De chair et de cendres - Page 1 - 1 De chair et de cendres Le bouddha qui s’ignorait 3 Sébastien Donner De chair et de cendres Le bouddha qui s’ignorait Éditions EDILIVRE APARIS 93200 Saint-Denis – 2011 4 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-4652-7 Dépôt légal : Mars 2011 © Edilivre Éditions APARIS, 2011 5 Ce livre est la suite directe de : De chair et de cendres – Fragments. Si le monde contient bien des mystères, vous apprendrez ici pourquoi le plus grand d’entre eux n’est pas conçu pour être révélé à l’humanité ! Basée sur des théories scientifiques avérées et inspirée par divers courants philosophiques, cette histoire fantastique amène en douceur la terrible réponse à la seule question que Gabrielle n’aurait jamais dû soulever : où donc dieu se cache-t-il ? 7 Sommaire Chapitre premier – La maison .............................. 9 Chapitre second – Un nouveau dieu ..................... 53 Chapitre troisième – Unheimlich : une inquiétante étrangeté ...................................... 69 Chapitre quatrième – Vincent ............................... 81 Chapitre cinquième – La rencontre ...................... 93 Chapitre sixième – Anamnesis ............................. 99 Chapitre septième – La pleine conscience ........... 107 Chapitre huitième – La singularité ....................... 133 Chapitre neuvième – Prélude à la dichotomie ...... 139 Chapitre dixième – Le miroir ............................... 145 Chapitre onzième – Dichotomie ........................... 153 Chapitre douzième – Unité ................................... 161 Chapitre treizième – Récision .............................. 167 Chapitre quatorzième – Dharma ........................... 171 Chapitre quinzième – Dialectique ........................ 175 8 Chapitre seizième – Facettes ................................ 245 Chapitre dix-septième – Le rêveur ....................... 259 Chapitre dix-huitième : La Bête qui criait « moi » au centre du monde ..... 291 Chapitre dix-neuvième : Une âme de chair dans un monde de cendres ....... 325 Postface Ou : les (grosses) ficelles de l’histoire .................. 339 9 Chapitre premier La maison Elle ressemblait à l’une de ces demeures traditionnelles, telles que l’on peut en voir dans les publicités qui font appel au côté rassurant des choses anciennes. Entièrement constituée de vieux bois et néanmoins parfaitement entretenue, son volume imposant donnait le vertige à qui voulait en contempler la façade de trop prêt. Vincent, un homme chauve solidement charpenté et habillé d’une veste noire sur un jean sombre, s’approcha lentement de la demeure, posant précautionneusement un pas devant l’autre. Il arrêta sa progression, le pied placé sur la première des deux marches qui menaient au perron, tandis qu’un vent léger et tiède se levait et lui apportait les fragrances estivales de la campagne environnante. Il tourna la tête pour balayer une dernière fois les environs du regard. Un soleil couchant, quelques arbres épars dont les ombres s’allongeaient loin sur le sol, une herbe folle et sèche qui s’étendait à perte de vue et… Rien d’autre. Que pouvait donc faire cette bâtisse perdue en plein milieu de nulle part ? 10 Le fait était que cette masure tombait à point nommé. Un frisson parcourut le corps de Vincent qui se crispa en serrant les bras autour de sa taille. Elle m’a l’air totalement vide cette baraque… C’est ce que laissait deviner la poussière qui recouvrait le perron ainsi que l’absence de lumière derrière les fenêtres. Vincent n’avait remarqué aucune empreinte de pieds ou de roues dans l’herbe ou la terre… Pas plus qu’il n’avait relevé l’existence d’une route ou d’un chemin aux alentours. Le vent caressa à nouveau le crâne luisant de Vincent qui, en dépit de la chaleur de cette fin de journée et de la vigueur de son corps trentenaire bien bâti, ne put réprimer un nouveau frisson. Une vraie journée de merde… Peut être au moins vais-je pouvoir pioncer peinard ? Vincent gravit la seconde marche et frappa à la porte. Il réitéra son geste après cinq secondes d’une attente silencieuse, appelant