L'intrigante au pseudo Petsi - Page 1 - Jean L’Hôte L’intrigante au pseudo « Petsi » Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2010 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-2556-0 Dépôt légal : Février 2010 © Edilivre Éditions APARIS, 2010 6 I – Alors, papy ! As-tu fini de l’écrire, cette fameuse histoire promise l’an passé ? Aujourd’hui, c’est encore mon anniversaire, j’ai quatorze ans. J’espère qu’il y aura encore autant de suspens, et surtout un peu plus de sexe… tu sais, c’est la mode maintenant, sinon ton roman ne sera pas lu, lance Léa, cette superbe jeune fille surdouée, en s’asseyant à côté de son papy. Il la regarde, l’embrasse, puis lui dit : – Bon anniversaire, ma chérie. Oui, je l’ai terminée, il ne me reste plus qu’à l’imprimer et à relier toutes les feuilles. Tiens, elle est sur l’écran, je te l’offrirai en cadeau. – C’est fort sympathique, je t’en remercie, mais j’espère que ce n’est pas le seul cadeau. D’habitude tu m’offres un présent pour ne pas me confier ton livre. Ce n’est pas parce que tu ne fais plus d’histoire pour me laisser lire tes écrits que je dois perdre les avantages acquis précédemment. – Oh, là ! Avantages acquis, dis-tu ? 9 – Oui, mais papy, si tu ne vis pas avec ton temps, tu ne pourras pas intéresser les jeunes de mon âge ! – Les jeunes de ton âge parlent déjà de cela ? – Oui, mais cela est une autre histoire. Je vais commencer la lecture, et naturellement, comme l’an passé, je suppose que tu n’accepteras toujours pas de me laisser commenter ton texte. – Ta mémoire ne te fait pas défaut, c’est exact, lis jusqu’au bout, et à la fin seulement tu seras autorisée à me confier tes appréciations. – Et la liberté d’expression, qu’en fais-tu ? Papy la regarde, sourit, l’embrasse, puis lui répond : – Je deviens moderne, je vis avec votre temps et je m’assois sur certaines règles de la société. 10 II Depuis quelques mois, Justin, un respectable jeune homme… de 70 ans se rend sur un site de poésie. Sous le pseudo Coqui, Justin publie ses poèmes et répond aux commentaires, puis il lit ceux d’autres auteurs et les commente à son tour. Sous le pseudo Petsi, une de ses lectrices assidues ne cesse de lui apporter des votes et des commentaires. Les jours passent. Les commentaires et les messages personnels (M.P.) entre eux se suivent. Justin apprend qu’elle et Jérôme, son mari, vivent dans une superbe villa au centre d’une grande ville au bord de la méditerranée. Jérôme est le directeur d’une très importante société d’intérim. Ils n’ont pas d’enfant, le sort ne l’a pas voulu. Jérôme est trop souvent absent de la maison, d’après son épouse, mais elle comprend fort bien que le travail soit un impératif et qu’il doit passer avant le plaisir. 11 Pour compenser ses absences auprès d’elle, il ne cesse de la combler de cadeaux et de bijoux. Afin qu’elle ne reste pas seule à s’ennuyer, il lui a même fait la surprise d’engager Eva, une dame de compagnie. C’est une jeune femme qui cherchait du travail. Il l’avait repérée à l’accueil, alors qu’elle attendait d’être reçue par le responsable des embauches, pour occuper un poste de femme de ménage. Son choix a été vite confirmé lorsqu’il a appris qu’elle vivait seule, qu’elle n’avait plus de parents, qu’elle accepterait d’habiter chez son employeur et qu’elle possédait le permis de conduire. Petsi l’a tout de suite acceptée. Elle est heureuse de l’avoir auprès d’elle. Elles s’entendent à merveille, ont presque le même âge, et se sont presque aussitôt tutoyées. Eva a même été autorisée à remplacer le « Monsieur » par « Jérôme ». Tous les travaux ménagers étant effectués par Eva, Petsi passe une grande partie de son temps sur Internet. Dès que cela est possible, elle initie sa compagne, qui devient de plus en plus douée pour la navigation sur la toile, mais qui, au grand désarroi de sa patronne, reste totalement nulle dans l’écriture de la poésie. Les liaisons journalières continuent à s’afficher mais cessent brutalement, un samedi, sans qu’aucune explication n’ait été donnée à Coqui, avant cet arrêt. Les relances, tant en M.P. que sur l’e-mail de Petsi restent vaines. 