la légende de Grewlka - Page 3 - test Nancy CALLAIS La Légende de Grewlka. Roman Éditions EDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2008 Le Code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation de ses ayants droit. Toute reproduction, partielle ou totale, de la présente publication est interdite sans autorisation de l’auteur, de son éditeur, ou de Centre Français d’exploitation du droit de copie (CFC, 3 rue Hautefeuille, 75006 PARIS). Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 122-5, 2° et 3° alinéas, d’une part que des copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite (Article L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. © Éditions EDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur ISBN : 978-2-35335-186-2 Dépôt légal : Mai 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. Existerait-il une continuité logique entre nos rêves ? Pourrions-nous intervenir dans les faits et gestes de ce héros imaginaire qui n’est autre que nous-mêmes ? Ces mondes que nous voyons, ces couleurs fantastiques et ces personnages qui nous parlent… Il est si doux de se laisser sombrer dans le sommeil en sachant que l’on retourne chez soi, dans son petit univers intérieur où peur, magie et amour se confondent dans les contes… Tout a commencé il y a une dizaine d’années. Dans mes voyages au cœur de l’irréel, j’ai peu à peu rassemblé toutes mes aventures pour n’en faire qu’une seule histoire. Ainsi est né le MRB, une multitude de mondes gravitant autour de Grewlka. Un seul lien les unit, Alénaïs… Je vous donne rendez-vous entre le sommeil et l’inconnu, dans la romance d’une histoire perpétuée tel un mythe dans les profondeurs de l’esprit. Bon voyage dans un univers où l’unité de temps n’existe plus. PRÉFACE La porte de l’histoire s’ouvre sur CARA, un petit bourg endormi au creux d’une plaine. Dans l’une de ces maisons aux allures de fer et d’acier vivait une famille, des plus communes et sans histoires. Alénaïs, la cadette des quatre enfants, avait douze ans lorsque sa vie prit une direction qu’elle n’aurait jamais imaginée. Jamais elle ne se serait doutée que quelques secondes, un simple pas, pouvaient l’entraîner si loin… Au beau milieu d’une de ces nuits printanières, un souffle frais vint caresser ses joues et finit par la réveiller. Elle se dressa alors sur son lit. Non contente que son sommeil soit interrompu, elle s’aperçut que la fenêtre était grande ouverte, laissant à la pleine lune le loisir de baigner sa chambre dans une lueur bleuâtre. Rien ne semblait bouger pourtant au dehors, tout paraissait calme et paisible. La saison remplissait l’air de senteurs fleuries et ravissait les papilles. Aliénais ferma les yeux et prit une grande inspiration pour profiter des parfums offerts. Elle finit par se réveiller complètement et s’apprêta à descendre de son lit pour fermer la fenêtre lorsqu’une petite lumière s’approcha de la baie. La lueur se faisait de plus en plus 9 intense au fur et à mesure qu’elle avançait. Elle ne pouvait définir ce qu’elle cachait et la curiosité qu’elle alimentait ne pouvait la lui faire quitter des yeux. Plongée dans une sorte de léthargie, elle sursauta presque quand la lumière s’éteignit. C’est alors que, telle une ombre bleutée, le visage d’une femme apparut. Seul un collier à son cou semblait bien réel. Alénais, plus perplexe qu’effrayée, se tourna vers son lit pour se rassurer. Câline, sa chatte noire, dormait encore sans prêter attention à cette mystérieuse visite. Croyant qu’elle était tout simplement en train de rêver, elle décida de laisser faire le cours des évènements. Les histoires de fantômes, de paranormal… l’avaient toujours angoissée. Elle pensait que son esprit, bien trop souvent influencé par des films à sensation, s’évadait dans l’un de ces rêves étranges, loin des règles du réel. Elle n’avait pas peur de cette vision, bien au contraire, ce visage dégageait beaucoup de sérénité et de calme. Elle avait même envie de sourire, de se laisser glisser dans ce halo pâle et enchanteur. La beauté de la vision était telle qu’il ne pouvait s’agir d’un signe de mauvais augure. Admirative et curieuse, la jeune fille s’abandonna à cet état de bienêtre et de plénitude, comme si le souffle d’un nuage la ramenait dans le plus profond de ses rêves. Il lui sembla un instant connaître ce regard rassurant. Puis, d’une voix claire et mélodieuse, la vision lui