Les pérégrinations d'Alexandre Reisender - Page 1 - test Gabriel BRENNIG Michel PAUMERO Les pérégrinations d’Alexandre Reisender De l’orphelinat au S.T.O. (Histoire vraie) Edilivre – Éditions APARIS Tous nos livres sont imprimés dans les règles environnementales les plus strictes Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement la présente publication sans autorisation du Centre Français d’exploitation du droit de Copie (CFC) – 20, rue des Grands-Augustins – 75006 PARIS – Tél. : 01 44 07 47 70 / Fax : 01 46 34 67 19. © Edilivre, Éditions APARIS – 2009 ISBN : 978-2-8121-0324-7 Dépôt légal : Janvier 2009 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 De Michel PAUMERO La cure, 2002 Les chevaliers du Tau, 2005 Je dédie ce livre à ma femme qui m’a accompagné durant tous ces moments difficiles, à mes enfants comme un témoignage, à tous ceux que j’ai rencontrés, aimés et haïs durant ces douloureuses épreuves, à mon frère qui a partagé ces tourments enfin à tous ces hommes et ces femmes qui m’ont aidé à croire que le mot « humanité » avait encore un sens. Gabriel Brennig À Gabriel, pour m’avoir donné l’occasion de me rappeler que des membres de ma famille avaient été aussi des déportés du travail, même s’ils n’en parlaient qu’à de très rares occasions. À mes enfants Renaud et Jehan, qui, je l’espère, ne connaîtront jamais ces moments difficiles de notre histoire. À ma femme Dominique qui accepte que la porte de mon bureau reste fermée durant de longs jours lorsque j’écris et à tous mes amis qui m’encouragent. Michel Paumero 7 Préface de Gabriel Brennig En 2005, j’ai rencontré Michel Paumero qui avait travaillé dans la même société que moi. Par la presse, j’avais appris à l’époque qu’il avait déjà écrit deux romans et je me suis aventuré à lui demander s’il consentirait à participer comme co-auteur à l’écriture de ce livre. Je lui remis donc fin 2005 un exemplaire de mes notes qu’il conserva plus d’une année avant d’accepter ma proposition, ce dont je le remercie. Si on peut être étonné que je me sois fait « appeler » Alexandre Reisender, dans le récit, c’est à la fois pour deux raisons : – il m’était plus aisé de relater mon histoire à la troisième personne que de parler à la première personne, d’autant que je souhaitais que d’autres que moi se retrouvent dans ce récit, comme s’il ne m’appartenait pas en propre, comme s’il y avait encore des Alexandre qui ont vécu ou qui vivent encore le même parcours. – Reisender en allemand, c’est le « voyageur » forme de clin d’œil à cette longue pérégrination entreprise par ma famille et moi-même. Quant au 9 prénom Alexandre, il renvoie étymologiquement à des valeurs guerrières et comme il a fallu que je me batte contre le sort, j’ai utilisé ce prénom. Avant de clore cette préface, je voulais faire part de mes réflexions à propos des travailleurs embrigadés via le S.T.O. (Service de Travail Obligatoire). On a très souvent évoqué, à juste raison d’ailleurs, le martyr des déportés politiques, la longue captivité de nos prisonniers et le patriotisme de la Résistance, mais nulle part, on évoque les dangers qu’ont encourus « les gars du STO », parents pauvres de la déportation, car il s’agissait bien d’une forme de déportation, bien moins dramatique certes que d’autres mais il y a eu malgré tout des morts. Pourquoi cette situation ? La France aurait-elle honte des travailleurs qui avaient entre 18 et 21 ans à cette époque et qui ont été enrôlés de force sous la menace de représailles qui ont eu lieu dans certaines familles quand il prenait l’idée au fils, au neveu ou au cousin de ne pas répondre à la convocation, de s’enfuir ou ne pas revenir après une permission. Selon les endroits où ils ont été affectés, ils ont couru tous les dangers notamment dans les usines de munitions et d’armements, ils ont souffert des bombardements, du froid, de la faim, de la discrimination, parfois des Russes et au moment de la libération, des soupçons pesaient sur eux d’être : – soit des anciens de la LVF (Légion des Volontaires Français) qui s’étaient intégrés avec les travailleurs libérés pour ne pas se faire reconnaître, – soit comme de honteux collaborateurs volontaires confondus avec le premier contingent qui 10 partit au nombre de 17.000 (chacun d’eux remplaçait trois prisonniers de guerre qui pouvaient ainsi rentrer chez eux). Comme ces volontaires n’étaient pas assez nombreux pour les Allemands, le S.T.O. fut institué par le gouvernement de Vichy par Laval. Entre