Le jour de la victoire - Page 1 - test Daniel PIERREJEAN Le Jour de la Victoire Roman Editions Editeur Indépendant 75008 Paris - 2007 2 Le Code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation de ses ayants droits. Toute reproduction, partielle ou totale, de la présente publication est interdite sans autorisation de l’auteur, de son éditeur, ou de Centre Français d’exploitation du droit de copie (CFC, 3 rue Hautefeuille, 75006 PARIS) Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L.122-5, 2° et 3° alinéas, d’une part que des copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite (Article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. © Editions l’Editeur Indépendant – 2007 ISBN 10 : 2-35335-038-0 ISBN 13 : 978-2-35335-038-4 Dépôt légal : Janvier 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 3 A la mémoire de mon père. 4 « La guerre ! C’est une chose trop grave pour la confier à des militaires ». Georges Clemenceau. 5 AVERTISSEMENT La plus grande partie de l’histoire, qui est décrite dans ce roman, est une histoire vraie et les personnages qui y apparaissent ont réellement existé. Même si, par rapport aux familles concernées, les noms ont été transformés, leur histoire que nous racontons dans les pages qui vont suivre, est celle de cette attaque qui fut celle de la victoire. Elle commença sur le front de Champagne, le 26 septembre 1918. A partir de ce jour, les troupes allemandes reculèrent en bon ordre vers les frontières belges et allemandes. Jusqu’au jour de la victoire, le 11 novembre 1918. 6 SOMMAIRE Chapitre 1 : Une courte permission Chapitre 2 : Un nouveau départ pour le front 15 35 Chapitre 3 : Souvenir d’un camarade de promotion 45 Chapitre 4 : Hôpital militaire de Suippes Chapitre 5 : Une ultime préparation d’attaque Chapitre 6 : Un officier rebelle Chapitre 7 : La Ferme de Navarin Chapitre 8 : Un hôpital souterrain allemand Chapitre 9 : Un acte de désobéissance Chapitre 10 : Clémence Chapitre 11 : Morte de la grippe espagnole Chapitre 12 : Face au Conseil de guerre Chapitre 13 : D’un témoin à l’autre Chapitre 14 : Le Dénouement 53 65 83 101 125 145 151 163 189 203 215 7 Chapitre 15 : Au cœur de l’enfer Chapitre 16 : Le décès d’Adrien Chapitre 17 : Royallieu Chapitre 18 : La nuit la plus longue Chapitre 19 : Blessé le jour de la victoire Chapitre 20 : Au Val-de-Grâce Chapitre 21 : L’arrivée au Château Chapitre 22 : La chambre des officiers Chapitre 23 : Retour au manoir Chapitre 24 : La délivrance 221 231 243 269 287 319 331 337 351 365 8 Chapitre 1 Une courte permission 22 septembre 1918, sur la Loire, en amont de Tours. Sous un soleil éclatant de septembre, sur un bateau à fond plat, bien connu depuis des siècles sur la Loire, Henri Martin, en chemise claire et pantalon de couleur, avec un bras droit en écharpe, Clémence, avec une ombrelle pour s’abriter du soleil ardent, et Alphonse, leur métayer, leur homme à tout faire, descendaient doucement le cours de la Loire en amont de Tours. En ce mois de septembre, il faisait une chaleur presque estivale. De mémoire d’homme, on n’avait encore jamais connu une température aussi élevée et un soleil aussi éclatant. On se serait cru en plein été… 9 A quarante ans, Henri Martin était un homme grand et athlétique, séducteur, du genre un peu homme à femmes, au visage carré et volontaire. Il se tenait debout, admirant le fleuve majestueux qu’il adorait. C’était un véritable Tourangeau de souche depuis des générations. Quant à son épouse, Clémence, native de la Sologne toute proche, elle était de près de vingt années sa cadette et s’était assise au milieu de la barque, caressant par moment de la main l’eau toute claire du fleuve. Dans sa robe d’organdi, elle paraissait encore plus jeune. Une véritable adolescente, presque immature… Henri Martin aimait les femmes jeunes, dans la fleur de l’âge, et on ne comptait plus le nombre des liaisons amoureuses qu’il avait eues par le passé. Toutes ses conquêtes d’avant la guerre avaient vingt années à peine… Mais ce qui avait changé son existence, et d’ailleurs l’existence de millions d’hommes et de femmes, c’était la guerre. Une guerre qui n’en finissait pas. On venait de vivre le cinquième été de cette guerre qui s’était déclarée dans les premiers jours d’août 1914. En effet, voici déjà cinq étés déjà qu’Henri était comme des centaines de milliers d’autres en guerre et que son fils aîné, Adrien, né d’un premier mariage, était aussi au front. Alphonse, le métayer, avait quarante ans également et avait grandi dans la propriété des Martin. Son père, avant lui, avait aussi été le métayer, en quelque sorte l’homme à tout faire de la famille. Pour Alphonse, la guerre avait pris fin brutalement, plus d’une année auparavant, dans la région tant redoutée du « Chemin des Dames », entre la ville de Laon et celle de Soissons, dans le département de l’Aisne. Une grave blessure reçue au combat lui avait 10 valu d’être réformé par les services de l’armée et avait, depuis lors, une démarche claudicante. Henri Martin et Alphonse avaient grandi ensemble sans quasiment se quitter, sauf quand Henri avait fini par embrasser la carrière militaire, celle d’officier dans les armées françaises, en passant par Saint-Cyr. Mais ils étaient restés très proches. Ils étaient comme deux frères, à la fois très différents, mais ô combien ressemblants. En cet après-midi du 22 septembre 1918, tous les trois avaient décidé de pique-niquer au bord de l’eau. Alphonse, avec une longue gaffe, dirigeait le bateau à fond plat qui descendait lentement le fleuve, dont les eaux étaient anormalement basses pour la saison. Un moment, Henri Martin s’était brusquement retourné vers Alphonse arc-bouté sur sa longue gaffe en bois, armée à son extrémité d’un morceau de métal oxydé par le temps. Avec un grand sourire, il lui avait lancé : « - Alors Alphonse, tu braconnes toujours un peu ? » Affairé à diriger l’embarcation qui risquait à tout moment de chavirer sur l’un des nombreux bancs de sable qui affleuraient la surface de l’eau, Alphonse lui avait répondu quelques instants plus tard : « - Oui, Henri, je vais te montrer ». Alphonse avait stoppé avec peine le bateau le long de la rive droite du fleuve, en plein courant. Une longue gaffe en bois de cornouiller était plantée dans le lit de la Loire. Il avait alors tiré sur une longue corde de chanvre de couleur brune, accrochée à la gaffe, et avait fait apparaître un casier qui grouillait littéralement de poissons de toutes espèces. Alphonse avait posé le casier dans le fond du bateau, au pied même de Clémence. A la 11
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