murmura : – « Peut-être aurais-tu souhaité que je te rende visite plus tôt ! Mais ce n’était pas encore le moment. Tu dois connaître la raison de ma venue ? » La jeune fille regardait perplexe ce visage qui attendait sa réponse. Il lui sourit et continua, – « Sarah, l’impératrice du MRB, s’est laissée rattraper 10 par les âges et ne peut continuer à assurer la protection des mondes. Elle m’envoie te remettre ton collier et t’annoncer que tu es l’Élue, l’héritière du trône. » Le collier alors immobile flotta quelques instants dans l’air pour se poser dans le creux de sa main. Un filament d’or formant un anneau encerclait deux licornes entrelacées. Au contact de sa peau, le diamant bleu au centre se mit à luire. C’était comme si l’objet possédait son âme propre et vibrait au contact de sa peau. Elle ne se résigna à le quitter des yeux que lorsqu’un bruit de roulement vint percer le silence. Elle regarda alors par la fenêtre et fut éblouie par une puissante lumière. Elle réussit peu à peu à rouvrir les yeux et la lumière devint supportable. Le visage avait disparu. Une grande forme ovale noire d’où scintillaient des milliers de minuscules lumières jaunes le remplaçait, flottant dans l’air à quelques pas de la jeune fille. Elle pensa d’abord à une porte, une ouverture assez étrange mais attirante. Était-ce toujours un rêve ? Elle en douta quelques instants. Elle sursauta lorsque la voix reprit : – « Tu as le choix… Tu auras toujours le choix. » Mais si rêve il y avait, ce ne pouvait être dangereux… Son cœur battait plus vite, plus fort, telle la conscience qui se réveille et qui se révèle à elle-même. Gagnée par l’excitation et l’impatience, elle commençait déjà à oublier ce qu’il y avait derrière elle et sans savoir où cela pourrait la mener, elle franchit le pas. Certains rêves vous paraissent plus réels que la réalité elle-même, on ressent, on a conscience, on peut décider de ses gestes… Il est souvent difficile de connaître la frontière entre notre imaginaire et le moment présent. Parfois la réalité n’est pas celle que l’on croyait être… 11 L’enfant se réveilla dans une grande chambre mansardée en bois. Elle lui parut familière et étrangère à la fois. Une odeur de fleurs séchées flottait dans l’air et la lumière du jour tentait de percer le fin rideau de soie couleur pastel qui ornait la fenêtre. La jeune fille essaya de se souvenir comment elle avait pu atterrir dans un tel endroit, mais le dernier souvenir qui lui restait, était cette forme ovale lumineuse qui se dressait devant elle. Le crissement de la poignée de la porte la fit sursauter. Une femme d’un certain âge entra, portant une longue robe de velours verte et l’air serein. Son visage… c’est tout ce qui sembla attirer son attention. Elle connaissait ce visage. Mais d’où ? La femme s’approcha et déposa un paquet sur le vaste lit. – « Bonjour petite fille, j’espère que tu as bien dormi. Voilà de quoi t’habiller. » Alénaïs ne quittait pas l’inconnue des yeux. Nerveuse et quelque peu déstabilisée, elle répondit : – « Bonjour. Excusez-moi, mais où suis-je ? Comment suis-je arrivée là ? Je ne me souviens de rien. » La femme sourit. – « N’aie pas peur, calme toi. Je me nomme Hierlda, je suis la Siella de l’impératrice. Mais je ne peux t’en dire plus. C’est normal que tu soies un peu perdue, mais tu auras les réponses à tes questions plus tard. » L’enfant comprit qu’Hierlda était une sorte de servante, de confidente ou de conseillère. Une Siella jouait le rôle de second et de moitié à sa Mastria. La jeune fille ne pouvait cacher son inquiétude et son incompréhension. – « Il faut te préparer, l’impératrice t’attend pour déjeuner. » 12 Et elle sortit de la chambre, la laissant seule à nouveau. Elle se leva promptement et se dirigea vers la fenêtre. Le soleil brillait déjà fort, honorant la beauté des collines et l’abondante végétation qui n’avait nulle part sa pareille. Des oiseaux immenses sillonnaient la cime des arbres, jouant des vagues que le vent faisait naître dans les branches. Elle revint vers le lit et examina le paquet. Qui l’attendait ? Elle observa alors la pièce faite de pierres et de bois. Elle se situait apparemment sous les toits et pourtant le plafond était bien haut. Quelques fresques murales montraient tantôt des animaux incroyables, gigantesques et de couleurs vives, tantôt des paysages paisibles et envoûtants. Elle accepta finalement d’ouvrir le paquet