Hannah - Page 1 - test Jean-Raphaël Mickaël Berreby Hannah La mort vaincue Edilivre – Éditions APARIS 3 Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20 rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2008 ISBN : 978-2-35607-271-9 Dépôt légal : Février 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle, réservés pour tous pays. 4 Réalisation couverture : dotlia.com Images : © Oleg Tarasov, Len Green, Fiona Mark – Fotolia.com 5 Hannah Bronstein s’en ira dans une semaine se marier avec Yoram Rosenfeld. Le Hathane 1 conduira la Kalla 2 sous la Houpa, le dais nuptial. Ils seront couverts d’un même Tallith, et Yoram dira à Hannah : « Notre sœur, puisses-tu devenir des milliers de myriades… » C’est en araméen que le rabbin Eliézer a rédigé la Kethouba que signeront les deux époux. Le Hazzane chantera les « Chéva Berakhoth », les sept bénédictions… A la fin de la cérémonie, le marié brisera un verre pour commémorer le souvenir amer de la destruction du sanctuaire de Jérusalem. La foi et les rites ancestraux subsistaient, même si la plupart d’entre nous étaient irréligieux et Hathane 1 : le marié Kalla 2 : la mariée 7 ignorants. C’est d’ailleurs sans doute ce qui nous caractérise, un curieux mélange d’ignorance et de ferveur, une nostalgie de l’essentiel, une volonté de s’accrocher à des valeurs indélébiles. Le père de Yoram, Monsieur Rosenfeld, tenait beaucoup à ce que la tradition soit respectée. Quand je lui demandais ce qu’était la tradition, il souriait et répondait que c’est une dame exigeante qui s’adapte au climat sans jamais céder à la facilité. – Ce que nous ont transmis nos pères ! s’écriait-il. Ces petites choses qui vous grandissent et vous empêchent de sombrer dans l’accoutumance du vide. Il n’était jamais parvenu à me répondre, et je ne lui en voulais pas. Mais j’admirais sa ténacité à faire faire aux autres ce qu’il ne pratiquait pas lui-même. En ce grand jour, la tradition serait respectée. La famille Bronstein ne s’en offusquait pas. C’était notre manière de faire vivre le passé, et de ne pas trop vite basculer dans l’oubli. Nous avions de l’oubli une hantise. La mémoire était notre arme pour combattre l’adversité. Il fallait la cultiver, en retirer le meilleur, apprendre à tirer du passé la leçon d’un destin unique. N’étions-nous pas tous d’anciens exilés de retour sur notre terre ? Qui n’avait pas perdu l’un des siens dans la 8
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