Y'a du calva dans l'café - Page 1 - Francis Delmas Y’a du calva dans l’café Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2010 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-3438-8 Dépôt légal : Juillet 2010 © Edilivre Éditions APARIS, 2010 6 I Y’A DU CALVA DANS L’CAFE « L’homme vénère les saints mais aspire à être un diable. Se pourrait-il qu’il vénère les diables ? » – Ben, mon vieux, y paraît qu’on est riche. – Tu l’as dit. Mais t’es riche, touais ? – Non ! Pas mouais. – Ben alors ! C’est qui qu’est riche ? – C’est la France qu’y disent. – Ouais, mais Renault, la SNCF et tous ces machins…, y-z-ont pas d’pognon, alors ? – Ben, faut d’mander aux politiques. – Ouais, mais pourquouais qu’tu’t’grattes la tête ? – Ben pa’ce’que la droite, quand elle était pas au pouvoir, elle savait quouais faire, maintenant qu’elle y est, elle fait n’importe quouais. – Ouais, mais la gauche qui savait pas quouais faire quand elle était au pouvoir, maintenant qu’elle y’est pu, elle doit savoir ? – Ben alors ! S’ils savent, pourquouais qu’ils le disent pas ? 9 – Ouais… ! Tiens ! Remets-mouais du calva dans l’café. – Tiens…, il est bon. – Ouais… Mon, QI qu’y disent, il est pas ben grand, mais explique mouais : y’avait le sida, y’avait le sang contaminé, y’avait…, j’sais pas mouais. Y’avait des coupables qu’étaient pas responsables…, ou ben le contraire. Maintenant y’a l’amiante, y’a les atomes, y’a…, y’a… Y paraît qu’y a longtemps qu’on sait qu’tout ça c’est dang’reux. – Ouais…, hum… ! J’sais pu. Mais, t’y comprends Quouais, touais ? Y disent qu’la France est riche, mais y’a pu d’boulot. – Bah ! Non, qu’elle est pas riche. Y’a pu d’argent dans les caisses, qu’y disent. – Oh ! Si, qu’elle est riche ! Y z’en donnent à tout l’monde. Aux banques, aux voitures, et pis…, ben non, pas à nous. – Ben, ouais. – Ouais…, maintenant y’a pu d’boulot, y’a pu d’fric, y’a pu d’rien. – Ouais… Y sont fous. – Ben ouais. Tiens ! Remets-mouais du calva dans l’café. Pour combattre les hommes de bonne foi, les faire taire et protéger leurs propres champs d’action, ceux qui se disent les élites les traitent, eux et les masses, de naïfs, les rabaissent et enterrent leurs idées en les qualifiant de « brèves de comptoirs ». Ce sont pourtant des idées simples qui furent le ferment de la Révolution Française de 1789. Ce sont des idées simples qui amenèrent les bouleversements 10 de mai 68. La révolution culturelle chinoise véhiculait, elle aussi, des idées simples. Qui aurait eu la moindre considération pour ces idées, avant ? Dans chaque cas, élites et gouvernants n’avaient pas eu le courage de proposer et d’entreprendre les réformes nécessaires. Aujourd’hui, il en est toujours de même. Élections après élections, les promesses se succèdent mais rien n’est fait : les élus se gardent bien d’entreprendre les grandes réformes nécessaires. D’ailleurs, qui les veut vraiment ? Les lobbies s’y refusent, les syndicats aussi, jusqu’au peuple qui joue les moutons et craint de franchir le Rubicon. L’homme a peur du changement et, plutôt que bouger, il préfère vivre dans une société qui ne lui convient pas, mais, qu’il connaît. Les dirigeants, les journalistes, les intellectuels, les nantis…, n’écoutent pas le peuple. D’après eux, celuici ne sait pas s’exprimer, et pour être entendu il faut savoir s’exprimer. Sont-ils incapables de le comprendre ou bien son langage est-il si impénétrable ? Ah ! On les entend pérorer dans leurs fauteuils, entre eux, avec leurs œillères, ressassant indéfiniment les mêmes idées, incapables de créativité. N’y a-t-il personne pour écouter, entendre, traduire et porter la voix du peuple ? Si nous ne le faisons pas, nous risquons fort que de nouveaux dictateurs fous, qui n’entendront que leurs propres intérêts, apparaissent, profitent de la situation, prennent le pouvoir et nous entraînent sur de mauvais chemins. Curieusement, la nomenklatura qui tient le pouvoir dans notre pays (comment l’appeler autrement), traite 11 toute tentative de dire ce qui se passe d’ineptie. Elle qui dit vouloir faire appel au peuple, ne fait que s’asseoir dessus. Pourtant, tous les politiques lui disent qu’ils l’ont compris. Vous pensez ! Le pays est démocratique, n’est-ce pas ? En France nous ne manquons pas de superlatifs : nous serions le pays le plus démocratique au monde, nul ne ferait mieux ailleurs ! Et, « curieusement », euphémisme, ou pire, naïveté de ma part : personne ne s’insurge, surtout pas l’opposition (que fait-elle ?), surtout pas les syndicats (à quoi servent-ils ?), surtout pas les journalistes (à quoi servent-ils, eux aussi ?). Un exemple ? La constitution européenne a été repoussée par la majorité des Français. Oui, mais le président et la nomenklatura ont décidé que le peuple n’avait rien compris. Preuve qu’il y a d’un côté le peuple et de l’autre les « élus » ! Tout le monde continue donc comme si de rien n’était. Plus exactement, notre président a fait le contraire de ce que le peuple avait dit et a signé la constitution ! C’est ça la démocratie ! Et si nos élus venaient discuter vraiment avec le petit peuple. Discuter sur un coin de zinc n’est pas désagréable et on y apprend beaucoup. Etions-nous seuls à dire non ? Non ! Il y avait aussi les hollandais, les Anglais…, et bien d’autres pays qui s’apprêtaient à en faire autant. Mais notre état n’a pas voulu le savoir. Curieusement encore (nouvel euphémisme), les journalistes n’avaient pas joué le jeu : ils avaient préféré déséquilibrer tous les débats en donnant un avantage certain aux « pro constitution ». 