L'ange noir tome 3 - Page 1 - test Martine MAFFLY L’ange noir Tome 3 Éditions ÉDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Édilivre Éditions APARIS Collection Coup de cœur 56, rue de Londres, 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 - Fax : 01 53 04 90 76 - mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-35335-258-6 Dépôt légal : Juin 2009 Copyright © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Du même auteur aux éditions Edilivre Kyrie Eleison l’enfant esclave tome 1, 2, 3 et 4 L’ange Noir, tome 1 et 2 Pour contacter l’auteur martine.maffly@free.fr Pour consulter son site : http://martine.maffly.free.fr 8 RESUME DU TOME PRECEDENT Après son premier combat avec la troupe, Mikhaïl a revu, brièvement, son ami Nikolaï, le fils du comte Podovin. Ensuite, tandis que le jeune homme retrouve le Samouraï, venu rejoindre les hommes du colonel, Ivan, Vika et Dov se trouvent nez à nez avec le comte et la comtesse Podovin lors d’une soirée à Irkul. La comtesse partait chez sa fille Sacha pour l’assister lors de la naissance du bébé, qui va se révéler être un petit garçon, prénommé Adam. L’été arrive et Mikhaïl retrouve le Poséïdon, le bateau où il doit rester caché durant l’été. Il ignore que son père s’y trouve et l’attend, brûlant de crainte et d’impatience. Le père et le fils font enfin connaissance et apprennent à se découvrir, tout en se dissimulant aux autres passagers. Ce temps de bonheur est troublé, vers la fin, par l’irruption d’un homme de l’Ordre Noir que Mikhaïl va devoir éliminer, devant son père et les passagers. Enfin, c’est l’arrivée à Irkul : Ivan attend, fébrile, et les jumeaux se découvrent enfin, eux qui communiquaient au travers leurs rêves sans le savoir. La comtesse Ivanov, mère de Mikhaïl, sera la dernière à les rejoindre. Mikhaïl se découvre une mère, belle et élégante. Pourtant, la mère et le fils réaliseront que les années perdues le resteront et qu’ils ont tout à inventer. Au début de ce tome, ce bel été touche à sa fin. Mikhaïl, entouré des siens attend, amer, l’arrivée du colonel, qui va l’arracher à sa famille et le conduire à la sinistre citadelle des aigles pour parfaire sa formation. 9 CHAPITRE DOUZE « Vivre sans espoir, c’est cesser de vivre » (Dostoïevski) L’enthousiasme excessif que montra le capitaine Solnikov en apercevant le colonel sur le pont du Poséidon était si démesuré qu’il ne fallut que quelques secondes à ce dernier pour deviner qu’il y avait anguille sous roche. Il se retrouva propulsé dans la cabine du capitaine à une vitesse remarquable étant donné l’embonpoint de Solnikov et muni d’un verre de la meilleure vodka avant d’avoir eu le temps d’ouvrir la bouche. Il ne put s’empêcher de sourire, trinqua volontiers avec un Solnikov volubile, puis se décida à attaquer. – Mon cher Solnikov, votre hospitalité vous honore mais vous connaissez la raison de ma visite : je viens récupérer ma nouvelle recrue, le jeune esclave nommé Mikhaïl. Le capitaine sembla tomber des nues et fit l’étonné. – Mikhaïl ? Ah oui… Mikhaïl. Ben euh… – Pouvez-vous me l’amener s’il vous plaît ? Solnikov se gratta la barbe d’un air méditatif, puis ses yeux s’éclairèrent brusquement comme s’il venait 11 seulement de comprendre ce qu’on lui demandait. Il prit un air mystérieux et fit signe au colonel de le rejoindre vers son hublot. – Cher Colonel, vous voyez l’église au clocher de bois sur la gauche de la colline. Oui ? Et la jolie datcha bleue et blanche juste derrière, entourée de verdure ? Oui. Et bien, c’est là que réside Mikhaïl depuis quelques jours. Le colonel fronça les sourcils. – Quoi ? Que m’inventez-vous là ? – Il vous attend là-bas. Ils vous expliqueront tout une fois sur place. – Vous en aviez la garde ! Que fait-il