LE MONDE DE MARTHEMU - Page 1 - 3 Gérard BOURGUIGNAT Le Monde de Marthemu Volume 2 Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2010 4 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 41 62 14 42 – Fax : 01 41 62 14 50 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-3847-8 Dépôt légal : juin 2010 © Gérard BOURGUIGNAT L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 7 IL EST STRICTEMENT INTERDIT D’APPOSER UNE AFFICHE INTERDISANT QUOI QUE CE SOIT SUR CETTE PORTE ! CHEZ LE PSY : - Bonjour, passez- moi votre carte bleue et allongez vous. - Bonjour, Docteur … - Détendez-vous et parlez-moi de votre problème, c’est quoi le code ? - Le … ? - De votre CB ! Merci … - Voilà, Docteur, je suis amoureux ! - Hum, c’est pas trop grave jusque-là. - Oui, mais quand vous saurez de qui … 8 - Commençons par le début. Que faites-vous dans la vie ? - Je suis apprenti PD. - Je vous demande pardon ? - Oh, excusez-moi, j’ai la manie de parler par initiales : apprenti Poète débutant ! J’apprends la prosodie. - La proso …quoi ? C’est une maladie ? - En quelque sorte … - Quoi d’autre ? - La césure. - Vous êtes sûr ? Etiez-vous amoureux de votre sœur ? - Je ne crois pas … - Césure ? heu, c’est sûr ? - Ben, oui, j’ai qu’un frère ! Et en plus il est noir … - Vous voulez dire qu’il est saoul ? - Non, Africain ! - Vous avez un frère Africain ? - Pourquoi, c’est grave ? Ou interdit ? - Non, non, mais imprévisible … - C’est vrai ! Il ne s’attendait pas à ce que je sois blanc, ça l’a bouleversé …le pauvre ! - Et vos parents, parlez-moi d’eux … - Oui, deux. Mon père Japonais et ma mère Esquimaude. Ça a jeté un froid dans la famille … - Attendez, que je comprenne : le frère de votre père … 9 - C’est ma tante, il a qu’une sœur et elle est bonne ! - Ah, bon, pas mariée ? - Ben, non, bonne sœur hôtesse de l’air, elle a pas le droit ! - D’accord … Vous allez me céder le divan, je vais m’allonger, prenez ma place. - Pas de soucis. Votre numéro ? - De portable ? - Non, de carte bleue ! - Laissez, j’ai du liquide … Alors, quand j’étais petit, mes parents ….. CHEZ LE PSY 2 - Parlez-moi de vos parents … - Mon père est Maire. - Et votre mère ? - Fille au pair dans le presbytère d’un monastère, elle sert les pères… Mais c’est éphémère ! - Et ta sœur ? - Étameur, dans une usine de pâtes fraîches … - Elle lamine ? 10 - Oui, elle est mineure. - Quels sont vos projets ? - J’ai un truc de pro ! - Une proposition ? - Non, une position de pro ! - Vous êtes pro en quoi ? - En proposition … - Ça consiste en quoi ? - Je propose, je pose, je dispose, j’entrepose pour ceux qui veulent faire la pause … - C’est bien payé ? - Je ne sais pas, je commence demain après ma pause ! - Vous avez fait des études ? - Oui, celle de mon voisin notaire, je l’ai repeint entièrement … - Votre voisin ? - Non, son Étude ! - Ah ? Artiste … - Non, peintre en bâtiments pour les monuments, par moments, selon les émoluments. - Quel âge a votre grand-père ? - Vingt-sept ans. - Et votre père ? - Quarante-deux … - Comment, votre grand-père est plus jeune 11 que votre père ? - Oui, il n’a jamais rien su faire comme tout le monde, en plus il adore se faire remarquer … - Et vous ? - Quoi, moi ? - Quel âge avez-vous ? - Ça dépend des jours … - Mais, aujourd’hui ? - Cinquante-deux ans. - Vous avez dix ans de plus que votre père ? - Oui, mais ça ne me gêne pas … - Vous êtes inconsistant. - Vous aussi …vous insistez trop ! - Bon, la séance est terminée pour aujourd’hui ! Cinq cent euros en petites coupures … 12 CHEZ LE DENTISTE MON DENTIFTE EST UN AFFAFFIN !!! Ve fouffrais depuis Famedi, D’une infivive. Ve prends rendez-vous, Auffitôt à l’offifine ! Il m’affoit dans fon tranvat, Et exvamine ma dentifion. Il me dit : elle est pas feule, Faut en ôter finq ! Bon, moi ve lui fais confianfe, F’est un grand profeffionnel. Fà a duré finq heures, Ve fentais plus mes venfives ! Depuis fe matin, ve manve du liquide, De la purée de pois fifhes, V’en ai marre de ce pratifien, V’uis cafferais la boufhe Famedi ! 13 LE GÉNIE … (Dédié à mes amis de Jepoème) Ce matin-là, je me levai bizarrement. Il ne faisait ni jour ni nuit. J’étais déconcerté. Je me rendis à la cuisine, pour boire mon café, à moitié endormi. Impossible d’ouvrir le sucrier ! Hors de question de boire mon café sans sucre … J’essayai donc avec une pince à escargots (ben, oui, c’est tout ce que j’avais sous la main !) Mais rien n’y fit ! - Calmes-toi, Barnabé, me dis-je, calmes-toi … J’attrapai alors un torchon de cuisine pour tenter d’ôter ce couvercle de malheur ! Mais hélas, rien de plus têtu qu’un sucrier à six heures du matin ! J’entrepris donc de l’avoir par la douceur … - Allons, gentil sucrier, laisses-toi ouvrir, s’il te plaît ! Et je le cajolais, le caressais avec mon fameux torchon, et ce de plus en plus rapidement et même avec énervement, il faut le dire… Quand tout à coup, une fumée légèrement bleutée s’installa au-dessus du couvercle. Elle prit une forme quasi humaine et se mit à danser en grossissant ! 14 Un visage souriant m’apparut qui me regardait… - Bonjour, Barnabé. Je suis ton bon génie. Je peux réaliser pour toi, trois vœux, si tu le désires ! Éberlué, je me pinçai le ventre pour voir si par hasard, je ne serais pas encore dans un rêve. La douleur me prouva que non ! - Veux-tu donc ces trois vœux, Barnabé ? - Heu, ben, oui, oui, je veux bien … - Très bien ! Il n’en reste donc plus que deux ! - Comment ça, que deux, soulchoquai-je ? - Ben oui, tu viens d’en formuler un, en souhaitant les trois ! - Quoi !!! Mais c’est une arnaque ! Encore pire que le Loto et « Qui veut gagner du Pognon » réunis, m’insurgé-je … - Ah ! Ne le prends pas comme ça, Barnabé, sinon je disparais aussi vite que je suis venu. Tu sais, moi, j’étais bien dans ta boîte à sucre, faut pas croire ! - Bon, bon, d’accord, allons-y pour les deux autres alors … - Que désires-tu ? - Heu, je voudrais être très, très riche, enfin pas trop pauvre … - C’est la dernière phrase qui compte, donc tu ne seras pas trop pauvre ! C’est-à-dire, tu resteras comme tu es … - Glup’s !!!
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