Finie la fraîcheur ! - Page 1 - test Sarah Ramos Finie la fraîcheur ! Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-2003-9 Dépôt légal : Décembre 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire Première partie : Ciel et Terre........................................................... 17 Deuxième partie : Force d’âme........................................................... 103 Troisième partie : Susurrer ................................................................. 197 9 A notre terre, toujours aussi malade. « C’est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas. » Victor Hugo 11 Pour se rappeler… Maudite soit la Chaleur ! 1. La fée de la prophétie. Synopsis Zénirée, une jeune femme de vingt ans se retrouve propulsée dans un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence. Elle découvre alors un lieu féerique nommé féelice appartenant au monde des nuages. Ce monde renferme plusieurs territoires de fées. Il y a une reine à la tête de chaque territoire. Outre les terres des fées, il y a la Thessalie, le royaume des centaures ainsi que le Royaume de Faëry, là où vivent les elfes. Zénirée arrive dans le territoire des fées des nuages qui se trouve être un territoire dont elle est la princesse. Très vite, elle apprend par William, jeune chevalier qui a la mission de l’aider dans son aventure, que sa véritable mère provient de ce nouveau monde. Une épouvantable prophétie dictée par Eskimäh, sœur d’Ephémère (mère de Zénirée) et reine du territoire des fées des glaces, envoie Zénirée 13 sur terre à l’âge de cinq ans. Le père de Zénirée, se nommant Ivelhöm est un elfe gorique. L’union entre les elfes et les fées est considérée comme inceste. La sœur d’Ephémère se sert donc de ce prétexte pour faire enfermer Ivelhöm et tout le peuple des elfes goriques dans une boîte que gardent précieusement les elfes blancs. Ephémère disparaît. Eskimäh décrète que seul Ivelhöm saura où elle la cache et que seule Zénirée pourra ouvrir la boîte où sont enfermés les elfes goriques. Une fois cette prophétie dictée, Eskimäh est sûre que Zénirée ne reviendra jamais sur féelice car cela relève d’un pouvoir magique (appelé force d’âme) extrêmement fort. Mais Ephémère était une vedette sur féelice car elle possédait une force d’âme hors du commun. Titania, la reine de toutes les reines fées fit donc organiser une conférence, dans laquelle elle déclara à toutes les reines (hors Eskimäh) qu’il fallait économiser leurs forces d’âme jusqu’à pouvoir effectuer la transition (le fait de changer de monde) de Zénirée. Quinze ans passent et toutes les fées économisent toujours leur force d’âme. Mais retrouver Ephémère se fait de plus en plus nécessaire car la pollution de la terre provoquée par les humains engendre de graves problèmes écologiques sur féelice. Ephémère est la seule à connaître les incantations magiques qui répareraient les dégâts. Ainsi, Titania convoque à nouveau les reines et elles élaborent un plan pour faire revenir Zénirée sur féelice : elle prendra un avion dont elles simuleront une explosion pour qu’elles puissent la recueillir sur les nuages. Elles avaient à présent économisé assez de force d’âme pour cela. Ainsi, lorsque Zénirée arrive sur féelice, elle se voit entraînée dans une quête périlleuse où elle sera 14 accompagnée de William, un chevalier sans courage et de sa licorne. Elle traversera de multiples territoires et rencontrera d’étranges créatures pour retrouver son père et délivrer sa mère. Découvertes, amour, amitiés, et nouvelles valeurs viendront faire sa rencontre au cours de son périple. Mais même après avoir retrouvé ses parents biologiques, la jeune femme n’est pas parvenue à résoudre les problèmes écologiques… 15 Prologue « Eskimäh est morte. » Sa voix avait retenti dans toute la pièce. Plus personne ne parlait. Tous regardaient Ephémère avec autant de suspicion que possible. Pourquoi disait-elle cela ? Comment l’avait-elle su ? Zénirée poussa un soupir. Se sentant de plus en plus perdue par ce qu’elle apprenait de jours