Lupus Est Homo Homini - Page 1 - test Camille Montrose Lupus Est Homo Homini Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1551-6 Dépôt légal : Juin 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire Qui Vivra Verra .................................................... 11 Honnis soit qui mal y pense (Pièce en un seul acte) .......................................... 13 Carpe Diem ........................................................... 25 B Rhésus Positif ................................................... 29 Lupus Est Homo Homini ...................................... 33 Dialogue Post-Mortem (I) .................................... 37 Dialogue Post-Mortem (II) ................................... 41 Le Dévoreur .......................................................... 47 Dualité .................................................................. 51 9 Qui Vivra Verra Avez-vous déjà ressenti cette envie irrépressible de voler ? Ce désir inassouvi d’être aussi léger qu’une plume ? Imaginez… Tel un oisillon au bord de son nid douillet, havre de paix et de sécurité. Tremblant, vous contemplez cette immensité bleue pâle qui s’offre à vous ! Excitation ! Inquiétude aussi. Cette immensité, symbole de liberté et de dangers imprévisibles ; ce ciel vous nargue de son infinie volupté ! Épris de bravoure et de curiosité, vous vous avancez alors sur le rebord chaud et confortable du nid. Sentez-vous cette brise légère qui vous effleure le visage, hérisse vos plumes ? Elle vous rappelle l’aile rassurante de votre mère, l’hirondelle. Au loin, vos frères, qui ont déjà pris leur envol, vous font signe. L’air de dire : « Viens, c’est facile ! » Comme si une fois dans le ciel, nous étions libres. Libre ? Revigoré par ces œillades confiantes vous déployez vos ailes encore jeunes et tremblantes d’inexpérience. 11 Inspiration… Hop ! Le grand saut, enfin !… Wouahhhhhh !!!!!!! D’un coup, le vent vous gifle le visage tandis que votre corps chute inexorablement vers le sol… Cet amas dur et inhospitalier. C’est alors que vous comprenez ! Vos muscles se dérouillent enfin ! Vos ailes s’ouvrent aux vents et font corps avec leurs forces invisibles. D’un mouvement sec et régulier, elles vous permettent de vous redresser et d’éviter, d’un frôlement, l’asphalte grise et malodorante. Ces sensations vous remémorent vos excursions en parapente : si haut dans le ciel, les pieds dans le vide, le regard qui porte loin, le Soleil si près qu’on croirait le toucher, un peu comme Icare. Ô merveille de l’espèce humaine : pouvoir voler seulement soutenu par une bande de toile et quelques « ficelles » ! Vous découvrez enfin le sens du mot « libre » ! Lorsque votre corps ne fait qu’un avec le vent ; lorsque votre corps est si léger… léger comme l’air ; lorsque la bise vous caresse la peau à vous donner des frissons de plaisir ; lorsque votre esprit se vide et que vous ne pensez à rien d’autre qu’à l’ivresse ressentie !!! Non… À rien. A rien d’autre qu’à cette immensité bleu pâle qui ouvre la voie à une multitude de possibilités ! Comme si vous aviez enfin le choix… Le choix de vivre enfin libre ! Parmi les Éléments ! L’Air… Le Vent… La Terre… Comment peut-on ressentir toutes ces sensations ??? C’est… comme si on y était ? Si… réel. Le vent cinglant contre mon visage ?… Et ce choc si violent… Pourquoi ce voile noir ?… 12 Honnis soit qui mal y pense (Pièce en un seul acte) Un salon à la décoration moderne et luxueuse. Un homme d’une quarantaine d’années, élégant dans son costume de tweed, se tient au centre de la pièce. Occupé à lire le journal, il sursaute lorsque retentit la sonnette. Il se dirige alors vers la porte d’entrée et ouvre. Un homme grisonnant et modestement vêtu apparaît dans l’encadrement de la porte. Il sourit largement. Et s’avance. L’INCONNU Richard ?… Richard Creeks ? RICHARD, visiblement surpris. Oui… C’est moi-même… Vous êtes ? L’INCONNU C’est moi, Richard ! Samuel ! Samuel Connors ! Sam ! Le Binoclard ! RICHARD … Mais oui, bien sûr ! Sam, le Binoclard ! Le collège Saint-Martin, Cinquième F ! 13 SAMUEL Oui ! Oui, c’est ça ! Comment vas-tu ? Depuis le temps ? RICHARD Bien, bien !… Mais, je t’en pris… Entres-donc. Chérie ! Viens-voir un instant ! Mets-toi à l’aise, Samuel. SAMUEL Merci, Richard. Apparaît une magnifique femme, grande, élancée, au style sophistiqué. Son regard se pose sur l’inconnu et elle semble rassembler ses souvenirs à la recherche d’un indice lui permettant d’identifier cet homme. RICHARD Chérie, je te présente Samuel Connors. Un ancien camarade du temps où j’étais à Saint-Martin. Samuel, voici ma femme, Pétunia ! PETUNIA, courtoise. Bonjour, Monsieur Connors ! SAMUEL Madame, bonjour ! Enchanté de faire votre connaissance ! PETUNIA Moi de même ! Vous connaissez donc mon époux si je comprends bien ? 14 SAMUEL Oh oui ! À vrai dire, nous avons fait les quatrecents coups ensemble ! N’est-ce-pas, Richard ? RICHARD, gêné. Oui, oui, c’est exact ! De vrais chenapans ! (rire forcé) Mais, je t’en pris, assieds-toi ! Tu boiras bien quelque chose ? Whisky, Cognac ? SAMUEL, s’asseyant. Un Cognac, ça ira, merci ! RICHARD Chérie, peux-tu nous apporter deux verres à Cognac, s’il-te-plaît ? PETUNIA, obéissante. Oui, bien sûr ! SAMUEL, regardant Pétunia sortir de la pièce. Tu as une épouse charmante, mon vieux ! Je te reconnais bien là ! Tu as toujours eu du goût pour les femmes ! RICHARD, s’asseyant à son tour. Oui, je n’ai rien à redire là-dessus ! SAMUEL Vous avez des enfants ? RICHARD Oui ! Deux. L’aînée, Gabrielle, a treize ans. La petite dernière, Sarah, vient d’avoir ses neuf ans. 15
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