Dossier T2, ROMAN André BENSAMOUN - Page 2 - Le professeur Wallach Brice, chercheur sur le cerveau humain et auteur d’une théorie sur la téléportation par vibrations mentales, disparaît : a-t-il été enlevé ? Est-il volontairement ou involontairement passé à l’ennemi ? Autant de questions que se pos André BENSAMOUN Dossier T2 Roman Éditions EDILIVRE APARIS Collection Coup de cœur 75008 Paris – 2008 3 Le Code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation de ses ayants droit. Toute reproduction, partielle ou totale, de la présente publication est interdite sans autorisation de l’auteur, de son éditeur, ou de Centre Français d’exploitation du droit de copie (CFC, 3 rue Hautefeuille, 75006 PARIS). Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L. 122-5, 2° et 3° alinéas, d’une part que des copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite (Article L. 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. © Éditions Edilivre Aparis – 2008 ISBN : 978-2-35335-195-4 Dépôt légal : Juin 2008 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. 4 A ma Maman, A mon Frère et à mes Sœurs, A Gérard, à Monique et à sa Fille Carine, A mon Papa qui n’est plus là. 5 Je m’appelle Kallagan. Prince Kallagan. Jérémy Craven Cahn’s et moi sommes les hommes à la chaînette. Les gouvernements du monde entier nous appellent souvent pour démêler des affaires insolites. 7 Chapitre Premier Le professeur Wallach Brice caressait nerveusement sa petite barbe blanche bien taillée. – Intolérable, s’écria-t-il, intolérable, vous entendez ? Le professeur Khamraoui se prit à sursauter. – Mes théories, poursuivit Wallach Brice sur sa lancée, n’ont rencontré que refus et ironie. Le professeur Shakkers en a parlé avec beaucoup de moquerie, et mon projet a finalement été désapprouvé par la majorité de l’assemblée. Je me suis tout à coup retrouvé complètement désorienté, avec l’impression d’être un âne qui apparaît comme par enchantement dans une compagnie de surdoués. – Je comprends votre réaction, murmura Khamraoui. – Vraiment ? lâcha Wallach Brice d’un ton qui réclamait quelques précisions. 8 Il voulait s’assurer que le professeur Khamraoui avait bien cerné la situation. – 0ui, mais en ayant limité la petite analyse à laquelle je me suis livré au seul problème dont j’ai été le témoin, lui répondit Khamraoui, pour la bonne raison que j’ignore tout de vos motivations et ne sais rien de votre vie privée qui ont dû en partie influencer votre comportement. – À un moment, lâcha Wallach Brice, j’ai cru que j’avais été projeté dans une autre dimension tant l’atmosphère était chargée de confusion et j’en suis arrivé à me demander sérieusement où j’avais atterri. Le professeur Shakkers s’est alors mis à parler, puis… La suite resta suspendue dans la petite barbe blanche bien taillée du professeur Wallach Brice dont les yeux commençaient à se mouiller. – Il est vrai que vos qualités n’ont pas du tout été reconnues, souffla doucement le professeur Khamraoui. Vous avez été ridiculisé sans ménagement et vous avez eu très naturellement une réaction que nous pouvons qualifier de normale. Elle était prévisible et c’est à ça, uniquement à ça que j’ai tout d’abord voulu faire allusion. Reste le choix délicat devant lequel vous vous trouvez à présent et qui risque d’être faussé comme je le crains par tout ce qui vient de se passer, d’où mon empressement à vous en parler, tout simplement parce que je sens et je ne pense pas me tromper que vous êtes tenté d’abandonner. – C’est en effet l’intention à laquelle je dois me plier, lâcha Wallach Brice en s’arrêtant. – Et qui fait suite, j’en suis maintenant persuadé, aux affronts dont vous avez été la cible à l’assemblée, murmura Khamraoui. Le professeur Wallach Brice ne répondit pas. Il venait de quitter la salle des conférences et longeait avec le professeur Khamraoui l’un des majestueux couloirs de l’hôtel de la Tour Hassan à Rabat. Tout comme le professeur Khamraoui et bien d’autres, il avait répondu à une invitation d’une assemblée qui réunissait une fois par an et pour un colloque important, de nombreux savants choisis dans le monde entier parmi les plus grands. Un moment il fut pensif et resta planté là où il s’était arrêté, puis il se remit à marcher, suivi par le professeur Khamraoui. Brusquement il ralentit le pas. – Les affronts dont vous m’avez parlé ne sont qu’en partie responsables de la véritable raison qui m’a fait prendre ma décision, souffla-t-il après s’être accordé un temps de réflexion. – Véritable raison ou non, murmura Khamraoui, êtesvous sûr qu’il n’y a pas d’autre solution ? – Sûr et certain, lâcha Wallach Brice. – Dans ce cas, vous allez tranquillement alimenter les sarcasmes de certains de nos confrères qui auront plaisir à les amplifier jusqu’à vous atteindre bien au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer, articula Khamraoui lentement, et en veillant à la bonne portée de ses mots. Tandis qu’en poursuivant, continua-t-il, vous démontrez la légèreté du jugement, qu’a eu à votre égard le professeur Shakkers, et au regard de toute l’assemblée réunie, vous retrouvez tout votre honneur. – Tout ça je le sais, lâcha Wallach Brice d’un ton qui fut tranchant, mais je ne peux faire autrement et croyezmoi, les affronts auxquels