en jours, elle observa les différents membres du conseil des nuages, composé de Laoünka, ancienne reine provisoire du territoire, de William, son fils, chevalier de ces terres, d’Ivelhöm, son père biologique ainsi que de Martine et de Jean, ses parents adoptifs. La jeune fée commençait à peine à s’habituer à la situation, quelque peu étrange. Il n’était en effet pas donné à tout le monde d’être entourée de quatre parents, quatre paires d’yeux qui, d’autant plus, veillaient sur elle avec un amour maternel et paternel dotés d’une franchise et d’une pureté inestimables. Sur ce territoire, le sentier de sa vie à présent, un seul élément la perturbait véritablement. En fait, tout le village de Nüb s’en préoccupait. Il s’agissait là des nuages… Ceux qui avaient été si beaux, si blancs ces 19 derniers mois, recommençaient à s’obscurcir, à se détériorer, comme lors de son arrivée. Que celle-ci lui semblait lointaine à présent ! Tant de choses s’étaient retrouvées en travers de son chemin, qu’encore aujourd’hui, face à ce nouvel environnement, elle ne savait où donner de la tête. Après tout, en l’espace de quelques mois à peine, on lui avait offert la chance de connaître amour, nature, et ambitions… Et ce n’était pas rien ! Surtout quand cela s’avérait être mêlé aux émotions les plus fortes. De celles qui chamboulent. De celles que l’on n’oublie jamais. Cependant, au moment où Ephémère avait cessé de parler, dans cette pièce tantôt lugubre, tantôt chaleureuse du château-palais, le conseil entier affichait une expression stoïque. Et le silence, insupportable, fournit à l’oxygène une indéniable moiteur. Tensions ? Appréhensions ? Zénirée parvenait à peine à lire à travers les visages angoissés de l’assistance, tant ses propres sentiments s’embrouillaient au fur et à mesure que le temps s’écoulait. Tandis que la silhouette de la reine du territoire des nuages se dessinait sans précision dans la pénombre, celle-ci se réjouissait d’être sujette à de si amples regards interrogateurs. Un sourire nerveux et amusé à la fois vint s’hisser au creux de ses lèvres tendues. Pour elle, c’était toujours un sentiment bien étrange qu’elle ressentait lorsque toute une salle était scotchée à ses propos. Comme si sa propre existence devenait soudain plus évidente, plus utile. Mais elle coupa court de manière assez brusque à l’horizon d’attente 20 qu’elle avait provoqué, pour entonner une phrase assez agaçante à l’aide d’une voix claire : « Qu’avez-vous tous à me dévisager de la sorte ? » Et là, sa bouche s’élargit sans trop de finesse. Elle avait réussi à créer une ambiance très forte, et très curieuse ainsi qu’à attiser un feu intense dans les sensations de ses interlocuteurs. Le tour s’annonça remarquablement bien joué. D’autant plus que des signes le prouvaient irrévocablement : Jean tapotait sa chaise de bois. Les lèvres pincées, il repensait en vérité au danger que sa fille adoptive avait connu ces derniers mois. Et ce, par la faute d’une seule et unique fée. Eskimäh, l’horrible sœur d’Ephémère. Une simple évocation de son nom le faisait frémir. Alors, si ce que venait de dire la véritable mère de Zénirée s’avérait juste, il en serait plus que ravi. Car cet homme accompli n’aurait jamais souhaité la mort de personne, mais à défaut d’avoir fait du mal à l’une des deux femmes de sa vie, il serait prêt à tout. Même à son propre décès. Pâlissant davantage, il tapota à nouveau sa chaise, en attendant avec impatience la suite de la conversation. Martine, quant à elle, divaguait. La mère poule et protectrice qu’elle était, nécessitait un grand réconfort. Son esprit s’éloignait petit à petit des dimensions réelles de l’instant, se perdant au moins autant que celui de Zénirée. Trop d’informations s’étaient emmêlées dans sa tête en seulement quelques semaines. Et ce renouveau, cette « renaissance », bien qu’une chance extrême, n’était pas vraiment de tout repos. Son état de fatigue pouvait largement en témoigner. Zyeutant l’ensemble 21
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