ces volontaires et les 440.000 garçons et filles qui ont été forcés de passer 2 ans voire plus de leur jeunesse en Allemagne, il ne faut pas faire de confusion. C’est en pensant à mon vécu, à celui d’amis et à tous ces inconnus embarqués dans la même galère… que je leur dédie ce livre dans lequel ils se retrouveront sans doute. Nous ne devons pas avoir honte du destin qui avait été tracé pour nous par les politiques de l’époque, sachant également, que tous les S.T.O. qui ne sont pas revenus dans leur lieu d’affectation après une permission ou qui ont été réfractaires ne sont pas non plus tous devenus des résistants comme certains voudraient le faire croire parfois. Il s’agit donc d’un témoignage replacé dans son contexte historique et dans le contexte de ma vie qui a connu continuellement des rebondissements. Janvier 2007 11 Avant-propos de Michel Paumero J’ai rencontré Gabriel lors d’une réunion des retraités de la société dans laquelle nous avons travaillé l’un et l’autre sans jamais nous rencontrer auparavant. C’est un de mes romans, « les Chevaliers du Tau » 1 , qui l’a dirigé vers moi. Il souhaitait ma collaboration d’écriture mais j’avoue qu’il m’a fallu du temps pour me décider car « co-autorer » 2 un livre n’est jamais facile. De plus, la difficulté de narrer une histoire vraie, c’est qu’il y a la superposition d’un travail d’historien et celui d’écrivain, le premier ne devant rien laisser au hasard pour constituer ou reconstituer la vérité des faits car ils ne doivent pas être contestables, le second laisse volontairement des questions sans réponses, des « vides » rendant énigmatique le texte ou du moins interrogeant le lecteur afin que ce dernier crée son propre chemin mental en trouvant lui-même les réponses, en inventant une suite telle qu’il l’imagine, en cherchant ses propres réactions devant telle ou telle situation 1 2 – Edité en 2005 chez « Publibook ». – Néologisme de circonstance. 13 vécue par le personnage principal mais insuffisamment décrite par l’auteur. C’est ainsi qu’en laissant le lecteur imaginatif, le texte lui donne une sensation de vérité qui n’est pourtant dans ce cas, jamais imposée. Une fois géré ce positionnement entre l’historien – qui donne des détails d’événements année par année par exemple, détails vérifiables – et l’écrivain qui n’a pas cherché à connaître le sentiment du co-auteur, un des personnages principaux de cette saga familiale, il m’a fallu cependant vérifier auprès de Gabriel que ce que j’écrivais ou ce que je complétais par rapport au texte d’origine (certaines parties des notes sont restées en l’état), restait bien du domaine du vécu qu’il a enduré. Cette démarche liminaire m’a demandé un temps assez long de réflexion pour prendre ma décision mais à la suite de plusieurs lectures de ses premières notes, j’ai été pris d’une grande sympathie et compassion pour ce jeune Alexandre dont les circonstances et l’Histoire ont gommé la jeunesse. J’ai confirmé le choix de Gabriel de créer ce personnage. Une des constatations que j’ai faite au cours de cette écriture, c’est que les hommes de cette époque, dans leur grande majorité, n’ont cherché qu’à « survivre ». Ils ont subi leur environnement et n’ont guère eu le même regard, la même analyse que nous portons aujourd’hui en tant qu’historien sur les hommes et les événements qui ont écrit ces pages de l’Histoire du monde. Indifférence ? Non point ! Mais la couverture médiatique d’alors n’avait rien de comparable avec celle de notre siècle ; en revanche, l’obligation de 14 subir celle des autorités en place, la nécessité tout simplement de manger, de se cacher etc. tout cela concourt à expliquer qu’un ventre criant famine recentre l’individu sur certaines fonctions vitales et lui vide la tête de toutes les questions philosophiques tournant autour du « pourquoi et pour quoi » pour aller à celles plus pragmatiques du « comment » s’en sortir. Enfin, il fallait rendre actuel ce récit qui ne vieillit pas puisqu’il se répète chaque jour à divers points du globe, raison pour laquelle je n’ai pas employé le passé simple mais le présent et j’ai tenté de conserver le ton et le rythme de la narration d’origine un peu comme on laisse les vieux films en noir et blanc au lieu de les coloriser. Ces faits peuvent devenir pour nous tous, une réalité dans un proche avenir qui est en fait du passé en préparation, comme le disait si bien Pierre Dac. – juillet 2008 – 15
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