L'envers du Jour J, 6 juin 1944, la face cachée du débarquement - Page 1 - test Daniel PIERREJEAN L’envers du jour J La face cachée du Débarquement 6 juin 1944 Préface du général d’armée Jean Simon Grand Chancelier de l’ordre de la Libération Éditions ÉDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2009 www.edilivre.com Édilivre Éditions APARIS Collection Coup de cœur 56, rue de Londres, 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 - Fax : 01 53 04 90 76 - mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-35335-116-9 Dépôt légal : Octobre 2007 © Édilivre Éditions APARIS, 2009 À la mémoire de Charles de Gaulle pour sa foi en la France, En hommage au général Eisenhower, À tous les Compagnons de la Libération. Du même auteur • Philippe Séguin. Une certaine idée de la politique, Éditions les Presses de la Cité, Paris, 1998. • EDF, Tempêtes et solidarité, Éditions Albin Michel, Paris, 2000. • Les conflits du travail et la Médiation, à l’Institut de Recherche économique et sociale, Paris, 2003. • Le Jour de la Victoire, aux Éditions Edilivre, Paris, 2006. • Mourir à Soweto, aux Editions Edilivre, Paris, 2007. • Bernard Kouchner. Du Biafra au Kosovo, aux Éditions Edilivre, Paris 2007. Table des matières Préface......................................................................... 13 Remerciements ............................................................ 21 Avant-propos............................................................... 23 1 UNE AMBASSADE AMERICAINE À VICHY .... 25 2 « LES SOI-DISANT FRANÇAIS LIBRES ».......... 37 3 UNE ÉTRANGE ÉCOLE EN VIRGINIE ............... 69 4 VEILLÉE D’ARMES POUR LES CIVIL AFFAIRS................................................. 89 5 « DE PRÉCIEUX DOCUMENTS » ........................ 97 6 UNE MONNAIE D’INVASION ............................. 123 7 LES ULTIMES NÉGOCIATIONS.......................... 129 8 ON L’APPELAIT IKE............................................. 143 9 EISENHOWER, GOUVERNEUR DE FRANCE ? 161 10 UN CERTAIN 14 JUIN… ..................................... 171 11 LE PREMIER COMMISSAIRE ............................186 11 LE PREMIER COMMISSAIRE ............................187 12 JOURNAL DE MARCHE......................................223 13 UN VOYAGE EN AMÉRIQUE ............................243 14 UN DÉBUT DE VICTOIRE… ..............................255 15 UN DÉBARQUEMENT EN PROVENCE .............269 16 DE GAULLE, L’INDÉSIRABLE ..........................283 17 CONQUÉRIR PARIS.............................................301 18 LE TERRITOIRE DU REICH ...............................331 19 LA RECONNAISSANCE, ENFIN ........................343 Chronologie .................................................................361 ANNEXES...................................................................367 Bibliographie ...............................................................393 Préface Le général de Gaulle devait déclarer en arrivant en GrandeBretagne le 17 juin 1940 : « Je sentis que c’était à moi d’assumer la France », et c’est cette volonté d’assumer la France qui a permis par la suite l’unité de la Résistance de Koenig et Leclerc à Jean Moulin et Brossolette. Le Général comparait par ailleurs la France « à une princesse lointaine, que la Providence avait créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires… La France n’est réellement elle-même qu’au premier rang… à mon sens la France ne peut-être la France sans la grandeur ». Mais cette vision poétique de la France ne l’empêchait pas de conduire pendant la guerre, vis-à-vis de nos alliés, une politique extrêmement réaliste pour maintenir le rang de la France et sauvegarder ses intérêts. Il faisait preuve de la plus grande intransigeance pour atteindre les buts qu’il s’était fixés, car il se trouvait en juin « si pauvre et démuni de tout qu’il ne pouvait céder sur rien ». L’année 1940 avait été dans l’histoire de la Nation française un moment à la fois tragique et magique. 