vous vous êtes référé pour avoir deviné mon intention de tout arrêter n’en sont pas comme je vous l’ai dit la seule cause, qu’ils ont je le reconnais, un peu encouragée. Voyez-vous, en ayant accepté d’assister à ce colloque, j’avais espéré pour mon projet une approbation qui m’aurait permis d’obtenir une aide financière grâce à laquelle j’aurais pu continuer. Le professeur Khamraoui avait su dès le début qu’il allait devoir user de patience avec un être déçu et de plus étouffé par de nombreux principes qui l’empêchaient de se confier ouvertement. Il savait aussi et depuis longtemps que cet être était à la recherche des fonds nécessaires à l’exploitation de son étonnante découverte. Pour atteindre le but qu’il s’était fixé, le professeur Khamraoui avait enfin pensé que la meilleure méthode était d’avancer avec beaucoup de naturel et de précautions. – Vous avez sûrement de bons appointements auxquels s’ajoutent les quelques subventions que vous avez dû obtenir pour vos recherches, murmura-t-il, sourcils froncés. – Je dispose en effet de revenus confortables qui me permettent de bien vivre et d’assurer à ma fille un brillant avenir, lui avoua Wallach Brice, mais pour continuer, il me faut beaucoup plus d’argent, que je n’ai pas, et un coin tranquille que je n’ai pas non plus, comprenez-vous ? – Je comprends, murmura Khamraoui. Les deux hommes continuaient d’avancer dans l’un des majestueux couloirs de l’hôtel de la Tour Hassan à Rabat. Ils arrivèrent devant un grand escalier entièrement recouvert d’une magnifique moquette orientale et discrètement décorée. Le professeur Khamraoui s’arrêta, une main sur la rampe de fer forgé, le professeur Wallach en fit autant, un pied sur la première marche du grand escalier. – Et si vous aviez tout, lui demanda Khamraoui après un silence. – L’argent et le coin tranquille ? – Absolument tout. – Je prouverai à ces pantins que je suis d’une autre classe que la leur en faisant éclater aux yeux du monde entier la puissance et l’utilité de ma découverte. – Alors à votre place, je n’hésiterais plus, murmura Khamraoui d’une voix lointaine et de plus en plus persuasive. – Ce que je ne comprends pas, souffla Wallach Brice d’un ton soudain soupçonneux, c’est pourquoi vous vous intéressez tant à des théories qui viennent d’être la risée des plus éminents chercheurs de la planète. – Je m’intéresse à ces théories parce que je crois en vous, lui répondit Khamraoui, et parce que je n’ai pas apprécié la façon dont vous avez été traité à l’assemblée. Nous avons beaucoup à en parler, enchaîna-t-il en jetant un regard sur les couloirs et sur l’escalier, mais cet endroit n’est à mon avis pas celui qui s’y prête, surtout si nous avons à discuter de votre découverte, et de tout ce qu’il vous faut pour l’exploiter. – Que proposez-vous ? lui demanda Wallach Brice. – Le « Jour et Nuit » où j’ai réservé une table si vous acceptez de m’y accompagner ce soir, lui répondit Khamraoui. C’est un lieu convenable où nous serons, j’en suis certain, plus à notre aise. Wallach Brice hésita. – Pensez à quel point vous avez été atteint dans tout ce que vous avez d’honorable par des personnes qui n’attacheront, j’en suis sûr, aucune importance à votre absence après la façon dont elles vous ont traité en pleine conférence, lui rappela doucement Khamraoui. – C’est vrai, lâcha Wallach Brice. Laissons de côté le protocole et retrouvons-nous à vingt heures au « Jour et Nuit ». Ces chers collègues, ajouta-t-il en faisant un signe du menton vers le restaurant de l’hôtel, se passeront ce soir de ma présence. Bien, je dois vous quitter maintenant pour aller me préparer, mais avant, pouvez-vous m’éclairer sur ma réaction à laquelle, avez-vous dit, vous avez tout d’abord voulu faire allusion, uniquement ? – Je pensais plus précisément à votre frustration qui a provoqué votre réaction, et qui pouvait tout aussi bien, si vous en aviez tenu compte, vous pousser à ne pas prendre la bonne décision, lui répondit Khamraoui. J’aurais dû, certes, vous en parler aussitôt, mais j’ai enchaîné sans l’avoir fait avec le choix devant lequel vous vous trouviez, tout simplement pour ne pas vous influencer avant d’avoir eu confirmation que j’avais deviné votre intention. – Je m’attendais au fond à cette explication, dit Wallach Brice d’un air satisfait. Tout en marchant, puis tout en ralentissant, ou tout en s’arrêtant, les deux hommes empruntèrent alors le grand escalier au bas duquel et pendant un temps, ils s’étaient arrêtés. Deux mois plus tard Dans une carrière abandonnée, proche d’une propriété, des hommes en blouse blanche s’affairaient à l’intérieur d’immenses cavernes qui avaient été transformées en laboratoires. Ils fixèrent précautionneusement des électrodes sur les tempes et sur la nuque de l’homme endormi qu’ils avaient installé dans un fauteuil, chevilles et poignets solidement attachés. « Thugs ! » Ce mot résonna comme un cri dans l’esprit de celui qu’on appelait « chef » et qui s’affirmait être le descendant de la sanguinaire Kali. « Ils allaient renaître d’un moment à l’autre ! pensa le « fils de Kali » en vérifiant les câblages. Et les connexions avec l’inducteur… L’homme dans le fauteuil bougea. – Contact ! ordonna le « fils de Kali ».
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