cette fois ci : – Hé ho ! Y’a quelqu’un ? Rien. La demeure n’émettait aucun son ni ne trahissait de mouvement. Vincent tourna lentement la poignée et poussa la porte qui obtempéra dans un léger grincement théâtral. Une longue seconde s’écoula avant qu’il ne comprenne ce que ses yeux lui montraient et que sa bouche ne s’ouvre en un O de surprise, tel un enfant qui déballe ses cadeaux de Noël. Et ben mon vieux, on dirait même que la journée va plutôt bien se terminer ! La porte venait de s’ouvrir sur un vaste salon occupant la totalité du rez de chaussée, décoré de façon très moderne : les murs, parfaitement lisses, étaient peints en diverses nuances de gris assorties 11 aux couleurs du mobilier. Sur le mur de droite était fixé un – très – grand écran plat. Une table basse en verre séparait ce dernier d’un large canapé en cuir blanc. Vincent, qui détestait pourtant le côté avachi du mobilier en cuir traditionnel, ne put s’empêcher d’admirer la tenue parfaite de celui qui ornait le salon. Il fit deux pas afin de mieux voir le poêle moderne et compact qui lui faisait face, loin au fond de la pièce. Un coup d’œil sur la gauche lui confirma la présence du massif bar américain qu’il avait perçu dans la périphérie de son champ de vision. Le plan de travail semblait être fait d’un matériau noble, à la fois chic et résistant. Du marbre peut-être ? Sa teinte gris taupe s’accordait parfaitement avec le reste du salon. Vincent en fit le tour et constata qu’il était très généreusement approvisionné en alcools et autres boissons variées. Les teintes de cette partie du salon étaient plus foncées, démarquant clairement une limite avec le reste de la pièce. Vincent esquissa le geste de se servir et suspendit son mouvement. Mais t’es con ou quoi ? Vérifie d’abord que la baraque est vide ! Il passa une main sous le pan de sa veste et s’assura de la présence de son pistolet. Il était bien là, dans le holster qui le maintenait plaqué contre son flanc gauche. Vincent en vint à se demander comment le poids de cette arme à feu – certes de petite taille mais néanmoins pesante – avait pu le gêner durant sa cavale pédestre dans la campagne française, en plein été. Il ne la sentait plus à présent, elle qui s’était montrée si lourde durant l’après midi. Bon allez, on est plus à ça prêt maintenant… 12 Vincent se débarrassa de sa veste qu’il posa sur le bar, retira le holster dans un léger soupir de soulagement, essuya ses mains sur son teeshirt noir déjà mouillé de sueur, et assura une prise ferme sur la crosse du pistolet. Il parcourut le salon d’un regard circulaire pour vérifier que, hormis la porte d’entrée, la seule autre issue du salon – dépourvu de toute porte ou placard apparent – était constituée par un escalier métallique en colimaçon, finement forgé. Ce dernier prenait naissance prêt du poêle pour monter à la verticale et se terminer là haut, dans le grand inconnu du premier étage. Vincent déglutit douloureusement ; sa gorge était sèche. Il n’était pas du genre à avoir peur, mais il détestait prendre des risques inconsidérés. Or l’utilisation de ce genre d’escalier le rendait vulnérable à une attaque surprise. Un frisson parcourut son corps. – Il fait étonnement frais dans cette bicoque ! Lança-t-il, comme pour défier un adversaire invisible. Ne jamais montrer sa peur. Ne pas laisser d’ouverture à la moindre faiblesse, que ce soit au regard des autres, ou au sien propre. Voici l’un des principes simples qui régissaient la vie de Vincent, qui s’approcha calmement de l’escalier et le gravit précautionneusement, tous sens en alerte. Il glissa prudemment sa tête dans la pénombre de l’étage supérieur. Aucune main ne s’abattit sur son épaule ; aucun objet contendant ne fracassa son crâne. Vincent engagea le reste de son corps dans l’obscurité du premier étage. Ses yeux s’habituèrent rapidement à la pénombre, un peu plus prononcée à cet étage, sans compter que le soleil commençait à disparaître derrière l’horizon. Quatre pièces se partageaient ce niveau. Trois des
De chair et de cendres - Page 1
De chair et de cendres - Page 2
wobook