Un jour, faudra lui dire... - Page 1 - 2 Du même auteur : Petite Lady – 2009. Editions Publibook – France Salut, mon ange – 2010. Ouvrage collectif « La Vengeance » Editions Edilivre – France L’Amie Plume – 2010 Poésies d’un autre temps, Editions Edilivre – France Site et blog http://www.cgiplumeart.com http://www.laplume-de-giacometti.net Ce roman a fait l’objet d’une première édition sous le titre « Les petites filles de décembre, tome 1 : une vie si tranquille » aux éditions Publibook en 2006 3 Corinne Giacometti Un jour, faudra lui dire… Éditions EDILIVRE APARIS 93200 Saint-Denis – 2011 4 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-4516-2 Dépôt légal : Février 2011 © Edilivre Éditions APARIS, 2011 5 Sommaire Chapitre 1 : Ce regard qui changea tout.................................... 9 Chapitre 2 : L’hiver serait rude cette année là .......................... 37 Chapitre 3 : Le destin en décide toujours autrement................. 65 Chapitre 4 : C’est comme ça, souvent....................................... 97 Chapitre 5 : Le sort en est jeté................................................... 123 Chapitre 6 : Mais tout n’est pas si simple ................................. 163 Chapitre 7 : Il était une fois l’amitié ......................................... 207 Chapitre 8 : Le cœur a ses raisons que la raison ignore ............ 245 Epilogue................................................................. 269 7 Une vie tranquille s’écoule doucement sous le hasard bienheureux du quotidien, au milieu de la famille, les amis, au lycée ou au travail. Et un jour elle s’effondre. Un passé monstrueux, jamais dévoilé, surgit au- dessus de sa tête, comme l’ombre menaçante de l’oiseau de proie sur la folle terreur du rongeur… Et elle assiste avec des yeux épouvantés au déchaînement de sa fureur. Les ombres du passé. Ainsi disparaît dans l’horreur une vie si tranquille. Mais quand l’amour et l’amitié sont présents, même l’impossible peut arriver… 9 Chapitre 1 Ce regard qui changea tout « Oh ! Ça alors ! Alicia, regarde ! » Laurine paraissait stupéfaite, les yeux fixés par- dessus son épaule. Alicia se retourna et se figea à son tour, sidérée par la vision qui s’offrit à elle, ce matin là d’une rentrée scolaire ordinaire. Enfin, ordinaire… Jusqu’à ce moment. Appuyée contre le mur, les jambes croisées, l’adolescente fumait tranquillement, les paupières à demi fermées. Cela n’avait rien de particulièrement singulier dans la cour du lycée. Mais l’étonnant ne concernait pas ses baskets usés, ses jeans délavés et sa chemise bleu pâle laissée au vent qui s’engouffrait avec violence dans la cour. Non. C’était son ahurissante ressemblance avec Alicia. « Je n’en reviens pas ! Bégaya Laurine. Tu as vu ça ? » Alicia, médusée, ne répondit pas. Une seule et unique différence était notable entre elles : la coupe de cheveux. La chevelure noire d’Alicia, avec ses 10 reflets bleutés, descendait en cascade sur ses épaules et dans son dos, celle de l’adolescente, tout aussi noire, avait été coupée courte au-dessus des oreilles et retombait en bouclette sur sa nuque. Cette dernière ouvrit soudain les paupières, peut-être parce qu’elle se sentait observée, et baissa lentement vers elles deux le brun mordoré de ses grands yeux. Alicia dévia aussitôt le regard, désagréablement impressionnée par l’ironie cinglante qu’elle surprit dans le sien. « Viens, allons-nous-en ! Dit-elle en prenant Laurine par le bras. L’appel va commencer ! » Elles tournèrent les talons et se dirigèrent vers le fond de la cour. Laurine ne contenait pas son excitation grandissante : « Tu as vu, Alicia ? Quelle ressemblance ! On jurerait que vous êtes jumelles ! – Et bien, heureusement, ce n’est pas le cas ! » Lâcha Alicia avec sècheresse. La blonde Laurine l’observa du coin de l’œil : « Ma parole ! S’exclama-t-elle en riant. Quelle tête tu fais ! Qu’est-ce qui te prend ? Ça ne te plait pas d’avoir rencontré ton sosie ? C’est un truc qui n’arrive pas tous les jours tout de même ! » Alicia haussa les épaules. « Alors c’est que tu n’as pas vu le regard qu’elle nous a lancé ! – Quoi ? – Si tu avais pu voir son arrogance, crois-moi, tu ne parlerais pas comme ça ! – Ah ! Euh… Voyons, ne te fâche pas, je n’ai pas vu. 11 – Pardon Laurine ! Mais ça ne m’a pas plu. Quelle pimbêche ! J’espère ne plus la voir ! – Cela m’étonnerait ! Soupira Laurine. Elle est probablement au lycée, nous n’avons pas fini de la rencontrer ! – Et bien nous l’éviterons ! » Souriante, Laurine opina. Toutes deux s’approchèrent d’un groupe d’amies de l’année passée, qui les accueillirent avec joie et bonne humeur. « Espérons que nous nous retrouverons toutes ensemble ! Lança l’une d’elle. – Ce serait épatant ! Renchérit Alicia. On s’était bien amusé ! – Certes ! Approuva Laurine en posant son sac à terre. Il y a des moments où on a vraiment fait tourner les profs en bourrique ! Si on se retrouve, on remettra ça… Aille ! » Surprise et agacée par le coup, elle fusilla son amie. Mais Alicia lui montra l’adolescente qui s’approchait à pas lent, la tête vaguement rejetée en arrière, l’allure particulièrement hautaine. Sous ses longs cils noirs, ses yeux brillaient intensément. Alicia pinça les lèvres. « Tu as raison ! Chuchota alors Laurine à son oreille. Ça m’a l’air d’une belle pimbêche ! – Oh ! Dit la brunette tout à coup. On dirait la jumelle d’Alicia ! Hé ! Tu ne nous avais jamais dit que… » Alicia l’interrompit avec colère : « Ce n’est pas ma jumelle ! Je n’ai pas de jumelle ! Ce n’est pas parce que cette fille me ressemble qu’on 12 doit de suite en faire ma jumelle ! On va encore me casser les pieds longtemps avec ça ? – Mais… – Ce n’est pas très agréable de s’apercevoir qu’on ressemble à quelqu’un d’une manière aussi frappante ! » Railla la voix railleuse derrière Alicia. Elle pivota sur ses talons et se retrouva nez à nez avec son sosie. Cette dernière l’observait avec un visible amusement, la cigarette au coin des lèvres. Une mèche longue de ses cheveux noirs retombait sur ses paupières. D’un bref mouvement de la main, elle la chassa : « C’est comme ça ! On n’aime pas ressembler à n’importe qui, pas vrai ? – Ça ne te fait rien à toi peut-être ? » Son sosie eut un petit rire moqueur. Elle jeta sa cigarette à terre et l’écrasa du bout de son basket. Puis elle s’attarda un instant sur les joues empourprées d’Alicia : « Non, pas du tout ! Répondit-elle enfin. Je trouve ça même plutôt amusant ! Amusant et… Mais cela dit, je n’ai pas que ça à faire moi ! Salut les filles ! À la prochaine ! » Elle lança son sac sur son dos et s’éloigna, les doigts accrochés à la ceinture de son jean. Alicia haussa les épaules. « En voilà une qui ne manque pas d’air ! Marmonna-t-elle entre ses dents. – Vous avez vu ? Elle boite ! » La remarque, lancée probablement trop haut, n’échappa pas au sosie d’Alicia. Celle-ci s’arrêta net au milieu de la cour, comme frappée par la foudre, et tourna la tête vers le groupe. Alicia était certaine 13 qu’elle allait répliquer vertement… Mais elle ne dit rien. Une fraction de seconde, leurs regards se croisèrent. Et Alicia se décomposa : une telle douleur, une telle tristesse, masquées par tant de suffisance ! Son cœur se serra. Naquit aussitôt en elle un élan de sympathie envers cette adolescente seule et immobile non loin du groupe dans le souffle rageur du vent. Une rafale plus violente balaya les boucles noires coupées courts sur les tempes, découvrant brusquement sur son front une vilaine cicatrice. Sans un mot, le dos droit, l’adolescente reprit son chemin. « Pourquoi as-tu parlé aussi fort ? Protesta Alicia, pâle de confusion. Elle n’avait pas besoin d’entendre. C’était méchant. Tout le monde avait vu qu’elle boitait ! – C’est vrai ! Reconnut l’imprudente, navrée. J’ai fait une gaffe, c’est sorti involontairement… Et puis après tout, tu n’as rien à dire, Alicia, parce que tu as été la première à mal l’accueillir ! Je sais bien qu’elle a ta tête mais ce n’est pas une raison ! Elle est sans doute paumée cette fille ! Nous avons vraiment une drôle de façon de nous conduire avec les nouveaux ! » Alicia se tortilla d’embarras. Oui, c’était parce qu’elle lui ressemblait qu’elle l’avait si mal accueillie. Mais devait-elle l’en rendre responsable ? Elle venait de lui découvrir un autre regard, tellement contradictoire avec l’allure qu’elle arborait… Pourquoi était-ce le sien qu’elle avait cherché ? Pourquoi n’avait-elle pas répliqué ? Laurine l’arracha à ses pensées : « Coucou ! Tu rêves de quoi ? – Je… à elle ! – Qui ça ?
Un jour, faudra lui dire... - Page 1
Un jour, faudra lui dire... - Page 2
wobook
edilivre.com