Livre Au nom de l'avenir, Maxime Morand - Page 2 - préface de Bernard Accoyer president de l' Assemblée nationale Maxime MORAND Au nom de l’avenir La politique et la jeunesse d’aujourd’hui Préface de Bernard ACCOYER Président de l’Assemblée nationale Éditions EDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2008 2 Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Éditions EDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur ISBN : 978-2-35335-199-2 Dépôt légal : Juin 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 3 À J. à Tiffany, à tous ceux qui veulent croire en l’avenir et rêvent encore. Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ; Si tu peux être amant sans être fou d'amour, Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ; Si tu peux supporter d'entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots, Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles Sans mentir toi-même d'un seul mot ; Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les rois Et si tu peux aimer tous tes amis en frère Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ; Si tu sais méditer, observer et connaître Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ; Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître, Penser sans n'être qu'un penseur ; Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent ; Si tu sais être bon, si tu sais être sage Sans être moral ni pédant ; Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite Et recevoir ces deux menteurs d'un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront, Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire, Tu seras un homme, mon fils. Rudyard KIPLING, traduit par Paul ELUARD Préface La politique serait une bien pauvre occupation si elle se bornait à administrer l’existant, à gérer le présent. La noblesse de l’action publique consiste au contraire à anticiper les grands mouvements, à préparer l’avenir, ce qui signifie travailler pour les jeunes générations. C’est pourquoi un élu de la Nation est non seulement responsable devant ses électeurs, mais aussi devant leurs enfants. Or, sur les rapports entre les jeunes et la politique en France, on entend trop souvent des propos désabusés, des idées reçues que le livre de Maxime Morand contribuera utilement à réfuter. Non, les jeunes ne sont pas fatalistes et passifs ; non, ils ne se contentent pas des satisfactions immédiates de l’individualisme et de la consommation ; non, ils ne s’expriment pas uniquement en « style SMS »… Certes, tous les adolescents n’ont pas la précocité ni la pugnacité de Maxime Morand, qui signe, à seize ans, cet essai revigorant. Mais je crois que son livre n’exprime pas seulement les idées généreuses d’un jeune homme promis à un bel avenir : il formule les attentes et les ambitions d’une génération qui n’a pas peur de l’avenir, qui veut agir et qui a raison d’espérer. Sur l’engagement, sur la citoyenneté, sur les défis géopolitiques comme sur l’écologie, ce livre nous apporte une grande bouffée d’optimisme. Sa lecture est un bain de jouvence, d’autant plus plaisant que l’auteur, dont j’ai pu apprécier les qualités de militant, ne se réfugie pas dans les formules abstraites de l’idéalisme : son souci du concret, du contact, apparaît à chaque page, montrant que les jeunes des années 2000 ne souhaitent pas « demander l’impossible », comme le voulaient les soixantehuitards, mais rendre les progrès possibles, ce qui est certainement plus efficace. La démocratie constitue un bien précieux dont toutes les générations ont la garde. Je me réjouis de trouver, sous la plume d’un si jeune concitoyen, cette belle profession de foi républicaine et humaniste. Bernard ACCOYER, Président de l’Assemblée nationale Introduction Yasmina REZA 1 résume l’engagement politique par cette phrase : « Ils jouent gros. Ils sont à la fois le joueur et la mise. Ils ont mis eux-mêmes sur le tapis. Ils ne jouent pas leur existence, mais, plus grave, l’idée qu’ils s’en sont faite. » La plume est une arme pour la vie ! Ce n'est qu'il y a quelques années que j'ai réellement pris conscience du pouvoir des mots. Cette plume, parfois plus forte que l'épée scinde les esprits, rassemble les foules, libère et fait battre les cœurs de chacun d'entre nous. Notre plume, sceptre de nos combats et dans certains cas compagnon de désespérance, dessine nos rêves pour l'avenir. La jeunesse est le ferment du monde à venir. Pourtant, elle n’a jamais été aussi seule face à son destin. Jamais l’avenir n’a posé autant de questions. Prisonnière d’une marche du monde effrénée, la jeunesse ne prend le temps de marquer un temps d’arrêt pour penser l’avenir. Les rêves d’aujourd’hui inspireront les choix de demain. C’est fort de ce principe que je me suis lancé dans l’écriture. J’ai 1 Extrait de « L’aube le soir ou la nuit » commencé cette aventure pour offrir un témoignage de ce que peut-être l’engagement politique à un peu plus de quinze ans… Non-pas pour parler de moi en tant que tel, car je n’aurais aucune légitimité à écrire une autobiographie. J’écris pour témoigner d’un engagement précoce et présenter le point de vue, les idées et les opinions d’un adolescent contemplant le spectacle du présent pour envisager l’avenir. Un grand nombre de mes lecteurs (jeunes ou moins jeunes) se reconnaîtront, peut-être, dans cette volonté d’agir et cette passion pour la politique qui m’anime depuis déjà quelque temps. Tout n’est pas fini ! Durant les trois dernières échéances électorales, j’ai entendu dire que la jeunesse était antipolitique, qu’elle ne s’intéressait à rien… Je souhaite prouver qu’il y a encore des jeunes qui croient aux vertus de la vie politique. Je veux réconcilier ceux qui auraient des réticences avec les affaires publiques. Même si, il est vrai, beaucoup d’entre nous ne sont que très peu « passionnés » par les enjeux nationaux tant ils nous semblent éloignés de nos préoccupations quotidiennes d’adolescent. Pourtant, il n’y a jamais eu autant de jeunes qui se soient inscrits et investis dans les partis politiques, quels qu’ils soient, en 2006 et 2007. De plus, la moyenne d’âge de notre nouveau gouvernement est particulièrement basse. La nomination de Laurent WAUQUIEZ et Rama YADE en tant que Secrétaires d’Etat, ou encore de Julien BOUCHET, un ami, élu Député suppléant en Haute-Savoie, ne sont que des preuves de cette mutation. Ce rajeunissement se pose comme une réponse au changement voulu par la majorité des Français. Il fut concrétisé par la volonté du Président de la République de dynamiser et de rajeunir les équipes. Cet effort est également notable du côté de l’opposition où les « éléphants » semblent laisser de plus en plus de place aux jeunes, notamment à l’Assemblée Nationale, avec l’arrivée d’Olivier DUSSOPT 2 sur la scène politique. Quelques semaines après les élections municipales et cantonales, j’écris pour dire que tout n’est pas fini, pour démontrer que la politique a encore et a toujours eu un côté passionnant, bien éloigné de la caricature que l’on a coutume d’en faire. De nombreux adolescents, fraîchement considérés comme « matures » vis-à-vis de la loi, sont entrés cette année dans les équipes municipales, rêvant de donner un nouvel élan à la démocratie locale, comme cela a été le cas à l’Assemblée Nationale et au Gouvernement. Je souhaiterais qu’en lisant ces quelques pages les jeunes s’investissent pour le bien commun. Si ce n’est pas lors d’une élection, ce sera comme intérimaires, dans des associations, ou encore dans les partis politiques. Je désire également, adresser un message aux élus et ainsi apporter un témoignage confirmant qu’ils peuvent mettre leurs espoirs dans la jeunesse, leur dire qu’il n’y a pas « une génération de sacrifiée », comme je l’ai souvent entendu. Je veux leur prouver qu’il ne faut pas avoir peur de laisser progressivement place à une nouvelle génération de responsables, en préparant la succession. Si la sagesse est un atout incontestable, l’enthousiasme de la jeunesse est également un point positif. Il s’agit 2 Plus jeune député de l’Assemblée nationale.
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