Un ou Une ? Règles internes du genre des noms en français - Page 1 - test Ginette Guillard-Chamart Un ou Une ? Règles internes du genre des noms en français Éditions EDILIVRE APARIS Collection Universitaire 75008 Paris – 2009 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1904-0 Dépôt légal : Décembre 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 SOMMAIRE Avant-propos .................................................................................... L’auteur ..................................................................................... Pourquoi ce livre ........................................................................ Liste des abréviations ....................................................................... I – Le genre des noms en français ................................................... 1. Généralités ............................................................................. 2. Acquisition des genres ........................................................... II – La Règle de base ........................................................................ 1. Enoncé de la Règle ................................................................ 2. Rappels concernant le -e en finale absolue ............................ 3. Origine des noms réguliers .................................................... III – Les dérogations à la Règle ou irrégularités prédictibles ...... 1. Première dérogation à la règle : suffixation irrégulière................................................................ 2. Deuxième dérogation à la règle : composition savante .................................................................. 3. Troisième dérogation à la règle : préséance du genre masculin .................................................... IV – Les exceptions à la Règle ou irrégularités non prédictibles ..................................................... 1. Exceptions féminines ............................................................. 2. Exceptions masculines ........................................................... Tableau récapitulatif ........................................................................ 11 11 11 13 15 15 16 21 21 22 22 25 25 41 46 53 54 56 61 9 IV – Autres cas ................................................................................. 1. Genre des animés .................................................................. 2. Genre des noms propres ........................................................ 3. Genre des noms composés populaires .................................. 4. Genre des abréviations, ellipses, sigles et acronymes ........... 5. Substantifs homonymes ........................................................ REFERENCES ................................................................................ 66 66 72 73 75 76 95 10 Avant-propos L’auteur Ginette CHAMART est professeur de français langue étrangère (FLE) en Thaïlande depuis de nombreuses années. Après trois années dans le département de français de l’université des Beaux-arts (Silpakorn) à Bangkok, elle enseigne depuis dix ans à l’Asian Institute of Technology, un institut anglophone d’enseignement supérieur de renommée régionale et internationale. Son public vient des quatre coins d’Asie et au-delà . Pourquoi ce livre La prédictibilité du genre des noms est traditionnellement identifiée par les apprenants de français comme l’une des difficultés majeures de la langue aux côtés de la concordance des temps. Paradoxalement, les outils à la disposition des élèves et des enseignants dans ce domaine sont relativement insatisfaisants. Les précis de grammaire nous annoncent un peu abruptement qu’il est impossible de donner des règles rigoureuses dans ce domaine, le genre et la forme des noms n’étant pas liés de manière constante (Grevisse), s’étendent longuement sur les cas particuliers posant problème aux francophones de langue maternelle du type après-midi, amour(s) ou alvéole, et dressent des listes hétéroclites de catégories de substantifs marqués d’un genre spécifique : le nom des langues, des arbres, certains dérivés suffixés etc., sans donner beaucoup d’explications sur le pourquoi ni le comment. Dans le domaine du français langue étrangère, les besoins sont autrement plus importants et cruciaux. Les ouvrages ou sites internet spécialisés tentent d’assouvir la soif des élèves en proposant à défaut de 11 mieux des listes de terminaisons qui permettent par exemple de prédire le genre de 75% des noms français avec une précision d'environ 95% (John Walker, 1993). C’est de la prise de conscience de ce décalage entre l’attente considérable des apprenants et le flottement des outils mis à leur disposition que la présente étude prit jour. Elle se veut relativement exhaustive même s’il serait bien sûr hors de question d’en présenter la totalité aux élèves débutants. Les enseignants, eux, pourront faire la part des choses tout en ayant une vision plus globale du phénomène. Qu’on se le dise haut et fort, il existe bel et bien des règles qui régissent le genre des noms en français et elles méritent d’être mieux connues. 12 Liste des abréviations Grammaire abrév. ............ adj. ................ adv. ............... C.................... conj. .............. dét. ................ ex. ................. f., fém. ........... loc. ................ m., masc. ....... n. ................... nt. .................. pl. .................. pop. .............. pp. ................. pprés.............. prép. .............. rad. ................ sing................ suff. ............... ter. ................. V ................... vb. ................. abréviation adjectif adverbe consonne conjonction déterminant exemple féminin locution masculin nom neutre pluriel populaire participe passé participe présent préposition radical singulier suffixe terminaison voyelle Verbe Langues afr. ................. all................... ang. ................ ar.................... esp. ................ fr. ................... frq. ................. gaul. ............... ger.................. gr. .................. it. ................... jap. ................. lat................... néer. ............... nord. .............. port. ............... prov. .............. scan................ ancien français allemand anglais arabe espagnol français francique gaulois germanique grec italien japonais latin néerlandais nordique portugais provençal scandinave 13 I Le genre des noms en français 1. Généralités 1.1. Nombre de genres et dénomination Le français possède deux genres nommés masculin et féminin, mais ne connaît pas de genre neutre contrairement au latin, à l’allemand ou à l’anglais. La similitude est à chercher chez les autres langues romanes comme l’italien ou l’espagnol. L’Académie française qualifie les termes masculin et féminin d’impropres car le seul moyen satisfaisant de définir les genres du français eu égard à leur fonctionnement réel consiste à les distinguer en genres respectivement marqué et non marqué (le masculin étant le genre non marqué). Dans cet ouvrage, pour des raisons de facilité, nous utiliserons les deux appellations. Dans le cas des noms désignant des êtres humains, le masculin rempli deux rôles distincts : Le premier étant de caractériser les humains de sexe masculin par rapport à ceux de sexe féminin, le second étant d’englober les deux sexes. L’Académie qualifie ce dernier d’extensif, et le définit comme ayant capacité à représenter à lui seul les éléments relevant de l’un et l’autre genre. 1.2. Attribution des genres Pour les noms d’inanimés ainsi que pour la majorité des noms d’animaux, l’attribution est aléatoire, c'est-à -dire qu’il n’existe pas de lien entre le genre du nom et sa signification. Le genre est alors dit grammatical (genre masculin / féminin). 15 Il en va différemment pour la grande majorité des noms désignant les êtres humains et certains animaux élevés ou chassés par eux ; l’attribution est alors motivée par le genre naturel, c’est à dire le sexe : un homme / une femme – une chèvre / un bouc. 1.3. Origine des genres Le genre des noms en français est un héritage latin. Lors de la transition du latin à l’ancien français, deux changements majeurs se sont produits. 1) La perte de la déclinaison nominale latine : La forme du cas régime (accusatif) s’est imposée sur celle du cas sujet (nominatif), tant au singulier qu’au pluriel. 2) La perte du genre neutre : Le latin possédait en effet trois genres, masculin, féminin et neutre. Le français n’a gardé que le masculin et le féminin ; Les noms féminins sont restés féminins. Les noms masculins et neutres (du singulier) sont devenus eux tous masculins sauf les neutres pluriels en -a ou -ia (formes similaires au féminin singulier) sont devenus féminins singuliers. Les passages de l’ancien français au français moyen, puis moderne n’ont pas apporté de grands changements en ce qui concerne le genre des noms, la situation n’ayant évolué que sur des points de détails. (Picoche, Marcello-Nizia, 1993) 1.4. Répartition entre masculin et féminin On relève dans les dictionnaires généralistes Larousse ou Le Petit Robert, un ratio de 55-45% en faveur des substantifs masculins (n.m.). La balance penche donc légèrement du côté des noms masculins. 2. Acquisition des genres Elle ne représente pas à proprement parler un problème pour les francophones de langue maternelle. Les hésitations se bornent en effet à quelques termes (opinion, coriandre…) ou à quelques particularités (après-midi m./f. – amour m. / amours f. etc.). Pour les apprenants et les francophones de langue seconde le genre des noms peut être par contre un réel souci, surtout si le phénomène est inconnu dans leur propre langue. 2.1. Repères phonologiques (Les sons) L’assimilation des genres passe par un apprentissage phonique acquis lors de l’usage de la langue. A un moment donné, certains sons à la finale des mots semblent appeler un genre plutôt qu’un autre. 16 Cet apprentissage s’appuie notamment sur la reconnaissance de deux types de finales. 2.1.1. Finales des noms simples (noms ni dérivés, ni composés) Les noms simples masculins se terminent majoritairement par une syllabe ouverte, c’est à dire une voyelle prononcée. La finale écrite est alors soit une voyelle : feu [fø], pli [pli], blé [ble], tutu [tyty], chou [∫u], boa [boa], seau [so], une consonne nasale : son [sɔ̃], parfum [parfœ̃], clan [klɑ̃], pain [pɛ̃], ou encore une consonne muette : banc [bɑ̃], nid [ni], bois [bwa], drap [dra], rang [rɑ̃], nez [ne], saoul [su]. Pour cette raison, les noms à finale vocalique sont plutôt identifiés comme masculins. Les noms simples féminins se terminent au contraire par une syllabe fermée, c’est à dire une consonne prononcée. La finale est alors un -e muet : patte [pat], lampe [lɑ̃p], ruche [ry∫], bombe [bɔ̃b], vague [vag], flamme [flam], base [baz], louve [luv], vigne [viɲ], puce [pys]. Pour cette raison, les noms à finale consonantique sont plutôt identifiés comme féminins. Il existe cependant plusieurs zones d’incertitude. – Dans le cas des consonnes finales non muettes -r et -l : les paires bar m. et barre f. [bar] ou bal m. et balle f. [bal] se prononcent de la même façon. – Dans le cas de consonnes finales prononcées comme dans les noms masculins parc [park], bus [bys], huit [ɥit], cap [kap], sens [sɑ̃s], van [van] ou blog [blɔg]. – Dans le cas enfin de voyelles finales suivies d’un -e muet comme dans les noms féminins allée [ale], boue [bu], vie [vi], plaie [plE], rue [ry], queue [kø], voie [vwa]. 2.1.2. Finales des dérivés suffixés Grâce aux suffixes, le genre de grandes familles de dérivés est facilement identifiable. suff. m. : -age (voyage), -ment (développement), -eau (tableau)… ; suff. f. : -ion (création), -ure (fermeture), -ade (promenade)… ; 17
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