chez des étrangers ? Qui sont ces gens ? – La propriétaire de cette datcha est la veuve du commandant Stanislas. Vous vous souvenez de lui ? Il est mort en service. – Bien sûr que je me rappelle de lui. Et de son épouse aussi. Elle l’a souvent secondé. Une femme charmante et volontaire comme j’aurais aimé en trouver une ! Mais cela n’explique pas ce que mon esclave fabrique là-bas ! – Vous allez le savoir Colonel… n’en doutez pas. – Vous leur avez dit qu’il n’était pas à vendre ? – Ce n’est pas la question Colonel. Encore un peu de vodka ? Non ? Euh… attendez…il faut que je vous mette au courant…vous ne m’aviez pas tout dit sur ce garçon en me le confiant. Le colonel qui s’apprêtait à sortir s’arrêta net et dévisagea le capitaine d’un air impassible. – Vous savez pertinemment qu’il vaut mieux en savoir le moins possible. – L’Ordre Noir est venu sur mon bateau ! – Quoi ? 12 – Un homme. Muni d’une affiche à l’effigie de votre gentil esclave. Dois-je préciser qu’il a immédiatement identifié le garçon. Le colonel avait pâli et s’était figé sur place. – Et alors ? demanda-t-il d’une voix coupante. – Votre charmant esclave l’a expédié ad patres d’un coup de maître bien placé. Un véritable exploit. Doué le petit. Les passagers en ont été soufflés ! Le colonel encaissa le choc. – Quoi ? Il y a eu des témoins ? Mais… – Colonel, entrez à nouveau et permettez que je vous relate cette soirée inoubliable ! Vous ne refuserez pas ce petit remontant ? Ah j’en étais sûr ! Il est excellent vous verrez, surtout en cas d’émotions fortes… Un peu plus tard : Le colonel contemplait la datcha d’un air dubitatif et hésitait à frapper à la porte. L’histoire du capitaine le laissait sur sa faim. Quelque chose lui murmurait que ce cher homme avait soigneusement omis certaines informations dans son récit échevelé de cette soirée macabre. Et il lui avait fait comprendre, implicitement, qu’il trouverait les réponses dans cette datcha. Au moment où il allait frapper, une envolée de violon en provenance de l’étage le fit sursauter et il reconnut un vieil air ukrainien joué de façon magistrale. Il apprécia la mélodie quelques instants puis se décida à frapper en se demandant si quelqu’un allait l’entendre. Il vit la poignée de la porte bouger, une fois, deux fois, comme si la personne qui se trouvait derrière avait des difficultés à ouvrir, puis la poignée céda enfin, la porte s’entrouvrit et il découvrit…un tout petit garçon aux boucles brunes qui le détailla avec de grands yeux effarouchés. Il lui sourit et s’accroupit vers lui. 13 – Bonjour mon petit. Comment t’appelles-tu ? – Ruben monsieur. Vous êtes gentil ? – Euh… oui je pense. – Vous allez pas tuer ma nouvelle maman et mon nouveau papa ? – Mais qu’est-ce que tu dis ! s’exclama le colonel interloqué, interrompu par une nouvelle bordée de violon qui lui fit lever la tête vers l’étage. – Ah Ruben tu es ici ! Oh Colonel ! Vous… êtes là ! Le colonel identifia sur le champ la femme encore jeune qui se tenait devant lui et qui le contemplait comme un oiseau de mauvais augure. Il s’inclina et la salua respectueusement en lui affirmant combien il avait tenu son époux en haute estime. – Mais si je suis ici, attaqua-t-il une fois ses hommages rendus, c’est qu’il semble que vous déteniez en ces lieux un jeune esclave qui m’appartient et je dois vous avouer ma curiosité quant à sa présence chez vous. Vika inclina la tête, Ruben lové dans ses bras, faillit lui dire quelque chose, se ravisa et fit signe au colonel de la suivre dans un petit salon où elle lui désigna la portefenêtre à la française grande ouverte. – Il fait quelques passes d’escrime avec…avec mon frère. Allez donc les rejoindre. Il avait le pressentiment que vous arriveriez aujourd’hui. – Que signifie tout ceci ? lui demanda le colonel, de plus en plus déconcerté par cet étrange accueil et l’air de mystère qui émanait de la jeune femme. – Allez donc dehors Colonel ; vous allez vite comprendre, se contenta-t-elle de répondre en caressant la tête de l’enfant qui suçait son pouce avec application en le dévisageant d’un air soupçonneux. – Bon, puisque vous insistez, allons-y ! 