Le paradis terrestre - Page 1 - Anne Lheureux Le paradis terrestre Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 5 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0067-3 Dépôt légal : Mars 2009 © Anne Lheureux L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. Définitions des chiffres entre ( ) Il est conseillé d’écouter ses titres pour être complètement absorbé dans l’histoire… (1) Sunday bloody sunday… With or without you… (2) Highway to hell… (3) Cant stop living you… (4) Wind of change… (5) La grange… (6) Thunderstruck… (7) Knockin on heaven’s door… (8) So lonely… Jump… Merci. 9 CHAPITRE I Dix heures dans le plus riche magasin du pays hawaïen, tous sont affairés à archiver, classer, rédiger et compter. Une jeune secrétaire employée depuis une semaine s’acharne sur ses comptes et décide de descendre au magasin à l’étage en dessous. Brune, une coiffure stricte, le teint mat, des yeux profonds comme une nuit sans lune et son plus grand charme : un sourire envoûtant. Dans la boutique s’étendent des mètres de lignes parallèles où sont disposées suivant leurs utilisations des motos. Ces machines multicolores attirent le regard des passants tentés de pénétrer dans ce « Paradis Terrestre ». L’atelier de mécanique est placé après 11 l’enseigne de la rue « Birds » ; le meilleur des techniciens Phil s’en occupe. La jeune secrétaire Niki Staron se dirige vers Monsieur Dothy patron et vendeur du magasin. – « Excusez-moi M. Dothy, mais j’ai des chiffres dans mon livre de comptes qui ne correspondent pas aux ventes ! – Ne vous inquiétez pas pour cela Mademoiselle, je ne suis pas à une moto près, ajoutez une fiche et tout ira pour le mieux. » Monsieur Dothy est un homme blond, assez grand avec des taches de rousseurs qui soulignent ses yeux bleus, très gentil mais coureur de jupons. – « Mademoiselle je vous donne votre fin de matinée comme cela vous y verrez mieux dans vos chiffres cet après midi. – Merci Monsieur. » Niki part. Sortie du Paradis terrestre elle se sent une petite faim et entre dans une boulangerie. Un jeune homme s’approche ; – « Bonjour Monsieur, je voudrais un pain au chocolat s’il vous plaît. 12 – Pardon de vous importuner, vous êtes nouvelle ici ? – Oui, je suis arrivée à Honolulu il y a six mois environ pour y trouver de nouvelles choses et aussi un travail que je cherchais depuis longtemps. – Vous devez me trouver indiscret ? – Non, pas du tout car j’aime bien parler avec les gens d’ici et j’essaie de rencontrer de nouvelles personnes. – Moi aussi, je ne suis pas d’ici, cela fait trois ans que je suis parti de France. – Vous aussi vous venez de là-bas ! – Quelle coïncidence ! » Niki l’observe, elle voit en lui un sympathique personnage, il est physiquement adolescent. Elle sort. En arrivant chez elle le téléphone sonne : – « Allô. » Personne ne répond, elle écoute, entend une forte respiration, le son s’amplifie puis la communication est interrompue. La maison est vide, les murs blancs, seuls quelques croquis viennent tapisser 13 sa chambre, aucunes photos, aucunes histoires. Vers quatorze heures, elle retourne au Paradis terrestre où elle croise Monsieur Dothy : – « Mademoiselle Staron, vous pouvez venir me voir ? Eh bien, vous en faites une drôle de tête ! – Ce n’est rien. – Je voulais vous demander si vous seriez libre ce soir ? – Non, désolée monsieur. – Je sais moi ce qui vous tracasse, c’est un coup de téléphone. – Mais comment le savez-vous, je n’en ai parlé à personne ? – Parce que c’est moi ! Pour voir votre réaction, je ne voulais pas vous faire peur. – Mais pourquoi ? Puis-je retourner à mon travail ? – Bien sûr, allez-y. » Niki est très en colère après Monsieur Dothy. Dans la journée sa rancœur se dissipe. 14 Dans les bureaux, Dimitri le réceptionniste engage une conversation avec Monsieur Dothy au sujet de Niki : – « Dimitri, vous ne pensez pas que Mademoiselle Staron est une femme très réservée ? – Oh oui alors ! Hier au soir je lui ai demandé si elle voulait venir dîner avec moi et elle m’a répondu qu’elle voulait rester seule. – Vous aussi vous lui avez demandé. » Ils partent chacun de leur côté lorsque Niki fait son apparition devant le bureau de réception. Dimitri la fixe avec ses yeux fripons, ses cheveux bruns en bataille et son nez de gamin. Il peut nous faire penser à un jeune bambin qui se croit irrésistible. – « Y a-t-il eu un appel de France pour moi Dimitri ? – Non, désolé. » À l’heure de fermeture, Niki aperçoit le boulanger qui lui sourit. Une fois chez elle, elle s’installe dans son canapé, allume la radio sur une fréquence où il passe toujours de la 15 bonne musique mais un flash d’information interrompt une superbe chanson. – « Une bande de motards vient semer la terreur dans la ville, ils cassent les vitres, volent les motos. Restez tous bien fermés sans omettre de rentrer vos véhicules. » Niki surprise se rue à la fenêtre, ne voyant rien elle retourne s’asseoir. La nuit tombe, elle perçoit des bruits de moteur à l’extérieur. Une vingtaine de motards arrivent, chevauchants leurs engins de malheur. Niki court jusqu’à son sous-sol et disparaît. Sur le long des quais, les motards font rugir leurs machines dans un brouhaha infernal. Tout à coup au loin on entend un bruit d’accélération et de rapports bien étagés. Un monstre rouge et blanc apparaît à l’horizon avec une lueur jaune s’approchant de plus en plus vite. Cette terreur se place face aux motards. L’individu grimpé sur son dos est svelte, poignant ce monstre avec un amour si grand qu’il pourrait être 16 humain. Le chef de la bande s’avance et l’interpelle : – « Que veux-tu ? Qui es-tu pour venir nous barrer la route ? Tu vas le payer cher ! Alors réponds ! » Le monstre passe en premier sur une roue arrière magnifiquement montée, en deuxième, toujours plus haut et ainsi de suite pour les autres rapports. Il fonce, toujours et encore sur l’alignée de motards. Ils essaient de ne pas bouger mais en vain. La moitié d’entre eux plongent du haut de la jetée, le chef quant à lui se place face à son ennemi croyant pouvoir tenir ce duel impitoyable. Le monstre rugit de fureur comme un dragon, le motard, lui ne sait que tourner la poignée. Qui va prendre le dessus ? Le rouge sang du monstre luit dans la nuit, il n’a pas peur, tandis que l’autre l’observe intensément avec son bruit de vieille mécanique. Il réinterpelle l’inconnu : – « Je te propose un duel, un parcours, si tu gagnes, tu peux garder ton identité secrète sinon, tu dévoileras tout et ta moto sera mienne. » 17
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