Spleen Family - Page 2 - test Spleen Family 3 Gentils fous livres du même auteur : - Croquis féminins, Portail du Livre, 2005. - Désirée de Montello, Pawedit, 2005. - Deux ours et la lune, Pawedit, 2005. - Deux histoires au bord de la mer, Pawedit, 2005. - Le retour des copains, Atlantica, 2006. - Croquis de rugby, Pawedit, 2006. - Dieu sera Web !, Pawedit, 2007. - Voyage en Asile colis, Pawedit, 2007. - Il faut sauver le soldat Jules, Edilivre, 2007. - L’idée de la joie, Edilivre, 2008. - Ils ont enterré Ben Barka, Edilivre, 2008. - L’année magique avec Fabien Jans et Eric Gleyze, Editeur Indépendant, 2007. Site : http://www.loygue.com/ Blog : http://jeansebastienloygue.blogs.courrierinternational.com Jean-Sébastien Loygue Spleen Family Brèves du Sud Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2008 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0554-8 Dépôt légal : novembre 2008 © Edilivre Éditions APARIS, 2008 6 SOMMAIRE Biche ............................................................. C’est maintenant ou jamais ! ........................ La blouse bleue, la blouse blanche ............... Quand quelque chose vous dit :.................... Pierre Jean Geoffroy chargé par un bouc ! ... J’en ai oublié le dentiste ! ............................. Spécialiste de l’inconnu ! ............................. Le vieillissement du parquet qui s’est fait pavillon .................................... Nous aurons un hiver aussi froid que fut chaud l’été… .................................... Autrefois, on disait « chambre de bonne »… La « toulousaine » où les étudiants comme palombes nichent… ......................... Heureuse à la petite semaine qui nous la ramène… .................................... C’est avec retard que je t’ai dans mes bras… Spleen Family… ........................................... La petite ville à qui sa taille va… ................. Une musique d’arbre ! .................................. 11 13 15 17 19 21 23 27 29 30 35 37 41 43 45 47 9 La table du Père ........................................... Cette maman avait un enfant étrange…....... Fuck la mort !............................................... Philippe est parti. ......................................... Ne te découvre pas d’un bouton d’or en avril La jambe de rage !........................................ Piqué ces bribes de poésie…........................ La nuit où va craquer l’orage ....................... La jolie soupe au potiron du blé................... La seule aubaine qui harde…....................... Les questions muettes des tournesols .......... Cet été ne ressemblera à aucun autre… ....... Grand et petit................................................ Petite souris .................................................. Les trompettes de la renommée ................... Nicolas Bouvier ........................................... Les nouvelles qui besacent........................... Un cœur simple ............................................ Cœur conscient d’autrui ............................... Le coin des lèvres du père............................ Grands parents maternels ............................. Un minuscule aveu de gourmandise ............ A l’abri du silence ........................................ On se souvient de Konrad Lorenz................ Chez nous, la terre est courte ....................... Le talisman de la maman ............................. Crapaud ........................................................ Le charpentier d’Italie.................................. La manche de la parka jaune........................ L’homme au bout du chemin ....................... 10 49 51 53 55 57 59 61 65 69 71 73 75 77 79 81 83 87 89 91 93 95 97 98 103 105 107 109 111 117 123 Biche Tôt debout, que faire ? Pauline prend un café, puis sa guitare par le manche, sort, s’assoit sur un muret, joue penchée sur ses cordes. Une heure durant. Après quoi elle lève les yeux vers le grand cèdre de l’est. Une herbe plus tendre que celle de plein champ pousse à l’abri de ses branches. Un reste d’humidité de la nuit entretient là une rosée qui la maintient en vie. Que voulez-vous qu’il se passe le matin à cet endroit ? Et bien une « biche » ! Elle vient brouter. Lorsque Pauline cesse de jouer, elle lève son cou, dresse ses oreilles. Balance sa tête. On dirait qu’elle mâchonne : « Cela fait une heure que je t’écoute. Pourquoi t’arrêtes-tu ? Tu faisais l’herbe bonne… » Pauline reprend sa chanson des cordes. 11 C’est maintenant ou jamais ! Une jolie expression de la pitchounette, il y a trois jours, alors que je la ramène de son entraînement au Code. Nous remontons la colline. Il fait nuit. Un tracteur dans un champ, phares allumés. Notre voisin retourne sa terre. Il va pleuvoir… Pauline dit : – Ils doivent sans cesse penser : « C’est maintenant ou jamais… », les agriculteurs. Il ne se passe pas un jour où ce ne soit pour elle aussi « maintenant ou jamais… » 13 La blouse bleue, la blouse blanche Daniel est un chef de petit atelier automobile à Pavie, village du Gers. Un appentis, quatre ouvriers. La campagne et sa douceur, la tradition et sa lenteur. Sa dévotion aux mécaniques et aux choses… Et bien, la fille de Daniel vient d’entrer à l’Ecole du Louvre à Paris ! – « Elle a décidé cela quand elle avait huit ans !! » Me dit son père, pendant qu’il change une bougie de pré chauffage à un tracteur. Il est joyeux, Daniel, et toujours se pose la question des causes. Ce qui le fait heureux et sautillant d’un moteur à l’autre. Et secourable aux paysans, au « crin crin » que font les grains lorsque la moissonneuse les souffle par ses tuyaux dans les bennes au bord du champ, aux braves gens, à chacun. Il monte à Paris dès qu’il peut, Daniel. Retrouve sa blouse le reste du temps. Sa fille Chloé descend dès qu’elle peut. Repart sous sa blouse le reste du temps. Celle du père est bleue + cambouis. Celle de la fille est blanche + toiles d’araignées de resserres. 15 Dans les caves des musées nationaux où des donations oubliées l’attendent. Ainsi moisissaient les vieux foudres du Monsieur Flûteau de mon enfance, en Champagne, avant que n’en pétille à nouveau la mousse… L’appellation contrôlée de son coin de terre tardait (« Éléphant majesty »). Il attendait le regain. Il vint. Daniel sable le sien ! 16
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