PARTIR ! - Page 1 - test Jean-Louis Müller PARTIR ! « Ces français qui nous ont quittés ! » Éditions EDILIVRE APARIS Collection Universitaire 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1705-3 Dépôt légal : Juillet 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Partir un jour Partir un soir Partir demain et pour toujours, Partir tous les deux Partir amoureux, Partir sans oraison Partir sans trahison Partir pour finir Mais partir pour l’avenir. D’après Roger Brossard (association ACFDJ) 9 « Les riches sont un mal nécessaire et même utile ! » (Tony Blair) « La solidarité envers les plus pauvres pour un Etat, pas de problème, le drame c’est qu’en son nom, on justifie tous les abus de « l’enfer fiscal » (Pietro Guarniéri, avocat d’affaire de Campionne d’Italie) « Plus vous me taxez, plus vous me harcelez, plus je mettrais mes œufs dans d’autres paniers ! » (Albert Z, un financier franco-suisse) « Comprendre est-ce tout excuser ? » (PSE ACFDJ) 11 SOMMAIRE Introduction .......................................................... 15 Chapitre 1 – Quelques atouts ................................ 19 Chapitre 2 – Quelques faiblesses .......................... 27 Chapitre 3 – Planter le décor ou « La planète en folie » ..................................... 39 Chapitre 4 – Quelle richesse ? .............................. 49 Chapitre 5 – Partir avec l’argenterie ..................... 55 Chapitre 6 – Vous dites « paradis fiscal ! » .......... 67 Chapitre 7 – Des sociétés et des banques ............. 79 Chapitre 8 – Au bal de l’hypocrisie ! ................... 87 Chapitre 9 – Comment ? ....................................... 99 Chapitre 10 – Après le G 20 du 2 avril 2009 ........ 115 Chapitre 11 – Le cheval de Troie ......................... 131 Chapitre 12 – La nouvelle internationale ............. 141 Pour conclure ........................................................ 151 Note bibliographique ............................................ 157 13 Introduction Après une trentaine d’années à travailler auprès des populations les plus pauvres de notre pays, j’ai tenté de mener simultanément une seconde carrière à partir du début des années quatre-vingt-dix dans l’enseignement et la formation continue. Quand mon emploi du temps le permettait, j’essayais de faire partager ce que j’avais appris aussi bien sur le terrain que par certains spécialistes. L’enseignement s’avéra plus compliqué que je le croyais au départ. J’ai dépensé beaucoup d’énergie à tenter de remettre en cause les présupposés tenaces qui circulent toujours sur les sans-abri, la dépendance à l’alcool et aux drogues, le travail de rue etc. De la même manière, j’ai constaté que l’économie et la finance restaient des sujets particulièrement tabous en France et en particulier dans le milieu social et la santé. Que dire de graves lacunes dans les règles de comptabilités élémentaires et plus simplement de la réalité du monde de l’entreprise avec deux questions toute simple : – Qu’est-ce qu’une entreprise dans 99 % des cas ? – Qui connaît la vie d’un créateur d’entreprise ? 15 Pire encore, j’avoue que je suis toujours ébahi lorsque j’entends des présupposés qui démontrent au minimum une ignorance sur des éléments basiques sur ce sujet. Après avoir côtoyé la grande pauvreté pendant plusieurs décennies comme éducateur puis comme responsable associatif, j’ai été sollicité récemment pour étudier les personnes qui ont quitté la France. Dans ce qui va suivre, je vais essayer de répondre à cette demande avec le moins de présupposé possible. Dans cette enquête, je découvrirai que la plupart des riches ayant fui le système fiscal français se sont posés le plus souvent non pas dans un lieu exotique plein de cocotiers mais dans un des pays les plus proches de la France. Pour ne pas s’éloigner définitivement de leurs racines, ses riches Français tiennent souvent à garder un « pied-à-terre » dans l’hexagone pour y séjourner au mieux quelques mois dans l’année. Sauf rares exceptions, les personnes interrogées se sont prêtés facilement aux questions les plus diverses sans la moindre gêne. Signalons que ceux qui ont gardé des affaires en France se sont montrés plus méfiants pour des raisons biens compréhensives. Quand ces personnes ont accepté de répondre à quelques questions, elles ont refusé que leurs noms apparaissent dans ce