Trucullasseries - Page 1 - test Luc PETITCOLLOT Trucullasseries Poésies Editions Editeur Indépendant 75008 Paris - 2007 2 Le Code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation de ses ayants droits. Toute reproduction, partielle ou totale, de la présente publication est interdite sans autorisation de l’auteur, de son éditeur, ou de Centre Français d’exploitation du droit de copie (CFC, 3 rue Hautefeuille, 75006 PARIS) Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L.122-5, 2° et 3° alinéas, d’une part que des copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite (Article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. © Editions Editeur Indépendant – 2007 ISBN 10 : 2-35335-046-1 ISBN 13 : 978-2-35335-046-9 Dépôt légal : janvier 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 3 Au curé de Meudon 4 PREFACE C’est avec plaisir et en toute « amourtié » que j’écris cette préface pour l’auteur de ce recueil de poèmes, car quoi de plus réjouissant pour la pensée que ces « truculasseries accumoncelées » au cours de toutes ces années où il s’essayait à l’écriture dans des textes courts mais denses. Nous éprouvons une grande complicité née du partage d’une solide culture classique, que nous trouvons à l’œuvre dans ses textes poétiques qui s’inscrivent tout droit dans la tradition qui va de Villon à Baudelaire, mais aussi complicité bien Rabelaisienne de ces soirées ou l’ambiance musicale de ses chansons crée le cercle invisible entre joyeux compères réunis, pour ripailles, « ventrailles » et libations. Quoi en effet, de plus épicurien que bonne chère, bons vins et bons textes qui s’entrechoquent entre bons amis, mêlant aux plaisirs terrestres les plaisirs de l’esprit. 5 Plaisir jubilatoire qui jaillit de la maîtrise du jeu sur le sens, passe-passe des jeux de double sens qui s’égrènent au fil de sa plume. Nous espérons que tous ceux qui s’aventureront dans la lecture de ces truculasseries s’y réchaufferont le cœur comme dans l’ « amourtié » ou soigneront la morosité de l’existence par le rire qui jaillit de toutes ces peintures satyriques des relations humaines ou des personnages hauts en couleur comme « la pochtronne ». Satyres dont n’est pas exclu une certaine violence qui peuvent choquer les bien pensants… Aussi, trop sérieux s’abstenir ! Yvette Janty 6 1. La bougresse On peut dire que la bougresse N’était pas avare d’ses fesses, Elle dispensait aux exclus, Tous les charmes de sa vertu. A confesse m’sieur l’curé Lui dit très contrarié : « Faire l’amour pour rendre service Sans le fric, ça c’est du vice ! » Pour pénitence vous m’frez L’amour, et vingt Ave J’vous payerai ça s’ra honnête Avec l’argent d’la quête. La bougresse tenant parole, Pénitence elle a tant fait, Qu’on vit l’abbé ruiné Et crever d’petite vérole… La bougresse à l’hôpital 7 S’étant tant et tant donnée, Qu’elle fut miraculée, C’qui nous prouve qu’y a une morale. Hommes de paille, vous les curés, Dans vos yeux voyez les poutres, Au lieu d’nous prêcher la paix, Feriez mieux de nous la foutre… On peut dire que la bougresse N’était pas avare de con-fesses, M’sieur l’curé s’il revenait Pourrez sûrement nous en parler. 8 2. Louons, la chasse Amis, louons la chasse, Car les joies qu’elle procure Pour des esprits sagaces Vaut bien qu’elle perdure. Chaque année faut l’avouer, J’attends son ouverture, Astiquant comme un damné, Les armes de ma luxure. Quand le viandard s’en va Le gros gibier chasser, Chez sa bonne femme, j’me va, Du peu, la consoler. Il tire ses coups d’fusil Moi, j’tire dans son lit, Même si ça manque de classe, Faut bien tirer la chasse ! Il joue du corps dans les bois, 9 Moi, j’joue du corps dans ses draps. Qu’il soit ou non bredouille, J’ai bien vidé mes douilles ! Et toute la contrée, Se fend d’un rire énorme, Quand il sort son trophée Paré de belles cornes. Amis, louons la chasse, Car les chasseurs bon as, Laissent aux logis leurs dames, Nous laissant l’choix des armes ! 10 3. Recette des nouilles au gratin Les nouilles s’embrouillent, dans la casserole Prends donc la queue, si ça t’console, Attise le feu et remue-les, Pour éviter qu’elles soient collées ! Mais tu t’affoles, grande folle Les voyant molles Faut les chauffer et les goutter Des que c’est chaud, faut pas tarder Sortir le plat Et le beurrer Enfourner fort thermostat, Dans le four qu’attend que ça ! Ajoute comme nos grands-mères Un juste soupçon de gruyère Et tu auras, oui, c’est certain Des nouilles, le meilleur du gratin. 11
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