Chacun son ange - Page 2 - test Chacun son ange 3 Du même auteur : « Croquis féminins » – chez http://portaildulivre.com/ « Désirée de Montello » « Deux ours et la lune » « Deux histoires au bord de la mer » – chez http://pawedit.com/ « Le retour des copains » « Croquis de rugby » « Dieu sera Web ! » « Voyage en Asile colis » – chez http://www.atlantica.fr/ « Il faut sauver le soldat Jules » « L’idée de la joie » « Ils ont enterré Ben Barka » « Spleen family » – chez http://www.edilivre.com/ « L’année magique » avec Fabien Jans et Eric Gleyze – chez http://www.editeurindependant.com/ À venir : « Toi que le voile fait si joli.. » – Agnostique. « Éléphant Majesty » – Récit * * * http://www.loygue.com/ js.loygue@wanadoo.fr 4 Jean Sébastien Loygue Chacun son ange Nouvelles Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0841-9 Dépôt légal : Février 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire Croquis ahuris................................................... Deux ours et la lune .......................................... Désirée de Montello.......................................... Noire Sœur........................................................ José Jésus de Josué ........................................... Anima Mea ....................................................... Le pays où il fait du vent .................................. 13 61 69 95 125 189 227 9 Note de lecture : Ces nouvelles vont du très court (Croquis ahuris) au long, par ordre croissant. J’ai bourré le sac de sorte que le lecteur en ait pour ses éclats de rire comme pour son édredon. Les « Croquis ahuris » par exemple, correspondent à des moments de jubilation quant le langage vire fou autour de sa queue parce qu’il neige. Alors que dès « Deux ours et la lune » le rêve s’enroule au murmure. 11 Croquis ahuris L’aveugle, la fée, la lune et le chien On vient de me doter d’un chien, sans son manuel. Premier dialogue : – Tu es là ? – Arrêtez tout de suite ! – Arrêter quoi ? – On ne tutoie pas son chien quand il est neuf ! – On fait quoi ? – On le Wou voie. – Autrement dit ? – On aboie.. – Mais encore.. ? – On lui Wou dit. – Quoi par exemple ? – « Aux pieds ! » – Et il se couche ? – Le soleil aussi.. – Mais alors il fait nuit ? – Woui ! Wou ne l’aviez pas remarqué ? 13 Non, je n’avais pas remarqué.. – Bien sûr, il m’arrivait, de temps en temps, d’étendre les mains pour ne pas percuter un bec de gaz éteint, un trousseur de cadavre en catimini, un carnaval qui avait débordé de son lit. – Bien sûr, des odeurs avaient souvent guidé mes pas vers des plats, je ne vous dis pas.. – Bien sûr, j’avais aimée, j’allais dire… « aveuglément ».. Mais qu’il fit nuit pour autant, il m’en apprenait, ce chien ! Et puis, c’était quoi, la nuit ? – Wou voulez que l’on essaie ? – Que l’on essaie quoi ? – Le coucher du soleil.. – !? – A Wou ! – « Coucher ! » – Ça marche, Wou voyez ? Je voyais quoi ? Rien ! Il m’a mis la patte sur l’épaule (j’étais assis) pour que je ne me décourage pas. Sympath.. À ce moment là la fée est entrée par la fenêtre. Je l’ai sentie à son parfum dans le courant d’air. Elle m’a demandé de prononcer un vœu. Elle tapotait sa baguette énervée sur un guéridon dont le plateau est idéal pour que rebondissent les ongles des invités qui me disent « J’ai tout mon temps », mais je sais qu’ils mentent. Le chien me grattait à nouveau l’épaule. J’ai dit quelque chose qui n’engage à rien, dans le genre de : – Il faudrait voir.. 14 Alors, mon pauvre, j’ai VU ! Je ne m’y attendais pas. Le chien remuait sa queue. La fée s’envolait par la fenêtre. La nuit tombait. Heureusement car la lumière blessait mes yeux pour la première fois. Je me suis inquiété : – À présent qu’est-ce qu’on fait ? – Selon Wou ? Nous sommes sortis et nous sommes assis dans le jardin, la truffe levée. Nous avons attendu que la lune paraisse. Elle est venue. Nous avons hurlé : « Wou Wou », comme les loups.. Nous étions bien. Elle m’a demandé (c’était une chienne) : – On se dit tu ? Lancement d’un livre Si l’on n’est pas plus que cela célèbre et que nos aveux de vie aventureuse ne feraient allonger le sexe de personne, comment réussir la sortie d’un bouquin ? Voici comment s’y est pris un énergumène que ne soutenait pas le génie d’une œuvre à tomber de cul, (expression du sud ouest), ou à tomber tout court, partout ailleurs où l’on rétorque à « Merci ! » le triste « De rien ! ». Quand dans la même circonstance les Gascons vous renverraient « Avec plaisir ! », les Bretons « Quand tu veux ! » et les Iroquois quoi ? Il s’est demandé : « Comment détourner à mon profit les feux de la rampe qui me fuient ? ». Il a pensé tour Eiffel, parce que le monde entier la connaît. Et parce que ce n’est pas rien – lorsqu’on est myope – d’étreindre par le regard, la nuit, une fée en fer. 15 Il a imprimé ses pages à l’intimité torride. Le titre de son œuvre ? « Au sujet de quoi qu’il en soit.. » Vaste programme ! Sa première de couverture porta une magnifique photo de la tour, éclairée comme il aurait aimé l’être. Il a vendu la vache, tiré mille exemplaires de ses relations avec lui-même. En soixante dix pages il a épuisé son sujet. L’été venant, il se poste au ras d’un guichet, entre les jambes de sa fée. Il brandit son ouvrage et crie : « pour dix Euros, vous saurez le fin fond d’un va tout. » ! Les japonais descendent de leur car et distinguent la photo du monument qu’ils sont venus visiter, sur le livre agité. Ils mettent la main à la poche. En quelques jours notre écrivain épuise son premier tirage. Il repart à sa campagne en se frottant les mains. Il était certain que ça marcherait ! * * * Mais suffirait-il de publier mille fois soixante dix pages de « Quoi qu’il en soit » pour atteindre la notoriété ? Que non. Alors il manquait quoi pour que le plan de notre auteur aboutisse au delà d’avoir seulement vendu une première volée de livres à la criée ? Réponse : l’essentiel de ce qui fait depuis la nuit des temps le succès des on dit, la rumeur, le « Buzz » ! La légende par contagion. Celle des « Il paraît que.. ». 16
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