Bad swimmers - Tome 1: Le Lac des Cieux - Page 1 - Geoffrey Bidaut Bad Swimmers Le Lac des Cieux Tome 1 Épisode 1 Éditions ÉDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Édilivre Éditions APARIS Collection Coup de cœur 56, rue de Londres, 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-35335-332-3 Dépôt légal : Novembre 2009 © Édilivre Éditions APARIS, 2009 6 Remerciements J’ai beaucoup de gens à remercier pour Le Lac des Cieux. Mes camarades de lycée, tout d’abord, avec lesquels BAD SWIMMERS aurait pu devenir un film: Aurore, qui m’a inspiré le personnage de Deb (et tu sais qu’on l’adore tous !) et dont les conseils ont été déterminants, Alicias et ses yeux de crocodile, Clairoune, Fredou, Major et bien entendu Natalie, ma petite Spielberg de toujours, la plus allemande des françaises ! Merci à Bernard Tisot, mon prof d’histoire et de théâtre de terminale à qui j’avais promis à l’époque de dédier mon oscar lorsque j’aurais été célèbre à Hollywood. Rien que ça ! Je tenais également à remercier mon Club des Six : ma Flo, qui m’a soutenu sur ce projet pendant des années (promis, j’écrirai une histoire sur toi un jour !), Sir S., pour m’avoir aidé sur les points les plus délicats de l’intrigue, Brownie, qui m’a appris des tas de choses sur le maquillage de Deb et qui a lu et relu 9 les différentes versions du roman, Delphine, ma Guinguette, qui m’a inspiré la plupart des relations entre personnages, Kit, qui a assisté à mes nombreuses angoisses par rapport à l’évolution de l’histoire (ça y est, j’y suis arrivé !) et Ling, qui a accepté de voir sacrifier la bande dessinée que je lui dédiais pour me consacrer entièrement aux habitants du Lac des Cieux. Merci à Laura et Emma pour leur folie. Content de vous connaître ! Un merci particulier à mes collègues et amies, mes premières lectrices briançonnaises : Vivi (mais oui, il y aura un tome 2 !), Valérie, qui n’ose plus plonger depuis qu’elle a lu le livre, Simone, Marilyn, Emilie, Morena (Miss you !). Merci également à Annie pour m’avoir permis de m’épanouir artistiquement en m’offrant le premier rôle de sa pièce de théâtre. On remet ça cette année ! Merci à Nadège, pour ne jamais s’être énervée quand je n’avais pas le temps de répondre à ses lettres et à Sofian, mon SB. Je crois en toi, bro’ ! Le Lac des Cieux ne pourrait pas exister sans musique. Merci à la chanteuse Laytitia pour avoir accepté tout de suite de participer à l’aventure BAD SWIMMERS en en devenant la marraine officielle et aux membres du groupe LFA pour m’avoir inspiré lorsque je travaillais seul dans mes montagnes. Merci les filles ! Un gigantesque merci à tous ceux que j’ai rencontrés sur le plus grand réseau social du monde et qui ont su témoigner pendant toute une année de leur intérêt pour le livre, de la fin de son écriture jusqu’à sa publication. Je vous adore ! 10 Merci à Ruthie pour son humour et à Laurent Botti pour ses conseils de pro. Merci à mon éditrice Emilie Barreau pour m’avoir fait confiance dès le départ et pour avoir su respecter mes choix artistiques. Enfin, merci à mon petit Chbick pour avoir su se montrer patient pendant que je relisais encore et encore les dernières versions du Lac des Cieux. 