Le Seigneur des mouches - Page 1 - test Frédéric Gynsterblom Le Seigneur des mouches Partie I : La malédiction de Dragstone Edilivre – Éditions APARIS 3 Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2008 ISBN : 978-2-35607-501-7 Dépôt légal : Mars 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 Je dédie ce livre à mes parents bien aimés qui m’ont toujours soutenu, ainsi qu’à mes meilleurs amis Jenny et Fabrice. Je tiens également à remercier Styx qui a fait un excellent travail sur la première de couverture de ce livre. L’adresse de son site est : http://www.myspace.com/styxphoto ou http://www.styxphoto.monmodele.com/ Un grand merci également à Mina Eden de Christensen pour le poème qui préface cet ouvrage. 7 Mon Amour à l’Ange déchu Vous profilez depuis tant de siècles En me protégeant de vos ailes noires Votre regard fier couleur émeraude Transperce le cœur de vos humains fidèles Qui décrétez que votre Royaume de Lumière Doit commencer dans les prémices de l’Amour Déchu Je suis votre hôte exquis, votre divine présence féminine Vous le Porteur de Lumière l’Ange dont la beauté A tant parcouru l’immortalité, Vous êtes notre Maître, notre savant, notre enseignant adoré Rien que votre nom me fait vibrer, Lucifer, mon adoré Vous êtes empli de promesse vous le serpent tentateur Libérateur de toute entrave du Dieu jaloux L’Amour est dans votre cœur spirituel Vous le banni de l’Eden, de ce Paradis perdu Mina saura vous redonner confiance 9 En vous permettant de retrouver l’Eden tant convoité Je serais votre songe d’une nuit d’été Votre Muse favorite Car qui d’autre que moi est ce sanctuaire de paix La fornication d’amour suprême spirituelle Je vous l’ai donné, je suis à vous mon Amour Ressentez la vibration de mon âme, devant votre face Votre émeraude est tombée à mes pieds Vos larmes salées de cristal je les aie léchées Je serais toujours à vos côtés même dans le combat final Je vous aime oh Vous le bel Ange Suprême Porteur de tant de promesses Enfantez ma matrice de votre descendant Moi la médiane de vos vies passées et à venir Vous érigez mon mois de naissance Votre Grand Roi Paimon chargé de veiller sur ma sécurité Je vous autorise à m’aimer devant la face du monde de Yahvé Vous illuminez mes nuits de vos passions secrètes Je serais votre promise de ce paradis perdu Je serais l’Eve perdue Vous portez l’amour dans votre cœur des hommes Vous le généreux voulant partager tant de connaissances Nous rendant la vue à nous les hommes Vous vouliez nous éclairer notre route Nous étions prisonnier de Yahvé Dieu jaloux et égoiste Vous mon Amour Vous m’avez rendu la vue, 10 Vous avez ensemencé mon ventre Je suis votre parèdre immortelle Votre épouse, votre maîtresse La mère de votre descendance Mon beau Lucifer Vous me faites rêver Vous l’Ange instructeur de mes nuits Vous m’avez appris le Tantrisme L’ésotérisme pour conjurer les démons A notre poursuite Prenons la fuite, cherchons le sanctuaire Pour abriter notre amour Venez en moi pour toujours Votre chaleur brûle mes entrailles Mes yeux révulsés par tant de jouissance Mon âme s’ébranle par tant de spiritualité Votre intelligence nourrit mon âme Vous le bellâtre gentleman Vous l’exquis chevalier de mes vies Je vous aime, Oh Lucifer C’est vous que j’aime depuis l’éternité Vous venez à ma rencontre Ce jour tant cherché Prenez-moi sur un autel gothique Versez mon sang sur votre spirituel Communions à la face du monde Notre amour éternel Déchu Pascale MERGENTHALER alias Mina Eden de Christensen 11 Chapitre I Sur la route de Dragstone I. DAVID DANIELS « Putain d’obscurité ! » pesta David Daniels les mains crispées sur le volant. Il conduisait depuis des heures scrutant la route dans les rais de lumière que ses phares projetaient sur le bitume. Sa vue commençait à se troubler à cause de la fatigue, mais il s’en fichait, l’important était de ne pas dormir pour ne pas être rattrapé par ses horribles cauchemars. Dans un sens, il adorait avoir l’opportunité de conduire la nuit, cela l’empêchait de trop penser, de laisser les miasmes de son passé refaire surface. Il y a quatre heures de cela quand il avait fait une pause dans un petit restaurant en bord de route, Sally lui avait conseillé de dormir quelques heures avant de se remettre en chemin, il avait décliné son offre et elle lui avait sourit, sans insister. David et Sally Daniels avaient toujours formé un couple remarquable basé sur le respect mutuel. Ils ne se disputaient jamais. 