Le Coiffé - Page 1 - test www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1348-2 Dépôt légal : Juin 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Stéphane était tranquillement assis dans son canapé. Comme tous les soirs, depuis son arrivée, il regardait la télévision. Et comme tous les soirs, il était branché sur le même canal, celui qui lui permettait de voir ce qui se passait sur Terre et plus particulièrement la vie de sa famille. En effet, depuis sa mort dans un tragique accident de train, qui remontait maintenant à plus d’un an, Stéphane n’avait jamais raté un seul soir. Il aimait voir Manon, sa petite fille, faire ses devoirs ou jouer à la poupée. Il observait également Clémence, sa femme, lorsqu’elle faisait les tâches quotidienne ou qu’elle lisait tranquillement dans son lit. Il aimait les regarder longuement. Il voulait également profiter un maximum de ces instants, car il savait que dans quelques jours, il deviendrait un ange. Il en était très fier. C’était un véritable honneur pour lui, car rares étaient les âmes qui accédaient à cette fonction aussi rapidement. Mais, c’était également un déchirement. Il savait qu’il aurait aussi moins de temps pour suivre la vie de sa petite famille restée sur Terre. Trois jours auparavant, les Archanges en personne étaient venus le voir pour lui annoncer la nouvelle et 11 lui permettre de faire parvenir un dernier message à se femme et à Manon. Stéphane avait décidé d’apparaître en rêve à Clémence. Il lui avait renouvelé son amour pour elle et pour leur petite fille. Il lui avait donné de brèves nouvelles de lui et avait conseillé à Clémence de sortir un peu pour pouvoir rencontrer quelqu’un et ainsi refaire sa vie. Puis, il lui avait dit au revoir, tout en lui assurant qu’où qu’il soit, il veillerait toujours sur les deux amours de sa vie. Sur ces quelques mots, il avait quitté le rêve de sa femme. Aujourd’hui, il les regardait avec toute son intention, les yeux remplis d’amour pour elles, car il savait que très bientôt il n’aurait plus réellement l’occasion. Stéphane était plongé dans ses pensées, les yeux rivés sur l’écran de télévision. Il n’entendit pas que quelque un venait d’apparaître dans son dos, mais un vague reflet dans l’écran télé, le tira de sa rêverie. Il se retourna. « Mais, qu’est-ce que… » Stéphane ne put terminer sa phrase. Quelque chose venait de lui trancher la gorge et son sang s’écoulait déjà le long de sa poitrine. Il regarda, l’air hébété, la tache rouge qui s’agrandissait inexorablement sur sa chemise. Il voulut tendre la main vers son agresseur, mais on l’en empêcha en le repoussant violemment en arrière. Ce geste fit tomber le jeune homme de son divan. Une masse sombre fondit sur lui et le lacéra avec une brutalité presque animale. 12 Stéphane ne deviendra jamais un ange. Il venait de périr de ses multiples blessures et lacérations. Le meurtrier, une vague silhouette sombre dont le visage était recouvert d’un capuchon, se redressa et disparut aussitôt. * * * Jack se tenait allongé sur son lit. Il profitait de ce moment de calme pour faire le vide en lui et recharger ses batteries. Il était étendu sur le dos, les mains posées sur sa poitrine et sur son ventre et écoutait les ronflements de Gaspar, son compagnon à quatre pattes, qui terminait sa nuit sur l’un des canapés du salon. Depuis que le jeune homme était devenu un Êtrede-Lumière et qu’il avait réussi à anéantir la menace d’Aarkonte 1 lors de sa première mission, ses journées étaient devenues plus intenses en évènements, ou du moins en sport. En effet, bien qu’il n’ait pas de missions importantes, il ne cessait de s’entraîner avec ses cinq équipiers, afin d’être prêt pour la prochaine aventure. Jack était donc tranquillement sur son lit, lorsque les Archanges Gabriel, Michel et Raphaël firent leur apparition, accompagnés de Métatron, le formateur et protecteur de l’Être-de-Lumière. Cette apparition fit sursauter le jeune homme. Il se redressa sur les coudes. 1 Lire UN CIEL ROUGE. 