Éditions Éditeur Indépendant 75008 Paris - 2007 3 Le Code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation de ses ayants droit. Toute reproduction, partielle ou totale, de la présente publication est interdite sans autorisation de l’auteur, de son éditeur, ou de Centre Français d’exploitation du droit de copie (CFC, 3 rue Hautefeuille, 75006 PARIS). Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 122-5, 2° et 3° alinéas, d’une part que des copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite (Article L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. © Éditions Éditeur Indépendant – 2007 ISBN : 978-2-35335-120-6 Dépôt légal : Septembre 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 Hommage à Vladimir Volkoff : un homme de plume et d’épée Hommage à mon maître en écriture, Vladimir Volkoff, dont les romans d’espionnage, les essais, et les pièces de théâtre n’ont pas encore fini de me passionner, et à qui je dois d’avoir osé écrire et publier mon premier livre 1 , dans sa collection Désinformation, en 2005. Hommage à l’autorité feutrée du grand seigneur qu’il fut, qui gardait son panache, tout en sachant se moquer de lui-même et des autres. Et puis, avec cela, une culture immense, une attention constante à l’égard de la Femme, et le souci réel « (des) petits, (des) sans grade ». Hommage à l’âme de Vladimir, dont le courage et la joie chrétienne de vivre ont transcendé les 1 Ch. Champion. La Désinformation par l’Éducation nationale. Le Rocher, 14 Septembre 2005. (Coll. Désinformation ; 4) Op., réédité : Éditeur indépendant, 2007. 7 souffrances politiques et humaines, rencontrées depuis son plus jeune âge. L’exil, les trahisons dont il souffrit tant par l’URSS que par la France (au moment de la guerre d’Algérie), Vladimir Volkoff les utilisa sans cesse comme le perpétuel ferment de son œuvre littéraire et politique. Voilà comment il expliquait, d’ailleurs, le problème du Mal, et des maux, dans leur ensemble : – de quoi nous obliger, chacun, à choisir son camp. Chercher un bouc émissaire est une pratique courante, bien sûr, mais le mal est d’abord en nous. Sa mort inattendue fut, sans doute, l’exacte conséquence de cette bataille permanente qu’il livra contre la lâcheté, et le Mal, à la fois, comme l’un des chevaliers de la Table ronde, qu’il aurait pu incarner. Les quarante académiciens ne l’en ont pas remercié. Christine Champion. 8 Prologue Depuis quelques années, nous sommes plusieurs enseignants, de tous horizons, à avoir pointé du doigt dans des domaines différents les mêmes causes de dysfonctionnement du système scolaire français. Or, il en a été encore question pendant la campagne des élections présidentielles, et tous les candidats ont promis des remèdes, plus ou moins coûteux, à cette dégénérescence catastrophique qui n’en finit pas de miner le pays. Rappelons donc notre conclusion précédente. Nous avions lavé la responsabilité de beaucoup de nos collègues, dont nous connaissons la conscience professionnelle. Mais, malgré les horizons variés de nos points de vue de départ, nos conclusions avaient été similaires : Apparemment, le brouillard culturel et intellectuel dans lequel les élèves naviguaient à vue, semblait volontairement entretenu, et ce, pour que 9 les hommes au pouvoir puissent les manipuler à l’avenir, comme bons électeurs, et bons contribuables. Monsieur le Président, s’il vous plaît, ôtez-nous cette idée-là de la tête, par votre détermination à faire appliquer au moins les réformes voulues par le ministre de l’Éducation nationale, M. de Robien, au dernier mandat présidentiel, sans tenir compte de l’opposition des syndicats de gauche qui lui fut réservée, systématiquement. Les parents d’élèves savent très bien que la parfaite connaissance de la langue française constitue la condition, sine qua non, pour enrayer l’échec scolaire. Voilà donc le moment de s’atteler avec vous à la régénérescence de l’enseignement, par la mise en application de ces réformes élémentaires. Il y va de l’équilibre intellectuel et moral de la jeunesse, et du bien commun de la société qu’ils formeront, avec leurs parents. Voilà donc aussi le moment de redonner aux familles les moyens de reprendre leur premier rôle d’éducateurs, avant tous les autres acteurs