ROMAN Daniel CAINE La crise de Jupiter - Page 3 - extrait : faites partager vos émotions! si vous avez aimé cet extrait, communiquez ce lien! Daniel CAÏNE La crise de Jupiter Roman Éditions EDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2008 Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Éditions EDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur ISBN : 978-2-35335-197-8 Dépôt légal : Juin 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. Merci à Lucie pour son aide et ses encouragements À mon neveu Chapitre 1 Méril Viks Article sur le système solaire, encyclopédie universelle : « C’est au vingt et unième siècle, alors que la Terre croulait sous la surpopulation et que les catastrophes naturelles mettaient l’humanité à rude épreuve, que commença la colonisation de notre système solaire. Des centaines de sondes explorèrent l’espace et rapportèrent des milliers d’informations. Des vols habités partirent sur Mars et sur la Lune pour y établir des bases de recherche scientifique. Une gigantesque station spatiale fut construite en orbite autour de la Terre, et les premiers vaisseaux spatiaux virent le jour. Ce fut la Lune qui accueillit la première cité extraterrestre, où des familles s’établirent en plus du personnel militaire et scientifique. Avec le formidable développement technologique et la volonté politique de créer un nouveau monde, le satellite naturel de la Terre devint un monde habité qui vit très vite se développer un grand nombre de cités. Sa faible gravité présentait de gros avantages pour la construction, et les ressources en énergie solaire étaient inépuisables en raison de l’absence d’atmosphère. Des glaces interstellaires fournirent les réserves en eau nécessaires à la production d’oxygène et au développement de l’agriculture ; les nombreux minerais découverts dans le sous-sol fournirent des ressources économiques importantes, et les projets scientifiques toujours plus nombreux propulsèrent la Lune à la pointe de la technologie. L’aventure spatiale ne s’arrêta pas là. L’Homme du troisième millénaire transforma l’atmosphère des planètes. On découvrit que la ceinture d’astéroïdes se trouvant entre Mars et Jupiter contenait d’énormes quantités d’eau et l’idée de bombarder des planètes avec ces astéroïdes germa alors dans l’esprit d’un certain nombre de scientifiques. Ce fut Vénus qui fut le premier astre à être ainsi remodelé. À l’origine, son atmosphère était très riche en dioxyde de carbone et sa température en surface avoisinait les cinq cents degrés. La chaleur de Vénus vaporisa la glace des astéroïdes qui la percutèrent violemment, soulevant de grands nuages de poussière qui firent écran à la lumière du Soleil pendant plusieurs années. La température de Vénus baissa, l’eau liquide précipita et absorba le dioxyde de carbone, réduisant ainsi l’effet de serre. On injecta aussi des aérosols pour réduire la pénétration lumineuse et on introduisit des micro-organismes et des plantes qui consommèrent le dioxyde de carbone encore excessif et enrichirent l’atmosphère en oxygène. La température continua de baisser, les pluies se poursuivirent, des mers et des océans se formèrent… Lorsque le pourcentage d’oxygène fut enfin proche de celui de la Terre, la vie animale fut introduite. En quatre siècles, Vénus devint la sœur jumelle de la Terre. Ce fut ensuite le tour de Mars, d’Europe, de Callisto, de Ganymède, de Titan, de Rhéa, de Dioné, de Téthys, d’Obéron, de Titania, d’Ariel et de Triton d’être modelés à l’image de la Terre, mais les techniques utilisées furent très différentes de celles qui servirent sur Vénus en raison des énormes différences environnementales. Sur les nouveaux mondes, la gravité, plus faible que sur la Terre, donna de surprenantes adaptations des différentes formes de vie présentes : les arbres devinrent gigantesques et les animaux subirent de nombreuses mutations. Le bonobo supérieur qui vit sur Europe, pour ne citer qu’un exemple, est à l’origine un primate terrien qui a vu son cerveau s’agrandir. Son intelligence s’est développée et il a aujourd’hui acquis une forme rudimentaire de notre langage. En cette fin du quarante-deuxième siècle, notre système solaire compte dix-sept mondes habités, regroupés en sept entités politiques indépendantes. En partant du monde le plus près du Soleil, on trouve Vénus, comportant une population avoisinant les 4 milliards d’habitants. Puis il y a la Terre avec son satellite naturel, la Lune. La population est de 11 milliards sur la Terre et de 300 millions sur la Lune. Vient ensuite Mars, dont la population totale est de 3,8 milliards d’habitants. Après la ceinture d’astéroïdes, il y a l’Union Jupitérienne, constituée des trois satellites habités : Europe, Callisto et Ganymède, rassemblant à eux trois une population de 4,2 milliards d’habitants. Puis il y a ensuite l’empire titanien dans le système de Saturne. Il est constitué des quatre satellites naturels : Titan, Rhéa, Dioné et Téthys, dont la population totale est de 5 milliards. La fédération d’Uranus est constituée de cinq satellites habités : Obéron, Titania, Umbriel, Ariel et Miranda. Ils comportent une population de 3,4 milliards d’habitants. Autour de Neptune, seul