La corde d'argent - Page 1 - test OMDF La corde d’argent Ouvrage présenté par l’Organisation Maçonnique de France Edilivre – Éditions APARIS 3 Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20 rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2007 ISBN : 978-2-35607-024-1 Dépôt légal : Juillet 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 Présentation L’Ordre Maçonnique de France, né en 1994, a publié le premier numéro de son bulletin trimestriel « la Corde d’Argent », en septembre 1995. Pourquoi tout d’abord avoir choisi ce titre : « La Corde d’Argent » Nous lisons dans « l’Ecclésiaste », chapitre 12, paragraphes 5, 6 et 7 : « …Car l’homme s’en va vers la maison de son éternité et les pleurs parcourent les rues ; Avant que se rompe le cordon d’argent et que se brise l’ampoule d’or, et que la cruche se casse à la fontaine et que la poulie se brise dans la citerne, et que la poussière retourne à la terre comme auparavant et que le souffle retourne à Dieu qui l’a donné ». Cette relation est celle de la mort de l’homme de chair, lorsque le « cordon », reliant le corps physique au corps éthérique se brise, entraînant la mort du corps physique qui s’apprête alors à retourner à la 7 poussière. Ce « cordon » véhicule donc la vie. C’est cette vie dont nous souhaitons que notre bulletin entretienne entre l’Ordre Maçonnique de France et ses membres. Le présent ouvrage présente 35 thèmes de réflexions au travers desquels le lecteur pourra, tout à la fois, percevoir l’évolution de notre institution et se faire une idée, tant de l’esprit qui l’anime que des objectifs qu’il poursuit. Pour le profane il sera comme une vision de l’image de la Franc-maçonnerie traditionnelle, bien différente, lui semblera-t-il peut-être, de celle que lui présente souvent l’information médiatique et, pour la Franc-maçon, une occasion d’approfondir sa propre réflexion à l’aune de quelques idées parfois inaccoutumées. 8 Premier numéro Septembre 1995 (E. V.) marque le commencement de la deuxième année de notre existence. Considérant que la première année fut employée à nous organiser, nous pouvons dire que cette année maçonnique qui s’ouvre est la première où l’ORDRE MAÇONNIQUE DE FRANCE va travailler normalement. Certes notre développement est encore bien modeste mais nos espoirs sont grands. Mais ne nous trompons pas d’objectif, le développement numérique n’est pas le but que nous poursuivons. L’important est de réunir des Êtres de qualité, pour lesquels la fraternité est la conséquence naturelle d’une communion spirituelle profonde et sincère à la mesure de chacun. Tant vis-à-vis de l’homme de la rue que vis-à-vis de l’ensemble de la communauté maçonnique, ayons 9 à cœur de refléter les hautes aspirations vers lesquelles nos rites guident nos réflexions. Ayons à cœur aussi d’être scrupuleusement fidèles aux engagements qui président à notre état de Maçon libre au sein de l’ORDRE MAÇONNIQUE DE FRANCE. Nous avons pensé qu’il était nécessaire, dès à présent, de mettre sur pied une liaison formelle, qui puisse nous apporter des informations et nous permettre des échanges. Cette liaison sera donc « LA CORDE D’ARGENT », dont ce bulletin est le premier numéro et dont la parution correspondra à chaque trimestre de l’année maçonnique. Regardons vers le haut avec foi, que les difficultés que nous allons rencontrer ne désarment pas notre espérance et que les maux que nous éprouverons ne nous dispensent pas de notre devoir de charité. « Corde d’Argent » N° 1 – Septembre 1995 10 Le Maçon libre dans la Loge libre Il ne faut pas croire que cette double affirmation de liberté, est perçue de la même manière par tous les Maçons. Certains, arguant de la nécessité pour tout maçon « véritable » de « croire » au « Dieu révélé » des religions, contestent, par voie de conséquence, la liberté du Maçon. Ceux-là récusent aussi la liberté de la Loge, car ils conçoivent l’Ordre comme un système formel et structuré, dont ils estiment détenir le gouvernement. D’autres estiment que si liberté il y a, elle doit être totale, et dénoncent comme dogmes toutes les obligations limitant ou canalisant cette liberté. C’est ainsi que l’Ordre Maçonnique de France, qui tout en considérant cette double condition de liberté comme fondamentale, précise que néanmoins certains points sont de stricte nécessité, tels : le respect absolu des Rites traditionnels, le caractère déiste de ces Rites, et enfin l’obligation d’effectuer