Tranches de vie d'un hamster... - Page 1 - test Marie BASCOU Tranches de vie d’un hamster, suivies d’autres commentaires. Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 3 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-16278 Dépôt légal : Octobre 2009 Marie Bascou. L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. Chapitre I. - La porte de ma cage dorée bientôt va se refermer. Et c’est là que je finirai ma vie, comme d’autres hamsters l’ont finie … Ben quoi ? Vous z’avez jamais entendu le blues du hamster ? Nous aussi, ça nous arrive d’avoir le cafard. Vous n’avez pas le monopole de la déprime, vous les humains. Pourquoi j’ai l’ cafard ? Qui ça intéresse d’abord, un hamster qui a le bourdon, hein ? Qui ? Vous ? C’est vrai ? Ah bon ? Ben faut pas s’énerver, hein … J’ vais vous l’ dire. Mais, j’ vous préviens, ça risque d’être un peu longuet comme histoire, surtout que j’ai une fâcheuse 7 tendance à me perdre dans les détails. Vous l’aurez voulu … Par quoi je commence ? Voyons voir … Oh ! Eh ! On se calme … Si vous croyez que c’est facile pour moi. Vous savez combien ça pèse un cerveau de hamster ? Vous savez combien les hamsters possèdent de neurones ? Non ? Ben moi non plus ! Mais, il n’empêche que c’est loin d’être évident de se souvenir de tout, comme ça d’un coup d’un seul. Déjà que j’arrive à parler votre langue. Comment ça, vous z’aviez même pas remarqué ? Mais vous pensiez tenir quoi dans les mains ? Un roman de Zola ? Si vous le prenez comme ça, je retourne dans ma chaussette. Oui, je dors dans une chaussette. Mais là n’est pas la question ! Bon … On fait la paix ? Vous allez enfin m’écouter sans m’interrompre ? Alors je reprends … 8 « Il était une fois un très joli hamster … » Ça commence plutôt bien, non ? Quoi ? Le côté « contes de fées » vous plaît pas ? J’aime bien moi, pourtant. Ok, ok, c’est vous les lecteurs après tout. « C’est l’histoire d’un hamster … » Quoi encore ? Moi, imiter Coluche ? N’importe quoi ! On ne va pas se fâcher pour si peu, ce qui compte c’est le fond. Reprenons. Alors voilà … Je suis née (en fait, je suis de sexe féminin, une hamsterette si vous préférez !) dans un centre de détention. Ne faites pas cette tête, ça existe aussi pour les animaux, les centres de détention. D’ailleurs, vous les humains vous y aller souvent pour venir nous voir et même parfois nous en sortir. Et nous vous en sommes reconnaissants, d’ailleurs ! Enfin, parfois … Mes parents ont été lâchement kidnappés dans un pays lointain, au climat rude, et 9 amenés dans le sud de la France, au centre de détention de Brignoles. Je n’ai jamais connu mon père. Ce que je sais de lui, c’est maman qui me l’a raconté. Elle non plus, elle ne le voit pas très souvent. De temps en temps, les gens du centre leur organisent un rendez-vous, pas très long et après ils lui enlèvent papa et l’enferment tout seul, dans une cellule plus petite que celle de maman. Pensez donc, ils n’ont même pas le temps de se retrouver autour d’un verre de graines « spécial hamster ». Je ne connais pas non plus mes frères. En fait, les gens du centre n’acceptent que mes sœurs et moi dans la cellule de maman. On était quand même heureuses. Mes sœurs et moi, on jouait beaucoup ensemble. Et ce qu’on préférait, c’est quand maman nous racontait des histoires de son pays : la Russie. Oui je sais, on ne dit plus « Russie » aujourd’hui. On fait quoi là ? Un cours de géographie ? Ou on fait semblant d’être captivés par ma vie ? Je 10 reprends. Un jour, j’ai demandé à maman pourquoi on était aussi petites et sans queues. Et là, mes rêves se sont écroulés. De temps à autre, par la vitre de la cellule, je voyais d’autres détenus et j’espérais leur ressembler. Certains avaient de longues queues agiles dont ils se servaient pour s’accrocher. D’autres avaient un corps parfait, mince, élancé et musclé. Moi, j’attendais que la puberté finisse (oui, on connaît ça aussi : les complexes, les doutes, l’acné …) et me transforme en bombe. Alors, imaginezvous le choc que ça a été pour moi : j’étais naine. Et en plus, je n’aurai jamais une longue queue. Et vous savez pourquoi ? Oui ? Vous le savez vous ? Je croyais vous apprendre quelque chose, tant pis. C’est pas grave. Ben oui, j’aurai jamais ni de queue interminable, ni de corps sublimement sculpté parce que … parce que … je fais partie de la race des hamsters nains. Russe, ça c’est cool, c’est exotique, mais naine ! 11 Maman a bien essayé de me consoler, c’est animal. Mais moi, je me trouvais moche. Franchement, vous m’avez vue ? On dirait une boule de gras avec des poils. Il y a bien cette ligne noire qui court sur mon dos et que je trouve assez seyante … mais, soyons réalistes : naine et grosse, c’est pas le top pour trouver quelqu’un qui vous aime et vous câline. Et en plus, c’est pas fini : je suis handicapée aussi. J’ai une patte arrière toute tordue. Maman m’a dit que ça arrivait parfois quand la naissance se passait mal. J’ai bien regardé les pattes de toutes mes sœurs et elles sont parfaitement droites. Pourquoi moi ? Maman m’a dit que c’est ça qui faisait que j’étais une petite hamsterette vraiment spéciale. Elle m’a dit aussi que grâce à ça, un jour, quelqu’un m’aimerait encore plus que si j’avais une patte normale. Tu parles ! C’est ma maman : c’est animal qu’elle me dise des trucs pareils. Vous me diriez quoi, vous, à sa place ? Ben voilà … rien ! Enfin … j’ suis 12 pas là pour pleurer son mon sort. Donc ma vie suivait son cours entre les jeux (avec mes sœurs on s’entraînait à la course dans une grande roue), les repas servis à heures fixes, les siestes (ben oui, pour récupérer de l’entraînement : faut suivre un peu quand même, faites un petit effort !) et les visites que les humains nous faisaient … C’est pas très exaltant comme vie, mais bon, y’a pire. Chapitre II. 13 Et puis un jour, alors que je dormais paisiblement dans ma paille, la grille de la cellule s’est ouverte et j’ai été saisie (même pas délicatement, en plus !) par un gardien. Il m’a ensuite présentée à une demoiselle. Il aurait au moins pu attendre que je fasse un brin de toilette. Déjà que je ne suis pas très jolie … j’ai une de ces têtes au réveil. Il m’arrive même de me faire peur toute seule, certains matins, en voyant mon reflet dans la vitre. Ça commençait bien … J’ai ouvert un peu plus grands mes yeux et j’ai vu que le visage de la demoiselle en question s’approchait, s’approchait, s’approchait … de plus en plus. Au secours ! Elle allait me gober. J’étais trop jeune pour mourir. Et puis, non ! Elle a tendu un doigt vers mon dos et m’a caressée. Et là … Son visage s’est illuminé d’un sourire et elle a demandé au gardien si je pouvais aller dans sa main. Il a accepté. Vous voulez que je vous dise ? Je n’ai 14
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