D'une paisible Pévèle - Page 1 - test Marie Anthyme D’une paisible Pévèle… Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0793-1 Dépôt légal : Avril 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire Souvenirs d’enfance ............................................. 11 Souvenirs d’adolescence ...................................... 29 Le temps du célibat… ........................................... 53 Le mariage de Clémence ...................................... 75 Le bonheur ! Douce illusion ! .............................. 87 Paradis ou Enfer ? ................................................. 105 Le rêve s’achève… ............................................... 121 D’un destin… ....................................................... 137 … au miroir de l’autre .......................................... 155 Leur quotidien ...................................................... 173 Ce fut un si bel été ................................................ 181 Visite à Sacha ....................................................... 191 D’un certain voyage, l’autre… ............................. 209 9 Le journal de Clémence D’un blog, l’autre… .............................................. 227 L’été de Sacha et Papylou ..................................... 251 En demi-teinte ....................................................... 263 Un doux printemps ............................................... 275 Petite mise au point… ........................................... 287 Une tendre demande ............................................. 291 Notre union ........................................................... 309 Sur le chemin de la sérénité… .............................. 321 Regards sur… ....................................................... 351 Douce Pévèle ........................................................ 363 10 Souvenirs d’enfance Un soir de printemps de l’année 1954, dans un petit village de la Pévèle, une étoile s’allume dans le ciel pour la venue sur terre de Clémence. C’est un tout petit bébé avec un léger duvet de cheveux blonds. Ses grands yeux bleus s’ouvrent sur ce monde. À peine née, elle montre qu’elle existe. Elle pleure beaucoup. Elle ne se tait que blottie dans les bras de sa mère ou de son père. Dès le début de son existence, elle montre clairement qu’elle a besoin de câlins ! Comme tout bébé, comme tout enfant, comme toute femme et comme tout homme ! Est-ce le fait d’être née au printemps, avec certes un peu de retard, mais que Mars vienne à pointer le bout de son nez, elle se sent renaître, en harmonie avec la nature ? A-t-elle été un petit bébé plein d’ardeur, turbulent comme le petit bélier qu’elle est ? Elle ne s’en souvient pas. Elle n’a pas retrouvé de photos du petit bébé qu’elle a du être. Selon les dires de sa mère et de sa grand-mère, elle était bien joufflue et a marché avec un peu de retard. Elle pleure quand elle ne reconnait pas la tapisserie de sa chambre. Difficile de l’emmener loin de ses repères. Déjà à 11 cette époque là ! Elle se tait dès qu’on la prend dans les bras. Aurait-elle besoin d’être en hauteur afin de mieux voir ce qui l’entoure ? Comme tout bébé curieux, elle n’a pas assez de ses deux yeux pour regarder ? Ou veut-elle simplement se rassurer ? Ses parents se sont mariés en Septembre 1953. Son père Arthur, un homme brun aux yeux bleus, est âgé de 26 ans. Sa mère Nelly, une petite brunette aux cheveux ondulés et aux yeux verts, est d’un an sa cadette. Qu’ils sont mignons sur leur photo de mariage ! Lui est très calme avec un regard serein. Elle est souriante et confiante en l’avenir. Ils paraissent heureux sur cette photo. Il la domine de plus d’une tête. Dans son regard se lit tant d’amour, et de tendresse. Il est très grand, plus de 1m90, normal pour un ancien basketteur. Sa mère mesure à peine 1m50. Si Clémence calcule bien, de Septembre à Mars il n’y a pas neuf mois. Ils n’ont pas attendu le passage devant Monsieur le Maire pour fonder une famille ! Son père travaille, depuis l’âge de quatorze ans, dans une usine sidérurgique de production de wagons du Douaisis. Il y est ouvrier spécialisé. Le travail est assez pénible, répétitif et le salaire ne récompense vraiment pas l’effort fourni. Arthur est issu d’une famille de sept enfants. L’un est instituteur, un autre expert-comptable, d’autres sans emploi. Sa mère besogne dans une usine textile de Tourcoing depuis son seizième anniversaire. Elle a abandonné ses études de coiffure. Nelly est l’aînée de quatre enfants : une fille, deux jumelles et un garçonnet. Les parents de Nelly vont les héberger au début de leur mariage. On se serrera un peu, le temps d’aménager 12 leur logement. Clémence ouvre donc les yeux dans la maison de sa grand-mère Marie. Ils logent dans une petite maison de plein pied, non loin du centre. Les maisons sont très rares dans cette rue. Il n’y a que celle de sa grand-mère et de son voisin Norbert. Mitoyen à la maison se trouve une grande grange qu’Arthur se fait une joie d’aménager le plus vite possible pour sa petite famille. Derrière, la vue se perd à travers champ sur le bois. Au loin, devant la maison, en descendant le Mingoval, l’église et le centre du village leur indiquent le chemin à suivre pour se sentir moins isolé. A peine cinq à six maisons jalonnent cette rue qui relie le centre du village à la route nationale. Les maisons sont entourées de vastes champs de blés et de maïs. C’est un vaste espace, non clos, idéal pour les enfants. Un grand terrain de jeux pour Clémence, Charles un petit garçon de 3 ans et sa grande sœur