12 Je dédie ce livre à ceux dont les yeux ne voient plus rien que des illusions, dont le nez ne sait plus reconnaître le parfum subtil de la violette au printemps, dont les papilles gustatives ne savent plus différencier un poulet de grain paysan d’un poulet industriel aux hormones, dont les oreilles ne savent plus vibrer en écoutant « La petite musique de nuit » de Mozart ou le chant d’un rouge-gorge, dont les doigts ne savent plus ressentir la douceur d’un velours ou la légèreté de la soie, dont le cerveau ankylosé ne sait plus démêler le vrai du faux et qui, abandonnant toute volonté et tout esprit critique, adhèrent à la moindre idée, pourvu qu’elle émane d’un notable et qu’elle leur soit bien présentée. Je dédie ce livre à ceux qui, à l’instar des protagonistes du film « I comme Icare » restent soumis à l’autorité, à ceux qui ont peur pour leur travail, pour leur maison, pour leur famille, pour le petit carré de bien-être qu’ils croient qu’il leur reste et qui préfèrent rester chez eux, volets clos, que sortir au grand air, se dégourdir pieds et esprit, et bouger. Je dédie surtout ce livre à ceux qui ne veulent plus vivre dans une porcherie, qui ne veulent plus être manipulés, qui se refusent à être des aliénés, qui refusent le mensonge et qui veulent construire le monde de demain. 13 II QUELLE EST LA RAISON D’ETRE DE L’HOMME SUR TERRE ? « Soyons réalistes, exigeons l’impossible » T.J Rodgers PDG de Cypress Semiconductor Le but de l’homme sur terre, sa finalité, n’est pas la guerre perpétuelle, il est d’atteindre au bonheur, à la réalisation totale de son être, étape finale dans l’ascension de la pyramide selon Maslow. Rappelons en les étapes : Besoins élémentaires de l’homme. 1. Besoins physiologiques (faim, repos…). 2. Besoins de sécurité (physique et protection contre les privations…). 3. Besoins sociaux. Besoins supérieurs de l’homme. 4. Besoins d’estime (respect, autonomie, statut…), 5. Besoins d’accomplissement (développement, expression…). 15 Rappelons que les besoins élémentaires doivent être satisfaits avant que les besoins supérieurs, qui se trouvent à un niveau d’abstraction plus élevé, puissent devenir un élément motivant de comportement. Aucune étape ne peut être sautée, mais un besoin satisfait ne motive plus et n’influence plus directement le comportement individuel. Confrontée aux grands fléaux, notre société a toujours su se mobiliser, même lorsqu’elle savait ne pas avoir de solution à court terme. Il en fut ainsi pour le cancer pour lequel les progrès s’avèrent déjà remarquables, c’est maintenant le cas pour le SIDA. Pourquoi ne ferions-nous pas preuve de cette même rage de vaincre, de cette même volonté qui renverse les montagnes, pour notre société, notre économie, notre manière de vivre, notre plaisir, notre devenir ? Les anciens égyptiens, puis plus près de nous les chinois, ont su, avec leurs mains et avec l’acharnement et l’abnégation de fourmis, s’attaquer à des tâches colossales et réussir des projets grandioses à peine imaginables. Il n’est aucune raison pour laquelle nous ne pourrions pas faire face à notre défi. Les organisations internationales telles que l’ONU, l’UNESCO, la BANQUE MONDIALE…, se perdent en d’interminables conférences qui n’aboutissent pas. Leur intérêt, déjà très important, est d’avoir réussi à éviter les conflits majeurs et de maintenir en vie la mince flamme vacillante de l’espoir. Malheureusement, elles n’ont pas empêché les guerres dans le tiersmonde, souvent de type colonial, et leurs milliers d’affamés, de malades et de morts. Nos cours d’histoire et nos multiples mises en garde ne semblent pas, non plus, avoir d’utilité. A quoi 16 servent donc des jugements pour crimes contre l’humanité, rendus après des dizaines d’années ? Ontils un but éducatif quand, dans le même temps, on ne sait pas empêcher de nouveaux crimes de se perpétrer ? Les guerres ne devraient pas tout autoriser. Notre siècle nous a montré que l’éthique, qui n’existe déjà pas en temps de paix, est totalement illusoire en temps de guerre. Quels énormes intérêts peuvent bien se cacher derrière tous ces massacres ? Car soyons cyniques jusqu’au bout, au moins, pour de telles horreurs, il faut bien que quelqu’un trouve son compte ! De plus, nous n’avons jamais l’excuse de ne pas savoir. Au Rwanda, tout le monde savait qu’après le départ des soldats belges il y aurait un massacre. Ils sont partis, les français, le monde entier, ont regardé, et le massacre a eu lieu. Les télévisions en ont montré les terribles images et la France a fini par réagir, mais si tardivement et si seule ! Aujourd’hui, nous maintenons le souvenir de nos guerres. C’est normal, et il est souhaitable que ces exemples les empêchent de se reproduire. Nous pouvons malgré tout en douter, car nous ne comprenons pas comment les puissances occidentales, avec toutes leurs forces, acceptent que le même scénario se rejoue sous leurs yeux, sans réagir vraiment : – Oui, là , en Palestine. – Oui, là , en Afghanistan. – Oui, là , au Tibet. – Oui, là , en Afrique. – Oui, là , là , là … 17
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