L'abeillon aux yeux rouges - Page 2 - test Claude AUBER L’abeillon aux yeux rouges Edilivre – Éditions APARIS 3 Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20 rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2007 ISBN : 978-2-917135-76-1 Dépôt légal : Juillet 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 Du même auteur : – La Case aux Grigris (Fondation littéraire Fleur de Lys) – Insolites 1 – Insolites 2 – Insolites 3 – Insolites 4 – DIEU et moi – Nouvelles. 5 « Ce qu’abeille veut, Dieu le veut ! » (Proverbe Apidé) 6 Ce livre est dédié à tous les enfants du monde avec une pensée toute particulière pour Charline et Anthony RIES. 7 Préface Noël était presque à portée de mains. Le soleil ce jour-là était boudeur ; sans doute en avait-il assez de voir les hommes enlaidir cette jolie planète bleue qu’il avait eu la bêtise de leur confier. Tout ça pour vous dire qu’il faisait un temps de cochon et que j’avais décidé de rester bien à l’abri dans mon antre. Bien sûr j’avais trouvé le prétexte idéal pour aller faire joujou avec mon ordinateur car je suis atteint d’une maladie très contagieuse appelée « Webtite galopante ». C’est durant cette journée que l’idée m’est venue d’entrer dans la cour des petits en leur racontant l’histoire de l’abeillon aux yeux rouges. Ne croyez surtout pas que c’est un conte à dormir debout car il faut vous l’avouer, c’est sa majesté Mistral en personne, le roi des Vents, qui me l’a… soufflé. 9 Où l’on fait connaissance avec la ruche numéro 17 Extérieurement rien ne distinguait cette ruche de ses voisines. C’était une vaste habitation classique en bois de hêtre qui abritait une famille nombreuse ; lors du dernier recensement, vieux de cinq jours, fait à la demande de la reine Mellifère II, on avait dénombré 47234 individus. Cette fratrie se composait de 43212 sœurs et de 4022 frères, sans compter la Reine-mère bien entendu. Comme dans toutes les autres ruches de la propriété, il y en avait 31, le mobilier était en bois : succinct mais fonctionnel. Mais la ressemblance s’arrêtait là car à l’intérieur on s’apercevait très vite que tout était différent et ce qui frappait surtout c’était sa modernité ; rendezvous compte il y avait même l’éclairage public depuis presque trois ans. Cela datait du temps de Mellifère I ; cette dernière, dont les yeux n’étaient plus de la première jeunesse, n’arrêtait pas de se 11 cogner dans tous les recoins de son palais ce qui lui occasionnait plaies et bosses. Un jour, excédée de cette situation, elle avait demandé un devis à « Beaunéon » le roi des lucioles, qui dirigeait une entreprise d’éclairage. Après des tractations très serrées il fut convenu que pour la fourniture de 15 lucioles-lampadères, la Reine de la ruche s’engageait à fournir 617 grammes de son meilleur miel, le 25 décembre de chaque année. La Reine avait également fait appel à une entreprise de forage, la « Scolyte-galeries » pour réaliser plusieurs orifices dans le plancher ainsi que différents passages secrets, invisibles aux yeux de l’homme ; comme « Beaunéon », le patron de la société, un nommé « Jolitrou » avait exigé d’être réglé en miel, car ce dernier était le plus goûteux de toute la région. La Reine Mellifère I avait aussi contacté l’Entreprise de Pompes Funèbres « Nécrophorus » dirigée par un certain monsieur « Moribond » afin d’assurer à ses enfants une sépulture digne de leur courage et de leur dévouement. Le sieur « Moribond », lui, avait demandé à être réglé en gelée royale car c’était le roi des gourmands. Cette souveraine remarquable avait également créé une infirmerie où l’on soignait les petits bobos et une unité de soins intensifs placée sous la responsabilité de « Pharmacotte » la chimiste de la ruche ; cette dernière avait concocté pour ses patients des miels faits tout spécialement avec des 12 plantes médicinales, inconnues des humains, et qui avaient des vertus magiques. Feue la Reine Mellifère I, cette visionnaire qui, tout au long de son règne, avait agi pour le bien-être de tous, était surtout connue pour avoir mis un terme aux mœurs barbares qui régissaient la vie des abeilles. Il avait été inscrit dans la Constitution de la ruche n° 31 qu’il était interdit à une Reine qui venait de naître d’assassiner ses rivales sous peine de destitution et le comportement cruel des ouvrières envers les faux bourdons était désormais considéré comme un crime contre « l’abeillité » et puni de bannissement, ce qui était le pire des châtiments. C’était aussi cette grande Dame qui avait introduit la notion de convivialité au sein de sa ruche et instauré l’utilisation des prénoms à la place des numéros impersonnels. Depuis cette époque, la devise de cette ruche, pas comme les autres, était devenue “Amitié et Fraternité.” Malheureusement, un jour où Martin, le propriétaire des ruches, avait opéré sa vérification mensuelle, la bien-aimée Mellifère I s’était mystérieusement volatilisée ; toutes les petites abeilles savaient bien que c’était l’œuvre du méchant Martin qui voulait remplacer la vieille Reine par une plus jeune afin de récolter d’avantage de miel. Les ouvrières, très tristes, avait fait le nécessaire pour assurer la naissance d’une nouvelle Reine…sa Majesté Mellifère II. 13 Cette dernière était aussi bonne et sage que sa glorieuse aînée. Dès le début de son règne elle avait mis un point d’honneur à poursuivre et à améliorer l’œuvre de Mellifère I. C’est sous sa houlette qu’un corps de sapeurs-pompiers avait vu le jour, ainsi qu’une compagnie de CRS 1 chargée de faire respecter les stops et les sens interdits. Voilà ! Vous avez fait connaissance avec la ruche n° 17, qui n’a maintenant plus aucun secret pour vous, aussi il est grand temps de nous glisser discrètement à l’intérieur… 1 CRS : Compagnie Royale de Sécurité. 14
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