Témoignage fatal - Page 1 - Alexandra Caron Témoignage fatal Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 5 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0727-6 Dépôt légal : Janvier 2009 © Alexandra Caron L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit l’ouvrage. 6 C’était une nuit d’été où la température avoisinait les 35 degrés. Chris venait de passer la soirée avec Anaïs, sa petite-amie et ses meilleurs amis, Hillary et Richie, qui eux aussi formaient un couple. Ils étaient allé dîner comme chaque vendredi soir à la pizzeria où ils faisaient, comme le disait si bien Hillary, la meilleure pizza quatre fromages qui existe au monde. A la fin du repas, Chris, qui était le seul à posséder le permis de conduire, raccompagna ses amis au campus. C’était un garçon âgé de 20 ans, de taille moyenne, avec des cheveux blonds plaqués par une grande quantité de laque, ce qui lui donnait un air de petit garçon. Il avait abandonné le lycée avant de passer son bac, pour s’adonner à sa plus grande passion, la musique. Depuis déjà deux ans, il travaillait en tant que DJ dans une boite de nuit, située au cœur de Paris, « Le Ginlex ». Ses amis en revanche, avaient poursuivit leurs études et s’étaient rencontrés à l’université d’arts dramatiques de Paris. Anaïs et Hillary venaient d’un petit lycée de campagne où elles étaient déjà amies également avec Elodie et Erika. Toutes les quatre étaient très proches et solidaires dans toutes les situations. Hillary avait eut un coup de foudre immédiat en voyant Richie dans 9 une pièce de théâtre jouer le rôle d’un amoureux repoussé. Dès qu’il la vit, le coup de foudre fut réciproque. Quant à Anaïs, elle avait connu Chris grâce à Richie, les deux garçons étant meilleurs amis, tout comme les deux jeunes filles. Le père de Richie était le directeur de l’université, il possédait de nombreuses fortunes, le jeune garçon était donc issus d’une famille riche. La voiture s’arrêta devant la porte du hall d’entré de la fac. Hillary entraîna son petit-ami hors de la voiture après avoir souhaité bonne nuit aux deux autres. Ces derniers, se dirent au revoir, après quoi, Anaïs sortit à son tour du véhicule, qui quitta aussitôt le « dépose minute ». Quand les deux jeunes filles rejoignirent leur chambre en silence, Anaïs remarqua que Hillary, qui habituellement était un moulin à parole, n’avait pas ouvert la bouche de toute la soirée. – Il y a quelque chose qui ne va pas ? Demanda Anaïs. – Nan, tout va pour le mieux ! Lui répondit Hillary sur un ton ironique. – C’est à propos de Richie ? Il a fait quelque chose de mal ? – Le problème c’est que j’ai l’impression que notre relation est à sens unique ! Avant d’aller à la pizzeria, je lui aie demandé quels étaient ses sentiments pour moi. Il a esquivé le sujet en me demandant si ça m’intéressait d’aller voir le nouveau film de Spielberg au cinéma avec lui !! – Peut-être que c’est sa façon de te montrer qu’il tient à toi. Réfléchis, c’est un garçon, et on sait tous qu’ils ont du mal à dire ce qu’ils ressentent. Ça le gène, donc il te le fait comprendre autrement. Il adore 10 le cinéma, il veut partager sa passion avec toi, c’est touchant. – J’avais pas vu les choses de cette façon, ouais t’as raison, je m’en fais pour rien ! Se réjouit Hillary. Après cette conversation, elles rejoignirent toutes deux leurs lits et s’endormirent. Onze heures sonnèrent. C’était samedi matin, le week-end avait débuté, les deux seuls jours de la semaine où il n’y avait aucun cours. Les filles avaient bien l’intention d’en profiter et partirent immédiatement dans les rues de Paris, pour une journée shopping intensive avec Elodie et Erika. Richie et Chris quant à eux, avaient pour projet de préparer une fête surprise pour l’anniversaire d’Elodie qui allait avoir 19 ans. Ils décidèrent de louer la salle de représentation de l’université pour faire les choses en grand. La décoration était magnifique, un couché de soleil orange tapissait les murs jaunes de la pièce, quelques palmiers artificiels parsemaient le sol remplit de sable. Des colliers de fleurs hawaïennes attendaient les invités, à coté des boissons et des sucreries en grande quantité étalés sur un buffet de près de cinq mètres. Le soir venu, après avoir fait de nombreux achats, les filles remontèrent dans leurs chambres et dirent à Elodie de se changer pour aller dîner en ville. Une demi-heure plus tard, elles se retrouvèrent devant la salle où tout le monde patientait dans le noir total. Les garçons avaient invités tous les amis de la jeune-fille, ainsi que ses camarades de classe, qu’elle aimait beaucoup. Dès que la porte s’ouvrit, les invités bondirent de leur cachette en criant : « BON ANNIVERSAIRE ». La jeune-fille fit un bon en arrière et laissa paraître sur son visage un sourire 11 radieux, avec de belles dents blanches. Elle se remit de ses émotions, et profita de sa soirée en dansant, chantant et rigolant avec ses amis. Lorsqu’il se fut passé deux heures depuis le début, elle passa parmi les invités et remercia une par une toutes les personnes présentes à la soirée. Lorsqu’elle arriva près de Richie, un cri strident venant de l’extérieur résonna dans la pièce. C’était un cri d’homme. La musique avait été coupée et la salle était plongée dans un silence angoissant. Anaïs et Hillary furent les premières à sortir en courant vers l’endroit d’où venait ce hurlement, suivis par le reste des invités. Hillary se