13 Tragique par suite de la brutale et soudaine défaite des armées françaises, magique parce qu’une grande voix solitaire s’est élevée de Londres, pour remettre non seulement les Français dans la guerre, mais aussi la France. * * * Roosevelt-De Gaulle ; deux fortes personnalités qui n’ont pu s’entendre pendant ces longues et dures années de guerre. Le président américain, issu d’une famille bourgeoise et riche, intelligent, très sûr de lui, avait la volonté de gagner la guerre, sans tenir compte des opinions des autres. Parfois intolérant dans ses jugements, il partageait partiellement les vues hégémoniques de son secrétaire d’Etat Cordell Hull. Le général de Gaulle, issu d’une famille où l’amour de la Patrie constituait une ardente obligation, avait une croyance mythique en la France. Chef de guerre d’une volonté de fer, écrivain, penseur, il possédait une grande culture. Et ce fut une suite de conflits et de malentendus entre les deux hommes. Il y eut d’abord l’échec de l’expédition de Dakar, échec qui irrita profondément Roosevelt et qu’il imputa au manque de discrétion des Français. Il fut d’autant plus furieux qu’il avait adressé un message à Churchill : « D’accord pour l’expédition, mais réussissez. » Il y eut ensuite 1941, le ralliement de Saint-Pierre-etMiquelon par l’amiral Muselier et les « soi-disant Français libres ». Cette affaire déchaîna la fureur du secrétaire d’Etat Cordell Hull. 14 Le 9 novembre 1942 - Les États-Unis avaient maintenu jusqu’en 1942 une ambassade à Vichy avec à sa tête l’amiral Leahy, dont la mission était d’aider le maréchal Pétain à résister aux Allemands. À la suite du débarquement en Afrique du Nord, Roosevelt rompit les relations diplomatiques des USA avec le gouvernement de Philippe Pétain. Le général de Gaulle n’avait pas été informé des projets de débarquement en Afrique du Nord. À la suite des combats de Bir Hakeim où le général Koenig et la brigade des FFL avaient résisté onze jours aux furieux assauts des blindés de Rommel, les représentants de la France libre aux USA ne furent pas invités aux cérémonies de commémoration du Mémorial D. L’amiral Darlan fut nommé haut-commissaire et commandant en chef en Afrique du Nord. Roosevelt répondit au général de Gaulle et aux critiques dans l’opinion américaine qu’avait déclenchées cette nomination en citant un ancien proverbe des Balkans : « Il est permis en temps de grand danger de vous promener avec le diable jusqu’à ce que vous trouviez la passe. » Le 24 décembre 1942, Darlan fut assassiné et le général Giraud se vit confier le pouvoir civil et militaire. Lors de la conférence d’Anfa, Roosevelt désirait la paix, mais il voulait que ce soit une paix américaine. Le 6 juin 1944, alors que les Forces alliées se préparaient à débarquer en Normandie, Roosevelt se refusait toujours à reconnaître le Gouvernement provisoire de la République française qui, à ses yeux, n’était pas légitime. En s’appuyant sur le droit international, les armées américaines et anglaises avaient implanté un plan AMGOT (Allied 15 Military Government of Occupied Territories ou Gouvernement militaire allié des territoires occupés) en Sicile et en Italie. Elles avaient l’intention d’en faire de même en France. Les officiers administrateurs de l’AMGOT, les Civil Affairs alliés, avaient pour mission d’organiser en France une administration sous contrôle américain. Le général de Gaulle s’était opposé avec force aux projets du pouvoir politique américain. Il estimait que ce plan empiétait de façon inacceptable sur la souveraineté française. Il en était de même de la monnaie d’occupation créée par les Américains. Les officiers de l’AMGOT avaient essentiellement des missions politiques et administratives. Les Américains étaient convaincus que le général de Gaulle ne recueillerait pas les faveurs du peuple français, et son éviction ne devait pas entraîner de chaos politique et administratif. Quant au général de Gaulle, il avait déclaré : « En France c’est moi ou le chaos. » * * * La volonté du président Roosevelt était d’écarter le général de Gaulle, mais aussi de créer un nouvel ordre mondial. Quant au général Dwight Eisenhower, directement concerné par le plan AMGOT, il était essentiellement préoccupé par le bon déroulement des opérations. Il avait une lecture purement militaire du plan AMGOT, contrairement à celle de Roosevelt, qui était politique. L’AMGOT faisait, dès le 6 juin 1944, du général Eisenhower un gouverneur, un proconsul collaborant éventuellement avec les préfets de Vichy. 16
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