11 1 C’était insensé, complètement insensé, tentait de se persuader Sara tout en descendant le long sentier broussailleux et en pente douce qui la menait à la Grande Place de la ville. Si quelqu’un lui avait prédit ce qu’elle s’apprêtait à faire cette nuit-là, elle ne l’aurait jamais cru. Bien sûr, elle savait au fond d’elle ce dont elle était capable, mais jamais, même dans ses rêves les plus fous, elle n’aurait pensé agir de la sorte. Cela ne lui ressemblait pas. C’était pourtant bien ce qu’elle désirait faire mais, ce soir-là, à la simple pensée des conséquences qu’un tel acte pouvait engendrer, tout son corps se mettait à frissonner. Il est vrai que la jeune femme manquait cruellement de confiance en elle et son amie Catherine le lui faisait bien comprendre depuis des années. Selon elle, il était urgent que Sara se prenne en main une bonne fois pour toutes. Sa timidité l’empêchait de vivre comme elle le méritait. Il fallait qu’elle change, qu’elle fasse quelque chose de nouveau, quelque chose qui la sorte du quotidien, quelque chose que la Sara actuelle n’aurait jamais osé faire. Et force était de reconnaître que Catherine avait 13 raison. De toute façon, Catherine avait toujours raison. Mais de là à commettre l’irréparable… Non, c’était insensé. Elles se connaissaient depuis toujours. Elles avaient fait toutes leurs études ensemble et, bien que très différentes, étaient très vite devenues inséparables. En classe de seconde, certaines rumeurs avaient même couru sur le fait que les deux jolies brunes entretenaient une liaison. Évidemment, il n’en était rien, mais ces commérages avaient fait le tour du lycée, si bien que Sara avait été contrainte de faire croire, avant que cela ne devînt officiel, qu’elle sortait avec Paul, le ténébreux frère aîné de Catherine. Cette dernière, avec ses cheveux courts et bouclés coiffés à la garçonne, son regard perçant et son allure sauvage, représentait l’archétype du garçon manqué, tandis que Sara, beaucoup plus réservée, avait des airs de jeune fille romantique et naïve que ses longs cheveux toujours attachés en demi-queue et ses jupes tombant sur ses chevilles ne faisaient qu’accentuer. Catherine, pour sa part, se fichait éperdument de ce que l’on pouvait bien dire d’elle, ce qui se percevait notamment dans la façon plutôt négligée qu’elle avait de se vêtir : avec ses pantalons trop larges et ses débardeurs moulants, elle semblait cultiver son apparence androgyne. Néanmoins, elle était également parvenue à trouver le grand amour en la personne d’Édouard, beau garçon à la chevelure blonde et aux yeux noisette, mais aussi meilleur ami de son frère Paul. Leurs amours respectives n’avaient donc en aucun cas mis en péril la relation qu’elles entretenaient, au contraire. Entourées de leurs petits amis, elles se 14 sentaient plus fortes et leur amitié était devenue quasiment indestructible. Oui, quasiment. Car l’année de leur première, Diane était arrivée. Elle s’était très vite imposée comme l’élément majeur du trio que les filles formeraient dorénavant. Grande, élancée, Diane représentait tout ce que Catherine – et surtout Sara – n’étaient pas. Autrement dit, la perfection : de longs cheveux qui tombaient en une magnifique cascade blonde sur ses épaules, des yeux en amande d’un bleu azur, toujours élégante quelle que soit la situation. Elles aussi étaient jolies mais leur beauté était ordinaire, à l’inverse de leur amie qui possédait ce charisme qui les rendait tous et toutes admiratifs. La fascination qu’exerçait Diane sur ceux qui croisaient son chemin n’était pas seulement due à son physique. Elle était particulièrement intelligente et brillait par sa culture. Ses parents étaient tous deux professeurs et, en plus du temps qu’elle passait à étudier au lycée, ces derniers lui offraient des cours particuliers de français plusieurs fois par semaine. Réussissant tout ce qu’elle entreprenait, Diane incarnait le charme et le raffinement – non pas que Catherine ou Sara en manquassent, mais il était évident qu’après l’arrivée de Diane, les deux jeunes femmes ne parvenaient pas à faire autrement que de vivre dans l’ombre de