figea sur place. Elle venait de découvrir le cadavre d’un jeune homme qui à première vue s’était jeté du haut de son balcon. Ce garçon appartenait également à l’université et suivait les mêmes cours que les quatre amies. C’est pour cela que les deux filles étaient particulièrement affectées et que leurs petits-amis respectifs se précipitèrent pour les éloigner du lieu où était étendu le corps. La police arriva quelques minutes plus tard, suivie de l’ambulance du SAMU. Les enquêteurs posèrent quelques questions aux personnes présentes ainsi qu’à Richie et ses amis, et repartirent. La fête fut écourtée et tout le monde remonta dans les dortoirs. Elodie, Erika, Hillary, Anaïs, Chris et Richie étaient restés dans la salle vide où un silence de plomb régnait. – Il avait l’air tellement équilibré ! Qu’est-ce qui a pu le pousser à faire une chose pareille ? Je n’y comprends vraiment rien. Murmura Elodie encore sous le choc. – Peut-être qu’il avait des problèmes personnels et que sa joie n’était qu’une façade. Tu sais, c’est souvent le cas chez les jeunes. Mais j’avoue que je ne 12 comprends pas plus que toi son geste, surtout je ne comprends pas pourquoi il a crié. Lui répondit Hilary dans l’espoir de lui remonter le moral. – En tout cas, je suis vraiment désolé que ce soit arrivé le soir de ton anniversaire Elodie. J’espère que ça ira. – Merci. Je pense que ça va aller. Ah oui, c’est vrai, je ne vous aie même pas remerciés pour la fête. C’était vraiment super, et le décors est magnifique, tout ce que j’adore était réuni, ça me touche beaucoup, je ne sais pas comment vous remercier pour cette surprise géniale, je ne m’y attendais pas du tout ! – Une bonne surprise mais bien ratée au final ! Râla Richie. – Il faut se consoler. Notre sort n’est pas pire que celui de Greg. Répliqua Anaïs. Greg était le nom du jeune qui venait de mourir. En effet, tous approuvèrent d’un hochement de tête en guise de oui. Ensuite, ils se souhaitèrent mutuellement une bonne nuit et retournèrent dans leurs chambres. Anaïs et Hillary qui s’assirent sur leurs lits, continuèrent la discussion. – Tu crois que c’est un suicide ? Moi ça me paraît un peu louche, il vivait heureux et avait encore toute sa famille. Ça n’a aucun sens. Puis pourquoi a-t-il crié ? Et si… La phrase d’Anaïs fut interrompue. – Nan, tu ne penses pas que ça pourrait être un meurtre. Pas ici, et puis qui pourrait lui en vouloir ? Il était tellement gentil ! Coupa Hillary. – Il y a toujours des gens qui sont jaloux. – Aller arrêtes de délirer ! On ira voir au commissariat demain pour connaître le résultat de 13 l’enquête. Maintenant, je pense qu’on a eu assez d’émotions pour ce soir ! Bonne nuit et éteins cette lumière. Le lendemain matin, elles se rendirent toutes les deux au poste de police de Paris et demandèrent l’inspecteur Wood, qui était présent la veille, lors du drame. – Bonjour inspecteur. Je m’appelle Anaïs et voici Hillary. Nous sommes des amies de Greg, le garçon qui est mort hier. – Très bien. Que puis-je faire pour vous mesdemoiselles ? – Est-ce que vous savez s’il s’est suicidé ou non ? Parce que mon amie, Anaïs, pense qu’il n’est pas tombé tout seul, que quelqu’un l’a aidé à passer la rambarde. Si vous voyez ce que je veux dire. Bougonna Hillary. – Eh bien habituellement je ne communique pas avec les proches d’une victime sur l’affaire en cours mais votre amie n’a peut-être pas tord ! L’autopsie a révélé que le jeune homme, avant de tomber, s’était prit un coup mortel sur l’arrière de la tête, la chute n’était peut-être qu’une diversion. – Tu vois, je te l’avais dis. Je savais qu’il n’était pas du genre à se suicider. Et vous pensez que c’est un assassinat ? Questionna Anaïs. – On est encore sûrs de rien. Le problème, c’est que nous n’avons aucune piste pour le moment. Cet après-midi, des agents et moi allons retourner sur le lieu de l’accident pour vérifier tous les détails de la scène. Dit l’inspecteur. 14 – Si j’en crois ce que vous dites, il y a un assassin dans le campus, c’est bien ça ? Demanda Hillary, un peu effrayée. – C’est fort possible. Surtout ne le dites à personne, car si le coupable l’apprend, je pense qu’il pourrait essayer de nous mettre des bâtons dans les roues. D’accord, j’ai votre parole ? L’inspecteur leur fit promettre de ne rien dire. – Très bien on ne dira rien. Répondirent les deux filles. – Même pas à vos amis ! C’est bien compris ? – Oui, ça va, on a comprit ! Bonne journée monsieur ! Rétorqua Hillary de façon agressive. Une fois sorties, elles réalisèrent que dans leur entourage, il y avait certainement un meurtrier. Elles s’arrêtèrent à un café, pour parler de ce qu’elles venaient d’entendre. Anaïs choisit une table isolée pour éviter d’être entendue. La serveuse prit leur commande et la leur apporta. La conversation pouvait commencer. – C’est vraiment une histoire de dingue, tu ne trouves pas Anaïs ? Le pire, c’est que le tueur peut être n’importe lequel d’entre nous ! – Tout d’abord, il faut se calmer et procéder par élimination. Toutes les personnes présentes à la fête, qui étaient là au moment où Greg est tombé sont à éliminer de la liste des suspects. Ça ne peut être ni toi, ni moi. Donc l’important, c’est de se faire confiance et de tout se dire comme d’habitude. D’accord ? Rassura Anaïs. – D’accord. Aucun problème. Mais entre nous, qui est-ce que tu soupçonnes ? Demanda Hillary. 15
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