Triton est habité. Il est à lui seul une entité politique indépendante, dont la population est de 2,3 milliards d’habitants. On estime la population du système solaire à 34 milliards d’êtres humains, dont près d’un tiers vit sur la Terre. On distingue les mondes intérieurs des mondes extérieurs. Les mondes intérieurs étant Vénus, la Terre et Mars, c’est-à-dire les mondes qui se trouvent entre le Soleil et la ceinture d’astéroïdes. Les mondes extérieurs étant les treize satellites habités des géantes gazeuses qui se trouvent après la ceinture d’astéroïdes. Sur toutes les planètes du système solaire, on parle une seule et même langue, que l’on appelle la langue interplanétaire. Cette langue assez proche de l’anglais, a été créée au vingt-huitième siècle. La Terre a une influence culturelle colossale. Sur tous les mondes, l’art, l’architecture, la mode, et les façons de vivre trouvent leur inspiration dans l’histoire terrienne. Le calendrier et la durée des journées sont partout ceux de la Terre, ce qui témoigne là encore de l’influence de la planète mère… » * * * Le 21 janvier 4197, à proximité de Jupiter. Le commandant Méril Viks, se tenait debout, le regard tourné vers l’Espace. Il regardait le panorama qu’offrait la géante gazeuse vue de la baie vitrée du Gargantua, un immense croiseur des forces spatiales terriennes. L’énorme appareil approchait du système de Jupiter, accompagné de plusieurs vaisseaux de transport, de deux destroyers et de quatre frégates. Les majestueux navires effilés, d’un gris sombre, filaient silencieusement dans l’immensité de l’espace, évoquant de grandes baleines grises voyageant dans un océan. Méril éprouvait un sentiment ineffable devant la beauté de l’espace, la majesté des astres et l’harmonie de la création. Petit déjà, il s’émerveillait devant les représentations holographiques des planètes qu’il regardait si souvent sur les genoux de son père. Ses émotions d’enfant lui revenaient dans ces moments de contemplation, et il y repensait avec une certaine tendresse. Il observait la géante gazeuse avec son système de satellites : Jupiter était immense, ses bandes orangées offraient un très beau contraste avec sa couverture nuageuse en rotation. On pouvait apercevoir une grande tache rouge bien visible au sud-est, et des tourbillons ovales de couleur blanche. L’anneau unique de Jupiter, dont la largeur était de sept mille kilomètres, enlaçait la majestueuse planète en scintillant. La géante gazeuse possédait seize satellites naturels. L’Homme avait réussi à faire d’Europe, de Callisto et de Ganymède des mondes à l’image de la Terre, et y avait construit d’immenses cités. Ces trois mondes formaient ce que l’on appelait l’Union Jupitérienne, et son gouvernement se trouvait sur Europe. Méril Viks avait l’histoire de la conquête spatiale à l’esprit et il saluait intérieurement l’audace et le travail de ces millions d’hommes qui, tout au long des deux derniers millénaires, avaient participé à la création de ces nouveaux mondes. Il regrettait l’inertie de ses contemporains. Aujourd’hui, l’Humanité stagnait. Il n’y avait plus de conquête spatiale, les innovations techniques évoluaient lentement, et les Hommes n’avaient plus de rêves. On avait répété qu’on ne pourrait jamais se déplacer à une vitesse supérieure à celle de la lumière et que l’on resterait toujours dans le système solaire. Alors, l’Humanité ne bougeait plus et gérait ses mondes. Le lieutenant Denis s’approcha de lui et le tira de sa réflexion : – Commandant Viks ? – Oui, Lieutenant. – Le général Alexandrov vous demande au poste de commandement, nous allons arriver dans l’espace d’Europe dans une heure. – Merci, Lieutenant, je vais me rendre sur la passerelle. Le commandant Viks était missionné pour enquêter sur la crise politique que traversait l’Union Jupitérienne et il était placé directement sous l’autorité du président, Askin Andarius, qui attendait de lui un rapport détaillé de la situation et des préconisations sur les différentes positions politiques que pouvait adopter la Terre. Il avait trente-sept ans. Il était brun, assez grand. Il aurait pu mettre son uniforme, mais il n’y était plus obligé et c’était avec le plus grand plaisir qu’il s’habillait comme un simple civil, gardant toujours le deuxième bouton de sa chemise défait, comme à son habitude. C’était là le symbole de l’imperfection qu’il affectionnait de matérialiser discrètement en opposition à ce monde militaire où tout était impeccable et bien ordonné. Rien ne devait dépasser, pas d’excentricité, pas d’originalité, juste des normes. Les navires eux-mêmes étaient impeccablement entretenus, d’une propreté irréprochable, entièrement aseptisés. Les murs des couloirs et des différentes pièces étaient d’un blanc immaculé et nulle nuance ne venait rompre leur monotonie. Méril n’avait jamais aimé cette absence d’espace de liberté à l’expression personnelle dans le monde militaire. Cela ne l’avait, cependant, pas empêché de réussir brillamment sa carrière de pilote. Puis, très vite, se distinguant par ses prises d’initiatives, par son intelligence et ses capacités de jugement et d’anticipation, on l’intégra
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