Le souterrain du Loup Blanc - Page 1 - test Germaine COUTY Le souterrain du Loup Blanc Éditions Éditeur Indépendant 75008 Paris – 2007 Le Code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation de ses ayants droit. Toute reproduction, partielle ou totale, de la présente publication est interdite sans autorisation de l’auteur, de son éditeur, ou du Centre Français d’exploitation du droit de copie (CFC, 3 rue Hautefeuille, 75006 PARIS). 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Chapitre I Nous sommes cinq cousins, plus trois petits, trop petits pour partager nos jeux et nos balades. Cinq cousins qui ont passé ensemble une semaine de vacances à la campagne et goûté aux joies simples et pures de la nature, avec, en prime, une aventure EXTRAORDINAIRE. Nous avons envie de parler de ces journées merveilleuses, de cette histoire fantastique, à tous les enfants de France et de Navarre. Manque de chance, nous n’aimons pas écrire. Aucun de nous n’est littéraire. Dans la famille nous sommes tous des matheux. Nous avons le virus des mathématiques. Nous sommes matheux comme d’autres sont eczémateux, tuberculeux, rhumatisants ou cardiaques. Lorsque nous venons au monde nous avons au sommet du crâne une légère malformation : c’est la bosse des mathématiques. 7 Nous avons donc décidé d’un commun accord, de raconter à mamie, de fil en aiguille, les principales péripéties de nos vacances. Nous l’avons ensuite priée de transcrire en un langage plus clair notre roman vécu. Tout d’abord, elle va nous présenter. Cette grande fille de quatorze ans, c’est Catherine, dite la Grande Catherine. Elle n’a rien à voir avec l’impératrice de Russie qui régna de 1762 à 1796 et que l’on nommait également Catherine la Grande. Non, on l’appelle ainsi simplement parce qu’elle est l’aînée de l’équipe. Son frère Pierre, douze ans, c’est « le coffre à idées » il mérite bien ce surnom car les idées bouillonnent dans sa petite tête. Vous verrez, il en sortira une dans chaque situation difficile. Caroline, onze ans, baptisée aussi « Mademoiselle je sais tout » nous vient de Paris. Elle lit énormément, ce qui lui donne des connaissances étendues qui peuvent toujours servir. Frédéric, le Parisien, frère de Caroline, est appelé « casse-cou » car ce jeune garçon de dix ans ne cesse de prendre des risques. Caroline et Frédéric ont une petite sœur, Annabelle, un bébé qui ne marche pas encore. Elle n’est pas plus grosse qu’un colis de cinq kilos mais elle tient une place ÉNORME ! François, dit François Ier, n’est pas un lointain descendant du roi François Ier qui succéda en 1515 à son cousin Louis XII. 8 Ce garçonnet de huit ans veut toujours et en tout être le premier, ce qui lui a valu cette appellation. Lorsqu’il ne peut pas être premier, que ce soit à l’école ou au jeu, il pleure et se met en colère. Reconnaissons qu’il commence à comprendre que cela n’est pas toujours possible. Hélène, sœur de François, six ans, qui tour à tour et suivant l’humeur devient « la Belle Hélène » ou « Bibiche », ne suit pas les grands, on la dit trop petite. Malgré tout elle a joué un rôle prépondérant le dernier jour des vacances, ses aînés lui doivent de ne pas avoir passé une nuit d’épouvante et ils ne sont pas prêts de l’oublier. Fabien, quatre ans, petit frère de François et Hélène, c’est « Gros Minet », un bambin qui reste souvent dans les jupes de sa maman. Il n’est admis qu’exceptionnellement dans le groupe et à titre de jouet. Catherine et Pierre habitent à la campagne dans la banlieue de Limoges, leur maison est proche de celle de François, Hélène et Fabien au lieu-dit « Le Mont à Dieu ». Ce hameau est construit sur une hauteur et fait face au chevet de l’église du bourg. C’est ce qui lui a valu cette dénomination : Mont pour l’altitude, Dieu pour l’église. Caroline, Frédéric et Annabelle demeurent avec leurs parents à Paris. Ils viennent tous les cinq passer la dernière semaine du mois d’août au Mont à Dieu chez leurs cousins. Tout ce petit monde sera, bien sûr, surveillé par six grandes personnes : les parents. Ces derniers apprendront par expérience que les jeux les plus anodins peuvent devenir très dangereux. 