leur envoûtante amie. D’autant plus que si son charme opérait sur elles, il était aussi manifeste qu’aucune autre fille n’avait son pareil pour mettre les garçons dans tous leurs états, Édouard et Paul n’y faisant pas exception. À côté d’elle, Catherine et Sara (qui ne doutaient cependant pas de la loyauté de leur amie et de leurs petits amis), 15 savaient qu’elles ne faisaient pas le poids. Heureusement pour elles, Diane avait trouvé le bonheur dans les bras de Simon, un des sportifs les plus séduisants du lycée. Néanmoins, continuer d’exister tout en occupant le même espace que Diane relevait de l’exploit tant elle débordait de sensualité et de grâce. C’était sans doute pour cette raison que Catherine avait fini par prendre ses distances par rapport à elle. Puis, au fil des années, convaincue d’avoir fait le bon choix, Catherine ne cessa de répéter à Sara qu’elle devait elle aussi parvenir à s’en détacher, à vivre pour elle-même, s’accomplir réellement comme elle et Édouard l’avaient fait – en fréquentant d’autres amis par exemple. Selon elle, si Sara continuait à vivre à travers Diane, elle risquait de mettre sa vie de femme – ainsi que celle de son couple – en péril. Il est vrai qu’elle passait son temps à se comparer à elle et se rendait bien compte qu’elle était loin d’être aussi irréprochable. Diane vivait à cent à l’heure, n’avait pas peur de l’inconnu ou de prendre des risques alors qu’elle, elle s’était enfermée dans une vie routinière avec Paul, incapable de faire quoi que ce fût qui sortît de l’ordinaire. Tout dans sa vie était programmé de A à Z depuis des années et elle prenait conscience du fait que le train de vie ordinaire qu’elle menait finirait par la rendre folle. Et Catherine ne savait plus comment agir pour faire comprendre à son amie qu’il était temps pour elle de reprendre le dessus. Jusqu’au jour où Diane elle-même, lui proposa de faire quelque chose d’inhabituel. Comme le savait dorénavant Catherine – et même Paul, Édouard et Simon – les conseils de Diane avaient beaucoup plus d’impact sur Sara que ceux de n’importe qui d’autre. 16 C’est ainsi que, en compagnie de Diane, Sara se retrouvait là, par une chaude nuit d’août, portant un sac beaucoup trop lourd pour elle, sur le point de donner la touche finale à un acte qu’elle n’aurait jamais osé accomplir si son amie ne lui avait pas un peu forcé la main. Un acte complètement insensé. – Dépêche-toi, Sara, on n’a pas toute la nuit devant nous. La voix chaude et pourtant si intimidante de son amie, qui se tenait à quelques mètres plus loin près de la Grande Place et qui commençait à s’impatienter, fit naître dans l’esprit de Sara une étrange sensation. Elle qui semblait toujours sûre d’elle paraissait cette nuitlà tout aussi nerveuse que Sara. Comme si – mais elle n’osait pas se le dire – comme si Diane, pour la première fois de sa vie peut-être, avait peur elle aussi, elle qui, d’habitude, ne semblait redouter rien ni personne. Les bras croisés, la jeune femme blonde tapota avec anxiété le sol humide et boueux de ses petites chaussures de randonnée, regarda autour d’elle d’un air crispé avant de revenir sur ses pas pour lui venir en aide. Il ne fallait pas que cette dernière fasse tout rater. C’était trop important pour qu’elle la laissât tout gâcher. Beaucoup trop important. – Mais j’ai du mal à suivre, moi, avec ce chemin tout bourbeux. Pour toi c’est facile, tu n’as pas à porter ce… truc. Ça pèse lourd, tu sais. – Il n’y a rien d’étonnant à ça, observa sèchement Diane. Tu t’attendais à quoi ? Je t’avais dit que tu n’étais pas capable de le porter toute seule. Mais tu 17
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