Ma famille nombreuse peu ordinaire - Page 1 - test Ma famille nombreuse peu ordinaire 3 Claude Gilles Ma famille nombreuse peu ordinaire Illustrations et photos d’époque écrit en Mai 2008 Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0760-3 Dépôt légal : Février 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Préface « Travaillez prenez de la peine » D’argent point n’est caché, mais le père fût sage de leur montrer avant sa mort Que le travail est un trésor. Ils ne connaissaient peut-être pas la fable, mais en ont gardé la morale. Bien sûr ils étaient nombreux et tous du même sang. Cette famille qui est ma famille a grandi malgré les difficultés de l’époque. C’est aussi une leçon de courage et de don de soi que nous livre ce récit. Mettre au monde dix-huit enfants et les garder en bonne santé tout au long de leur vie, voilà l’itinéraire de deux êtres, sûrement exceptionnels pour cette époque. 9 Merci à tous celles et ceux qui d’une manière ou une autre ont contribué à enrichir ce récit 11 Chapitre I Romerée Histoire & origines L’histoire est ce qui empêche l’avenir de devenir n’importe quoi ! Autrefois Le monde d’autrefois était différent de celui que nous connaissons aujourd’hui, nous sommes au XXIe siècle et nos aînés sont les premiers témoins des changements importants survenus dans notre environnement naturel, dans la famille et la vie quotidienne, dans le travail comme dans les loisirs. N’avons-nous pas un devoir de transmission de leurs témoignages et de documents qui éclairent tant notre vie contemporaine que notre patrimoine culturel ou architectural ? Le but de ce récit n’est pas en effet d’évoquer avec nostalgie un temps passé qui aurait été meilleur que le nôtre. 13 Il a pour seule ambition d’être une trace supplémentaire de cette vie d’autrefois sur laquelle s’est bâti le monde d’aujourd’hui. Rien ne serait plus triste que l’oubli de ses racines par les jeunes générations et celles à venir. Ceci n’est pas une histoire de famille, c’est l’histoire de ma famille, au travers mes aïeux. Une famille différente car si les familles étaient nombreuses dans le passé, la mienne était particulière. A cette époque, il n’était pas rare de rencontrer des familles nombreuses surtout dans les fermes. Ma famille est une famille très très nombreuse. Pensez donc dix-huit enfants. D’origines modestes, tout comme leurs parents respectifs, Papa et Maman ont construit une bien grande lignée. Malgré les difficultés du siècle passé, ils ont engendré et élevé dix-huit enfants. Pas de jumeaux, pas de triplés. D’en parler cela fait parfois sourire et prête à l’ironie, mais c’est bien la réalité. Ils ne vivaient pas en ville mais bien à la campagne, où le dur labeur quotidien leur a permis d’être fiers de leur progéniture. Cette biographie va vous faire découvrir le travail quotidien de deux êtres qui se sont dévoués entièrement à leurs enfants. Situation géographique Romerée, un pays où l’on vit avec le sourire, petit village de l’Entre Sambre et Meuse niché dans la province de Namur. 14 Village calcaire étiré sur la crête d’un « tienne » et composé principalement d’une seule rue. La rue des Tilleuls dont l’église se situe à miparcours. Petits groupements de maisons et de fermes mitoyennes précédées de leur usoir, implantées en décrochement et en biais ou en léger contre-bas du côté sud. Romerée ou (Romrée) vient du nom d’homme d’origine germanique, Rthomar, auquel a été ajouté le suffixe « iacas » Romereias (932), in Romerias (1066), de Romeris (1131). Gérard, fondateur de l’abbaye de Brogne, qui a donné son nom à la commune de Saint Gérard, fit don de ses propriétés de Romerée et Manise, à l’abbaye, à la fin du IXe siècle. Le Pape Etienne VII (929-931) et après lui Henri l’Oiseleur (919-936) confirmèrent aux moines de Brogne la libre possession de leurs biens, notamment à Romerée et Manise. En 1131 l’Evêque de Liège, Alexandre, et le Comte de Namur, Godefroid, reconnurent l’entière indépendance de l’abbé de Brogne et sa souveraine juridiction sur les biens de Romerée et Manise. Le village, ancien domaine de St Gérard où avait été enterré son père, fut uni en 1155 à la paroisse de Romerée. Par la suite des guerres, la Seigneurie de Romerée vint à être placée sous la suzeraineté de la couronne de France par le traité de Rÿswick en 1697 et la convention de Lille (1699) En 1772, le Roi de France et l’Evêque de Liège pour mettre fin aux difficultés qui surgissaient à tout 15 propos, en raison de l’inextricabilité des limites des deux pays, firent une convention qui attribuait au Prince de Liège, entre autres territoires, la Seigneurie de Romerée. En 1787, le dénombrement des biens dépendant de l’abbaye de Brogne, mentionne encore la Seigneurie de Romerée, donation de St Gérard, pays de Liège, avec haute, moyenne et basse justice et la terre de Manise-lez-Fumay, Seigneurie hautaine aussi donation de St Gérard. Dans le registre de Nic de Laives (XVIe siècle), Romerée est désigné :« ROMEREEZ-en-Faingne ». Romerée est une très ancienne paroisse et une très ancienne Seigneurie. En l’an 932, Henri, fils de Manassés, prend conseil des ses intimes parmi eux se trouvait un Frédéric de Matinula (Matignolles) qui suggéra adroitement au Seigneur de Hierges de demander au Comte, les accises de Romerée. Par un autre acte de la même année, Henri, fils de Manassès, Seigneur de Hierges, se borne à prendre sous sa protection, le monastère de Brogne et tout ce qui lui appartient et ou il déclare que l’abbé doit jouir librement et avec pleine autorité de tous droits et pouvoirs judiciaires à Brogne et à Romerée, pour assurer l’observation des présentes, afin que le Comte et ses descendants veillent sur l’abbaye et ses hommes. Malgré que le village de Romerée soit sous la domination de l’abbaye de Brogne, qui en était le Seigneur foncier, et le Révérend Evêque de Namur, le Seigneur de la dite abbaye pour l’administration, il appartenait à la Principauté de Liège. 16 Celle-ci avait haute, moyenne et basse justice, droit d’établir, Bailli, mayeur, échevins, greffiers et sergent. Une enquête de l’archidiacre de Namur et de son chanoine, nous apprend que le Seigneur de Romerée, qui était le prieur de St Gérard rendait moyenne et basse justice. Par une convention faite en 1772, le Roi de France avait cédé au Prince Evêque de Liège, la Seigneurie de Romerée. Prestation de serment du 15 Février 1725 Prestation de serment des bourgeois de Romerée, dépendance de l’abbaye de St Gérard, de venir faire le serment de fidélité entre nos mains, tels que les sujets le doivent à leur souverain et pour recevoir les assurances que nous leur devons donner de sa part, de sa protection et de la coordination de franchise et privilège dont ils ont coutume de jouir. Fait à Charlemont le 7 octobre 1681. Le 13 Décembre 1755, cession de la Seigneurie de Romerée faite par Mgr l’Evêque de Namur en faveur de Sébastien François Lepoise, ancien maire de la ville de Philippeville, demeurant à Jamagne, comme Bailly de ladite terre. Au cours de l’ancien régime, la plupart des terres de Romerée relevaient de l’autorité des abbés de Florennes et de Brogne (St Gérard). En 1700, en application du Traité de paix mettant fin à la guerre entre les Pays Bas et la France, Romerée quitta la souveraineté de la Principauté de Liège et passa sous l’autorité de la France. 17
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