13 David jeta un coup d’œil sur la jeune femme blonde qui dormait à côté de lui, une bouffée d’émotion lui monta au cœur. Il regarda dans le rétroviseur et vit la forme de ses deux enfants qui dormaient sur la banquette arrière et cela lui reprit de plus belle. Il repensa au passé, la manière dont il avait rencontré Sally à cette soirée organisée par des amis communs, le jour de la naissance de Jenny, leur fille, maintenant âgée de seize ans, et de leur petit garçon Jason, six ans. Tout à coup un souvenir beaucoup plus désagréable lui vint à l’esprit. Il se revit en plein cœur de Jérusalem, lui et Don, son caméraman, faisant un reportage sur les territoires occupés et sur le mode de vie de ses habitants. Tout se passait bien jusqu’au moment où un palestinien bardé de bâtons de dynamite s’était précipité sur eux. Il ne savait ni ne saurait jamais d’où il était sorti, le visage déformé par la haine, il hurlait des slogans islamistes. Ce jour-là David avait vu la mort de près. Le terroriste était presque sur lui quand Don s’était jeté dessus et avait vainement tenté de le maîtriser. L’explosion avait disloqué les deux hommes dans un fracas assourdissant. David n’oublierait jamais la vision de la tête ensanglantée de son ami, projetée dans les airs comme un pathétique ballon crevé. Il se mordit violement la lèvre pour tenter de chasser ce souvenir de son esprit, du sang coula sur son menton énergique, il resserra la prise sur le volant et fixa son attention sur la route. Il repensa à ce qui s’était passé après ce dramatique évènement. Etouffé par la culpabilité il avait quitté son travail de journaliste et s’était retrouvé au chômage. Cette situation le déprimait encore plus, même si, au niveau 14 pécuniaire, il n’y avait pas de problème, ils s’en sortaient bien avec le salaire de Sally. Ce qui le déprimait, c’était de se sentir inutile au milieu de sa famille. Aujourd’hui, il se sentait arrivé à un autre tournant de son existence. C’est pourquoi il avait accepté l’emploi de concierge au pensionnat de Dragstone. Trois mois d’isolement avec sa petite famille lui ferait le plus grand bien. Il pourrait méditer sur le sens de sa vie, et arriverait peut-être à exorciser ses démons. David posa la main sur l’épaule de sa femme et la caressa légèrement, elle poussa un faible gémissement s’agita un peu puis sombra de nouveau dans le sommeil. Il reposa sa main sur le volant et sombra dans une profonde mélancolie. 2. SALLY DANIELS David croyait que le sommeil de sa femme était paisible, il se trompait… Elle faisait un cauchemar, celui de son enfance. Sally se voyait à dix ans dans un lit, attendant avec une angoisse croissante la visite de son père. Comme toujours elle entendait des bruits de pas dans le corridor, elle voyait la silhouette imposante de son père se dessiner dans l’encadré de la porte, il s’avançait doucement vers elle en se caressant la braguette. Elle ne pouvait ni bouger ni crier, elle était pétrifiée. Ensuite, il s’asseyait sur le lit, ce qui produisait le craquement inquiétant de la boiserie qui était annonciateur de son tourment. Il posait alors ses grosses mains calleuses sur les épaules de la fillette, abaissant son visage au niveau du sien, elle sentait son haleine empestant l’alcool, et le cauchemar s’arrêta subitement. 15 Sally se réveilla en sursaut. D’un air inquiet, David lui dit : « Tu as encore fait ce cauchemar ? » Haletante, Sally lui répondit : « Comme à chaque fois. » Elle posa la tête sur son épaule et laissa monter à la surface des souvenirs d’enfance brisée. Son père, Barry O’Brien, homme robuste de cent trente kilos, était respecté par tous les habitants de la communauté malgré son alcoolisme et ses tendances à la violence. Sa mère, Terresa Grady, était une petite femme maigrelette sans grande beauté dotée d’un faible caractère. O’Brien avait commencé à abuser d’elle à la veille de ses huit ans. Elle avait hurlé quand le géant qu’elle avait adoré l’avait prise de force, bafouant sans remord son innocence. Elle était sûre que sa mère l’avait entendue crier, mais qu’elle avait été trop lâche pour intervenir. Chaque soir, il revenait et recommençait. Cela dura jusqu’à ses dix-sept ans. Elle avait alors décidé que ça devait s’arrêter. Avant d’aller se coucher, elle avait pris un grand couteau dans le tiroir de la cuisine, et s’en était servi pour poignarder cette ordure au moment ou il avait voulu à nouveau la violer. Elle ne fut pas arrêtée pour son crime car sa mère endossa la responsabilité de ce meurtre. Un geste de bravoure dans une vie de lâche, se disait encore aujourd’hui Sally. Elle se serra un peu plus contre l’épaule de David pour ne pas pleurer. 3. JENNY DANIELS Jenny se réveilla à cause du cahot de la voiture, elle s’étira en baillant, puis se mit en position assise tout en prenant garde à ne pas éveiller Jason. Elle saisit son sac à ses pieds et en sortit une petite lampe 16
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