Primitiv - Protection - Page 1 - Michel Souris Primitiv – Protection Tome 1 Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 5 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1047-4 Dépôt légal : Mai 2009 © Michel Souris L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 6 A mon père…. Lui qui savait si bien nous dire… « Tous les hommes sont nos frères ». Derniers mots que j’ai entendus de son vivant. 9 New York City – Nuit de Noël En ce mois de décembre, les rues de New York City sont un peu désertes, car un vent du nord soufflant assez fort amène avec lui un froid vif et piquant ; temps de saison penseront certains. Un homme, les mains dans les poches, comme si ce qui se passe autour de lui semble ne pas le concerner, rentre dans un magasin de « Presse & Tabac », dédaignant tabac et autres articles, plutôt aguichants, tels les différentes billetteries des jeux de la chance, fixe son regard sur les quotidiens. Comme il en a l’habitude il achète le « New York Times », puis comme il en a toujours l’habitude il parcourt en diagonale la première page, la « Une » comme disent les habitués. En parcourant les titres son attention est plus attirée par le mot « France ». Pour les américains la France c’est loin et puis c’est un petit pays à l’extrême ouest de l’Europe ; la terre des ancêtres de la plupart des habitants des USA. Quoique, avec les phénomènes de migrations tout azimut, est-ce vraiment toujours le cas à notre époque ! Enfin notre promeneur, John Willer, qui est plus un homme qui vient de son travail, qu’un touriste ou autre oisif, vient de quitter son uniforme de la police maritime pour endosser une tenue plus quelconque et permettant de se fondre dans la foule, même s’il n’y en a guère. Si le mot « France » a figé son regard, c’est qu’à une époque, pas très lointaine, rien que l’évocation du nom de ce pays lui faisait se hérisser les poils. La raison en était double, mais elle demeure toujours en lui surtout pour un point. Sa femme l’avait quitté pour suivre en France, par idéologie politique, un « enragé » politique, elle y avait cru et elle y croit encore. Mais ce qui lui fend toujours le cœur, c’est que sa fille, Alexandra, avait suivi sa femme… Et ça… Cela lui manque toujours, il n’a jamais pu s’en remettre. Pense-t-il à tout cela, alors que le journal plié dans sa poche il rejoint sa voiture pour se rendre à Ridgewood où il demeure. A quelques jours de 11 Noël il prend une semaine de congés, il doit d’ailleurs passer cette nuit-là au domicile d’amis demeurant à New York City ; ceci avec sa compagne Jennyfer. New York City, en cette fin d’année la ville est toujours animée, comme à l’habitude, quelque soit l’heure du jour ou de la nuit. Qu’ils s’agissent des tours buildings, des autres immeubles, sur les rues et routes, tout ici n’est qu’effet lumineux. Les lumières des appartements qui s’allument ou s’éteignent au gré des occupations de leurs habitants, les lumières des enseignes clignotantes, les traînées de lumières sur les rues et routes. Mais aussi ces beaux reflets de couleur dans ces grandes étendues d’eau ; que ce soit entre Manhattan, Brooklyn ou Staten Island. Dans quelques heures dans cette métropole, une des plus célèbres du monde, plus par sa renommée que par son antiquité, il sera minuit. Les enfants iront se coucher avec beaucoup de rêves en tête…. Cet homme en rouge, sur un traîneau tiré par des cerfs, qui viendra leur apporter ces présents de Noël qui nous ont tous enchanté dans notre enfance. Dans un appartement encore plein de vie, une famille est toute joyeuse à l’idée de la surprise a été préparé par chacun d’entre eux pour les uns et les autres. – John tu sors ton briquet pour illuminer le sapin. – Tu ne te souviens pas, réplique celui-ci. Cette année j’ai installé une guirlande électrique. Je ne veux pas recommencer comme l’an passé en ayant manqué de mettre le feu à la tour. John est avec sa compagne, leurs amis de N.Y.C et des voisins de l’immeuble ; ils sont tous autour de la table, en fait trois couples. L’arbre de Noël est allumé alors que le repas du réveillon commence, il est 23 h 00. Alors que brillent les lumières de l’arbre, avec sa toute petite crèche à son pied, la lumière de l’ordinateur allumé perce à sa manière le noir de la pièce, avec au dehors ces quelques lueurs qui scintillent dans la nuit. Alors que chacun sirote son verre, un « Bip » résonne, un mail arrive sur l’ordinateur de l’ami de John… Après les congratulations que l’on peut se faire