Cité des oiseaux - Page 1 - test La collection répertoire contemporain vise à découvrir les écrivains d’aujourd’hui et de demain qui façonnent le terreau littéraire du théâtre contemporain et à les accompagner dans leurs recherches. Pour proposer des textes à lire et à jouer. © 2009, éditions THÉÂTRALES, 20, rue Voltaire, 93100 Montreuil-sous-Bois. www.editionstheatrales.fr ISBN de l’édition numérisée : 978-2-84260-332-8 La première édition papier de Cité des oiseaux a paru aux éditions Théâtrales sous l’ISBN : 978-2-907810-07-4 avec le concours du Centre national du livre. Dépôt légal : juillet 1989. Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration (article L. 122-5-2 et 3), toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite (article L. 122-4-1.) et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. L’autorisation d’effectuer des reproductions par reprographie doit être obtenue auprès du CFC (Centre français d’exploitation du droit de copie). Pour tout projet de représentation ou pour toute autre utilisation publique de Cité des oiseaux, une demande d’autorisation devra être déposée auprès de la SACD. BERNARD CHARTREUX CITÉ DES OISEAUX D’APRÈS ARISTOPHANE ouvrage numérisé avec le concours du centre national du livre PERSONNAGES Evelpidès Pistétairos Le Griffon Térée La Huppe La Rossignole Le Choeur des oiseaux Le Coryryhée Le Poète Le Philosophe Le Fantôme d'CEdipe Le Premier messager Le Second messager Iris Le Héraut Prométhée Dionysos Héraklès Le Dieu barbare L'Ecuyer Oiseaux esclaves CITE DES OISEAUX I Un lieu désert G la corneille qu'il porte sur l'épaule) Qu'est-ce que tu ? Par là ? Non ? Par là alors ? Hein ? C'est par ia q,re tu dis ? Non plus ? Décide-toi à la fin I Hé je te parle I Cômment ? Aie ! Saleté ! Elle me boufferait les doigts ! Recommence une seule fois et je te tords le cou! EVELPIDES. ? dis Tout droit - PISTETAIROS. EVELPIDES. - (marchant comme un aaeugle) "Enfant du vieil aveugle, Antigone... " - A I'autre maintenant. ...oll ? PISTETAIROS. souunes-nous arrivés, au pays de quels hommes Le vagabond CEdipe aujourd'hui qui va I'accueillir avec de maigres aumônes ?" EVELPIDES. - Ça reconunence. Le soleil lui a tapé trop fort sur la tête et il se Prend pour cet CEdipe porte-poisse et moi je crains pour mes arrières cÉrr moi c'est pour son Antigone qu'il me prend âans son délire et étant donné que cet CEdip" porte-poisse t'à pas hésité autrefois - je crois que vous êtes au courant - ; labourei le sillon maternel, qu'est-ce qui me dit qu'il ne va pas vouloir maintenant labourer le sillon de sa soeur Antigone - cai sa fille c'est sa soe,rr, je crois que vous êtes au courant -, rien. PISTETAIROS. "Allons mon enfant, si tu vois où m'asseoir lieu profane ou consacré aux dieux arrête-moi, installe-moi et demandons où nous sommes." EVELPIDES. - - Bas les pattes ! Pas touche ! Vieux saligaud I PISTETAIROS. ... Etrangers, nous allons interroger les habitants et ferons ce qu'ils nous diront." 11 BERNARD CHARTREUX - Suffit mon vieux, réveille-toi ! PISTETAIROS. - (reuerwnt à lui) Qu'est-ce que c'est ? EVELPIDES. - C'est moi, Evelpidès. eISTETAIROS. - Ah c'est toi Evelpidès. Ie suis rudement EVELPIDES. EVELPIDES. content que car si tu es Evelpidès, alors moi je suis Pistétairos tu sois Evelpides, et non pas cet CEdipe porte-poisse que j'ai cru que j'étais. - C'est cela, moi Evelpidès. rISTETAIROS. pas des murs qui enferment une cité, et je ne demande pas de quelle -, toi Pistétairos. -. - Et par les yeux de ma fille Antigone je n'aperçois cité il s'agit, et la réponse n'est Pas Athènes. cloaque - Non certes, Pas Athènes. rISTETAIROS. Tant mieux. |e déteste Athènes. Le EVELPIDES. immonde d'Athènes. Mais alors où sommes-nous EVELPIDES. ? - ICi. PISTETAIROS. EVELPIDES. - Et où est-ce ici ? part, ici. - Nulle part. Désert Oui. et cailloux, orties et tessons, nulle PISTETAIROS. - Tu veux dire que nous sommes Perdus ? EVELPIDES. rISTETAIROS. - Pieds gonflés, langue enflée, ventre vide, et en plus perdus ? Pire perdus que naufragés sur un fétu de paille au milieu du vaste et morne océan. EVELrIDES. - Oui. PISTETAIROS. - Alors demi-tour. fe rentre à Athènes. EVELPIDES. - Trop tard mon bon. Plus de route. Ponts coupés, précipices, rivières en crue, jungles épaisses, et maintenant ce riant désert. PISTETAIROS. - Et la corneille ? EVELPIDES. - Elle ne sait rien faire sinon mordre, et de temps en temps me chier dessus. 72
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