Almaz et la montagne de l'ogre - Page 1 - Mareguè Léchenne Almaz et la montagne de l’ogre Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 5 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0097-0 Dépôt légal : Février 2009 © Mareguè Léchenne L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 6 Il était une fois dans un pays lointain, un petit village où il faisait bon vivre. Dans ce petit village, les gens aimaient travailler et grâce à leurs efforts la terre donnait beaucoup de graines, les vaches donnaient beaucoup de lait et les ruches débordaient de miel. Pendant que les hommes labouraient les champs, les enfants gardaient le bétail et les femmes s’occupaient de leurs maisons. La vie dans ce petit village était vraiment très douce. Almaz la petite bergère adorait admirer le coucher du soleil assise devant sa case, et comme tous les soirs quand l’odeur de la galette chaude commençait à embaumer l’air et venait lui chatouiller les narines, elle savait que c’était l’heure d’aller rejoindre sa mère pour l’aider à préparer le souper. Almaz était une petite fille très courageuse qui s’occupait bien de son troupeau. Elle était si courageuse qu’elle avait déjà fait fuir une méchante bête qui voulait s’attaquer à une de ses vaches en imitant le hurlement d’un chien en colère ! 9 Tous les habitants du village l’admiraient pour son intelligence et l’aimaient car elle n’hésitait jamais à leur rendre service. Cependant une chose intriguait Almaz. Pourquoi sa mère lui interdisait-elle de conduire son troupeau vers la montagne imposante et majestueuse ou le pâturage semblait toujours très abondant ? Un soir, pendant que sa mère confectionnait de jolis paniers qu’elle ira vendre le lendemain sur le marché, Almaz lui posa la question qui lui tenait à cœur : – Mère, pourquoi je ne pourrais jamais amener mon troupeau vers la montagne imposante et majestueuse ? L’herbe semble si fraîche et mes vaches donneront le meilleur lait de tout le village ! – Tu ne dois jamais prendre le chemin de cette montagne, recommanda sa mère, car celui qui s’approchera de cet endroit maudit sera dévoré par l’ogre qui l’habite ! – C’est donc ça ! s’écria Almaz, mais les ogres n’existent pas ! Ces histoires ne sont que des sottises des vieux ! – Les anciens sont respectables, la gronda gentiment sa mère, il faut toujours les écouter ! Après la saison de la pleine lune, la période de la moisson arriva. D’habitude, la moisson commençait avec une grande ambiance festive de chants pour les hommes et de danses pour les femmes. Mais cette année n’était malheureusement pas comme les années passées ! Le soleil avait frappé très 10 fort, la terre avait besoin d’eau et le ciel n’en avait pas donné suffisamment ! Alors la récolte était maigre, si maigre que les villageois si joyeux en cette période de moisson faisaient grise mine et aucun chant ne parvenait aux oreilles d’Almaz. Inquiète, elle courut voir Ababa Tesfa, le sage du village. – Pourquoi ? lui demanda-t-elle, pourquoi les moissonneurs ne chantent-ils pas ? – Hélas petite, lui répondit le vieillard, cette année notre village a de la peine. Le soleil a frappée très fort, l’eau a manqué et nos récoltes ne sont pas abondantes ! Et ce n’est que le commencement du malheur ! Le vieil homme semblait si désespéré alors Almaz lui pris les mains et lui dit : – Courage, nous n’allons pas mourir de faim ! Je conduirai mon troupeau vers la montagne imposante et majestueuse, là-bas l’herbe est fraîche et les arbres donnent beaucoup de fruits, on dit aussi que les rivières débordent de poissons ! Alors je reviendrai avec des paniers chargés de bonnes choses ! – Mais as-tu oublié que c’est le domaine de l’ogre s’écria le vieil homme. – Bah, sottises ! Ria Almaz, les ogres c’est pour faire peur aux enfants désobéissants ! Ne vous en faites pas Ababa Tesfa, je reviendrai très vite mais ce sera notre secret ! Au fond de lui, le vieux sage admira le courage et la bonté de la petite fille qui se tenait devant lui mais il devait l’empêcher de partir, alors il décida de lui 11 raconter la fascinante histoire qui se cachait derrière cette montagne qui faisait tant rêver Almaz ! – Jadis, conta le vieil homme, notre village prospérait sous le doux règne du roi Kassa. Son royaume s’étendait jusqu’au pied de la montagne et même au-delà ! Les hommes ne se fatiguaient jamais en labourant la terre, celle-ci leur donnaient tout ce qui leur fallait en grande quantité. Chaque jour était une fête, personne ne connaissait le labeur. Kassa avait sept jolies filles, mais la plus jeune de ses filles possédait une beauté éclatante. Sa chevelure qu’elle tressait savamment lui vouait l’admiration de toutes les femmes du village. Elle savait filer le coton et brodait ses robes elle-même, elle était tellement douce que les colombes venaient manger dans ses mains ! Elle savait trouver les plantes qui apaisaient les douleurs et elle soulageait les enfants malades et les vieillards fatigués. On disait que les anges du ciel l’avaient béni depuis le berceau. Sagesse, beauté, intelligence et bonté étaient ses atouts. Son père en était fier, si fier qu’il promit de la marier au plus beau et au plus fort guerrier de son royaume. On organisa une grande fête dans le village et le roi annonça son désir de marier sa fille au plus fort guerrier de tout les temps. La fête battait son plein, tout le monde parlait de la futur mariée et de sa beauté hors du commun ! 