avant le repas, surtout celui de Noël, c’est ce signal des temps modernes, quoique relativement, qui sort chacun de ses pensées. Bien que chacun soit habitué à ce moyen de communication, on est toujours inquiet, de coups frappés à la porte, du téléphone qui sonne, donc de ce « Bip » ; mais en cette sainte nuit, comme diraient certains, ce ne peut être que bon. Le locataire de l’appartement va ouvrir la messagerie, il peut découvrir que l’expéditeur est Alexandra… 12 – John c’est pour toi. Je vois que tu avais averti ta famille que tu aurais levé le pied ce soir, annonce l’homme à son ami. John se dirige vers l’ordinateur, bien sûr qu’il avait déjà pensé que sa fille lui aurait expédié un message sur son téléphone, mais elle a préféré la messagerie électronique. Aussi il peut lire à l’écran. – Papa je te souhaite une bonne nuit de Noël. J’ai un petit cadeau pour toi je te l’ai posté avant cette nuit. Je crois que la poste française qui est bonne te l’apportera dans la fin de la semaine. Avec maman et Karl nous venons de voir nos cadeaux. Je suis contente j’ai eu un ordinateur portable avec des logiciels de jeux…. T’en fais pas il y en a aussi un pour travailler mes langues. Je t’aime, mais ce serait bien si on pouvait se voir. John s’empresse de tapoter à son tour sur les touches. Quoiqu’il sache bien qu’il y ait 6 heures de décalage entre Paris et New York City. – Je commence à guetter le facteur du haut de mon 12ième étage et je saute dès que je le vois avec un gros colis, gros comme je t’aime. J’ai bien pensé à toi, tu le verras rapidement. Quand je suis sur la mer j’ai bien envie de faire bloquer le gouvernail droit sur l’Est… enfin sur la France. Ton papa qui t’aimes autant qu’autrefois sinon plus, bonne nuit. Entre ces amis, enfin plus amitié de voisinage qu’amitié profonde, le repas s’éternise, sur fond de discussions, puis sur la vision de déballage de cadeaux et de flashs qui crépitent. La compagne de John, Jennyfer, pense-t-elle qu’un jour elle pourra se marier avec celui-ci, avoir un ou des enfants ; ce qui est un autre problème ! Il n’est pas chaud de ce projet, ils en ont souvent parlé, mais si son ex femme, Veronika, fait parie de son passé, il n’en est pas de même de sa fille qui vit en France en banlieue parisienne. L’absence de sa fille il n’a jamais pu la digérer, aussi cela le bloque sur toute autre décision d’orientation dans sa vie. Pense-t-il à cette attente permanente de Jennyfer, en cette nuit de Noël, ou bien à son rôle de père qu’il ne peut pas exercer comme il l’aurait voulu ! Pense-t-il que le travail de sa compagne qui la promène de Godwin avenue, son domicile, à West Ridgewood avenue, adresse de la banque où elle travaille, lui donne tout ce qu’elle attend de la vie ! En est-il la même chose de ses activités physiques, voire son footing hebdomadaire à Graydon park ! En cette nuit de Noël, John est certainement loin de ses états d’âme de sa compagne, mais elle, elle est certainement en plein dedans ; surtout en cette nuit de la nativité. Alors que des chants se font entendre cet appartement finit, dans la nuit New-Yorkaise, à se confondre avec tous les milliers d’autres. Car des John et bien d’autres personnes en fête, il y en a une multitude en cette nuit. 13 * * * Etat de New York. Ce 15 janvier, une vedette de la police maritime patrouille au large des côtes Est des Etats-Unis. Dans leurs missions ils peuvent compter sur l’assistance des « US Coast Guard », ces derniers sont assistés dans leur mission par des vedettes « Robo’ Coast ». A bord l’équipage, cinq hommes et le pilote. Il fait beau, pilotage automatique et c’est un peu le farniente, voire la routine pour ces hommes pourtant aguerris mais toujours inquiet de ce qui peut leur tomber du ciel sur la tête comme disaient les français… nos ancêtres les gaulois avaient peur que le ciel leur tombe sur la tête. John, alors que la vedette est dans l’axe, comme filant droit dessus, de la « Mémory statue », sirote sa bière en regardant au revers d’un médaillon à son cou, le visage d’une petite fille ; c’est Alexandra sa fille. John est ancien des Services spéciaux (Autrefois C.I.A) mais par amour de la navigation il avait opté pour la police maritime. Sur cette vedette de surveillance, l’équipage est toujours constitué de la même équipe, sauf changement pour maladies vacances ou autre motif. Ainsi le pilote, Jef, fier descendant d’un héros de la guerre de sécession, n’a pas l’intention de percuter la statue, aussi il manœuvre