Quelles sont les dernières nouvelles ? - Page 2 - test Marie Bascou Quelles sont les dernières nouvelles ? Éditions APARIS – Edifree 75008 Paris – 2009 www.edifree.com Editions APARIS – Edifree 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 81 42 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : infos@edifree.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-2926-1 Dépôt légal : Août 2009 © Marie Bascou L’auteur de l’ouvrage est seul propriétaire des droits et responsable de l’ensemble du contenu dudit ouvrage. 6 L’île d’Aladin. Aladin avait plusieurs passions : la marche, les bons petits plats et les gentils vins de pays, sans prétention, qui les accompagnent, la plongée sousmarine ... Mais plus que tout, il aimait son île de Porquerolles. Comme il la trouvait belle, avec sa côte nord composée de magnifiques plages au sable si fin, couvertes de pins et de bruyères odoriférants et sa côte sud plus abrupte avec ses falaises d’une beauté à vous couper le souffle. Il adorait y venir plusieurs fois par an. Il s’adonnait à la plongée et ne se lassait pas d’admirer la faune et la flore que recèle la méditerranée. C’est émerveillé et inlassablement ébloui par le spectacle grandiose auquel il venait d’assister qu’il ressortait de l’eau, ôtait sa 9 combinaison et s’allongeait avec délice sur ce sable qui faisait la fierté de la région, offrant ainsi une poitrine de centurion dans un corps encore joliment musclé aux rayons du soleil. Il en savourait chaque minute. Oui vraiment, il ne manquait rien à son bonheur dans ces moments-là. Sauf peut-être … Tiré de sa torpeur par l’arrivée fracassante d’un groupe de touristes braillards, il les regarda d’un œil mauvais, se leva précipitamment, se rhabilla à la hâte et quitta à regrets la plage. Il se dirigea d’un pas rapide vers un petit restaurant, où il savait d’avance qu’il se régalerait d’un succulent plateau de fruits de mer et d’un excellent vin rosé de grande renommée qui faisait la réputation de l’île. Chemin faisant, des pensées contradictoires s’entrechoquaient dans son esprit. Certes, l’île vivait en grande partie du tourisme et il fallait bien s’accommoder de ces visiteurs plus ou moins agréables. Mais les autres ? Ceux qui ne respectaient rien et se comportaient sur l’île comme en 10 territoire conquis ? Car ils étaient légion, ceux-là. Combien de fois avait-il pu constater leur manque de civisme ? Il ne les comptait plus. Que de déchets laissés sur les plages, sur les chemins où circulaient les V.T.T ou pire … dans la mer. Ne connaissaient-ils donc pas l’usage des poubelles dans leurs pays ? Bien sûr, il y en avait - fort heureusement - de sympathiques. Comme cette œnologue belge, rencontrée au fort Ste Agathe l’été dernier et à qui il avait fait découvrir avec un plaisir non dissimulé toutes les richesses de son île, inconnues des estivants. Comment s’appelait-elle déjà ? Peu importait ! Non, ce qu’il fallait trouver était une idée pour éviter cet afflux de vacanciers, peu soucieux du décor mirifique où ils se trouvaient. Pour ceux qui respectaient son île, ses habitants, sa faune et sa flore, Aladin était plus indulgent. Soudain, son visage s’éclaira d’un large sourire. Il saisit son téléphone portable et composa le numéro du maire. Il était très volubile, 11 faisant de grands gestes comme pour mieux faire comprendre à son interlocuteur l’urgence de la situation. Celui-ci parut hésitant au début de l’entretien puis, au nom de leur vieille amitié, car ils avaient usé leurs fonds de culottes ensemble à l’école, se laissa convaincre. A son tour, il passa plusieurs coups de téléphone et en riant, se laissa tomber dans son fauteuil de premier magistrat. Quelques jours plus tard, toute la presse écrite et audiovisuelle relayait cette information de première importance : « L’île de Porquerolles fermée aux touristes ! Monsieur le Maire a demandé la mise en quarantaine de l’île afin de préserver les visiteurs de la grippe de la sardine. Au nom du principe de précaution, l’île ne sera donc plus reliée au continent, en attendant la fabrication du vaccin local dit « Le petit jaune ». A l’heure où nous mettons sous presse, nous ignorons encore tout de ce terrible mal qui frappe Porquerolles. » 12 Comme par enchantement, dans les jours qui suivirent, l’île se vida de ses voyageurs étrangers. Ce matin-là, Aladin se leva avec le sourire. Il regarda par la fenêtre et constata avec bonheur que les rues étaient déjà nettement moins peuplées qu’à l’accoutumée. Il se prépara prestement et se rendit sur sa plage favorite. En dehors de son ami assis sur le sable, il n’y avait personne. Aladin soupirait d’aise. Il s’installa à côté de lui. - Tu sais que je risque de me faire taper sur les doigts, à cause de toi ? Peut-être pire … - Oui je le sais. C’est ce qui rend ton engagement d’autant plus important à mes yeux. Merci du fond du cœur, mon ami. - Tu as conscience que notre farce de potaches ne pourra pas durer bien longtemps et que les estivants finiront par revenir un jour ou l’autre ? - Cela aussi je le sais. En attendant … profitons-en ! 13 Les deux amis enfilèrent rapidement leurs combinaisons de plongée. Alors qu’ils se dirigeaient vers l’eau bleue, une jeune femme à l’accent hollandais, une chevelure de lin dans le vent et à la chute de reins callipyge, les apostropha : Bonjour messieurs ! Vous permettez que je me joigne à vous ? J’adore la plongée. Aladin regarda son complice et lui dit en s’esclaffant : - Bah … Une bien belle nine ! Elle est si jolie que nous pourrions bien faire une petite exception, non ? Et lui faire découvrir ce qu’elle ne trouvera jamais dans ses champs de tulipes… 14 La petite sœur. Alors qu’il était âgé d’un peu plus de quatre ans, Jean-Louis passa au statut de « grand frère » un mardi matin. Sa petite sœur était venue au monde de bonne heure, à 6h33. Sa grand-mère maternelle le gardait et lui avait annoncé la nouvelle dès son réveil. Il était impatient de rencontrer le bébé, mais il fut décidé d’attendre le retour de son père, parti faire quelques emplettes, afin de se rendre ensemble à la maternité. C’est donc en fin d’après-midi qu’ils s’y rendirent. Après avoir embrassé et câliné sa maman, Jean-Louis s’approcha du berceau où se trouvait la petite fille. Il la contempla un long moment, effleura ses petites mains, caressa sa joue du bout des doigts et lui sourit. Ensuite, il alla s’asseoir sur le lit, à côté 15 de sa mère. Comme il avait l’air légèrement contrarié, elle lui demanda s’il était déçu de ne pas avoir plutôt un petit frère. Le petit garçon secoua la tête en signe de dénégation et soupira. Intriguée, sa maman l’interrogea à nouveau. Peut-être se l’imaginait-il plus grande et capable de partager ses jeux dès à présent ? Le garçonnet secoua derechef la tête, jeta un regard au bébé et souffla de plus belle. Il restait absolument silencieux, se contentant de temps en temps de lancer un regard en direction du berceau où le bébé s’agitait. Au bout d’un certain moment et devant l’instance de ses parents, il se décida et à voix basse, afin que sa petite sœur ne l’entende pas, il glissa au creux de l’oreille maternelle : -Tu étais vraiment obligée de prendre ce bébé-là ? Il n’y en avait pas d’autres ? - Mais pourquoi dis-tu cela ? répondit sa maman. 16
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