12 Tous les jours, des prétendants défilaient devant le roi, ils étaient tous grands et forts et vantaient leur bravoure en chantant et en dansant. Mais pas un seul ne trouva grâce au yeux de Kassa, sa fille si précieuse méritait mieux et tous ces prétendants n’étaient pas à la hauteur. Un soir, alors que le roi Kassa désespérait de trouver le mari idéal pour sa fille, un cavalier arriva comme par magie dans la cour du palais. – Qui es-tu étranger ? Demanda Kassa intrigué, nous n’attendons aucun messager ! Es-tu un hors-laloi en cavale ou u mendiant errant cherchant refuge et repas ? – Je ne suis ni l’un ni l’autre, répliqua l’étranger. « Seigneur, j’implore ton pardon pour avoir dérangé ton paisible royaume, mais j’ai entendu dire que ta fille qui possède la beauté d’un diamant rare est en âge de se marier, aussi suis-je venu en vitesse ! Seigneur, je me nomme Kebrou, je suis un grand guerrier, j’ai tué de mes propres mains des lions féroces, et mon cheval Dama est plus rapide que l’éclair ! Kassa se retourna vers ses conseillers, ils se consultèrent un court instant, le roi se leva cracha par terre et déclara : – Tu prétends être habile et ton cheval plus vif que l’éclair, prouve-le ! Ramène-moi une poignée de poils de crinière de lion, et si tu reviens avant que ma salive ne sèche parterre, je t’accorderai la main de ma fille Ayné ! Le roi avait à peine finit sa phrase que Kebrou se lança en direction de la savane. Là, il aperçut de loin des lions qui se battaient pour une proie qu’ils avaient 13 tués. Sans perdre un instant, il alluma sa torche et mit le feu dans les herbes hautes de la savane et il galopa vers les félins féroces. La flamme se propagea à une vitesse dans l’herbe sèche. Ces derniers, surpris par le feu abandonnèrent leurs lutte et s’enfuirent. Mais le guerrier avait pris un raccourci et arriva à la tète d’un des lions, se baissant, il lui arracha une poignée de poils de sa crinière et repris la direction du royaume de Kassa ! Arrivée devant le roi, il ouvrit sa main et lui montra les poils de la crinière du lion. Kassa se leva pour voir si sa salive avait séché et remarqua avec stupéfaction qu’il n’en était rien ! Il se retourna vers ses hommes et déclara : – je n’ai qu’une parole, je lui donne ma fille adorée ! Son conseiller le plus rusé s’approcha et lui dit : – Ne te laisse pas berner par les astuces de cet homme, il faut qu’on le soumette à une autre épreuve, laisse-moi faire ! – Je ne vois pas ce que tu peux lui demander de plus, mais puisque tu es avisé, vas-y nous t’écoutons ! Alors le conseiller parla d’une voix claire : – Ainsi guerrier tu as prétendu avoir arraché les poils de la crinière des rois des animaux, soit, mais notre coutume exige qu’un grand guerrier doit être soumis à plusieurs épreuves, si tu veux épouser la belle Ayné, tu dois nous ramener le feu follet du marais ! 14 Cette phrase fit l’effet d’un tremblement de terre ! Les villageois se mirent à courir dans tous les sens en criant, les enfants se précipitèrent pour se cacher dans leurs cases et le roi abasourdi resta bouche bée ! Tout le monde savait que les mauvais génies allumaient le feu follet pour tourmenter les hommes. Un feu follet pourrait détruire celui qui l’a touché et tous ceux qui l’ont vu de prés ! C’était pour cette raison que tout le village s’était affolé ! – Mais que dis-tu là ? Gronda le roi ; veux-tu que le malheur s’abatte sur mon royaume ? – Ne t’en fais pas Majesté ! répondit son conseillé, cet homme est un prétentieux, cet épreuve lui fera peur et nous le reverrons plus ! Mais Kebrou fidèle à sa parole fila tel un éclair vers le marais. Au moment où il emprunta le sentier menant au marais, il entendit comme un bruit étrange derrière lui. Il se retourna pour voir qui était entrain de le suivre. Et là, se tenait dans toute sa splendeur, la gazelle sacrée ! C’était une créature magnifique, ses yeux étaient clairs comme l’eau de la rivière, ses poils argentés brillaient de mille feux sous la lueur de la lune et ses cornes dorées pointaient fièrement vers le ciel ! On disait que c’était une créature si pure qu’elle savait lire le cœur des hommes ! Kebrou était fascinait par cette splendeur et c’est à peine qu’il entendit la voix chantante de la gazelle. – Je sais ce que tu es venu chercher grand guerrier, lui dit l’animal et je sais aussi que tu es courageux et que tu es un homme de parole aussi je suis venue t’aider ! 15
Almaz et la montagne de l'ogre - Page 1
Almaz et la montagne de l'ogre - Page 2
wobook