et partenaires de cette immense pièce de théâtre. Sinon rien ne tiendrait. Or, je me réjouis en relisant deux des livres de M. Luc Ferry2 , dont le premier inclut des textes de M. Xavier Darcos, nouveau Ministre de L’Éducation Luc Ferry. Lettre à tous ceux qui aiment l’écol. Odile Jacob2005. Et Familles, je vous aime. XO, 2007 2 10 nationale, de constater que leurs conseils pédagogiques rejoignent parfois nos propres attentes. Et ce, même si nos buts ne sont pas exactement les mêmes. Il existe une certaine universalité dans la façon d’élever un enfant, quelles que soient par ailleurs les conceptions de la vie. De même, voir que le nouveau gouvernement semble vouloir se dépêcher de faire encore avancer les choses rassure un peu. Maintenant, il reste à comprendre qui exerce le pouvoir réellement dans ces domaines gravissimes, en France : les média, les syndicats ou le ministère de l’Éducation nationale ? Qui furent les metteurs en scène réels de la gabegie constatée ? Et le Président de la République, que peut-il, dans tout cela ? Monsieur le Président, pouvez-vous aider les parents et les enseignants à se partager intelligemment et de façon équitable cette tâche gigantesque ? Cela commence par la nécessité de redonner au père son rôle de première autorité sur ses enfants, avant tout autre. Les règles du jeu social commencent dans la famille. Merci à Luc Ferry de le rappeler. Pas ailleurs. Par conséquent, rien ne tiendrait ni civiquement, ni dans les milieux scolaires, si la famille 11 abandonnait les rênes de l’autorité, commencement de la vie de l’enfant. dès le Or, l’analyse que je propose dans cet essai, porte sur trois points : – l’abandon plus ou moins volontaire de l’autorité paternelle, (dont les causes elles-mêmes peuvent provenir de l’environnement subi) ; – les conséquences effarantes qui en résultent sur le comportement, alternativement apathique, désorienté, ou agressif des adolescents ; – enfin, le réconfort de voir poindre à l’horizon de réels efforts de la part de certains politiques pour en finir avec ce gâchis humain, intolérable ; malgré l’obstruction systématique des syndicats, et les problèmes financiers français. 12 Chapitre I Un décor virtuel d’où le Père est absent L’autorité et la responsabilité : à susciter Avant de réaffronter ce sujet scabreux de la formation des petits Français, depuis leur plus jeune âge jusqu’à leur embauche, commençons par dresser le décor qui les influence depuis leur petite enfance, chez eux, à travers leur vision de la famille, de l’école, et de tout ce qui a pu capter leur attention depuis leur naissance. Une première évidence saute aux yeux : la royauté de la télévision, de la radio, et donc de tous les média, empêche leur père d’imposer sa personne, chez lui. Une deuxième évidence : le règne de toutes sortes d’autres écrans et de gadgets détourne les enfants de 13 leurs tâches élémentaires, et les perd dans un dédale ésotérico-virtuel. Face à cela, les services à rendre à la maison, et les devoirs scolaires n’existant plus qu’en pointillés, passent bien après, malgré la volonté des deux parents. Pire. Ces devoirs scolaires ont été supprimés volontairement des programmes scolaires. Ainsi, semblables à des mouches, volant au gré du souffle des vents, et des téléphones portables, les uns et les autres vaquent selon leurs caprices ou ceux de leurs amis, ou selon leurs trafics plus ou moins lucratifs… Beaucoup sont la proie de ce qu’on leur montre sur leurs écrans : une France en vacances perpétuelles, qui ne se prend au sérieux que pour gagner de l’argent, par n’importe quel moyen, et pour aller jeter un petit papier dans une urne, de loin en loin, après s’être brusquement passionnée comme pour une marque de voiture. Et puis, aussitôt après les élections, quelles qu’elles soient, tout l’intérêt des Français et de leurs enfants pour le bien commun et la marche du pays semble retomber à l’eau. Ils reviennent, pour les uns, à leurs strictes heures de travail et à leurs congés, pour les autres, les adolescents, à tuer le temps. Les études ne comptent que pour les familles pragmatiques ou élitistes, qui programment dès la naissance de leur fils, qu’il passera plus tard par une 14
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