Aube-épine - Page 1 - test Aube-épine 3 Caroline PETITAT-ROBET Aube-épine Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2008 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-0258-5 Dépôt légal : Décembre 2008 © Edilivre Éditions APARIS, 2008 6 À ma mère À mes enfants : Charlotte, Jean et Pascal 9 « La force est aux sources, je veux y aller. » Lacordaire 11 Sommaire PROLOGUE........................................................ 15 CREPUSCULE ................................................... 17 PENOMBRE ....................................................... 41 AUBE .................................................................. 103 EPILOGUE ......................................................... 139 13 PROLOGUE Août 2006 Fin de matinée dans un cimetière de campagne. L’air est inhabituellement froid. Je frissonne sous ma robe blanche. Le ciel à l’horizon, gonflé de nuages noir-bleutés. Il tombe quelques gouttes. La pierre tombale à demi glissée vers l’arrière. On aperçoit la cavité peu profonde. Tout est prêt. Nous sommes dix en arc de cercle, serrés l’un contre l’autre. Apaisement. Je repense à cette aventure commencée il y a quatre ans. Hantise. Je voulais savoir le pourquoi de la souffrance de mon père, celle dont j’avais hérité. Interviews, lectures, recherches insensées. Hors du temps. 15 Un jour de Pâques j’avais pris la plume : « Enfant, son silence me déroutait. Son sourire m’apaisait. Sa souffrance me faisait mal. Ce combat intérieur a fait éclore un engagement. A sa mort j’ai vu quelque chose d’extraordinaire. L’étau se desserrait, la vie gagnait. Derrière la souffrance, j’entrevoyais les perles. Alors avec un grand désir, j’ai ouvert les coffres. De découverte en découverte, un immense champ s’ouvrait. Inondée de sa vie recelée dans ce passé qu’il gardait enfoui comme un trésor. J’aspirais l’élan perdu et retrouvé. Mon être s’enracinait dans une histoire. Sa dépression prenait sens. Et moi, je commençais à devenir autre ou plutôt moi-même ». Nous sommes dix en arc de cercle. La musique de harpe s’élève du petit magnétophone posé sur le rebord du caveau. Elle ruisselle dans l’air, pénètre nos poumons. Le coffret qui contient la broche, enveloppé de dentelle, descend lentement dans la terre, retenu par un ruban blanc. Tout est bien. Sur le chemin du retour, les plus jeunes d’entre nous m’interpellent : « Ton livre, je veux le lire ! ». 16 CREPUSCULE 17 Pourquoi ces photos sombres, ces tableaux poussiéreux, partout sur les murs de notre demeure ? Les innombrables lettres enfermées dans les tiroirs de son bureau, me semblaient sacrées, couvrant un mystère étranger à l’enfant que j’étais. Depuis toute jeune, ces questions voguaient dans les nuées de mon esprit rêveur et distrait. Un matin elles émergent comme des îlots après la marée. Je me lève en sursaut. 18
Aube-épine - Page 1
Aube-épine - Page 2
wobook
edilivre.com