Ermont, ville du Rock - Page 1 - test Christophe Denhez Ermont, ville du rock Edilivre – Éditions APARIS 3 Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20 rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2007 ISBN : 978-2-35607-138-5 Dépôt légal : Novembre 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 Chapitre 1 Belle résidence des Sablières. Ermont, proche de la gare. Bâtiment 9, porte C, pas besoin de chercher trop longtemps, il y a ces quatre voitures de police, tout gyrophare dehors, qui illuminent cette belle journée du 9 août, dire que c’est la Saint-Amour ! – Qu’est-ce qu’on a ? – Bonjour, commissaire. Nous avons un jeune homme de 25 ans mort dans sa chambre. La mère est en pleurs. Elle n’a rien vu. Il était seul ce week-end chez elle. – Merci Brigadier, je vais voir. Faites l’enquête de voisinage. Les voisins sont tous sur le palier, comme à l’habitude, personne ne console, mais tout le monde vient se rincer l’œil. – Excusez-moi, commissaire Cauorek. Pardon, madame poussez-vous ! poussez-vous monsieur ! Le couloir de l’appartement reflète un train de vie plutôt modeste malgré un goût très sûr pour marier 7 les couleurs. Un standing bien simple qui renvoie une chaleureuse envie de connaître les habitants. – Excusez-moi, puis-je voir la scène du crime ? – Oui c’est là, dans le couloir dans le fond, la chambre du jeune homme. C’est pas du joli, joli, Commissaire. – Je me passerai de vos commentaires monsieur l’agent. – Ok ! Le couloir donne vers la chambre du jeune homme, enfin. J’arrive de loin à apercevoir un poster de Jim Morrison, et dire que moi aussi sur « Light my fire », j’ai tant eu envie de me déhancher et de refaire le monde. Une main passée rapidement dans les cheveux, je fouille dans la poche intérieure de ma veste en tweed pour sortir ma carte de Police. Le papier peint est gris passé, je pense qu’avant ça devait être un vert assez clair. Le corps est caché par deux agents et le médecin légiste, mon ami Ernest. – Alors Ernest, quoi de neuf ? – Et bien, on a un gamin de 25 ans, qui s’est visiblement donné la mort. – Ha ! continue… – Environ depuis 26 heures. La mère était en week-end elle l’a trouvé il y a de ça une heure, avant de nous téléphoner. Elle est dans la salle à manger, elle est effondrée. – Y a de quoi !!! Des indices qui nous donnent envie de croire que c’est un suicide ? 8 – Oui une lettre, qui évoque son malaise, mais c’est assez étrange, il ne parle pas de mort dedans. Mais c’est plus comme un long texte posthume sur sa ville. – Sur sa ville. Étrange ? – Comme tu le dis, très étrange, on pourrait croire avec un raccourci rapide que c’est l’évolution de sa ville qui a assassiné ce garçon. Je crois que l’on tombe sur une drôle d’affaire. Non ? sinon, nous n’avons rien d’autre !!! – Et bien là, je crois que l’on va pouvoir s’en donner à cœur joie sur l’enquête de voisinage. Le texte où est-il ? – Là, sur le bureau. Le bureau est rempli de cd, de morceaux de papier ou encore de stylos ouverts. L’ordinateur est encore en charge, le texte est en plein milieu, l’imprimante encore sous tension, signe que le texte dactylographié a été sorti par son auteur avant de se donner la mort. Le papier est blanc, sans faire attention, j’ai bousculé la souris et là, l’écran s’est ouvert sur des pages, blanches : le texte en question… – Quelqu’un a-t-il touché à l’ordinateur avant que j’arrive ? – Non, pourquoi ? – Et bien j’ai bousculé la souris et regarde ce que j’ai sous les yeux, Ernest. Ernest retouche ses lunettes, pour bien les positionner en mode lecture d’écran. Petit, râblé, un 9 visage aussi incongru que sympathique, entre le visage de Baudelaire et l’expression de Truman Capote. Cet homme a l’intelligence vive, il est perspicace et son esprit synthétique est une force, incomparable sur toute l’Île de France : il devrait prochainement nous quitter pour le 36 quai des Orfèvres, les hauts dignitaires de la Police Nationale le réclament. – Et bien, « commissaire », vous venez de faire une découverte. Il demande à son assistant de prendre en note, et de lui donner une nouvelle paire de gants. – Alors Régis écoute. Regardons l’heure. Il relève