14 Il effectua quelques pas sur l’herbe et se figea quand il découvrit un élégant jeune homme aux longues boucles blondes qui ferraillait face à deux hommes dans la force de l’âge qui jouaient les adversaires. Nul ne l’avait encore remarqué et il en profita pour examiner son poulain tout à sa guise. Le jeune homme était vêtu comme un jeune aristocrate, pratiquait une escrime pleine de grâce avec une aisance déconcertante et l’anneau qui brillait à son oreille détonnait tant son allure était celle d’un jeune noble. Mikhaïl se figea tout à coup. Un homme de haute taille, mince, aux cheveux châtains coupés courts, au regard d’aigle, l’examinait avec une intensité qui le désarçonna un instant. Son père et Pavel venaient de remarquer l’homme et ils avaient stoppé net leur élan. Mikhaïl se tourna vers son père avec une grimace : – C’est l’heure papa, lui asséna-t-il d’un ton lugubre, avant de se détourner pour se diriger vers l’homme à pas lents, les yeux fixés sur celui qu’il savait être son nouveau maître. Ils se dévisagèrent un instant, les yeux dans les yeux. Mikhaïl se sentit estimé, soupesé et passé au crible par les yeux sombres qui l’explorèrent sans révéler le moindre sentiment. – Alors, finit-il par demander, vous venez jauger votre nouveau jouet ? La marchandise vous satisfait-elle ? Le colonel darda sur lui un regard perçant qui le mit mal à l’aise. – Ne joue pas à ce petit jeu avec moi Mikhaïl, déclarat-il simplement. Évite les provocations inutiles et les rodomontades. Tu sais qui je suis, je sais ce que tu es. Tu m’appartiens depuis longtemps et le moment est venu de faire tes preuves. J’ai longuement parlé de toi avec Orel 15 et je sais ce que tu vaux. N’espère surtout pas me culpabiliser en jouant les victimes comme tu l’as si bien réussi avec Orel. Ton choix est simple : tu sers notre cause sans arrière-pensée ou je te livre en pâture à tes anciens maîtres. C’est clair ? Mikhaïl inclina lentement la tête en le dévisageant et le colonel se sentit brusquement mal à l’aise face à l’éclat douloureux qui se reflétait dans le regard bleu dardé sur lui. – Bran m’a averti que vous n’étiez pas vraiment un comique et que vous alliez droit au but, je constate qu’il a dit vrai, répliqua-t-il d’une voix enrouée. Le morceau de violon qui éclatait à l’étage supérieur s’interrompit brutalement en plein milieu d’un superbe crescendo. Ivan venait sans doute d’apprendre l’arrivée du colonel. – Va te changer et te vêtir convenablement pendant que j’éclaircis le mystère de ta présence en ces lieux avec ces messieurs qui approchent ! lui ordonna le colonel d’un ton sec sans même le regarder, n’imaginant pas une minute ne pas être obéi sur le champ. Mikhaïl ne broncha pas et il lança un regard d’appel à l’aide à son père. Celui-ci s’approcha du colonel, main tendue et regard ferme. – Bonjour Colonel. Nous savions que vous alliez venir. Voici mon ami Pavel Korsky. Permettez-moi de me présenter : Comte Alexandre Ivanovitch Ivanov, le frère de Viktoria Ivanevka, veuve du commandant Stanislas. Le colonel salua, les yeux rivés sur le comte. – Je suis au regret d’interrompre vos agapes familiales Monsieur le Comte, je suis simplement venu reprendre mon esclave, mais j’avoue que vous piquez ma curiosité. Le capitaine n’a rien voulu me révéler quant à la 16
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