Opération fantôme - Page 1 - test Pascal Berthe Opération fantôme Roman Edilivre – Editions APARIS Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d'exploitation du droit de Copie (CFC) 20 rue des Grands-Augustins - 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 /Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2007 ISBN 13 : 978-2-917135-40-2 Dépôt légal : Juin 2007 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. CHAPITRE I Mars 1968, île Tanh Ding, Vietnam. L’hélicoptère quitte la cime feuillue des arbres que les rotors agitent comme la surface de la mer. Encore quelques vagues dans le feuillage, puis cela se calme. Il monte vers le ciel et dans une embardée contrôlée, il fonce vers le nord et disparaît. Le silence prend alors place durant quelques minutes, puis le fond sonore émit par la faune se réinstalle comme s’il ne s’était rien passé... Mais pourtant, nous sommes là . Tapis au sol, dans la jungle luxuriante et étouffante qui nous entoure, nous ne bougeons pas. Nous sommes invisibles temps notre camouflage est au point. Nous restons ainsi presque une heure sans remuer, sans émettre un son : Respirons-nous seulement ? Puis, sur un mouvement du poing du «Wheel» (L’officier commandant du groupe), c’est le regroupement. 7 Le capitaine John F. Lawrence, «Seigneur» de son nom de code, fait un léger signe de tête, c’est le départ. Nous marchons pieds nus pour ne pas laisser de traces, nous ne faisons aucun bruit. C’est Steve Barley dit «Dragon» qui ouvre la piste. Nous sommes en pleine opération, celle-ci porte le nom de «Bold Dragon III». Notre mission, simple, comme d’habitude et selon la devise, Sat Cong, détruire du communiste. Cette fois, après les renseignements que nous a fourni L’U.D.T (Navy’s Underwater Démollition Team) nous allons détruire des bunkers sur cette île. Il s’y trouve aussi une manufacture d’armes du Viet cong et peut-être des réseaux de tunnels souterrains. Normalement, nous devrions nous en donner à cœur joie ! C’est comme ça que ça devrait marcher, mais cette fois, c’est différent... Cela fait maintenant une bonne heure que nous marchons quand Dragon s’arrête et lève la main. Nous stoppons sur place et nous nous accroupissons. Seigneur le rejoint sans bruit malgré son imposante carcasse, et ils conversent. Tout le groupe comprend car personne ne parle mais tout le monde regarde. Silence and Reliance, c’est ainsi que nous discutons lorsque nous sommes en opération, par langage gestuel. Le POWER TRAIN Expert en explosifs, Sergent Teddy Lee Marvin dit «Stentor», accompagné de son Rigger qui supervise la pose des charges, le caporal Phil Rain dit «Bad Black», sont appelés. Ils 8 rejoignent le groupe de tête tandis que Fred Neckerman dit «Blue-Bird» présent en temps qu’opérateur radio, et moi même nous éloignons de notre piste pour marquer un périmètre de sécurité. Seigneur et Dragon font de même à la pointe. Nous laissons travailler les spécialistes du nettoyage par le vide qui minent maintenant un complexe de Bunkers vides... Je m’appelle Jimmy Richardson, «Satan» au sein du groupe. Je fais partie depuis deux ans d’une unité de la Navy S.E.A.L (SEA=MER, A=AIR, L=LAND=TERRE), c’est à dire d’une équipe d’infiltration avancée, mais ce n’est qu’une couverture. J’ai fonction dans le groupe D’armement lourd, je suis armé d’un M63AI Stoner très efficace dans les combats rapprochés, genre de combats dont nous raffolons, bien que le couteau nous amène plus de plaisir, bien entendu, avec notre K.Bar, poignard de ces forces spéciales, nous pouvons sentir le dernier souffle de notre proie. Mais le Stoner est plus efficace lorsqu’ils se baladent en groupes, en cellules comme disent les Congs. Nous sommes une unité de destruction et tous les autres soldats de tous corps nous prennent pour des dingues, dinki dau!" Comme on dit ici. C’est un peu vrai, et nous faisons ce que nous voulons, personne ne nous ennuie. Nous opérons souvent en Terre brûlée, c’est à dire que nous n’avons plus aucun 9 contact du départ au retour de nos missions. Personne ne sait jamais réellement où l’on se trouve et ce que l’on fait. Mais les résultats sont rapidement connus, nos exploits font beaucoup de mal aux ennemis. Les congs nous surnomment Green Facet Men, les hommes aux faces vertes. Et ils nous craignent, ils nous craignent vraiment. Ca y est, Seigneur lève le bras, c’est le départ. Les explosifs sont en place et ils sauteront dés que quelqu’un tentera de rentrer dans l’un des Bunkers. Nous sommes vraiment des pros, dommage que tout doit se terminer là ... 