les travaux « à la Gloire du Grand Architecte de 11 l’Univers », s’expose aux remarques critiques des uns et des autres. En effet, les uns dénoncent comme une libéralité fâcheuse et perverse, au regard de ce qu’ils appellent la régularité, le fait que nous parlions de déisme au lieu et place de théisme, dans le même temps où les autres dénoncent comme un dogmatisme, le fait d’imposer le déisme, le respect absolu des rites et surtout l’invocation du Grand Architecte de l’Univers. Nous constatons là combien il est difficile de réunir ce qui est épars, et la question se pose d’ailleurs de savoir si une telle tentative de réunion ne constitue pas un facteur d’altération si l’on s’acharne à unir ce qui se veut différent. Mais ce propos est seulement de tenter de discerner si les contradictions ou les errements que l’on peut nous reprocher sont vraiment fondés. Ceux qui aiment peindre, on fait l’expérience du sentiment de liberté, en même temps que du pouvoir de créativité que l’on peut éprouver devant une toile vierge. À cet instant, tout est possible. Cependant, plus on avance dans la réflexion, plus l’on devient hésitant, car on pressent alors que cette liberté va aller s’amenuisant dès l’instant où le premier coup de pinceau sera donné. Dès cet instant les contraintes ne cesseront de croître, et ce au fur et à mesure que la peinture s’élaborera. Mais avant cela même, la première des contraintes que rencontre le peintre, est de choisir la toile et de régler les proportions du dessin à ses dimensions. 12 Que peut-on déduire de cette analogie ? Plusieurs choses sans doute mais tout d’abord cette évidence : La liberté absolue est une abstraction, alors que toute existence, sitôt qu’elle se manifeste, engendre des choix, lesquels en se succédant engendrent des systèmes. Cette succession d’événements est constructive si elle est ordonnée, mais destructive dans le cas contraire. C’est pourquoi notre liberté, n’est pas de ne rien faire ou de laisser se faire les choses hors de notre réflexion, et n’a de véritable valeur pour notre cheminement que si elle nous porte, constamment, à nous déterminer dans tel ou tel sens, en veillant si possible à ce que la suite de ces sens ne se contredisent pas, mais nous conduisent à la connaissance par une succession de vérités. C’est pourquoi notre cheminement, s’il se veut harmonieux, ne peut se dérouler que dans un cadre prédéterminé, ordonné. Ceci est la première raison qui explique que l’Ordre Maçonnique ne puisse s’exprimer hors rituels et qui justifie en outre l’obligation de les respecter. Le rituel est en quelque sorte le cadre dans lequel nous nous mouvons. Reste à régler les proportions par rapport à ce cadre, c’està-dire à conformer nos réflexions par rapport au rituel. Ici l’analyse est fort simple et il n’est nul besoin d’être expert en histoire de la maçonnerie pour savoir que, sous diverses expressions, que chacun interprétera à sa guise, le principe déiste est inhérent à tous les rituels, et que ce n’est surtout qu’à partir 13 du XIXe siècle que des modifications y ont été opérées. Encore faut-il souligner que le phénomène chirurgical fut spécifiquement franco-français. Une conclusion s’impose donc : le respect des rituels déistes pour travailler à la gloire du Grand Architecte de l’Univers est autant ou pas plus un dogme que ne le sont les obligations qui s’imposent à l’artiste peintre. Il nous reste à analyser l’absence de liberté du Maçon à qui l’on imposerait, non plus le principe déiste, mais l’obligation théiste. Ici nous mesurons le danger du terrorisme intellectuel qui dans notre monde contemporain et dans des domaines divers : religieux, politiques etc., menace l’individu, parfois sous couvert du fallacieux prétexte de préserver ses droits et sa liberté. En effet et pour rester simple, posons que se dire déiste c’est reconnaître le principe d’une Entité, d’une Cause première non définissable, transcendant notre condition humaine, alors qu’être théiste c’est reconnaître cette Entité en lui donnant une définition. La différence entre les deux termes c’est, au choix : la connaissance, la foi, la croyance, l’intuition, le pressentiment, l’éducation… que chacun puise où il veut et y rajoute si bon lui semble. Mais à cause de cette différence de perception, les hommes s’entre-tuent depuis des millénaires, et du seul point de vue maçonnique force nous est 14
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