Raconte-nous Mamia - Page 1 - test Christiane Delpierre-Berthou Raconte-nous Mamia ou Souvenirs de vacances heureuses dans une craquante Normandie Éditions ÉDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Édilivre Éditions APARIS Collection Coup de cœur 56, rue de Londres, 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 - Fax : 01 53 04 90 76 - mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-35335-292-0 Dépôt légal : Mai 2009 © Édilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire L’ENFANCE .................................................... AVANT-PROPOS............................................ LA CAMPAGNE DE MA JEUNESSE............ ET MOI ?.......................................................... LES BRUITS.................................................... LES ODEURS .................................................. LE GOÛT ......................................................... MES GRANDS PARENTS MATERNELS..... MON COPAIN ROBERT ................................ UNE IDÉE PAR MINUTE............................... MADAME LËTÍSÍA ........................................ LES FÊTES ...................................................... LES VEILLÉES ............................................... CONTES ET LEGENDES ............................... TOMBELAINE ................................................ ÉPILOGUE....................................................... 13 15 19 25 35 43 47 59 75 91 101 111 117 123 133 137 LA ROSE.......................................................... 140 9 LE PETIT ROSSIGNOL .................................. 142 LES BOURDELOTS ........................................ PAIN PERDU ................................................... CONFITURE DE PRUNES ............................. TARTE NORMANDE AUX REINES DES REINETTES .................... 144 147 149 151 10 « Le temps est un tribunal révolutionnaire : Il n’acquitte personne. » Jean Cocteau « Vous pouvez arracher l’homme du pays, mais vous ne pouvez arracher le pays au cœur de l’homme. » John Dos Passos « Toute vie est un roman, il suffit de savoir la raconter » Suzanne Darcemont 11 L’ENFANCE C’est vivre au jour le jour, c’est un gros chagrin vite consolé, des larmes vite essuyées par une maman aimée. C’est la joie, le bonheur de vivre en famille, de pouvoir dire « j’aime » sans arrière-pensée, ni intérêt. C’est dire les choses comme elles vous viennent, s’extasier sur une fleur, sur une image violemment colorée. C’est jouer, rire, courir, sauter, croire aux fées et au Père Noël. Ne pas penser au lendemain, c’est chercher dans le ciel l’étoile qui nous a été attribuée. C’est les copains de classe, la récré, les disputes, les coups de cartables, de poings, crêpage de chignon, gros mots, punitions, réconciliations. C’est aussi les bisous, les câlins, les histoires écoutées bien au chaud sous la couette qui vous fabriquent de beaux rêves. C’est tout ça l’enfance et encore bien d’autres choses que chacun s’invente. 13 C’est l’insouciance, un cœur prêt à recevoir et à donner. C’est aussi l’envers de la médaille, pour ceux dont l’enfance n’est faite que de souffrances, malheurs, tristesses et maladies qu’ils vivent au quotidien comme si c’était une fatalité. C’est ceux qui ne connaîtront jamais la douceur des bras de parents aimants, un lit douillet, et des milliers de baisers. Nous avons pourtant une législation qui dit : « Tous les hommes naissent libres et égaux en droit. » Quelle absurdité ! 14 AVANT-PROPOS Je sais qu’il y a des choses que je n’oublierai jamais. Il est vrai comme l’a si bien écrit Frédérique Bérat, dans une chanson : « J’aime à revoir ma Normandie, c’est le pays qui m’a donné le jour » Et plus loin. « Un âge où dans la vie, l’âme recueillie, a besoin de se souvenir » Comme il avait raison, c’est pourquoi à la demande de mes petits-enfants j’ai fait cet ouvrage qui n’est nullement un guide sur la Normandie, mais qui se réduit tout simplement au rôle d’un modeste témoignage se référant à une période de ma petite enfance : 1937-1942 en Normandie. Puisqu’il me fut donné le bonheur de connaître, de vivre, et de voir des choses qui aujourd’hui semblent bien archaïques, puisque certaines finissent dans des musées. Tous ces souvenirs ont fini par se frayer un chemin dans ma mémoire et n’ont rien de mélancoliques, bien au contraire, ils me permettent de retrouver la candeur 15 d’une jeunesse insouciante faite de petits riens, de choses insignifiantes et pourtant tellement merveilleuses. Et je mesure aujourd’hui le bonheur d’avoir vécu cette période heureuse de ma vie loin de toutes entraves et contraintes. De toute façon, comme l’a si bien dit un philosophe : « Chacun porte en lui sa génération. Et c’est à la sève de ses racines qu’il nourrit ses souvenirs et ses pensées, et quoi que tu fasses, tu n’échapperas jamais à ton histoire » Il est vrai que j’ai des racines on ne peut plus terriennes que je porte en moi comme un talisman. Notre personnalité dépend bien inévitablement du lieu de notre naissance, et de notre milieu familial. Si j’étais née dans une tribu au cœur de l’Amazonie, j’imagine bien que ma vie eut été tout autre. Je peux donc constater ma chance d’être née dans les richesses d’une civilisation hautement développée et dans une région luxuriante, qui permet aux enfants de pleinement s’épanouir. Mais aussi de se rendre compte que malheureusement le temps qui passe, ne peut être retenu et que : « Les plus beaux lendemains ne nous rendront pas nos vingt ans » Alors vivons heureux avec nos souvenirs si cela nous chante. Les miens sont si ancrés en moi, que personne ne pourra jamais me les arracher. Il faut dire que la mémoire est une merveilleuse faculté humaine. Je me plais à dire que mes yeux et 16 mon nez ont fait la mienne tant ces deux sens sont développés en moi, et que les multiples images serties de rose qui s’y rattachent, me sont perçues comme dans un miroir et s’animent comme au temps passé. Je vous livre donc en vrac tous ces jours enfuis, mais pieusement gardés au fond de ma mémoire comme si je les vivais encore. « Longtemps, longtemps que mon cœur soit rempli de tels souvenirs » Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers, Picoté par les blés, fouler l’herbe menue ; Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds, Je laisserai le vent baigner ma tête nue. Je ne parlerai pas, je ne penserai rien ; Mais l’amour infini me montera dans l’âme, Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien, Par la nature, – heureux comme avec une femme. Cette magnifique poésie n’est malheureusement pas de moi mais d’Arthur Rimbaud. 17
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