10 CHAPITRE II La nuit tombe, nous n’avons trouvé que quelques bunkers vides, mais maintenant, nous sommes aux abords d’un petit village que nous surveillons de près. Seigneur nous a fait comprendre que celui-ci lui paraissait suspect. C’est possible, le Viet Cong est partout, mais je crois surtout qu’il veut assouvir ses besoins sanguinaires. Dieu fasse qu’il en profite... Pourtant, notre patience et la pénombre semblent lui donner raison, nous avons remarqué trois «Pyjamas noirs» qui sont entrés dans le camp. Ca, ce ne peut-être que du Cong. Ca y est, c’est l’heure. Nous quittons nos positions et nous rampons jusqu’au village qui ne compte que quatre paillotes. Dragon et Blue-Bird contournent l’objectif, Bad Black (qui est noir et mauvais comme son surnom l’indique) et moi prenons le sentier par lequel sont arrivés les trois Congs, tandis que Seigneur et Stentor foncent droit devant eux. 11 Tout est calme lorsque nous entrons dans le village, mais quelque chose est étrange, il y a deux sentinelles. Un village de paysans n’a pas besoin d’une surveillance nocturne, surtout armée. Les lames de 20 centimètres des K.Bars du capitaine et de Blue-Bird tranchent silencieusement les gorges des gardiens qui s’endorment à tout jamais. Pendant une vingtaine de minutes, nous vidons sans bruit les corps de leur vie. Quatorze personnes sont égorgées en plus des sentinelles sans qu’aucune ne se réveille. Six hommes dont deux vieillards, quatre femmes et quatre enfants ne s’éveilleront plus jamais. Seigneur a fait garder trois prisonniers, dont une jeune fille à laquelle il fera subir lui-même l’interrogatoire poussé. Le viol est une manière à lui de se calmer, mais il assure que le viol d’une Viet ne peut prétendre à cette appellation. « Pour violer une femme, il faudrait que cela en soit une ! Et les congs ne sont pas des humains ! » Répète-t-il souvent. C’est vrai, Seigneur John F. Lawrence est devenu plus qu’insensible à force d’opérations, il n’a aucune pitié et aime rire de son sadisme. J’ai même pu lire un rapport selon lequel il aurait plusieurs fois fait usage du Fragging, ce qui est beaucoup plus grave aux yeux de l’armée que les éventuelles bavures sur le peuple Viet. Le Fragging, c’est se débarrasser de quelqu’un de son groupe lors d’une opération (souvent une autorité 12 supérieure un peu trop gênante) et faire porter le chapeau aux congs ou à la malchance. Je n’assiste pas aux interrogatoires, et malgré les atroces tortures que les SEALS font subir aux trois prisonniers rescapés, quasiment aucun son ne sort de la casemate où ils se sont installés. Il est vrai qu’avec nos méthodes, nous sommes passés maîtres dans l’art des interrogatoires. Quand Seigneur vient me voir pour le départ, ses vêtements sont couverts de sang, il grimace, ce qui pour lui équivaut à un sourire, mais il n’a rien obtenu, aucun renseignement « Satan ! Me souffle-t-il en s’approchant, on est en train de piéger ce merdier, je n’ai rien pu savoir avec les prisonniers, mais Blue-Bird dit qu’il y a des traces qui partent vers l’Est, on va les suivre. » Il m’informe tout en essuyant la lame de son K.Bar sur le pantalon de son treillis. Je fais un signe de tête affirmatif et il repart. C’est très rare qu’il parle et je dois dire que cela me fait du bien, c’est certainement la dernière fois que j’entends sa voix. Le groupe s’enfonce dans la nuit et nous allons quitter les herbes à éléphants pour nous enfoncer de nouveau dans la jungle étouffante qui est notre « Chez nous. » Notre excursion ne doit pas durer plus de trois jours, mercredi, à six heures, nous devrons être au point de rendez-vous Alpha : là un bourdon (hélicoptère) nous relèvera et nous ramènera au 13 camp de base. Si nous ne pouvons y être à l’heure dite, nous devrons monter au Nord, point Charlie, et… « Merde ! Que se passe-t-il ? ! » Bad Black qui est en tête vient de stopper, nous nous confondons le plus possible avec la nature et nous attendons. Je le vois se pencher, il se relève et nous montre son inquiétude par un signe. Des mines. Nous sommes sur un champ de mines. Bien que nous n’ayons rien trouvé dans ce village, celuici est bien un repaire de Viets Congs ou encore, une sonnette (un point anodin qui cache autre chose et qui a pour rôle de prévenir les cellules de combat de toute activité étrangère), c’est évident maintenant. Ca me soulage un peu d’être sûr d’avoir tuer des salauds, je n’ai que peu de scrupules, mais je dors un peu mieux lorsque je sais que les gens que nous avons massacré ne sont pas totalement innocents dans cette guerre merdique. De plus, et le groupe le sait, je ne m’occupe jamais d’enfants, ce que Seigneur préfère, et peu souvent de femmes. Putain ! Quatre mines en chaînes viennent d’exploser. Bad Black est touché, juste à l’orée de forêt ! C’est à moi de jouer, mon Stoner est armé, je fonce discrètement en pointe. Le son bien spécifique des tubes des mortiers se mettent à tonner. Et merde, ça y est, nous sommes pris sous le feu ennemi. Nous fonçons vers les arbres qui seront 14
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