9 Il a pourtant été convenu entre parents et enfants d’éliminer tous les jeux à risques. L’année dernière Pierre et Frédéric s’étaient cassé la figure au cours d’une course effrénée à bicyclette. Le résultat quoique impressionnant aurait pu être pire : un bras cassé pour Pierre, une belle entaille au front pour Frédéric. Cela avait valu trois semaines de plâtre pour le bras et un beau surjet de dix points pour le front. Cette année les courses à bicyclette sont absolument interdites. Il reste le tennis, le ping-pong, les parties de pêche avec ou sans les papas, les balades à travers la campagne. La possibilité de faire de la natation dans un étang proche où les baignades sont surveillées. Ce que les enfants attendent avec le plus d’impatience, c’est la visite à pépé et mémé. Les enfants en parlent à mots couverts chaque fois qu’ils se téléphonent, les parents, surpris et ravis de ce soudain grand intérêt pour les arrière-grandsparents, ont décidé de laisser leurs garnements pendant deux jours au village de la Grange du Bœuf, chez leurs aïeux. Avec un tel programme il y a de quoi occuper bien des jours. « Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer », les enfants ont juré, ils seront sages, après tout ce ne sont pas des enfants terribles, il n’y a pas à se faire du souci. Il est permis d’attendre les cousins de Paris en toute tranquillité. 10 Chapitre II Dimanche 19 août, fin de soirée. Les Parisiens arrivent ! Les Parisiens sont arrivés ! Au Mont à Dieu c’est la joie, l’euphorie, l’effervescence. On s’embrasse, on se congratule : – Comme ils ont grandi ! Qu’ils ont bonne mine ! Oui, mais… chez les cousins de la campagne une inquiétude se fait jour : est-ce bien les mêmes Caroline et Frédéric qui les avaient quittés l’année dernière en juillet tout bronzés, pleins de vigueur et de santé ? Est-ce bien les mêmes ces deux enfants aux traits tirés, blancs comme des cachets d’aspirine ? Vont-ils tenir le coup pour jouer, se balader, et tenter ce qui est convenu et les a fait rêver une année entière ? Pierre pose carrément la question à Caroline qui répond vivement : 11 – Bien sûr, nigaud ! Nous serons à la hauteur, ne crains rien ! Si nous ne sommes pas en forme ce soir c’est parce que le voyage nous rend malades, papa s’est arrêté trois fois, nous avions envie de vomir. Nous n’avons pas bonne mine à cause également de l’air vicié que nous respirons à Paris, répond savamment « Mademoiselle je sais tout ». – Ne t’en fais pas, demain il n’y paraîtra rien, nous te montrerons ce que nous sommes capables de faire. N’oublie pas que nous sommes de grands sportifs ! L’argument est valable et produit son effet, il rassure. Les enfants ne tardent guère à s’éclipser, ils montent en trombe tous les cinq dans la chambre de Pierre. Ils vont commencer à établir un plan pour occuper les journées à venir et surtout pour une certaine recherche… Caroline et Frédéric se sentant fatigués demandent où ils vont dormir, Catherine fait une proposition qui satisfait tout le monde : cette nuit Frédéric dormira avec Pierre, et Caroline avec Catherine. Demain, pour faire plaisir à Hélène et à François, les petits Parisiens iront dormir avec eux, ils changeront chaque nuit de domicile, ainsi, pas de jaloux ! Cette affaire étant réglée, Catherine prend une feuille de papier et un stylo, et, au milieu des murmures et des chuchotements, elle inscrit parfois des notes mystérieuses. Les enfants ont tellement baissé le ton qu’aucune oreille indiscrète ne pourra entendre ce qui se dit dans la chambre. La discussion va durer longtemps, très longtemps, jusqu’à ce que quelqu’un actionne vigoureusement la cloche de la porte d’entrée. C‘est l’appel pour le dîner. 12
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