le pan de sa veste. – 14 h 35, note Régis. Après avoir bousculé la souris, le commissaire Pierre Cauorek, s’est aperçu avec mon assistant et moi-même de la présence d’un texte, note Régis, allez dépêche-toi. – Désolé mais mon stylo est en panne. – Prends le mien, dans mon attaché case. Allez remue-toi. T’es prêt là, voilà dans la poche droite, voilà, dépêche-toi. – Oui, oui. En voyant ça, je rigole et esquisse un sourire, il y a toujours sur des scènes de crimes, un moment, où la « cocasserie » se mêle à l’ambiance pesante du crime, du vice et de l’horreur. On l’aime notre métier, vraiment, je crois que c’est une vocation. 10 Ernest continue avec son assistant à relever, tous les détails, toutes les choses présentes, un relevé minutieux. Je suis émerveillé de voir autant de scrupules pour le compte de la vérité. Je crois que nos contribuables peuvent dormir tranquilles, la police scientifique veille. Ernest est à l’affût de tout. – Ce qui m’étonne… Viens voir Pierre. – Oui ! Il me fait approcher de l’écran, je me penche pour vraiment essayer de suivre son raisonnement car moi, en informatique, c’est comme en relation amoureuse, je suis un pied total, tout part à « vau l’eau » en moins de temps qu’il me faut pour brancher et ouvrir l’unité centrale pour écrire un rapport, et pour avoir un rapport conjugal avec une belle femme pulpeuse. – Tu vois là sur le haut de l’écran, et bien, on voit qu’il a définitivement terminé ce texte il y a environ, trois mois. Étrange, tu ne trouves pas ? – Ben oui, complètement, ça voudrait dire, qu’il a écrit ce texte, il y a de ça trois mois, qu’il l’aurait lu il y a de ce ça combien de temps avant sa mort, rappelle moi ? – 26 heures… – Il y a de ça 26 heures, pour se donner la mort et avant de se donner la peine de vraiment imprimer et laisser le soin à tous de tomber sur ce texte, qui ne dit rien sur sa mort, peut être un motif et encore. Je 11 crois qu’il va nous falloir questionner vraiment plus haut que simplement le voisinage, ou encore ses parents, je crois que tout Ermont est touché… 12 Chapitre 2 En sortant de la chambre, mon esprit est totalement chamboulé. L’incompréhension me gagne, comment un jeune homme peut-il autant aimer sa ville, au point d’en mettre fin à ses jours. La salle à manger est sur la gauche, deux agents sont postés dans l’entrebâillement de la porte, ils me saluent : – Repos. J’entre dans la salle. Tout est propre, rutilant, c’est une pièce où l’on doit recevoir. Le mobilier est raffiné, et l’on se demande combien de crédit il a fallu pour avoir autant de si jolis meubles. Une femme se tient tassée sur elle-même dans le fond de la pièce sur un canapé au motif des années 70. – Madame ! Je lui présente ma carte de police. – Commissaire Pierre Cauorek, bonjour. Puis-je m’asseoir pour vous poser quelques questions ? – Dites-moi pourquoi ? 13 – Nous sommes là pour le découvrir madame. Elle sanglote, elle tremble. J’ai vu cette scène des dizaines et des dizaines de fois et je n’arrive pas à m’y faire. La peine, la douleur, je crois que ça me touchera toujours. – Parlez-moi de votre fils. Je farfouille dans ma veste et lui tends un mouchoir en papier, j’ai toujours l’équipement sur moi du parfait commissaire de Police. – Merci. – Alors votre fils. – Mon fils, est un jeune homme simple et calme, malgré son style de musique assez bruyant, et ses amis habillés en noir. Ce ne sont en fait que des enfants qui se refusent de tomber dans les clichés de la télévision, vous savez le rap et la mode actuelle. – C’est un choix, dîtes m’en plus. – Et bien, il n’a jamais eu de problème de discipline à l’école, il a même obtenu une Maîtrise en sciences de gestion en alternance, ce qui n’est pas évident. Vous avez dû vous en apercevoir mais pour habiter ici, nous ne gagnons pas lourd, et surtout depuis que son père est parti, lorsqu’il avait 9 ans, et bien nous sommes deux. Enfin, je suis seule désormais… Elle replonge en frottant le mouchoir sous son nez dans un sanglot, à chaudes larmes. – Vous savez commissaire, mon fils est un garçon bien. Vraiment, c’était une crème, peut être pas une 14
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