pour en sortir une robe couleur d’or qui lui seyait parfaitement, comme taillée sur mesure. Ses boucles blondes démêlées avec soin tombaient en cascade sur ses frêles épaules. En se regardant dans le grand miroir plaqué contre l’armoire, elle se reconnut à peine et elle se surprit à admirer le reflet renvoyé. L’allure élancée, accentuée par la robe lui donnait un air plutôt raffiné. Intriguée, elle s’en alla trouver la salle où cette inconnue l’attendait. Elle n’aurait su dire si elle s’attendait à voir du monde en ouvrant la porte, mais elle ne fut pas moins étonnée du silence et du calme qui régnaient dans les couloirs. Elle sortit enfin de la chambre et s’aventura où son instinct la guidait en descendant les marches. À peine l’escalier fut-il derrière elle qu’elle passa sous une voûte massive finement taillée dans la pierre. Elle traversa une grande pièce vide puis longea un long couloir où là encore, des tableaux d’animaux étranges tapissaient les hauts murs. Des grands oiseaux tricolores, des rongeurs volants et des cyclopes… c’était comme si les fresques 13 racontaient la naissance de tout un univers. Elle arriva enfin dans les appartements impériaux à en croire le changement de décor ; des tapisseries de soie, des lustres immenses habillés de mille bougies… et son admiration fut à son comble lorsqu’elle vit la femme qui se tenait debout, tout près de l’interminable table. Elle était vêtue d’une robe fine et légère couleur de l’eau. Seuls ses traits trahissaient son âge car son allure royale, ses longs cheveux noirs, légèrement striés de fils argentés, montraient un être plein de vie. – « Bonjour Alénaïs. Viens, approche, n’aie pas peur et viens te joindre à moi. » L’invita-t-elle. Elles s’assirent d’un même mouvement. Alénaïs ne pouvait la quitter des yeux, bien qu’elle eût conscience que cela puisse paraître déplacé. L’inconnue l’invita à se servir et à accompagner son repas. Mais Alénaïs osait à peine bouger. Percevant son malaise, la femme entreprit ; « Je m’appelle Sarah et tu te trouves actuellement sur Grewlka, dans mon humble demeure. Tu es ici chez toi, chaque pièce t’est ouverte et tu es libre d’aller où bon te semble. » Alénaïs, plongeant ses yeux bleus dans ceux de l’impératrice laissa alors sa colère prendre le pas sur son admiration et explosa : – « Comment pourrais-je me sentir chez moi alors que je ne connais même pas ce monde dont vous parlez et où tout ce qui m’entoure me parait étrange et irréel ? » – « Cependant, tu as trouvé cette salle sans hésitation et Doslos sait si les salles sont nombreuses dans ce château ! » Alénaïs ne trouva rien à redire. Sarah eut un sourire lointain et amusé, comme si la jeunesse impétueuse d’Alénaïs lui rappelait la sienne. 14 – « Connais-tu le MRB, Alénaïs ? » – « Est-ce encore une devinette ? » S’irrita la jeune fille. – « Le MRB est un ensemble de Mondes qui gravitent autour de Grewlka. Je suis chargée de veiller sur leur bon équilibre. C’est pour cela que je porte le titre d’Impératrice du MRB dont j’ai moi-même hérité de celle qui le fut avant moi. Aujourd’hui, je sens que le temps est venu de trouver une remplaçante et c’est pourquoi tu es ici. » Atterrée, la jeune fille en resta bouche bée, désirant ardemment que tout ceci ne soit qu’un rêve. Hierlda, à la grande reconnaissance d’Alénaïs, rompit la première le silence : – « Ils sont là Mastria. » – « Qu’ils entrent. » Répondit l’impératrice. Deux petites filles et deux garçons entrèrent à leur tour, l’air tout aussi désemparé que celui d’Alénaïs. Marguérida, Ruan, Lud et Yoana. On les présenta à Alénaïs comme étant ses Swullies, des êtres qui seraient voués à être ses seconds, ses compagnons pour l’aider dans la tâche qui lui incombe. Ils ignoraient tout autant qu’elle comment ils étaient parvenus jusqu’au château et les mêmes questions troublaient leur esprit. D’un geste de la main, l’impératrice les invita à s’asseoir. Timidement, chaque enfant prit place et le repas se déroula finalement dans le silence le plus absolu. Ils s’épiaient tous à la dérobée, se demandant d’où ils venaient, si les autres aussi se sentaient gagnés par la peur. Les jours qui suivirent leur permirent de faire plus ample connaissance et rapidement s’instaura un climat de confiance et de bonne entente. Après de longs questionnements et de longues méditations, ils finirent par 15
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