Théatre Les bonnes affaires de l'étranger. - Page 2 - La comédie de Michel DEGALAT aux éditions EDILIVRE Michel Degalat Les bonnes affaires de l’étranger Théâtre Comédie en trois actes Éditions Edilivre Aparis Collection Coup de Coeur 75008 Paris - 2008 Le Code de la propriété intellectuelle du 1 juillet 1992 interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation de ses ayants droit. Toute reproduction, partielle ou totale, de la présente publication est interdite sans autorisation de l’auteur, de son éditeur, ou de Centre Français d’exploitation du droit de copie (CFC, 3 rue Hautefeuille, 75006 PARIS). 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Les bonnes affaires de l’étranger Comédie en trois actes De Michel DEGALAT Les personnages Stanislas Van Duvant De son vrai nom Marcel Mercouillard, homme dans la trentaine, beau, élégant, charmeur, persuasif et peu scrupuleux. Agnès Bergerinette Jolie brune de moins de trente ans, d’abord compagne du précédent puis épouse de celui-ci, élégante et intelligente, bien que peu scrupuleuse. Elle garde les pieds sur terre. Philippe Marguillon Homme de quarante ans, plutôt de petite taille, bien de sa personne, richissime mais naïf. Le décor Une pièce comprenant une porte latérale, une porte en fond. Sur le mur au fond à droite, une armoire secrétaire. Dans la seconde partie de la pièce, une table et trois chaises. ACTE 1 Scène 1 Personnages : Stanislas et Agnès Agnès (surprise) Je ne comprends pas pourquoi tu es si pressé de partir ! Stanislas Je ne veux pas rencontrer Marguillon. Agnès Qui est ce Marguillon dont tu parles si souvent ? Stanislas C’est un tapeur. Agnès Tu veux dire qu’il veut te taper ? C’est incroyable, ça ! Stanislas N’est-ce pas ! Agnès Et de combien voudrait-il te taper ? Stanislas De deux cent mille euros. Agnès Rien que ça ! Tu veux dire qu’il voudrait que tu lui donnes deux cent mille euros ? Stanislas Oui, tu as bien entendu. Agnès Les gens sont incroyables. Ils vous connaissent à peine et tout de suite vous réclament de l’argent. Stanislas Tu as dit le mot, Agnès, les gens sont incroyables. Agnès On voit qu’il ne te connaît pas, ton Marguillon. Stanislas Pourquoi dis-tu ça ? Agnès Parce que pour te soutirer quelque chose, il faut se lever de bonne heure ! Stanislas Tu veux dire que je suis pingre ? Agnès Non, mais tu ne les attaches pas avec des saucisses. Quand j’ai besoin de deux mille euros, il faut que je prenne mon élan. Lui, il vient tout bonnement te demander cent fois plus et aurait la prétention de faire le siège de la maison. C’est incroyable ! Stanislas Tu l’as déjà dit. Agnès Qu’ai-je déjà dit ? Stanislas Que c’était incroyable. Agnès Je suis prête à le redire ! Stanislas Non, arrête-toi là. Agnès Mais dis-moi, pourquoi pars-tu, puisque je connais ton courage proverbial qui veut que dans ces sortes de demandes, tu prennes ton air granitique pour dire « NON » ? Stanislas Parce que je ne veux pas le froisser ! Agnès Sers-lui la même fable qu’à moi ! Stanislas Quelle fable ? Agnès Celle que tu me débites à chaque fois, en prenant ton air le plus malheureux possible. Stanislas C’est que je suis vraiment malheureux de ne pas toujours te donner ce que tu me demandes. Agnès C’est pour cela que tu ne me donnes que le quart de ce dont je te dis avoir besoin ! Stanislas Comment le quart ! Agnès Oui, quand j’ai besoin de cinq cents euros, je t’en demande deux mille. Ainsi, je suis sûre d’obtenir ce que je recherche. Stanislas (ironique) Ce qui prouve que je te connais bien et que je sais quels sont tes besoins. Cependant je note au passage que chaque fois que tu me demandes de l’argent, tu tentes de m’escroquer. Agnès D’abord, mon ami, tu apprendras qu’entre mari et femme il n’y a pas de vol ! Stanislas C’est vrai, mais comme nous ne sommes pas mariés alors ! Agnès Parle pour toi, moi je me sens très mariée avec toi. Si ce n’est pas ton cas, c’est que tu es moins avancé que moi, dans la chose. Et donc : pas de vol ! Stanislas Oui, tu abuses de ma faiblesse ? Agnès Non, c’est toi qui abuses de ta force. Mais revenons à ton Marguillon. Pourquoi ne lui dis-tu pas en face, comme tu sais si bien le faire, que tu refuses de te faire taper ainsi ? Stanislas Parce que je ne le peux pas ! Agnès Pourquoi ne le pourrais-tu pas ? Stanislas Parce qu’il le prendrait mal ! Agnès Il est si costaud que ça ? Stanislas Pas du tout, c’est un gringalet. Agnès Alors tu n’as aucune raison d’avoir peur de lui ! Stanislas Si, parce que j’ai besoin de lui ! Agnès Résumons nous, il vient te taper et tu as besoin de lui, c’est bien ça ? Stanislas Pas tout à fait ! Agnès Je ne comprends pas ! Stanislas Je vais t’expliquer : il y a six mois, je suis allé voir Jean-Christophe pour monter une affaire en Asie. J’avais oublié que je lui avais déjà fait le coup. Il a pris ma proposition en rigolant et m’a dit : – Ecoute Marcel Agnès Qui est Marcel ? Stanislas C’est moi ! Agnès Pourquoi t’appelle-t-il Marcel ? Stanislas Parce que c’est mon prénom ! Agnès Comment, tu ne t’appelles pas Stanislas ?
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