Jacqueline ; les enfants de leurs seuls proches voisins. Ils aiment ce charmant petit village, niché au cœur de la Pévèle. Ils auraient beaucoup de peine à le quitter. Cette plaine de la Pévèle, ce pays de prairies humides, est délimitée par l’agglomération lilloise et le bassin minier. Elle s’étend jusqu’en Belgique et constitue un carrefour entre Lille, Douai et Valenciennes. Peu de temps après sa naissance, ils peuvent enfin emménager. Il n’y a qu’une seule chambre, le reste des travaux doit suivre. Son père construit tout de luimême dès qu’il en a le temps. Pas de repos possible le week-end ! Des amis viennent parfois lui donner un 13 coup de main, ainsi que ses frères et son beau-père Régis. Ce dernier décédera peu de temps après. Clémence a très peu connu son grand-père maternel Régis. Elle n’en garde aucun souvenir. Sa mère cesse de travailler peu après sa naissance. Leurs revenus ne leur permettent pas de s’acheter une auto. Chaque matin, son père se rend en vélo au village voisin distant de trois kilomètres. Il y prend le bus pour se rendre à son travail, à Douai. Le soir venu, il refait le chemin en sens inverse. Il est jeune mais la fatigue finit par s’accumuler entre le travail à l’usine et les travaux de la maison. Sa mère Nelly est bien occupée par ce petit bébé qu’elle est. Elle gigote et s’aventure partout dans le jardin, en marchant à quatre pattes. Elle est un petit bébé de plus en plus curieux, qu’il ne faut pas perdre de vue un seul instant. Nelly doit aussi aider sa mère. Ses deux sœurs légèrement handicapées mentales leur donnent bien du souci. Leur état s’aggrave. Leurs colères hystériques deviennent plus fréquentes. Il est de plus en plus difficile et laborieux de les calmer. Seul Arthur y parvient encore. Arthur est de nature heureuse et foncièrement gentil. Il accepte la situation avec beaucoup de philosophie, par amour pour Nelly. Clémence commence à marcher et fatigue sa mère. Une nouvelle naissance est prévue pour l’été 1955. Fin Aout nait une autre petite fille qu’ils prénomment Martine. C’est un bébé paraissant plus fragile, plus fluet, avec aussi un léger duvet blond et aux yeux verts. Arnaud vient de fêter ses 8 ans. Il est né au printemps de l’ année 1947 à Ronchin. C’ un petit est 14 garçon timide, en pleine forme. Il a pourtant failli mourir à l’ de six mois d’ gastro-entérite. Il est âge une le second d’ une fratrie de quatre enfants : une sœ ur ainée Noëlle, deux frères Pierre et Jacques nés en 1951 et 1954. Il est surtout, pour la plus grande joie de son grand-père maternel Emile, le premier petitgarçon. Lentement, paisiblement, le temps s’écoule. Les deux petites filles grandissent. Toutes deux sont blondes. Martine reste une enfant mince, voire un peu fragile. Toutes deux explorent ce territoire qui est le leur. Elles rendent visite à Charles et à sa grande sœur Jacqueline. A quatre ils forment déjà une joyeuse troupe. Comme il n’y a pas encore de grillage entre les différentes maisons, ils en profitent. Ils se baladent de l’une à l’autre, libres et heureux. Ils peuvent s’épanouir en toute quiétude. Ce sont des enfants sages et sans problèmes, qui profitent à fond des charmes de leur verte campagne. Clémence vient d’avoir trois ans quand Stéphane nait au printemps 1957, le troisième enfant d’Arthur et Nelly, un beau bébé aux yeux verts. Il sourit à la vie. Il est le premier garçon et petit-garçon de cette famille, un futur compagnon de jeux pour Charles. Comme il devient difficile de surveiller ce petit monde, les parents décident d’entourer leur jardin d’un grillage. Ils leur restent quand même un grand espace pour s’amuser. Un grillage, on passe au dessus en grandissant. On s’amuse mieux en étant tous dans le même jardin, dans le même verger. Stéphane tombe gravement malade à l’âge de six mois. Le médecin diagnostique une méningite. A 15 l’hôpital, il survit par miracle à une méningite fulgurante compliquée d’une pleurésie. C’est une hospitalisation longue. Il faut, chaque jour, prendre le bus pour aller à Lille le voir. Nelly a peur de perdre son petit garçon. Le voir chaque jour la rassure. C’est leur grand-mère Marie qui s’occupe des deux fillettes. Elles sont inquiètes. Elles se demandent ce qui se passe. Où est leur petit frère ? Quand va-t-il revenir ? Mais qu’a-t-il donc ? On ne leur explique rien… Ouf, il revient ! Comme il est encore malade, il faut être sage, ne pas faire trop de bruit pour qu’il puisse se reposer. Stéphane a une furieuse envie de vivre et récupère lentement mais sûrement de cette méningite, qui semble n’avoir laissé aucune séquelle. On respire enfin ! En cette fin d’année 1958, Stéphane va beaucoup mieux, il a entièrement récupéré. Leur mère Nelly est fatiguée au début de cet hiver. La raison en est toute simple : elle attend un autre bébé. Elle ne s’y attendait vraiment pas. Elle avait plutôt envie de se reposer et de respirer un peu. Trois enfants ce n’est déjà pas si mal ! De plus elle a pris beaucoup plus de poids qu’à ses autres grossesses et craint d’attendre des jumeaux. Même si le plus souvent on dit que les grossesses gémellaires sautent une génération. Quand elle voit comment ses deux sœurs jumelles sont, elle imagine le pire. Elle ne voudrait pas donner naissance à des enfants atteints du même déficit mental. Elle voit le calvaire qu’elles font vivre à sa mère et à eux par ricochet. Il fait très chaud en ce début de juillet. Nelly a de plus en plus de mal à se déplacer et n’est guère rassurée. C’est pourtant sa quatrième grossesse. On 16
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