12 III Un mois plus tard, à sa grande surprise, dans un M.P., il découvre : Bonjour Coqui, Je viens m’excuser pour cette longue absence. Un grand malheur est tombé sur moi. Je suis malheureuse et complètement perdue. Je n’arrive pas à remonter la pente. Que me conseilles-tu de faire ? Petsi. Étonné par cette annonce, Justin lui répond aussitôt : Je comprends maintenant pourquoi je n’ai pu te lire depuis si longtemps. Je suis fort désolé pour ce qui t’est arrivé et je suis là, naturellement, pour t’aider moralement, mais tu ne m’as pas indiqué quel était ce grand malheur. La réponse ne tarde pas : 13 J’ai perdu Jérôme, mon mari, il a été assassiné dans notre villa. De plus, Eva est à l’hôpital dans un coma profond. Voici ce qui s’est passé : Pour la première fois depuis notre mariage, Jérôme était revenu un peu plus tôt avec l’intention de m’emmener au théâtre. Pour lui permettre de se reposer, je lui ai proposé d’aller chercher les billets. Il a accepté. J’ai donc pris la Mercédès et je me suis rendue au théâtre. En sortant, j’en ai profité pour faire quelques emplettes dans un supermarché voisin. Tout cela m’a demandé environ une heure, puis, je suis revenue. J’ai stationné la voiture au même endroit qu’auparavant, et je suis rentrée à la maison. En ouvrant la porte, dès le hall d’entrée, j’ai senti que quelque chose n’était pas normal. Je me suis précipitée vers le salon et, quel malheur, j’ai découvert mon Jérôme inerte, toujours assis sur le canapé devant la télévision, mais recouvert de sang. Je me suis précipitée vers lui, mais hélas, je n’ai rien pu faire, il était mort. Malgré mes pleurs, mes cris et la haine contre l’auteur de cet acte ignoble, après quelques instants, toute tremblante, j’ai réussi à saisir le téléphone et j’ai appelé les pompiers. Quelques minutes plus tard, ils sont arrivés, suivis par la police. Le médecin n’a pu que constater le décès, suite à trois coups de couteau reçus dans la poitrine. Un enquêteur a aussitôt commencé à m’interroger avec vigueur, comme si j’étais l’auteur de cet acte. 14 C’était du n’importe quoi ! Quel abruti ! Moi qui adorais mon mari, pourquoi l’aurais-je tué ? Puis, subitement, je me suis rendu compte que je n’avais pas vu Eva. Je lui en ai fait part et je me suis précipitée vers la cuisine. Cela en était trop, je me suis aussitôt évanouie en la voyant allongée sur le sol, inerte. Après quelques minutes, d’après le médecin, j’ai repris mes esprits, et celui-ci m’a annoncé qu’elle venait d’être emmenée à l’hôpital, vivante, mais dans le coma. Elle avait reçu un coup sur la tête, sans doute donné par le rouleau à tarte trouvé à proximité. Au sol, il ne restait plus que le tracé du contour de son corps. Me voyant revenue à moi, ce connard de flic a voulu continuer à m’interroger pendant que toute une équipe tournait dans la villa en prenant des photos, et en relevant des empreintes. Je l’ai envoyé balader en lui disant que je n’en avais rien à faire de ses questions, que cela ne me ramènerait pas mon Jérôme, puis, je me suis remise à pleurer. Il m’a pris la main, il est devenu plus calme, il a attendu que mes pleurs cessent, puis il m’a dit : – Je suis le lieutenant Bruno Dupont. Je viens d’arriver dans la région et je m’excuse d’avoir été un peu brutal avec vous. Je comprends que cela ne soit pas facile, mais pour que je puisse rechercher l’auteur de ces actes horribles, j’ai absolument besoin de quelques renseignements, le plus rapidement possible. 15 Vous devez le comprendre. – Oui, lieutenant, je vais essayer de faire de mon mieux. – Très bien. Alors dites-moi ce que vous savez. Je lui ai donc expliqué l’arrivée de mon mari, mon départ pour aller chercher les billets, mes courses, et mon retour puis, lorsque je suis arrivée à la découverte de mon mari, je me suis, de nouveau, mise à pleurer. Il a patiemment attendu que je me calme, pour me demander : – Cette dame, que nous venons d’emmener à l’hôpital, est-ce votre cuisinière ? – Oui, Eva est notre cuisinière, notre dame de compagnie et, bien que salariée, c’est une véritable amie à qui je fais des confidences et qui s’occupe de tout, ici. – Je vais avoir besoin de son identité, de celle de votre mari et de la vôtre, naturellement. – Mon mari doit avoir ses papiers dans son portefeuille, en général dans la poche intérieure gauche de sa veste. Ceux d’Eva doivent être dans sa chambre, je suppose, et les miens sont dans mon sac à main que j’ai posé en entrant, avec le sac de courses, sur la petite table. – C’est parfait, commençons par vous. Je suis allée jusqu’à la table, j’ai ouvert mon sac, sorti le portefeuille, j’ai extrait ma carte d’identité et je la lui ai confiée. 16
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