Il est midi moins dix - Page 1 - test Gérard Schrack Il est midi moins dix Éditions EDILIVRE APARIS 75008 Paris – 2009 5 www.edilivre.com Edilivre Éditions APARIS 56, rue de Londres – 75008 Paris Tel : 01 44 90 91 10 – Fax : 01 53 04 90 76 – mail : actualites@edilivre.com Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. ISBN : 978-2-8121-1925-5 Dépôt légal : Août 2009 © Edilivre Éditions APARIS, 2009 6 Sommaire Première partie : « Pour un jour commençant »........................... 11 Deuxième partie : Les chants tinctorides ....................................... 41 Épilogue............................................................ 97 9 Ce matin, le soleil a dit « Bonjour ! » À la femme invisible ; À celle qui couchée Dans l’osier de la chambre, Fit de ce dimanche Un pays commençant ; Se rajeunissant ainsi, Les jours et les nuits ne s’altèrent pas ; Car il y a toujours ce fruit Qui sonne en haut des montagnes, Des villes et des champs, Qui sonne pour les pauvres, Ceux qui n’ont que le torse nu Pour atteindre le jour, Ceux qui n’ont que leur cœur Pour dire « Bonjour ! » 13 Les jours de fête sont déclarés Comme étant le plus court chemin Entre l’oubli et le réveil. En te levant ce matin, La fenêtre s’est débouchée ; À tes paupières, Des vapeurs se décrochent Retouchant de la terre à quelque vie Chantante en ton corps Comme une lande chauffée De quelque chose comme une colline. En cet instant, On a déclaré les jours de fête Jour d’embrun sur les rochers ! Cela fait que tu reviens, Toute chargée de magnétismes ; Les algues en étant la question du mystère Quel est-ce jour dont l’aube mûre Me troue la ville ? De l’eau s’infiltre sous la porte ! 14 Mais quel est-ce nom qui ne porte pas de jour ? ENTREZ ! ENTREZ ! À peine déguisés ! Mouettes et corbeaux ! Faites chavirer les trottoirs ! Les feux rouges bientôt me saoulent, Les bruits agrippés me griffant Sans retour et sans frémir, bientôt Ce sera le soir Et l’on se demandera Ce qu’il sera resté De cette aube qui fut mûre. Ce jour-là, Son visage avait un goût de coquillage… 15 Le soleil de la pluie Délasse l’homme de demain Et plus loin est encore l’innocent Entortillé dans ses vallées Dont on ne sait plus S’il en est de minuit ou s’il en remonte Des odeurs comme des cheminées… Sa chair est suspendue au balcon ; L’homme a revêtu son blouson ; À travers la fenêtre, Il soupçonne Comme un complot, Dont il serait le seul témoin. Le soleil de la pluie nous effeuille Au pied de l’insoumise Nul ne se suffira de la grandeur de l’autre Car l’envie est au bord des secrets Les échos dans la brume du souvenir Prolongent ses mains Dont le parfum appelle à d’autres nuits Éclairant ce pays d’huiles et d’encens ! Encore plus loin que l’envie d’ouvrir la fenêtre, 16 Lorsqu’il pleut sur la ville que le soleil disperse Et que s’évadent ses courbes Tel un violoncelle dans un pré vert. J’ai mangé les noisettes Au goût de foin mouillé… Les rivages en témoignent Ta peau était comme de l’eau… Dans les remous Balançant corps et âme Les rivages en témoignent Ta peau était comme de l’eau. 17 J’ai mangé les noisettes Au goût d’étoiles enceintes ; À midi pour un jour Commençant chaque année, La rivière me recouvre De pensées inédites De caresses érotiques Et les cailloux roulent qui s’enroulent Dans le filant des choses endormies En attendant, La rivière nous attend. 18 (…) Le soleil est la preuve de la méduse, La lune est la conscience des songes. Sous les arbres envoûtés d’impatiences De vagues trafics me servent d’encre Ainsi la rue s’éblouit Nous passerons le petit pont Celui du bout de nous Puis dans l’eau souveraine Nous puiserons les invisibles Et nous jouerons à ciel retourné Le soleil n’est qu’une pierre sans fond Tes yeux brilleront parce que Du jus s’en échappe Comme sur le nez D’un homme oublié. Ô paresse ! La lune est le ferment de ses lèvres… 19
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