qui va suivre. Quand j’ai évoqué ce travail autour de moi, je dois reconnaître que j’ai été surpris par les réflexions, voire les jugements de valeur sur ce sujet : « Toi, qui as autant donné de ton énergie pour les plus pauvres de France, comment peux-tu travailler pour ces riches qui vivent dans les paradis fiscaux ? » 16 J’ai alors eu la confirmation que la richesse est restée un véritable tabou en France. Paradoxalement, quand cette fortune provient d’un héritage, elle est volontiers considérée comme naturelle. Par contre, quand elle est le fruit d’un travail acharné de la personne, elle provoque une certaine suspicion voire de la haine ce qui est un comble. Au pire, elle ne doit surtout pas s’afficher telle une maladie honteuse. On parle alors du parvenu, voire du côté « bling bling » avec un certain mépris mal dissimulé. Par contre, dans les pays voisins de la France, on remarque que la richesse suscite non la suspicion mais un certain respect. Plus généralement, la richesse renvoie souvent à un monde lointain, opaque qui repose souvent sur une énorme méconnaissance du sujet. Est-ce provocateur que de dire que c’est souvent les mêmes personnes qui véhiculaient à la fois des idées toute faite ou des réactions de défense pour la grande pauvreté comme pour la richesse ? Quand j’étais jeune, un de mes maîtres disait volontiers qu’il était très compétent dans ce qu’il connaissait mal. Il ajoutait de surcroît que plus il se penchait sur un sujet, plus il s’apercevait qu’il devenait modeste et humble devant l’immensité de ce qu’il avait encore à découvrir en la matière. Au départ, je suis parti de deux interrogations : – Pourquoi ne pourrait-on pas essayer de comprendre ceux qui se sont expatriés ? – Et d’abord, est-on certain qu’il ne s’agisse que de personnes riches ? – Que dire des créateurs d’entreprises, des chercheurs qui ont sauté le pas ? 17 – Et d’abord, sommes-nous certains d’avoir les bonnes informations sur ce sujet en France ? Les médias ne sont-elles pas victimes de la pensée unique française ? Quand nous avons l’occasion d’entendre les effets d’estrade de la part de nombreux politiques ou faiseur d’opinion, les bras nous en tombent en les entendant raisonner, contestés, promettre comme si la France était encore enfermée sur elle-même avec une ligne Maginot pour ultime rempart. En matière économique surtout, on entend de toute part : la France n’a qu’à ! La France devrait ! Le gouvernement doit ! Tout cela est affirmé avec conviction sans tenir compte des effets que ces mesures pourraient produire dans un pays ouvert à tous les vents de la planète. Comme la science, le capitalisme et la compétence n’ont pas de patrie. Pire encore, les hommes et les capitaux sont accueillis à bras ouverts un peu partout sur le globe. Soyons sans ambiguïté dans ce travail : je n’ai pas la prétention d’apporter une pensée originale sur ce sujet complexe. Dans ce qui va suivre, je me bornerai pour l’essentiel de compiler des interviews, des publications, des rapports et études divers pour susciter l’échange. Je n’appartiens à ce jour à aucune chapelle idéologique. Je ne suis pas militant d’un parti politique et ne brigue plus aucun mandat électif à ce jour. J’ai seulement essayé de comprendre et de tenter de transmettre ce que j’ai découvert sur ce sujet complexe. 18 Chapitre 1 Quelques atouts Quels sont les atouts économiques de la France ? Ces données officielles reprises ici veulent tout simplement dégager les grandes masses pour en saisir ce qui apparaît comme essentiel *(1) et (2). Commençons par constater que la France avec plus de 60 millions d’habitants et ses 1700 Milliards de Dollars de PIB (Produit Intérieur Brut) se situe à la sixième puissance économique au monde après respectivement Les Etats-Unis, le Japon, L’Allemagne, le Royaume-Uni et plus récemment la Chine. En prenant ce PIB et en le divisant par le nombre d’habitants, on obtient le PIB par habitant. La France fait partie du groupe des pays très riches en se situant autour de la trentième place sur deux cent vingt-sept au monde. A l’évidence, aucune personne sérieuse ne peut affirmer que la France est un pays pauvre. Nous disposons toujours de sérieux atouts pour se défendre dans cette économie planétaire. Essayons d’en dresser un bref inventaire : 19
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