la barre pour remonter vers le nord longeant la ville de New York City. Jef a l’œil amer et sa bouche se met de travers… – Baf…, prononce-t-il avec son accent qui indique bien ses origines. Un des anciens de l’équipe. – Jef… Tu es nouveau… cela te passera. Il est vrai que la vue de cette statue déchiquetée à mi-hauteur, m’a aussi pour ma part, pendant longtemps noué les tripes et serré la gorge… Sur cette grande étendue d’eau, il y a des navires, vedettes et autres embarcations, mais malgré le modernisme et l’industrialisation à outrance il y a encore la nature et cela est bon pour tous et non seulement l’écosystème. Ainsi ces mouettes, entre autres oiseaux, apportent un peu la détente à beaucoup, mais les hommes de la police maritime en bénéficient journellement, même si souvent cela fait partie de leur environnement ; le vol de ces volatiles s’accompagnant régulièrement de cris stridents, ce qui change des sirènes des navires et autres moyens de navigation. En parfait pilote et n’ayant pas toujours le regard sur ce « Monument…. » il navigue très bien au milieu d’une grande quantité de navires et embarcations divers ; quoique une zone proche de la côte, interdite à toute navigation leur soit totalement réservée à eux et à tous les 14 services de sécurité. Le pilote automatique n’est jamais branché dans cette zone, il y a de toutes façons trop de circulation maritime et d’imprévu, qui, faute d’arriver du ciel, viennent sur les vagues et pas toujours doucement. Leur bateau « N.Y – 213 – Little rapid » va rarement en haute mer, sauf pour des missions spécifiques ou en cas d’alerte générale, sécurité de l’état ou assistance à personnes en danger. Il est 12 h 30, l’heure de la relève approche, l’agent chargé du rapport inscrit celui-ci sur le carnet de bord, dont la copie s’inscrit automatiquement par la communication électronique « Internet » au Poste de Commandement de la Sécurité des eaux territoriales de la zone de New York City. Ainsi, fait rare, pour cette journée du 15 janvier, à noter aussi que c’est une très belle journée, il n’y a rien à signaler. Aussi le secrétaire de service averti son chef Jef… – Chef le rapport est transmis et je viens de recevoir l’avis de réception. – Ok…. « C’est bien l’indien » répond le chef, qui s’empresse aussitôt d’avertir son équipage que la débauche et le retour au foyer ne seraient peut-être pas à l’heure habituelle car un voyant rouge sur le tableau signale une anomalie au moteur. Dans ce cas, la procédure est bien définie, l’agent – qualifié en mécanique – intervient et selon le constat la vedette est acheminée, si possible, directement aux Services techniques de la police maritime ou bien il est fait appel à un bateau dépanneur. L’agent mécanicien, appelé à la radio de bord, intervient. Se présente un grand gaillard, trop grand pour s’introduire dans le caisson moteur… mais c’est curieux qu’il arrive bien à s’y introduire malgré tout. C’est ainsi que Bill, puisque c’est son prénom après investigation, détecte la panne et il répare celle-ci. Le voyant rouge du tableau de bord de « N.Y – 213 – Little rapid » s’est alors éteint. Mais cette avarie, et le temps de la réparation ont fait que le bateau de la police ne sera pas à l’heure à son port et que l’équipe de remplacement devra attendre. Au cœur de la rade de New York City se trouve le poste de surveillance de la police maritime. Un des agents de permanence à la surveillance du port voit arriver la vedette, avec à son bord… Bill, Jeff, l’indien, John, Andrew et Donald. John pense certainement à sa fille Alexandra, celle-ci, de France, lui aura peut-être expédié un mail électronique. Alexandra est avec sa mère Véronika, celle-ci a refait sa vie avec Karl Parosky, un homme qui occupe un poste important dans le gouvernement français. Mais en fait leur port d’attache se situe dans la zone de la « Naval Air station » au sud ouest de l’aéroport J.F.K. 15 Arrivée dans le port et à quai, la vedette est amarrée provisoirement dans l’attente de l’équipe de remplacement, mais toujours sous surveillance rapprochée depuis les mauvais souvenirs des décennies passées. Les agents de la police maritime, comme dans beaucoup d’autres professions, mais surtout celle-ci, passent toujours au vestiaire avant de regagner leur vie civile, gardant sur eux leurs armes de services. C’est ainsi que, une fois le déguisement enlevée, chacun part à ses occupations, voire le farniente, mais aussi à ses préoccupations routinières ; parfois hard. Bill