13 « Que se passe-t-il ? demanda-t-il aussitôt, car l’arrivée impromptue des Archanges ne présageait rien de bon. – On a un problème, dit Gabriel. Réunis ton équipe et venez nous retrouver dans la Grande Salle. – Mais, que… » L’Être-de-Lumière n’eut pas le temps de terminer sa phrase, les trois Archanges et son formateur avaient déjà disparu. Jack sauta de son lit aussitôt. Il alla prendre une rapide douche et fonça dans le salon pour réveiller Gaspar. « Lève-toi ! lança-t-il au chien affalé sur le canapé. – Mmmmpff… – Lève-toi, j’te dis ! répéta le jeune homme en secouant l’animal dans tous les sens. Les Archanges et Métatron nous ont convoqués ! Il faut réunir tout le monde et y aller ! – Hein ? Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? questionna le chien 2 encore à moitié endormi. – Lève-toi ! » Gaspar sentit soudainement l’urgence de la situation, même s’il ne comprenait pas tout ce qui se passait. Il sauta du canapé, s’étira d’un coup et vint se planter devant l’Être-de-Lumière. « Bon ! Explique-moi ce qui se passe, dit-il. – J’en sais rien. Il faut prévenir les autres et filer au bâtiment administratif, les Archanges nous y attendent. Ça a l’air très urgent. » 2 Oui Gaspar est un chien qui parle. Beaucoup trouveraient ça super de savoir ce que son chien pense, mais Jack peut affirmer qu’il vaut mieux ne pas le savoir la plupart du temps ! 14 Jack cria le nom de ses cinq équipiers et attendit patiemment leur arrivée. Gwendal apparut le premier, suivit par Gyna et Lucrèce et enfin Adèle et Amédé. Les cinq Êtres-deLumière avaient les yeux encore remplis de sommeil, mais ils étaient tous là. « Qu’est-ce qui te prends ? demanda Gwendal. Pourquoi tu nous fais venir si tôt ? – Y’a un problème, il faut qu’on aille immédiatement voir les Archanges. » Jack prit Gaspar dans ses bras et disparut dans un nuage d’étoiles bleutées. Ses coéquipiers le suivirent aussitôt. * * * Les six Êtres-de-Lumière et Gaspar arrivèrent dans le hall du bâtiment administratif de Paradis, la capitale du pays portant le même nom. Bien qu’il fût encore très tôt, le bâtiment était déjà en pleine activité. A vrai dire, le bâtiment administratif était toujours très animé, que ce soit le jour ou la nuit. Jack posa le chien au sol et lança un regard tout autour de lui. Au centre du hall se trouvait un comptoir que l’on considérait comme l’accueil de l’administration, où deux hôtesses suspendues au téléphone, se trouvaient. Derrière les deux femmes était accrochée une immense carte représentant le Paradis dans sa totalité. Du hall, partait une multitude de couloirs qui formaient un vrai dédale dans lequel il était aisé de se perdre. 15 Le jeune homme se dirigea rapidement vers l’un de ces couloirs. Les autres le suivirent en silence. Ils longèrent plusieurs couloirs bondés de monde. Ils avaient un mal fou à se créer un chemin parmi toute cette foule. Après quelques minutes de marche en jouant des coudes pour passer, les six Êtres-de-Lumière se retrouvèrent devant une immense porte. Jack frappa deux brefs coups et entra sans attendre de réponse. Il pénétra dans la Grande Salle. C’était ici que les Archanges se réunissaient pour toutes leurs réunions ; ici que le jeune homme avait rencontré pour la première fois ses supérieurs et son formateur. Au centre de la pièce, se tenaient les Archanges. Ils se retournèrent à son entrée. Métatron vint à sa rencontre. « Jack ! On ne t’a jamais appris à frapper avant d’entrer ? – J’ai frappé ! Qu’est-ce qui se passe Maître ? demanda le jeune homme. – Nous avons un problème, intervint l’Archange Gabriel. Une âme est morte cette nuit et nous avons besoin de vous six pour… – Sept ! lança Gaspar en rectification. – Euh… oui ! Nous avons besoin de vous sept, rectifia l’archange en appuyant bien sur le mot pour faire plaisir au chien, pour résoudre cette enquête. – Cette enquête ? demanda Jack. – Oui, je crois que c’est ainsi que disent les vivants. Lorsqu’un crime est commis, ils ouvrent une enquête policière, répondit le supérieur. – Eh ! Attendez ! s’écria Jack en comprenant où il voulait en venir. Nous ne ressemblons pas à Maigret 16 ou à Sherlock Holmes. Nous sommes des Êtres-deLumière, pas des policiers. Vous n’avez pas d’anges qui ont cette fonction ? – Non, intervint l’Archange Michel, nous n’avons jamais eu affaire à des meurtres. La seule chose qu’on ait, c’est l’armée céleste… – Ben, c’est très bien ça ! le coupa Jack. Prenez quelques-uns de vos soldats et faites en des flics ! – Non ! le coupa sèchement l’Archange Raphaël. On a décidé que ce serait vous. » L’Être-de-Lumière regarda son supérieur. Il n’avait jamais entretenu de rapports très amicaux avec lui. Pour une raison qui lui était totalement inconnue, son supérieur l’avait pris en grippe depuis leur première rencontre. Pourtant, il pensait que cela c’était un peu arrangé depuis sa victoire sur l’ex futur Roi des Ténèbres… Apparemment, il se trompait. Jack décida de faire son mea-culpa et accepta la mission, même s’il savait que ce ne serait pas de tout repos. Il décida d’en savoir plus. « Bien… Comme je vois qu’on a le choix… On peut savoir ce qui s’est passé alors ? » L’Archange Michel leur demanda de les suivre. Les six Êtres-de-Lumière, Gaspar et Métatron suivirent l’Archange qui se dirigeait déjà vers la sortie du bâtiment administratif. « On y va pas en s’éclipsant ? demanda Amédé. – Non, ce n’est pas la peine, c’est juste à côté. On en a pour cinq minutes à pied. » En effet, à peine cinq minutes plus tard, ils se retrouvèrent tous devant un petit immeuble. Ils pénétrèrent dans le hall et gravirent une volée de marches qui menait au premier étage. 17 L’Archange Michel ouvrit la porte et pénétra dans l’appartement, suivit des autres. Les six Êtres-de-Lumière et Gaspar s’arrêtèrent net devant l’horreur de la scène. A leurs pieds se trouvait l’âme sans vie de Stéphane. Il avait été lacéré de partout. On aurait dit qu’une bête féroce s’était acharnée sur lui à grands coups de dents et de griffes acérées. Amédé et Jack eurent un haut le cœur, les filles cachèrent leurs visages dans leurs mains. « Voilà, fit Michel en désignant la dépouille de Stéphane. Il se prénommait Stéphane et il allait devenir un ange dans deux jours. On l’a retrouvé comme ça. Il a la gorge tranchée et de multiples lacérations… » Avant que l’Archange n’ait terminé sa phrase l’âme du jeune homme disparut en fumée. « Que s’est-il passé ? Où est-il passé ? demanda Jack. – Lorsque l’on tue l’âme de quelqu’un, ce dernier retourne dans le néant. Son cycle est achevé à présent. – Il ne sera plus jamais réincarné ? – Ni réincarné en vivant, ni réincarné en âme ou quoi que ce soit qui vive au Paradis, intervint Métatron. Stéphane n’est plus, il est redevenu du rien, du néant. » L’Être-de-Lumière resta plusieurs secondes à fixer la tache de sang sur le tapis. Il savait que même une fois mort on pouvait encore mourir, mais il pensait que c’était réservé aux Êtres-de-Lumière et aux anges de l’armée céleste. Enfin… à ceux qui luttent contre les légions démoniaques et autres viles créatures, car il savait qu’eux pouvaient avoir la capacité de les 18 tuer. Mais une simple âme de monsieur et madame tout le monde, ça, il ne l’avait jamais imaginé. Cette nouvelle information lui fit froid dans le dos. Si on n’était même plus en sûreté au Paradis… « Apparemment, la vie éternelle, c’est plus ce que c’était », pensa-t-il. Un frisson le traversa à cette simple pensée. « Euh… Bien…, commença Gwendal. Comment doit-on procéder ? – Trouvez qui est le coupable, fit Michel. – Vous êtes marrant vous, lança Jack, comment voulez-vous qu’on procède, on a à peine vu le corps. – Ouais, ben ça, c’est pas trop dérangeant, fit Gyna dont la couleur du visage tirait encore sur le vert. – Ce n’est pas un problème », répondit l’Archange. Ce dernier fit un geste de la main dans les airs et une image apparut en suspend. Elle représentait la scène du crime avant que le corps de Stéphane ne disparaisse. Un murmure d’écœurement se fit de nouveau entendre. « Ouaaaah ! fit Gwendal admiratif. On se croirait dans un film ! » L’Archange jeta un coup d’œil étonné à l’Être-deLumière et fit comme s’il n’avait pas entendu cette dernière remarque. Il expliqua succinctement la manière de faire apparaître l’image, remercia tout le monde et disparut dans un nuage d’étoiles bleues. Les six Êtres-de-Lumière, Gaspar et Métatron restèrent quelques instants silencieux à regarder l’image qui flottait dans les airs ou encore à faire le tour du salon. Puis Gaspar brisa le silence en premier : 19
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