le mécano demeure près de « Liberty Tower » La tour de la liberté qui nous rappelle que nos ancêtres ont subi à cet endroit une terrible catastrophe ; en fait deux tours ont été reconstruites, avec un square les séparant. Reconstruction à partir du point, dénommé, en ces temps terribles, « Ground zéro ». Il vit là avec son chat comme seul compagnon ; étonnant ce couple… un géant avec un petit, mais des fois l’amitié ne se mesure pas à la différence de grandeur. Quant à Jeff, avec son épouse Suzy, ils ont un appartement au 35ième étage dans la 154ième rue épouse de Jeff. Pour ce qui est de « l’indien » surnommé ainsi car son prénom étant John, pour éviter toute confusion a été baptisé ainsi car il montre à tous ceux qui viennent chez lui un scalp qu’il prétend être celui d’un indien, enchérissant à qui veut bien l’entendre que c’est un lointain ancêtre qui l’aurait lui-même récupéré dans les années 1880. Pourtant on nous avait appris dans nos livres d’histoires que c’était les indiens qui scalpaient… enfin les uns ont copié les autres. L’indien, donc, habite à Madison, à l’est de New York City. Il est veinard car il possède une belle petite maison, très à l’américaine, région oblige. John a un pavillon à la sortie de New York City à Ridgewood après White Plains, en partant dans les terres, en fait il demeure en milieu rural. Les deux derniers, mais seulement dans le liste mais pas en qualité, Andrew et Donald, sont comme des frères car leurs ancêtres on une histoire commune ; voire qu’ils demeurent aussi côte à côte dans petite rue située près de l’église St Patrick…. Ainsi leurs ancêtres en 1944 s’étaient retrouvés dans un camp de concentration d’une Allemagne nazie à cette époque. Ils avaient tenté la belle à l’époque et l’avaient réussie. Comme ils le racontent si bien à leurs compagnons… surtout Andrew. « Depuis l’année 44 ils ont seriné à leurs enfants de faire le récit de leur évasion, ceci de génération en génération pour ne pas que leur combat et leur rocambolesque évasion tombe dans l’oubli… » Qui continue… « Seriné au point d’en avoir les oreilles rabattus, mais cela a marché car je continue à raconter leur histoire… » En civil, John, qui a terminé ses huit heures de service, prend la direction de son domicile qu’il doit regagner avec son véhicule personnel. 16 20 février – Océan atlantique Le paquebot « Cordouan » de ligne de la « Ouest liaison océanique » navigue sur une mer d’huile. Nous sommes sur l’océan Atlantique nord. Pour un mois de février qui s’en plaindrait. Sur le pont supérieur les passagers bien couverts profitent de ce calme, alors que le navire de cette compagnie française les emmène vers leur destination américaine. C’est toujours agréable ces traversées, quelque soit l’époque il y a toujours quelque chose à faire, à voir, même se prélasser ; malgré que le farniente au soleil ne soit pas du même style, ainsi c’est plutôt transat, fauteuil, piscine et jumelles. Alors qu’en hiver il y a toujours les jumelles pour affiner le plaisir des yeux, pour d’autres, voire les plus frileux il y a des activités très variées et autant agréables dans les structures intérieures de ce beau moyen de navigation de la « O-L-O ». Comme le font souvent remarquer les femmes en couple au Commandant de bord. « Au moins sur le pont nous avons nos hommes à l’œil, tandis qu’ils se découvrent une âme de navigateur ; alors que dans les étages inférieures, quand ils ne passent pas des heures à jouer au Bridge, ils sont dans l’eau ou au bord d’une splendide piscine, lorgnant sans gène sur de non moins superbes Naïades ». Parti de France, en fait du grand port français du Havre, il faut bien cinq à sept jours à ce transatlantique pour effectuer la traversée. Ce temps est considéré en filant droit sur une grande cité américaine de la côte Est ; mais le trajet de ce paquebot est un parcours de croisière, en effet sa destination finale est Houston, mais en passant par Charleston, Vera Cruz et autres lieux. Bien sûr ce paquebot, bien qu’il ait fière allure, devra filer bon train, trente cinq ou quarante nœuds qui sera certainement sa vitesse de croisière. Faire ce trajet en avion n’apporte pas cet attrait de la croisière maritime, le trajet serait fait, certes, en sept heures environ, mais la sécurité n’est pas la même. Bien que les accidents, attentats soient cycliques, il vaut mieux ne pas rentrer dans les statistiques de ces dramatiques événements cycliques. 17
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